CHAPITRE II
Les épidémies de choléra hors de l'Inde. — Leur histoire. — Épidémies de 1830 et 1846. — L'épidémie de 1865 inaugure la voie maritime. — Les foyers mal éteints de 1865 produisent encore des épidémies annuelles (Gallicie, Russie, Allemagne).
Le choléra a fait Irois apparitions en Europe : en 1830, 1846 et 1865. Chacune de ces apparitions a été une épidémie redoutable. Déjrà, en 1823, il y avait eu à Astrakan une petite épidémie de choléra, importante pour nous parce qu'elle a tracé la route que devaient suivre les invasions qui lui ont succédé.
Partant de la Perse où il régnait (1822), le choléra envahit le Ghilan et le Mazandéran (provinces septentrionales de la Perse qui forment le liltoral de la Caspienne ). Après quelques ravages , il s'assoupit pendant l'hiver de 1822-1823 pour reparaître en avril 1823 à Recht. De cette ville, suivant le httoral occidental de la Caspienne, il franchit la frontière russe par la petite ville d'Astara, en juin. D'Astara il gagne Lenkoran, situé à quelques verstes d'Astara. Il arrive
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à Lenkoran le 29 juin. De Lenkoran il gagna Salian et rayonnadanslevoisinage de cette ville. Le 11 septembre on l'observait à Bakou et le 22 à Astrakan, où il s'éteignit bientôt.
L'épidémie de 1830 eut le même début. Le Ghilan et le Mazandéran furent envahis en 1829. La maladie s'assoupit encore pendant l'hiver , reparut au printemps dans le Ghilan et dans le petit port d'Enseli, situé à quelques heures de Recht. Comme en 1822, le choléra longe le bord occidental do la Caspienne et se montre vers le milieu de juin 1830 à Salian. Prenant alors deux directions différentes, d'un côté il se montre à Bakou, Kouba, Derbent, et envahit iVstrakan; de l'autre, suivant toute la vallée de la Koura, il se dirige vers Tiflis, en passant par Ehsabethpol et se répandant dans tout le Caucase.
C'est ainsi qu'il gagna successivement les régions voisines d'Astrakan et remonta le Volga. Le 4 août il était à Saratow, puis il s'étendit en Russie et gagnâtes autres Etats de l'Europe. Nous ne suivrons pas sa marche dans tous ses détails, nous rappellerons seulement certaines observations plus particulièrement intéressantes et qui sont surtout curieuses en raison de l'époque à laquelle elles ont été faites. Déjà ces cas démontrent la doctrine de la transmission.
Le choléra, après s'être montré à Kiewle 26 décembre 1830, s'y était éteint pendant les plus grands froids. Il apparaît de nouveau, s'étendant tà travers les provinces occidentales de la Russie jusqu'aux frontières de la Pologne, qu'il franchit avec l'armée russe dirigée contre Varsovie. Le 14 avril il éclate à Varsovie, où les Polonais avaient amené un grand nombre do prisonniers
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après la bataille d'Igani. La Moldavie, la Gallicie furent bientôt envahies ; c'est du littoral de la Baltique que part le choléra pour infecter l'Angleterre. Il se montre le 4 novembre 1881 dans le port de Sunderland. Le 27 janvier 1832 il éclate à Edimbourg, et le 10 février à Londres. De l'Angleterre il gagne l'Irlande, la France et la Hollande.
Grave remarque que Dublin, Cork et Belfast furent frappés près de quatre mois avant Waterford et Wexford. Or, un steamer fait deux fois par semaine le voyage entre Dublin et Cork et entre Dublin et Belfast, tandis qu'il n'y a pas de communications directes par les navires à vapeur entre Dublin et Waterford, pas plus qu'entre Dublin et Wexford. D'autre part, Waterford et W^exford n'ont avec l'Angleterre que des rapports très-restreints.
Le 15 mars 1832, venant d'Angleterre, le choléra éclatait à Calais, et onze jours plus tard (26 mars) il faisait explosion à Paris, et l'on a vu l'épidémie rayonnerentoussens autour de ce nouveau centre de propagation. L'extension se fait d'abord circulairement dans les départements qui entourent celui de la Seine, puis le choléra se porte à la fois dans toutes les directions, s'arrêtant à l'est cà l'Alsace, au centre à la Corrèze, n'envahissant que tardivement à l'ouest la Sarthe, la Mayenne, les Côtes-du-Nord,rille-et- Vilaine, au nord enhn dépassant la frontière pour se jeter sur la Belgique.
En 184G, après avoir gagné Sali an par une marche identique aux précédentes, le choléra fut observé le 8 novembre dans la ville de Cliemacka, à peu de distance de Salian.
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On le voit à Bakou et Derbent en décembre ; oublié pendant l'hiver, il se montre en avril 1847 dans les districts de Derbent, de Kouba, et il se propage à Témir- Khan-Choury. De là il fut transporté par des soldats malades envoyés aux eaux minérales de Kisliar. La maladie se dissémina parmi des Kalmouks dispersés dans lessteppes jusqu'auVolga.Lel5juillet, le choléra éclate dans le lazaret de Birutchaya-Kossa, petite île située près d'Astrakan. Le 16 juillet il était à Astrakaa. Il se dirigeait en même temps vers Tifiis. De Tiflis il gagna Koutaïs et fut bientôt importé à Trébizonde. Au nord de Tiflis, le choléra suivit la grande voie militaire qui traverse la chaîne du Caucase à une hauteur de 7,000 pieds, et à la fm de juillet il existait à Stavropol sur l'autre versant (1).
D'un côté, il franchit la mer Noire et envahit ses ports; de l'autre, il traverse la Russie, l'Allemagne, la France, l'Italie, etc. Nous ne suivrons pas le choléra à travers l'Europe. La marche de ces épidémies est aujourd'hui trop connue et nous renvoyons aux auteurs qui se sont occupés de cette question (2).
Ce qui ressort pour nous de l'étude de ces épidémies, c'est cette progression par étapes successives et toujours répétée, cette marche toujours identique du choléra, traits communs des épidémies qui ont suivi la route de terre. Il y a là un fait des plus importants pour l'hygiène internationale, et qui montre dans quels
(1) Il est à remarquer qu'avant d'arriver à Tiflis, le choléra rentra en Perse par la grande voie de communication qui, de Bakou, passe parErivan, Natchichevan, Djoulfa, Ordoubaz et se continue vers Tauris.
(2) Voir surtout Briquet, Rapport sur les épidémies de choléra-morbus qui ont régné de 4817 à 1850. {Mémoires de F Académie de médecine, 1867-68, t. XXVIII, p. 56.)
points doivent être établis les postes sanitaires destinés à nous protéger à l'avenir.
La grande épidémie de 1865 vient inaugurer la voie maritime ; elle montre que le danger n'est pas localisé sur la mer Caspienne, mais qu'il réside aussi sur le littoral de la mer Rouge.
Là ne se borne pas le rôle important de l'invasion de 1865. Elle a bouleversé les doctrines jusque-là en vigueur en apportant, au point de vue de la transmission, un ordre d'idées nouveau. La panique qu'elle produisit en Europe provoqua la réunion de la conférence de Gonstantinople.
Il est intéressant de suivre dans toutes ses phases cette épidémie dont l'influence a été si considérable, et nous emprunterons pour son étude les parties les plus importantes du travail de Bartoletti (1).
C'est à la Mecque que l'épidémie a eu son point de départ. Elle avait été importée dans le Hedjaz par des navires provenant des Indes et chargés de pèlerins (2). Vers la fm d'avril le choléra sévissait à la Mecque et à Médine. La mortalité déjà considérable s'était accrue à l'Arafat pendant les trois jours des fêtes. Les médecins envoyés d'Egypte trouvèrent des cadavres dans
(1', Rapport sur la marche et la propagation du choléra en 18G5,par Bartoletti.
(2) On ignore si le choléra a été importé directement de l'Inde ou indirectement par Mokhalla. Un certain nombre de navires, en effet, qui se rendent au Hedjaz chargés de pèlerins javanais et indiens font escale à Mokhalla pour se ravitailler. Or , il résulte du rapport du délégué d'Autriche que deux de ces navires, le Persin et le lYorthwind, auraient apporté le choléra à Mokhalla; d'autres navires ayant relâché ensuite dans ce port de l'Hadiamouth auraient été infectés et auraient disséminé les germes de la maladie sur les côtes de l'Yémen et du Hedjaz. Quoi qu'il en soit, le choléra provenait de l'Inde et il n'existait pas à la Mecque avant l'arrivée des pèlerins.
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les rues et clans les mosquées. Plus d'un tiers des pèlerins, c est-à-dire 30,000, succombèrent au choléra. La marche de la maladie montre que partout elle a accompagné les pèlerins.
L'Egypte fut, en raison de sa proximité avec la Mecque, le premier pays attaqué. Du 19 mai au 10 juin, c'est-à-dire en vingt-trois jours, dix bateaux à vapeur ont débarqué à Suez de 12,000 à 15,000 pèlerins. Sur de fausses déclarations des capitaines, la libre pratique . fut accordée aux bateaux à Suez. Or le Sidney, vapeur anglais, avait perdu plusieurs cholériques pendant la traversée. Le premier bateau débarqué le 19 mai à Suez avait jeté des morts à la mer. Le 21, quelques cas de choléra se déclarèrent à Suez. Dans le nombre étaient le capitaine du bateau à vapeur et sa femme. Les 12,000 ou 15,000 pèlerins que nous avons vus passer la mer Rouge pour aller à Suez traversèrent l'Egypte en chemin de fer et allèrent camper près du canal Mahmoudié à Alexandrie.
Fêtés selon l'usage par les Arabes du voisinage, les Hadjis leur communiquèrent d'abord la maladie. Le 2 juin éclate un premier cas à Alexandrie , le 5 deux autres cas se déclarèrent, et du 5 au 11 il y en eut un plus grand nombre ; le 11 seulement l'intendance fut convaincue de la présence du choléra. Jusqu'ici on avait cru à la fièvre pernicieuse. En deux mois le choléra fit 4,000 victimes à Alexandrie, et en Egypte, en moins de trois mois, il donna la mort à plus de 60,000 habitants. La population étrangère surtout, terrifiée, émigra en masse et alla porter à la fois dans le monde entier les germes de la maladie. Le choléra va se développer à Gonstantinople, à Smyrne,
Beyrouth, en Mésopotamie, sur la mer Noire, à Kustendjé, Odessa, porté jusqu'à New-York et à la Guadeloupe par les bateaux à vapeur, et apparaissant dans le port au moment même où le navire y a débarqué. C'est cette marche que nous allons décrire.
Ainsi donc, venu de l'Inde, son foyer d'origine ou l^"" foyer, le choléra arrive à la Mecque (2^ foyer), puis gagne Alexandrie, qui va devenir un nouveau centre .d'émission (3^ foyer). Toutes les villes, tous les ports qui, comme Beyrouth, Marseille, Gonstantinople, reçoivent des arrivages d'Alexandrie, deviendront de nouveaux centres, pouvant être considérés comme des foyers de 4*" ordre et qui, à leur tour, seront le point de départ de nouvelles émissions. Ainsi , des navires partis de Gonstantinople iront infecter Odessa, Kustendjé, etc.; une malade quittera Marseille, apportera en quelques heures le choléra à Paris. Nous allons entrer dans quelques détails :
La frégate ottomane Moukhiri-Sourour, partie d'Alexandrie le 21 juin, arrivée à Gonstantinople le 28, a été la cause de l'épidémie redoutable qui en peu de temps provoqua la mort de 12,000 à 15,000 personnes.
De Gonstantinople, foyer quaternaire, la maladie fut transportée par bateau à Kustendjé, Soulina, Odessa, Trébizonde, Samsoun. De Kustendjé, remontant le Danube, le choléra se montre à Vidin, et des bords du Danube il s'avance dans l'intérieur et se manifeste dans pulsieurs locahtés de la Bulgarie.
G'est encore de Gonstantinople que le choléra vint à Odessa. G'est d'Odessa que partit la femme d'un artisan allemand pour se rendre au centre de l'Allemagne, à Altenbourg. Ge fait a été rapporté par Pettenkofer.
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C'est encore d'Odessa, en passant par Borki, Kiew, que le choléra fut transporté jusqu'à Kownow, Wilna, Mohilew et Saint-Pétersbourg.
Les quelques cas qu'on observa à Trébizonde furent également le résultat d'une importation de Gonstantinople. Le choléra se montre le 25 juillet à Trébizonde, et le 22 août à Erzéroum. Il fut constaté pour la première fois, dans cette ville, à la suite de l'arrivée d'ouvriers kurdes et arméniens renvoyés de Gonstantinople où régnait le choléra. Ges ouvriers étaient arrivés à Erzéroum par Trébizonde, et avaient infecté plusieurs villages sur la route qu'ils avaient parcourue. Ils se répandirent dans les khans et marchés d'Erzéroum et y semèrent les germes de la maladie. Mais l'épidémie de Trébizonde, peu sérieuse par elle-même, est importante parce qu'elle devint l'origine de l'épidémie du Gaucase.
Le 12 août, le choléra se manifeste dans l'hôpital de Poti, et le 19 à Koutaïs. Il disparait complètement de cette dernière ville le 8 octobre pour y reparaître avec une force nouvelle après une trêve d'un mois. D'après des renseignements authentiques, cette seconde éclosion du choléra à Koutais a succédé à l'arrivée d'une grande foule de paysans venus de Koulamey et des environs, pour assister à la promulgation du manifeste impérial concernant l'affranchissement des communes.
Le choléra a persisté sur les bords du Rion (ancien Phase) et a décimé les militaires qui travaillaient à la construction du chemin de fer. Gette ténacité de l'épidémie, dans ces contrées, s'explique par les conditions telluriques : terrain d'alluvion, sol humide et poreux.
Ces caractères m'ont surtout frappé lorsque j'ai suivi la route de Koutais à Poti.
Potim'a paru offrir, à cet égard, des conditions vraiment exceptionnelles. De Koutais, le choléra se répandit dans les pays voisins, à Tifiis, Elisabethpol, Etchmiadjine, Natchichevan, Erivan, Soukhoum.
Nous ne le suivrons pas plus loin dans sa marche ; nous reviendrons à Alexandrie, où nous allons assister à de nouvelles émissions.
Le 23 juin, le bateau à vapeur ï Archiduchesse- Charlotte, venant d'Alexandrie , importe le choléra à Smyrne (Smyrne était parfaitement indemne).
C'est encore Alexandrie qui a engendré l'épidémie de Beyrouth, épidémie d'où part le premier courant qui va porter le choléra en Mésopotamie. La Mésopotamie se trouve, en effet, infectée par deux courants : l'un qui, partant de Beyrouth, descend le Tigre et l'Euphrate ; l'autre qui remonte ces fleuves avec les pèlerins revenant de la Mecque. Ces deux courants vont se réunir et se confondre et donner lieu à l'épidémie cholérique de la Mésopotamie. La marche de cette épidémie, ayant été suivie avec beaucoup de soin, offre à nos yeux un très-grand intérêt.
D'Alexandrie partirent encore de nouvelles émissions, à l'ile de Chypre et à Ancône.
Enfin ce fut encore d'Alexandrie que partit, le 1'' juin, le navire qui apporta à Marseille le choléra. C'était le Stella^ emmenant 67 pèlerins de la Mecque.
Huit jours après son départ, le 9 juin, il jeta à la mer 2 morts de choléra. Le 11 juin il débarquait les 65 restants à Marseille, parmi lesquels le nommé Ben- Kaddour, qui succomba en touchant terre. Il résulte
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de renseignements communiqués par le docteur Fauvel, que le nombre des navires arrivés à Marseille du 15 juin au 10 décembre, en patente brute de choléra, a été de 390, dont 143 à vapeur et 247 à voile. Ils étaient montés par 16,041 personnes. Parmi les bateaux à vapeur, 12 sont arrivés à Marseille avec le choléra. Le Stella eut 2 décès ; le Saïd 2 ; le Tarifa 1; le Vincent 1 ; le Copernic 2 ; le Cella 1 ; VAsie 2 ; le Saïd 2; le Marie-Louise 3 ; le Brésil 1 ; VOronte 1 ; le Byzantin 1. En outre, il a été admis et traité au lazaret 6 cholériques, 2 malades affectés de cholérine, 8 de diarrhée et de dyssenterie.
Après Marseille, l'épidémie s'est déclarée à Toulon, Arles, Aix, où elle a fait de grands ravages. Elle est ensuite arrivée à Paris, qui recevait tous les jours par le chemin de fer des flots de voyageurs venant du Midi.
C'est d'Alexandrie^ en passant par Marseille, qu'un négociant français parait avoir importé le choléra à Valence le 8 juillet 1865. De Valence, la maladie s'est propagée dans les villes et villages des environs. Dans toute* l'Espagne et en Portugal l'épidémie sévit d'une façon redoutable. Elle fut apportée par mer à Barcelone le 22 juillet ; à Carthagène , à Murcie, le 20 septembre; à Séville, le 6 septembre ; de Séville elle gagna Elvaz le l^"" octobre et parvint ainsi à Lisbonne. Plus au nord elle gagna Madrid le 15 août venant de Valence.
L'importation du choléra en Amérique est surtout intéressante en raison de la distance énorme à laquelle le choléra a été transmis. Une première importation à New-York ne donna lieu à aucune épidémie, grâce à
la sagesse des mesures qui furent prescrites. Voici la relation de ce fait :
VAtlanta, navire anglais, partit de Londres le 10 octobre avec un chargement de marchandises et 40 passagers. L'état sanitaire de Londres était'alors excellent. Arrivé le 11 au Havre, où il resta seulement un jour, il embarqua 564 nouveaux passagers, la plupart Suisses, ayant tous passé par Paris, où, sauf quelques exceptions, ils avaient séjourné un certain temps. Le choléra sévissait à Paris avec intensité. Deux familles allemandes étaient restées à Paris à l'hôtel de la Ville de New- York et cinq jours aux hôtels du Weissen Lamm et Hultgarder Hof. Des émigrants arrivés quelques jours avant dans ces derniers hôtels étaient tombés subitement malades. Revenons au navire.
Il était parti le 12, et dès le lendemain il y eut à bord un décès de choléra, sur un petit enfant de la famille venant du M^eissen Lamm. Cinq autres décès suivirent, les 14, 16, 18, 19 et 22, dans la famille qui avait habité l'hôtel Hultgarder Hof.
A l'arrivée de V Atlanta^ le chirurgien déclara 60 cas de choléra et 15 décès survenus pendant la traversée. Deux décès eurent lieu dans le port, et des 42 malades envoyés à l'hôpital de la marine, du 6 an 19 novembre, 6 succombèrent, ce qui fait un total de 102 cas et 23 décès. Atlanta fut immédiatement envoyé et isolé dans la baie basse, aucun lazaret n'existant à New- York. Dès que l'hôpital fut disposé, et qu'il y eut eu dix jours de quarantaine après le premier cas, tous les malades y furent transportés et, grâce à ces mesures, New-York fut préservé.
Il y a eu encore d'autres importations en 1866, par le bateau à vapeur Virginia et YEncjland.
L'épidémie de 1865, qui se montra encore à la Guadeloupe, à la Pointe-à-Pitre, a produit dans toute l'Europe des explosions qui ne sont pas encore éteintes.
Je me suis attaché dans l'étude de l'épidémie de 1865, comme dans les relations précédentes, à montrer surtout l'épidémie à son début et à établir nettement la filiation des premiers cas. C'est là seulement que la