‹ Essai sur l'hygiene internationaleChapitre 33 sur 50 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Giioiéra asiatique. — Diarrhée cholérique. — Gholérine. — Le choléra nostras doit être distingué du choléra asiatique.

Le choléra (choléra asiatique), né dans les Indes orientales, s'est étendu à presque tous les points du globe. Il est caractérisé principalement par des vomissements, un flux intestinal particulier, un faciès spécial, la teinte cyanique des téguments, la diminution ou la suppression de la sécrétion urinaire , la perte plus ou moins complète de la voix, un trouble de l'innervation (crampes), de la calorification (algidité), de la circulation et de l'hématose.

Le poison cholérique affecte plus ou moins profondément l'économie, et la maladie se présente sous plusieurs formes. La diarrhée cholérique, la cholérine et le choléra proprement dit ne sont que des manifestations différentes de la même maladie. Ce ne sont que des degrés d'un même empoisonnement, la diarrhée cholérique en représentant la forme la plus atténuée et le choléra asphyxique en étant considéré comme l'expression la plus élevée.

La diarrhée cholérique répond, dans quelques cas qu'on a beaucoup trop généralisés, à la diarrhée prémonitoire ; elle a été aussi appelée choléra muqueux. La cholérine a reçu également le nom de choléra séreux. Quant au choléra asiatique proprement dit, dit aussi choléra asphyxique ou paralytique, il représente le degré le plus intense de la maladie.

C'est toujours la même cause spécifique, et les propriétés toxiques des déjections sont les mêmes dans les trois cas. La diarrhée cholérique peut transmettre le choléra asphyxique, comme le choléra asphyxique peut engendrer la diarrhée cholérique ou la cholérine.

Entre le choléra asiatique et le choléra nostras, il y a une certaine analogie symptomatique, mais la similitude ne porte que sur l'expression clinique. La spécilicité de la cause sépare ces deux affections ; de mérne qu'entre une violente indigeslion provoquée par un simple écart de régime, et les phénomènes déterminés par l'ingestion de certaines substances toxiques, il peut y avoir similitude apparente sans qu'il y ait identité de cause (1).

(1) Fauvcl, Le cholcrn, cliologio et pruphyluxic, p. 20.

DÉFINITION DU CHOLÉRA i>r.3

Le choléra nostras est connu de toute antiquité. Le choléra asiatique ne s'est montré aux portes de l'Europe qu'en 1823, et s'il a reçu cette dénomination de choléra, des premiers médecins européens qui l'ont observé dans l'Inde, cela tient à une apparence symptomatique commune. J'ai déjà dit que ces deux maladies étaient différentes par leurs causes. On les distinguera également par la filiation des accidents et par le mode de propagation des épidémies. Le choléra 720s/rt7s est une maladie saisonnière et ne peut être importé.

Ces différences sont capitales et ne devront jamais être méconnues. Le choléra nostras demande des soins médicaux, mais il n'exige pas l'organisation d'un système sanitaire international. Le choléra asiatique ressort seul de l'hygiène internationale.

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