‹ Essai sur l'idée de faute et l'idée de risquesChapitre 31 sur 47 · ROLE DE LA VOLONTÉ ET DU HASARD · texte numérisé non relu

ROLE DE LA VOLONTÉ ET DU HASARD

Les théoriciens de la Responsabilité civile, en essayant de mettre à sa base un seul principe, se sont inspirés, pour arriver aux mêmes résultats, des mêmes idées de justice et d'humanité. Ils ont voulu les uns et les autres assurer à la victime de tout fait dommageable le maximum de réparation, et ils l'ont voulu parce que cela leur paraissait juste, parce que cela leur paraissait humain, parce que leur conscience les avertissait que c'était la plus parfaite expression de l'équité.

[ls y ont été d'autant plus poussés que la loi ellemême n'a pas d'autre but. Le législateur cherche à répartir toujours plus équitablement les bonnes et les mauvaises chances entre tous les intéressés. Son but est de trouver en toute hypothèse la solution qui soit l'expression la plus parfaite de la justice, d’accorder une réparation là où il lui paraît qu'un dommage a été souffert à tort. Aussi n'est-il pas de question, n'est-il pas de situation qui le laisse indifférent. I] s'occupe des puissants comme des faibles, et essaye

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