‹ Essai sur l'hygiene internationaleChapitre 35 sur 50 · HISTOIRE DES ÉPIDÉ311ES DU CHOLÉRA · texte numérisé non relu

HISTOIRE DES ÉPIDÉ311ES DU CHOLÉRA

marche de la maladie peut être un enseignement utile. C'est ainsi que nous avons suivi pas à pas le choléra quittant Recht, longeant le bord occidental de la Caspienne pour arriver à Astrakan ; de même nous l'avons vu partir d'Alexandrie et aller infecter successivement les ports où débarquaient les navires.

Mais lorsque l'épidémie est parvenue au centre de l'Europe, l'enchaînement des faits devient plus complexe, et l'étude ne conduit souvent qu'à la confusion et à l'erreur. C'est ainsi que s'expliquent les fausses doctrines répandues sur la transmission à la suite de l'épidémie de 183i2.

La marche si évidente de l'épidémie de 1865 a réform.é ces erreurs. Cette épidémie n'est pas encore éteinte aujourd'hui ; et, chaque année, depuis 1865, on la voit, s'assoupissant pendant l'hiver, éclater de nouveau au printemps.

Il existe encore en Gallicie, dans certaines parties de la Russie, des foyers mal éteints qui pourraient, sous l'influence de circonstances adjuvantes^ être facilement ranimés et produire peut-être encore une épidémie redoutable. Les cas qui viennent d'être signalés à Pesth (15 mai 1873) sont aussi des restes de l'épidémie de 1865. M. Fauvel, chaque année, fait connaître à l'Académie le bilan de l'état cholérique, cherchant à en déduire des indications pour l'avenir (1). Il a montré que ces foyers ne nous menaçaient pas directement , et jusqu'ici ses prévisions ont été complètement réalisées.

(1) Consulter sur ce sujet les intéressantes communications de M. Fauvel à l'Académie, dans les séances du 2G janvier 1869, du 25 mai 1869, du 1er juin 1869, du 21 décembre 1869, du 1er août 1871, du 29 août 1871, du 5 décembre 1871, et du 2 juillet 1872.

Ainsi donc, nous n'avons eu en Europe que trois véritables épidémies cholériques : les épidémies de 1830 et 1846, qui ont suivi la route de terre, et l'épidémie de 1865, qui a suivi la voie maritime.

Quant à ce qui a été désigné sous le nom d'épidémie de 1852, il n'y avait pas là une épidémie nouvelle, mais seulement le réveil de foyers de l'épidémie de 1846, transportés, grâce à certaines circonstances particulières, d'Europe en Amérique et d'Amérique en Europe. Les foyers de 1846 ont eu alors le rôle que pourraient avoir aujourd'hui les foyers que nous observons en Gallicie et en Hongrie.

J'arrête ici l'histoire des épidémies hors de l'Inde. Je ne les ai décrites qu'à leur début parce que, commue je l'ai dit, leur origine et leur début peuvent seuls nous aider à formuler les lois qui régissent ces terribles invasions. Les suivre dans chacune de leurs phases serait, d'ailleurs, une tache trop considérable et dont l'étendue dépasserait les limites de cet ouvrage.

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