HISTOIRE DES ÉPIDÉMIES DE FIÈVRE JAUNE J
est éloigné de 48 degrés et demi, jusqu'au Havre (1), et jusqu'à l'Angleterre, qui est située vers 51 degrés. Or, sans vouloir nier que certaines latitudes ne favorisent la dissémination de la maladie, on peut voir qu'elle ne saurait opposer aux effets de l'importation un obstacle infranchissable ; on peut voir aussi combien le champ des grandes épidémies de fièvre jaune s'est étendu en même temps que les communications sont devenues rapides et plus fréquentes.
Cette observation est applicable à l'Amérique comme à l'Europe. L'Amérique du Sud qui longtemps avait été protégée de la fièvre jaune, en est le théâtre presque constant depuis un certain nombre d'années. Importée au Brésil, la maladie a irradié de là sur divers points du littoral à l'Est, et l'isthme de Panama n'en a pas préservé les côtes situées à l'Ouest.
Dès 1842, la fièvre jaune s'introduisit à Guayaquil, et, en 1852, elle apparaissait au Pérou et au Chili, où elle a pris racine pendant plusieurs années.
En Afrique, les rivières de Sierra-Leone et de Gambie en sont des foyers presque permanents, et de là, elle fait de fréquentes incursions au Nord jusqu'au Sénégal, et au Sud jusqu'au Gabon.
L'épidémie meurtrière de Lisbonne , les faits de Saint-Nazaire et de Barcelone, montrent une fois de plus qu'il serait téméraire de ne pas se prémunir contre les dangers de l'avenir, et que l'invasion possible de la fièvre jaune, en France, doit être pour l'administration sanitaire une préoccupation constante.
(Il Arrivage de l'Harriett.