LAZARETS
Fautre, aient ressenti la plus légère atteinte de l'épidémie.
On voit donc que les cordons sanitaires peuvent rendre des services précieux, mais ils ne doivent être prescrits qu'au milieu de populations clair-semées, comme sur les limites de l'Orient et de l'Occident.
Dans nos pays, les cordons sanitaires ne seraient point un moyen de protection; composés de troupes fraîches et n'ayant point encore subi l'accoutumance cholérique, ces cordons deviendraient bientôt euxmêmes des foyers de renforcement et de dissémination de la maladie.
Lazarets. — On donne généralement le nom de lazaret à un édifice isolé, établi dans le voisinage d'un port de mer, qui sert de lieu de désinfection aux hommes et aux diverses provenances d'un pays où règne une maladie contagieuse.
La durée du séjour dans un lazaret, quelle qu'elle soit, se nomme quarantaine.
Les lazarets qui existent en ce moment en Orient, et même en Europe, datent tous d'une époque assez ancienne, et ne peuvent contenir qu'un petit nombre d'individus. On n'assistait pas alors à ces émigrations considérables que nous voyons aujourd'hui (1). Ce sont pour la plupart des cours carrées, des bâtiments communiquant entre eux. Ils ont été créés surtout en vue de la peste.
Aujourd'hui, ces anciens lazarets sont devenus plus dangereux qu'utiles ; les lazarets d'Ancône, des Dardanelles, en ont donné la preuve pendant l'épidémie de choléra de 1865.
(1; En 18B5, on a compté 35,000 ômigrants venant d'Égypto.
La proximité de ces édifices avec les villes amenait forcément des compromissions avec les habitants, et sous l'influence de l'encombrement et du confinement de l'air, ils ont été la cause de graves accidents.
Aussi est-il important de préciser les principes qui doivent présider à l'installation d'un lazaret. L'emplacement du lazaret, son plan et sa construction en sont les conditions les plus importantes.
Le lazaret doit être isolé, c'est-à-dire qu'il doit être placé à une distance suffisante de tout centre de population. Aussi une île, et une lie déserte même, serat-elle préférée. Il faut également tenir compte de la composition du terrain; on recherchera les terrains durs, consistants, de nature rocheuse et granitique, en évitant, au contraire, les sols poreux, humides, les marais, sources d'infection palustre.
Le terrain doit être pourvu d'eau potable ; il doit y avoir un bon mouillage, présentant toutes les garanties de sécurité, et assez vaste pour abriter un nombre suffisant de navires.
Ces diverses conditions ont plus d'importance au point de vue du choléra que pour la peste et la fièvre jaune. La peste, en effet, peut être considérée, en ce moment, comme à peu près éteinte. En outre, ces deux maladies ne donnent pas lieu aux explosions si redoutables du choléra. Elles ne provoquent pas non plus les dangereuses émigrations qu'entraîne ordinairement la panique produite par le choléra.
Le lazaret capable de nous garantir du choléra sera à plus forte raison efficace contre la peste et la fièvre jaune.
Dans les pays orientaux, les populations, habituées