G. Sand. Elle et Lui, I
Appendice B.
SUR LA NATURE DU FACTEUR INCONSCIENT (Voir I" partie, chap. m).
Nous avons vu que, dans la question de l’inconscient, il faut distinguer une partie positive — les faits; et une partie hypothétique — les théories.
■^En ce qui concerne les faits, il y aurait avantage, selon nous, à établir deux catégories : 1° l’inconscient statique comprenant les habitudes, la mémoire et en général tout ce qui est savoir organisé; c’est un état de conservation, de repos, tout relatif puisque les représentations subissent d’incessantes corrosions et métamorphoses : 2° l’inconscient dynamique qui est un état latent d’activité, d’élaboration, d’incubation. On pourrait donner à profusion des preuves de cette rumination inconsciente. Le fait bien connu qu’un travail intellectuel gagne à être interrompu; qu’en le reprenant, on le trouve souvent éclairci, transformé, même achevé, était expliqué par quelques psychologues antérieurs à Carpenter par « le repos de l’esprit » : autant vaudrait dire qu’un voyageur fait des kilomètres en restant au lit. L’auteur précité 1 a rapporté beaucoup d’observations où la solution d’un problème mathématique, mécanique, commercial, etc., apparaît brusquement après des heures et des jours de malaise vague, indéfinissable, dont la cause est inconnue; mais qui n’est que le résultat d’un travail cérébral sous-jacent : car ce trouble, qui s’élève quelquefois jusqu'à l’angoisse, cesse dès que le résultat inattendu est entré dans la la conscience. Les hommes qui pensent le plus ne sont pas