COMPLICATIONS
Nul doute que l’Hydrocéphalite ne se complique avec une foule d^autres maladies ; mais la rapidité de sa marche , ^intensité et la gravité de ses symptômes obscurcissent tellement les phénomènes des affections avec lesquelles elle peut coexister , qu’elle paraît en suspendre 5 ou en suspend réellement la marche , et que le praticien , tout occupé de la maladie effrayante des ventricules, néglige tout ce qui lui paraît étranger ou le regarde comme un épiphénomène insignifiant. Aussi cette partie de l’histoire de l'Hydrocéphale aiguë est-elle bien peu avancée : quoique nous possédions un assez bon nombre d'observations , à peine quelques-unes éparses et souvent mal détaillées nous font-elles entrevoir quelques complications ; il est dif-
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ficile de pouvoir en tirer tout le parti convenable. Dans la plupart la maladie complicante n’a été reconnue qu’après la mort , et les signes qui lui sont propres n’ont été qu’imparfaitement et même pas du tout exposés. Ma tâche se bornera donc à indiquer les complications plutôt qu'à les décrire , en attendant que des faits mieux tracés fournissent le complément de cet article. Alors la maladie mieux connue sous ce point de vue , permettra d’apprécier lorsque les deux maladies , développées simultanément , auront une existence et une marche indépendantes l'une de l'autre, lorsque par conséquent elles seront idiopathiques , ou bien lorsque l'une des deux aura précédé l’autre , tantôt sans influence sur son apparition , tantôt au contraire en ayant sur elle une influence bien marquée l en la produisant et la rendant , selon l’époque où elle paraît , ou maladie symptomatique ou maladie critique. Nous avons vu , à l’article des causes morbides , l’Hydrocéphalite être en quelque sorte la crise des affections auxquelles elle a succédé , et plus loin nous l’avons vue se terminer par plusieurs maladies qui en deviennent la crise. Le moment de tracer ces variétés pathologiques n'est pas encore arrivé ; jusques-là l'imagination suppléerait aux faits , et quelque fondées que puissent être les analogies , on sent à combien d’erreurs cette méthode exposerait.
A part les observations citées par Cheyne , où la fièvre intermittente est devenue la crise de l’Hydrocéphalite, et les circonstances où le D.r Coindet observe qu’elle survient dans le cours d'une fièvre bilieuse, et pendant les épidémies catarrhales , je ne connais aucune observation où cette terrible affection
SUR Ii’HYDROCEPÜAÎiïïE. l/[%
ait été , d’une manière bien évidente , compliquée avec une fièvre essentielle.
Les complications avec différentes phlegmasies sont très-fréquentes. Il est peu de praticiens qui n’aient rencontré des points inflammatoires sur l'arachnoïde et dans le tissu même du cerveau , et cependant je doute qu'on doive regarder toutes ces inflammations partielles comme des complications avec la frénésie ; ils ne sont qu’un degré d'intensité de plus de l’Hydrocéphalite. La phlogose des lymphatiques s’est com** muniquée à quelques faisceaux des capillaires sanguins.
Souvent la conjonctive est enflammée ; cependant je n’ai jamais regardé cette circonstance comme une ophtalmie , comme une complication. M. Capuron l’a vue coexister avec la pleurésie et la pneumonie sur un enfant à la mamelle. M. Coindet rapporte à la fin de son mémoire une observation fort intéressante et bien détaillée de St. -Clair , dans laquelle l’autopsie démontra une Hydrocéphalite et une phthysie pulmonaire déjà avancée que rien n’avait indiquée pendant la vie.
C’est l’inflammation des viscères abdominaux qui a le plus souvent été observée en concomitance avec l’Hydrocéphalite. M. Trappe cite une observation où la maladie dura onze jours; elle était venue se joindre à une inflammation existante de l’iléon , du cæcum et de son appendice ; l'autopsie démontra toutes ces altérations. Yeats a signalé d’une manière particulière l’inflammation du duodénum, et le D.r Cheyne a presque toujours trouvé après la mort l’inflammation des intestins et de la surface du foie qui était parsemée de differens tubercules en suppuration. Le professeur Heineken a aussi beaucoup insisté sur cette inflanuaa-*
du foie « : L’action du foie , dit-il
sous laquelle se cache celle du cerveau , se manifeste
distinctement par une tuméfaction de fhypocondre droit , et par une sensibilité douloureuse de cette'
partie lorsqu’on la touche ; même le vomissement continuel avec éjection de matières bilieuses f prouve la présence d’une affection du système biliaire. Celles ci est souvent de nature inflammatoire $ et se dissipe lorsqu’on la combat de bonne heure par Inapplication de sangsues à l’endroit douloureux. En même temps que l’affection du foie , ou peu de temps après , se présentent les symptômes d’un dérangement dans faction cérébrale , auxquels succèdent plus ou moins promptement ceux de fhydropisie du cerveau. Il est , dans beaucoup de cas, impossible de pouvoir déterminer lequel des deux organes , du foie ou du cerveau , a été atteint primitivement, et cette difficulté dépend du consensus intime qui règne entre eux. » Deux observations de Thomson ne laissent pas non plus douter de la coexistence de 1 -inflammation du foie avec JHydrocéplialite : dans la première, l’abdomen fut sensible à la pression pendant toute la durée de la maladie, sur-tout vers la région du foie, et à l’autopsie il trouva deux abcès formés dans la substance de çe viscère ; le malade était un enfant de 4 ans- Une petite fille de 4 ans aussi fait le sujet de la 2.e observation : elle eut, comme dans le cas précédent, la région hypocondriaque droite très - douloureuse et tendue pendant presque toute la durée de la maladie , qui se termina par la guérison. L’enfant prit 210 grains lie calûmélas avant de saliver , et 3 1 o en tout.
De ces faits je conclus que l'inflammation du foie
SÜft L’HtDROCEfHAiîïE, lf\J
est Je toutes, celle qui se joint le plus fréquemment à l’Hydrocéphalite : le fait existe i la cause ne peut en être trouvée que dans cette grande sympathie qui lie le cerveau à l’organe hépatique. Ici on ne peut dire que c'est une chute qui a contus et enflammé les deux viscères à la fois.
M.r Cheyne a plusieurs fois trouvé les glandes mésentériques tuméfiées et même quelques-unes en suppuration. Dans le 5y.e volume de la Bibliothèque médicale, on trouve une observation où les organes pectoraux et abdominaux étaient sains , excepté les ganglions mésentériques qui étaient engorgés et durcis. ÎPeut-être serait-on fondé à chercher , ailleurs que dans le consensus sympathique, la cause de ces lésions des viscères abdominaux : si je ne me trompe , ces lésions, plus communes en Angleterre , où le calomêlas est donné à des doses exorbitantes, sont l’effet de Faction stimulante du sel mercuriel sur ces vîs*~ cères.
Je ne regarderai point comme complication les différens accidens nerveux qui surviennent ; quelle que soit leur intensité, ils sont des symptômes de la maladie du cerveau et rien de plus. Je n’appellerai pas davantage complication les lésions nerveuses que THydrocéphalite laisse après elle ; elles en sont des conséquences et dépendent de l’altération qu’elle a portée sur l’organe encéphalique.
La première observation de M. Bard nous présente un exemple d’Hydrocéphalite venant se joindre à une leucophlegmatie , chez un jeune homme de 18 à 20 ans: elle se termina heureusement.» Nous avons
déjà vu l’anàsarqüe lui donner naissance et en etre la crise.
Chez les enfans dont les fontanelles ne sont point encore ossifiées, la distension du cerveau par le fluide accumulé peut en faire saillir une portion à travers ces ouvertures naturelles et produire un Hydrencéphâlocèle, que je considérerai plutôt comme une circonstance favorable , que comme une complication ; en effet, cette issue d’une portion du cerveau diminue d’autant la compression, et sa réduction pourrait causer une mort subite , ou du moins aggraver les symptômes de la compression.
De ce que le malade rend des vers par la bouche ou par les selles , ce n est pas une raison de les regarder toujours comme une complication ; le plus souvent ils sont nuis, et ne méritent aucune attention; cependant leur grand nombre et l’irritabilité du tube intestinal les rend quelquefois une complication très -aggravante : susceptibles de produire la maladie , ils en augmentent nécessairement les accidens , donnent plus
d'intensité à l'état spasmodique, renouvellent les coliques , et lorsqu’ils sont rendus procurent un solda-
• ) gement évident.
Non seulement l’Hydrocépbalite peut survenir pendant une dentition pénible et orageuse , mais encore celle-ci peut être la cause de la maladie sans cesser d’exposer par elle-même à des dangers réels. Dans l’un et l’autre cas il y a toujours complication et complication très-fâcheuse ; l’une et l’autre maladie exaspèrent le système nerveux , et appellent en abondance les fluides à la tete.
L’observation curieuse de Paisley était une complication
SUR L*HYDROCEÏ HÀ Ri T È* 1^9
plîcation d’Hydrocéphalite avec différons kystes situés à la partie supérieure du cerveau, et contenant de petits corps blancs dont il n’a pu reconnaître la nature ; ils ressemblaient à des vers ; mais ils étaient sans vie et renfermés dans des plicatures tnembraneuses. Ce genre d’altération et tous ceux trouvés dans le cerveau n’ont jamais pu et ne pourront jamais être reconnus ni même soupçonnés pendant la vie: ils sont au reste de funestes complications, la mort en est la suite nécessaire.
Je borne là ce que j’avais à dire sur les Complications. Il serait facile de les multiplier; mais j’ai dû ne parler que d’après les faits; et ce n est qu’à mesure que ceux-ci, en se multipliant , démontreront les complications que j’ai omises et qui peuvent exister, qu’il viendront d'eux-mêines se placer dans le cadre*
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