‹ Essai sur l'imagination créatriceChapitre 20 sur 72 · L’IMAGINATION CRÉATRICE CHEZ L’ENFANT · texte numérisé non relu

L’IMAGINATION CRÉATRICE CHEZ L’ENFANT

pitié, je les transportais à un autre bout du' chemin, pour qu’ils eussent l’agrément devoir du nouveau 1 ».

Arrêtons-nous un instant pour essayer de déterminer la nature de cet état mental étrange, d’autant plus que nous le retrouverons chez l’homme primitif et qu’il nous présente l’imagination créatrice à son début.

1° Le premier élément est une idée fixe ou plutôt une image ou un groupe d’images qui s’empare de la conscience et en exclut tout le reste. : c’est l’analogue de l’état de suggestion chez l’hypnotisé, avec cette seule différence que la suggestion ne vient pas du dehors, d’un autre, mais de l’enfant lui-même; c’est une auto-suggestion. Le bâton qu’il tient entre ses jambes devient pour lui un cheval imaginaire. La pauvreté de son développement mental rend d’autant plus facile ce rétrécissement du champ de sa conscience qui assure la suprématie de l’image.

2° Celle-ci a pour support une réalité qu’elle enveloppe : détail important à noter, parce que cette réalité, si mince qu’elle soit, confère l’objectivité à la création imaginaire et l’incorpore au monde extérieur. Le mécanisme est analogue à celui qui produit l’illusion, mais avec un caractère de stabilité qui exclut la rectification. L’enfant transforme un morceau de bois ou de carton en un autre lui-même, parce qu’il ne perçoit que le fantôme qu’il a créé, c’est-àdire les images qui hantent son cerveau, non la matière qui les suscite.

3° Finalement, cette puissance de création qui investit l’image de tous les attributs de la réalité, dérive d’un fait fondamental : l’état de croyance , c’est-à-dire l’adhésion de l’esprit fondée sur des conditions purement subjectives. Il n’entre pas dans mon sujet de traiter incidemment une si

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