CORDONS SANITAIRES
sanitaire à des lignes de troupe ou de détachement postés de distance en distance, ayant pour but d'isoler un pays en interceptant ses communications pour empêcher la propagation d'une épidémie.
Les cordons sanitaires, pour être efficaces, doivent être établis sur des routes peu fréquentées , semées d'obstacles naturels, ne laissant que peu de points à garder.
La frontière russo-persane présente dans plusieurs parties toutes ces conditions réunies: peu de communications par terre entre les deux pays, quelques routes seulement établissant ces communications, routes rendues d'une surveillance facile par une série d'obstacles naturels et limitées par des montagnes et des rivières. Je n'entre pas ici dans plus de détails; c'est un sujet sur lequel nous reviendrons quand nous traiterons des moyens de défense que doit employer la Russie sur sa frontière de terre lorsque la Perse est envahie par le choléra.
Si les cordons sanitaires formés en Russie et en Prusse pendant les épidémies de 1830 et 1831 ont été sans résultat, c'est que ces conditions indispensables n'existaient pas. Les troupes étaient placées dans un rayon trop rapproché. On ajoute même que le choléra était déjà parvenu en Prusse lorsque les cordons y furent établis.
Au .contraire, quelques résultats heureux peuvent être cités en faveur des cordons sanitaires appliqués en temps opportun et rigoureusement observés.
Des forts et des villages situés dans les gouvernements d'Orenbourg et d'Astrakan ont été préservés.
De même encore, en Russie, la ville de Sarepta a été
protégée du choléra par des cordons de troupes qui la séparaient de Tsaritsin, où régnait le choléra, et qui en est distante de 26 kilomètres. C'est encore grâce à ce système qu'en 1831, les palais de Péterhof, Tsarskoe-Selo, Pawlowsk et r]le d'Élaguine, placés près de Saint-Pétersbourg, ont été préservés du choléra qui régnait dans cette ville.
Il résulte encore d'une statistique présentée au ministre de l'intérieur de Russie par le docteur Rosenberger que, de 1847 à 1849, le nombre des décès cholériques dans l'empire russe a surpassé le chiffre de un million; le nombre des villes atteintes fut de 471. Or, à cette époque, les communications étaient libres entre les localités saines et les localités infectées ; par contre, dans les premières invasions de 1829 à 1835, lorsque la marche du choléra a été entravée par des cordons sanitaires, le nombre des décès ne s'est pas élevé au delà de 290,000, et celui des villes atteintes n'a été que de 336.
En 1866, la petite ville de Tibériade, en Palestine, perdit sur 3,000 habitants plus de 100 cholériques. Située dans des conditions faciles de séquestration, elle a été cernée par un cordon, et le choléra s'y est épuisé sans se propager dans aucune autre localité de la Syrie.
Il résulte, en outre, des archives de l'intendance sanitaire ottomane, que, presque à la même époque, le choléra sévissait à Nedjeff et à Kerbellah. L'un des huit fortins existant sur la lisière du désert arabique pour contenir les excursions des Rédouins est infecté. Il est séquestré et gardé. Le choléra s'éteint sans que les autres fortins, situés à une heure de marche l'un de