Tome ITT
Une robe de Solo ^sarong batik oedan lieris).
Un mouchoir de tête pour les chefs indigènes (oedan batik sawat).
Un habit pour id. (kaîd panjang batik angin angin Batawie).
Une robe rouge, à fleurs, de Macassar.
Une id. à carreaux id.
Une id. longue, id. de Soerakarta.
Une pièce de Guinguan rouge, à raies, de Macassar.
Deux mouchoirs de tête, à carreaux, id.
Une robe bleue, à raies, de Solo (kain panjang poeloe watoe).
Une pièce de toile blanche, de Soerakarta.
Une id. id.
Deux id. de Guinguan, vertes, de Salaijer.
Une id. de toile, à l'imitation de celle du Japon, de Rembang.
Une robe id. id.
Cinq pièces de Guinguan id. id.
Un sac, fabriqué de la plante widjinay , Indramaijoe, sous la direction de M. Buyn.
Un id. de la plante teboe soero, fabriquée à Passaroeang.
Un id. id. poeloetan (korbus) id.
Un échantillon de corde, fabriquée de peau de buffle, pour écoutes et itagues de gouvernails aux navires du pays.
Soies écrues.
Echantillons de différentes soies de qualités supérieures et inférieures, produites par le ci-devant capitaine des Chinois à Samarang.
Un Echantillon de soie récoltée par le sieur Brenner, a Samarang, et dont la qualité a été jugée très-bonne au Bengale, en Chine et en Angleterre.
Vingt-quatre échevaux de soie écrue , envoyée par M. Diard, et produite, sous son administration et sa surveillance, par des indigènes de Parakkan Troes.
Un écheveau de soie jaune, et trois id. de soie blanche, produite sur la terre de Materman.
Cotons icrus.
Quatre échantillons de coton écru , savoir : dé Femambouc, de Bourbon, de Nankin et de soie produits par M. H.-J. Demis à Passaroeang.
Quatre échantillons id. , savoir : de Bourbon, de Fernambouc, de Bengale et de Nankin cultivé par M. Tesseire dans la terre dcTjikodja.
Un écliantillon de coton du pays ( Kapas ratoe), envoyé par le résident de Bantam.
Un échantiion de coton de Lampongs.
Un id. • coton de Java, non purifié, dit Kapas van Ponthang.
Un id. coton de l'étranger, dit Kapas Hollanda.
Un id. coton dit Kapas Moerie : ces deux échantillons ont été e!(posés par le résident de Japara*
Un id. coton de Java, non puriBé, dit Kapas Kakoe.
Sortes de chanvre ei de Un.
Six échantillons de lin de difiërentes plantes indigènes, avec lequel* on a fait des essais, a Java, paur la fabrication d'étoffes pour sacs et pour cordages .
Un sac, fabriqué à Ghéribon, de chanvre ou plante de Bengale.
Un sac, tissé à Rembang, de la plante teboe soero.
Un sac, fabriqué à Passaroeang, de l'écorce de Tarbre dit tijpplokkan.
Un id. fabriqué de la plante widooric.
Vannerie, ouvrage de Natte$ et de paille.
Une natte de feuilles de frandang, grosse, à fleurs en couleurs.
Une id. fine, tressée aBantam, de Tarbre pandang.
Deux coupons d'étoffe de Paille, tressée de feuilles de gebang ou potjoek.
Deux id. id. grosse, pour voiles de vaisseaux du pays et pour sacs.
Ustensiles de Ménage,
Un moulin à coton.
Un échantillon de papier de Java.
Deux paquets id. , première et deuxième qualités, de Soerakarta.
Cuirs,
Différentes sortes de cuirs, tels qu'ils sont préparés par les indigènes.
Bois.
Deux pièces de bois dePellet, pour gardes et gaines.
Modèles de machines, curiosités, etc.
Un soc à labourer.
Une Machine, dite ani ani.
Un manuscrit de Tenger, sur feuilles de lontar.
Une bêche du pays.
Armes,
Un couperet de Java.
Un poignard de Boegine, dit badi badi.
Deux couteaux de chasse, travaillés en fleurs (sondré). Les habitans des résidences de Prcang s'en servent à leurs grandes chasses.
Une lame de sabre, rieliemcnt travaillée en fleurs, à l'instar de celles
des Européennes, par un indigène desdits résidences.
Un poignard de Java, de la sorte dite sabak inten.
Un id. id. id. tilamopiek.
Produits (f Agriculture et d* industrie.
Cinq échantillons de thé, cultivé et préparé dans le jardin des plantes du gouvernement à Buitcnzorg.
Trois échantillons de thé, produit et préparé à Garoet dans les résidences de Préang.
Quatre autres id. préparé à Buitenzorg.
Un id. du Japon, dit simo hana.
Un id. dit tjoescn.
Trois id. première, deuxième et troisième qualités.
Tabac.
Quatre difTérentes sortes de tabac, savoir: Varinas, Havane, Japon et Java, produit à Passaroeang.
Cire et chandelles.
Un échantillon de cire et de chandelles, fabriquées de l'arbre kondang de Passarouang.
Un id. de cire Java, non purifiée.
Un id. préparée et non préparée, de r arbre kondang, pro-
venant de Buitenzorg.
Différentes productions du pays.
Un échantillon de Katjang noir, pour préparer le soija (ketjap).
Un échantillon de castor ou Noyaux de palnia-christi, dit jarak klappa, de Passaroeang
Un id. plus petit (jarak genja), première sorte.
Un id. id. encore plus petit (jarak djero),id.
Un id. de Arrowroot, préparé à Buitenzorg dans le jardin des plantes du gouvernement.
Un id. de Gambier Mo(»sic, de Palembang.
Un id. id. ordinaire de Riouw:
Un id. de savon à l'iniitatiou de celui d'Amérique, préparé à Pekalongang.
Drogueries et drogues pour teindre.
Une pièce de bois de Sapan (kaijoe sctjany). Un échantillon de vitriol bleu.
Un id. de résiiu».
Un id. de Birikoedoe.
Un
id.
Un
id.
Un
id.
Un
id.
Un
id.
Un
id.
Un
id.
longang^.
Un
id.
Un
id.
Un
id.
Un
id.
Un
id.
de 8affloers (kesoemba djawa).
de savon d'arbre (ravak).
d'indigo de M. Le Pesel.
id. fabriqué par Ong Sioeko, à Tjedoek. d'Orléans (galocloc.
d'indigo de la fabrique de Romswenekel, à Bergzigl.. id. de la fabrique de Goedsnoven, à Peka-
de Sang de dragon (sandaraque), de Bornéo.
id. de Palembang.
de Bonjoîn de Sumatra, de vers d*Iris, préparé a Pekalongang.
de Soude ou Sel lixiviel minéral , tiré, à Pekalon- : gang, de la plante kali.
Un id. de Potasse, préparée par M. Houtmann, à Pekalongang, du rebut des ronces d'indigo.
Un id. d'Indigo, préparé dans rétablissement d'agriculture, à Porakk an -Trocs.
Un id. de C«)chcnille (granafîna), récoltée au jardin des plantes à Buitcnzorg.
Un id. de bois aromatique de couleur roiige-foncc.
Une pièce de bois de Saridal (kaijoc tjendana).
Quelques échantillons d'Indigo, en forme de tours, préparé par les habitans de la régence de Limbangang, de la plante nila kambangan, au moyen de la cuisson.
Quelques éhantillons d'Indigo, préparé par M. Thomson, à Rarang Jallic.
Beux échantillons d'Indigo, première et deuxième qualités, du pays, de Trogong.
Un tableau représentant le jardin du ci-devant capitaine des Chinois, à Samarang.
Modèle d'une jonc[U(» de guerre chinoise.
Soie tirée de l'établissement du gouvernement à Krawang, île Java.
Peau de chèvre tannée dans le même établissement.
Morceau de cuir de buffle, id. id.
Un vaisseau en clous de girofle, fait dans les Moluques.
Une boite en or, travaillée dans l'île de Sumatra, résidence de Padang.
Unegarnitureenor, id. id.
Une boite en argent, id. id.
Deux bocaux de Cochenille, gagnés à Buitcnzorg, avec de la Cochenille que le gouvernement y a fait importer de Cadix.
Deux caisses de thé récolté dans le pare de Buitcnzorg, et dont la fîuUure y a été introduite par S. Exe. le commissaire-général du roi aux. Indes orientales.
Une boite laquée, contenant des échantillons de thé pe<*co, première qualité, id., deuxième qualité, id., souchon de différentes qualités, etc.
La révolution qui survint vers la fin dn mois d'août 1830 • dans le temps où l'exposition était encore en entier , est cause que Ton n'a pas pu publier le procès- verbal de la commission supérieure, et qu'à défaut de pièces oiBcielles Ton s*est borné, ou Ton a du se borner, à recueillir des analyses publiées, mais plus superficielles que les élémens qu*on possède pour Gand et Harlem ; toutefois quelque nombreuse , quelque brillante que fi\t l'exposition à Bruxelles , on se tromperait encore si on la considérait comme le microscope de nos ressources ; il est impossible que les plus riches , les plus intéressantes de nos industries y aient été représentées.
Tous les objets y ont été classés dans Tordre suivant :
lo Fils, étoffes de laine, duvet de chèvre, étoffes de soie, Aatpellerie, pelleterie.
2** Fils et étoffes de coton de lin et de chanvre , tissus de crin, dentelles, blondes gazes, fleurs artificielles , etc.
3^ Produits diimiques, cuirs et peaux, verrerie, cristaux, ébénisterie, menuiserie, marquetterie, etc.
4® Bronzes et dorures, plaqués, orfèvrerie, bijouterie tabletterie, papeterie typographie, lithographie, reliures, porcelaines, marbres.
kP Machines et instrumens, outils, clouterie, épinglerie, arts métalurgiques , instrumens de chirurgie de mathématiques, horlogerie, coutellerie.
Q^ Voitures, harnais, sellerie, armes, instrumens de musique, substances alimentaires, liqueurs confiserie, objets d'utilité et d'économie domestique, objets divers.
£n parcourant les vastes salles de l'exposition on ne |HHivait
s'empêcher d'admirer en même temps rhenœusc el élégante distributiondeTintérieurde ce vaste édîGce, et Tordre qui avait présidé au classement des objets qui y étaient exposés. Cette variété presqu'infinie de produits était disposée avec tant d'intelligence que nulle part il n'y avait confusion, que tout était placé ostensiblement, et que le spectateur, bien qu'embarrassé par la multiplicité des choses qui s'offraient simultanément à sa vue. pouvait avec facilité arrêter ses regards sur celles qu'il aimait à examiner de préférence.
Les premiers objets qui se présentaient dans la premièresalle, étaient des peignes de feipmes, en corne, provenant de deux fabriques de Bruxelles et d'une de Maestricht, tons simulant Técailleà s'y méprendre; il y enavait art istement taillés à jour aux armes du royaume; le premier coup d*œil était très-favorable à ces produits qui sont une conquête de notre industrie sur celle de la France, de l'Angleterre et de TAllemagne. Bandages élastiques fabriqués à Liège. Pompe à incendie de Gand, La machine sortant d'un atelier de Liège a le mérite d'une grande simplicité. Le moteur de la force qui fait jouer ces pompes s'aperçoit facilement; c'est un balancier à deux bras terminés par des paraboles; fleurs en cire, figures en sucre ; l'exécution, les couleurs, l'élégance, la fraieheuFei la délicatesse des formes font rivaliser ces fleurs avec les plus belles fleurs artiflcielles, des chasidalleâ.-d«-cii:fî^e la cire blanche à bougies, des bougies diaphanes, méritèrent des éloges quant à la main-d'œuvre, elles sortaient des fabriques de Bruxelles. Une lampe hydropnetimatique faite à Amsterdam attirait l'attention pour son mécanisme. Des balances^ sortant d'un atelier de Gand, étaient d'une telle perfection que lejsouffle seul de la personne qui les examinait les faisait mouvoir. "CTnVafrêtaît devant les cylindres pour imprimer les toiles de coton, la gravure en était belle et régulière. On remarquait également une joli^ balance jnontée sur pierre fine, trè»-bien travaillée et très-fine. Plusieurs mé-
caniqncs très-curJeuseis et autres ouvrages de cette nature attirèrent ici l'attention des connaisseurs ; elles sortaient toutes de fabriques de Bruxelles. Une presse à imprimer très-ingénieuse et d'une grande force. Les belles cires à cacheter rouges et de toutes couleurs fabriquées à Liège soutinrent leur réputation si justement acquise.
Impressions cl papiers.
Une presse crimprimeur en fer dont on n'apercevait pas bien le jeu, et un buste en fonte représentant S. M.., étaient des objets fort bien traités et annonçaient un artiste habile. Diverses éditions de livres envoyées à l'exposition , prouvèrent que l'art de la typographie était avantageusement et généralement cultivé dans notre pays, plusieurs imprimeurs de. Bruxelles > de Mons , de Gand , de Harlem et d'Amsterdam enrichirent l'exposition d'ouvrages imprimés. Il s'y trouvaitdes ouvrages qui offraient un degré de perfection dont il existait jusque-là peu d'exemples. On n'y rencontrait pas des mots divisés, chaque ligne flnissait toujours par un mot entier, ce mode exige des typographes exercés et inielligens. Une lithographie était exposée pour l'impression seulement ; la vigueur et l'égalité des tons faisait prendre cette épreuve pour le dessin même, tant l'impression était pure, quelque grande que fut la pièce.
Les papiers exposés et sortant des fabriques de Biiixelles, de la liu^pe, d'Andennes , etc. égalèrent peut-être les papiers fabriqués dans les provinces septentrionales. Au total nos papeteries du royaume ne sont inférieures à aucune autre, voire même les fabriques ci-dessus indiquées. Les papiers de Liège, deRuremonde, dcHuy, etc. supportaient toute comparaison. Le carton du Bristol <\ dessiner fit espérer qu'il, atteindrait bientôt à la qualité do son modèle, et tel qu'il était exposé» pouvait (hjà tromper l'ail peu exercé. Les papiers marbres
et coloriés de Bruxelles et de Courtrai parurent ne laisser rien à désirer, et pouvoir lutter sans désavantage avec les mêmes produits des fabriques françaises^
Les boites en bois vernis et les impressions sur bois, faites à Liège sont d'un intérêt majeur, ces objets s'exportent, se vendent partout et forment une branche d'industrie qui, bien que secondaire, occupe beaucoup des bras et procure des profits remarquables. Les gants légers de couleur et de fantaisie, faits de peaux mégissées du Luxembourg et du Brabant, rivali* saient de perfection à cet égard, les peaux de ces gants paru^» rent bien préparées , les couleurs égales et pures , la coupo élégante et la couture plus soignée et meilleure que dans le& mêmes gants que nous tirons de France.
Il se présentait à Texposition de Bruxelles beaucoup de papier à meubler de divers fabricans. Chacun d'eux a presque toujours une espèce dans laquelle il excelle. Beaucoup de ces tentures étaient riches et magnifiques; d'autres, moins bril-. lantes ) se recommandaient parla vivacité et l'heureuse dégradation des couleurs ou par la pureté et le bon goût du dessin; on peut dire que cette manufacture avançait avec célérité vers la perfection et que déjà même en certaines choses nous faisions mieux que l'étranger, dont nous dépendions pour cette partie de nos ameublemens, il n'y a guère que quelques années. Les papiers de Bruxelles étaient vrai^ ment remarquables. Les fabriques de Louvain, de Lokeren et de Luxembourg avaient aussi exposé des papiers de fort bon goût et d'une belle exécution.
La lithographie royale, dont la réputation n'est pas contestées, exposa une grande quantité de ses ouvrages, parmi lesquels on admire son Voyage piéloresque , sa Vie de Napoléon , etc. ; il y a de très-belles choses parmi ces lithographies, il ne s'y trouvait même pas de morceau faible dans
an aassi grand nombre de productions. Des lithographe»,, dignes de concourir a?ec ce principal établissement, présentèrent des ouvrages dont le dessin était plus suave et en même temps plus vigoureux, et aussi nettement imprimés que la gravure ; on y avait acquis cette touche soyeose qni fait le mérite des plus belles lithographies.
Les reliures de Toumay et celles de ta cour à Bruielles, sont magnifiques. Celles de Tournay l'emportent poar la modicité des prix. Les reliures de ces deux villes ont offert en don à la ville de Bruxelles des chefs-d'œuvres de leur art, où ils ont prodigué Tor, les dessins de bon goût, les empreintes élégantes , les couleurs les plus variées sur les couvertures de leurs livres. Ces reliures ponvai^it défier tout ce qu'on a vu de ce genre.
Les couteliers de Namur avaient déployé tout le luxe de la; fabrication. Les belles pièces qu'ils exposèrent, outre le poli de l'or, de l'argent et de la nacre de perle, qui les ornaient, étaient considérées comme tout aussi bien limées, jointes et trempées que la coutellerie d'Angleterre et de Chatelerant. Celles de Gand, quoique plus simples dans l'exécution, pouvaient rivaliser avec celles de Namur.
Une presse provenant de T imprimerie normale de Bruxelles, où elle avait été faite, paraissait avoir été perfectionnée d'après un modèle in^porté d'Angleterre; cette pièôe prouvait, comme beaucoup d'autres, que quant à la main-d'œuvre, nous avions cessé d'être dépendans de nos voisins. Plus loin se trouvait une plate-forme, pareille à celles dont les horlogers se servent, et destinée à diviser toutes sortes d'engrenages; cette pièce contribuait puissament à coroborrer l'idée que nous venons d'émettre touchant la dépendance de l'étranger. D'autres mécaniques très-ingénieuses, à faire toutes sortes de pas de vis et d'écrous , et à diviser, recopier et faire les molesses
poQr rimpression des indiennes . avaieni été fabriquées à Bruxelles sons la direction d'an de nos artistes les plus habiles et les plus industrieux.
Une petite roiture mécanique faite à Gand , semblait destinée à surmonter les difficultés des plans inclinés ou rocailleux.
Dans la seconde salle était une machine à vapeur sans balancier, de la force de quinze chevaux, pression de deux atmosphères sur une surface d'un pouce carré des P.-B. Cette machine faite près de Yerviers était simple , parfaitement excutée et peu volumineuse. Un mécanicien de Bruxelles qui possède pour la confection des machines et des mécaniques un vaste établissement, avait exposé treize pièces fabriquées dans ses ateliers, et dont quelques-unes étaient de son invention. C'étaient des machines à vapeur, pompes à incendie , une machine ingénieuse pour auner les étoffes en les pliant. Une pompe pneumatique, un pétrisseur mécanique pour 75 livres de pâte, d'autres objets du même fabricant étaient tous parfaitement exécutés.
Nous arrivons ici à ce qui a rapport au travail du fer appartenant aux deux ateliers les plus notables de Liège; la première pièce était du volume de 1600 livres de P.-B. , elle n'a de mérite que sous le rapport de la difficulté vaincue de la remuer, de chauflfer , de souder et de forger ; l'ouvrier forgeron qui a osé entreprendre ce travail et qui y a réussi , mérite incontestablement des éloges. Deux machines à vapeur du système de Watt , forent exécutées avec tant de perfection, que l'œil le plus exercé n'y trouva pas un défaut La tdle était remarquable par sa longueur et sa largeur, et passait pour un chef-d'œuvre de laminage. Le buste du roi et le piédestal coulé d'un seul jet, étaient le premier un chef-d'œuvre, et le second un tour de force de l'art du fondeur. Le travail d*nn
piston mécanique ne laissait rien à désirer et en général toutce que ce fabricant avait exposé méritait le même éloge.
Le i>étri$seur mécanique de St.- Josse-ten-Noode , était une machine nouvellement inventée , réunissant le triple avantage de la propreté , de réconomie du temps et de la maind'œuvre. Une machine à faire des briques parut fort ingénieuse ; dans Temploi elle semblait pouvoir rencontrer quelques difficultés. Deux battoirs à grains d'une forme nouvelle, ne semblaient pouvoir être approuvés qu*api*ès en avoir reconnu reifet. On remarqua deux silos aërifères dont le mérite comme dépôts conservateurs était déjà connu et apprédé. Le crible offert par un fabricant de Hàrbais ^ iK)rtait à croire que l'usage pourrait s'en répandre.
La machine sans contredit la plu$ intéressante de toute l'exposition, machine peut-être destinée à changea* la face d'une partie du commerce , et pour l'invention de laquelle un prix avait été promis et non gagné , était une machine à filer le lin. Le Gl qu'elle donnait était égal e\ beau f mais le lin n'était point livré à cette machine dans, l'état où on le trouve dans le commerce , et il doit être probablement filé en cordons de la grosseur d'un tuyau de plume. On ignorait encore jusqu'à quel point celle préparation qui semblait indispensable, pouvait contribuer au succès delà machine et jusqu'à quel point elle atteignait le but. Une machine, plate-forme pour faire des don (« d'engrainage , parut plus simple que les autres pièces analogues que contenait l'exposition.
Un industriel de Couvin, ingénieux et entreprenant, avait considérablement amélioré le système de la fonderie et de la forgerie. Les belles usines qu'il a construites et dont il a augmente les produits , les exploitations et la réduction de la mine on fer qu'il a entreprises sur une échelle iucompa-
Vablement plus gi^aDcle qae jadis, ont puissammeat contribué à répandre l'aisance dans les contrées qn'il habite.
Les choses usuelles et simples qu'il avait ex|>osées étaient de celles qui font la fortune des manufactures , lorsqu'elles sont parvenues à les faire meilleures et à plus bas prix queleursconcurrens; elles consistaient en un grand nombre de chaudrons et pots en fer de fonte, en mortiers en fonte si parfaits, qu'ils paraissaient avoir être tournés et polis , des basreliefs en fer coulé , d'une perfection extraordinaire; six qualités d'acier détruisirent le préjugé que nos fers n'étaient point propres à être convertis en acier.
La Société des forges à Clabecq, Brabant-méridional, exposa des fontes qui parurent très-belles et fort propres soit à la poterie, soit aux ouvrages les plus délicats; lésengrainages étaient parfaitement exécutés.
Un maître de forges du Hainaut mérita une place xlis-^ tinguée parmi ses concurrens ; il s'était appliqué à l'épuration et aux diverses modifications dos qualités de la fonte de fer ; rien n'était plus beau que ses rouages d'horlogerie en fonte.
Il se trouvait dans cette salle plusieurs ouvrages rèmai*'^ quables en cuivre, de très-belles tôles de ce métal et des alliages faites c\ Liège. Amsterdam avait oxposé des objets en cuivre de la plus belle fabrication. Les produits de ses fabriques semblaient être très-variés ; indépendamment de ses belles tôles, on admirait celles platinées en argent. Un fabricant de la Gueldre fit de très-grands fonds de chaudières d'une pièce en cuivre battu; c'était en quelque sorte un chef-d'œuvre , ainsi que de très-belles feuilles , de beanx tuyaux de plomb laminé et sans soudure ; ces pièces étaient du plus beau fini et si polis que le métal en avait été forte-
ment comprimé par le laminoir i on les croyait pour Tasage plus inaltérables encore que les tuyaui ordinaires coulés et soudés. Un soufflet mécanique parut fort simple et en même temps fort ingénieux , ayant Favantage d'occuper peu de place dans une forge. Les tôles de fer laminé de Liège étaient très unies et très égales , on ne peut rien faire de mieux dans ce genre. Cet éloge s'applique même à celles dont les grandes dimensions permettraient d'être moins sévères sur la q[oalité.
Plus loin on voyait un appareil complet de sauvetage , inventé et fabriqué à Amsterdam» rien ne manquait aux parties qui composaient cette invention philantropique , qui était si simple, qu'un homme seul pouvait facilement porter tous les objets qui le composent et qu'il n'était besoin d'aucune étude pour en comprendre l'emploi. Des objets de corderie fort remarquables figurèrent à cette exposition ; les cordes plates de Hornn , celles en général deDelft et d'Anvers parurent d'excellente fabrication.
Ici se trouvèrent plusieurs pompes à incendie de diverses constructions ; celles d'Amsterdam étaient grandes et fortes sam être embarrassantes ; celles de Liège bien achevées avec tuyaux en cuir d'un transport facile. Celles de Harlem parurent pouvoir être très-utiles dans les rues étroites et dans les lieux encombrés ; celles faites à Bruxelles n'étaient guères inférieures aux précédentes.
Outre quelques objets de carrosserie on trouvait des pièces indispensables à l'agriculture sortant d'un établissement dans la province de Liège , où se fabriquent tons les instruroens aratoires d'après les modèles les plus parfaits ; on voyait des charrues pour divers usages , des herses , des houes à chevaux , des rayonnures et des semoirs ; ces objets sont s(h lides et fabriqués avec beaucoup de soin, ainsi que plusieurs
autres charrues de différentes formes , dont quelques modèles parurent parfaits sous différens rapports.
La salle n^ 4, était très-vaste et contenait des objets souvent très-disparates ; d'abord en entrant étaient placés des fioles contenant 186 espèces de produits chimiques venant de Courtrai. Depuis que la chimie a été élevée an rang des sciences positives , elle a fourni aux arts et à l'industrie une quantité de sels, d'oxides, de matières colorantes, d'acides , de réactifs, dont quelques-uns étaient encore très-difficiles à obtenir dans le commerce; on pourra désormais obtenir dans le pays beaucoup de substances que ci-devant on tirait à grands frais de Paris ou de Londres.
Nous voici arrivés aux cotons filés qui figuraient au concours; ce sont la base du produit précieux de nos industries, l'émulation était si vive, la tendance tellement animée parmi nos fabricans, que s'il était convenable de rendre justice en général à leur zèle , à leur noble rivalité, il eût peut-être été imprudent de faire l'éloge ou la critique de quelques fabrioats en particulier. L'année 1825 fut une année mémorable pour cette branche d'industrie en Belgique. Les mécaniqu es du dernier système suivi à Manchester, furent importées à Gand et y mirent les manufacturiers en état de filer avec plus de perfection et de vendre à des prix modérés les numéros moyens et élevés. Les propriétaires de la fabrique où ces machines furent d'abord établies, n'en firent aucun mystère à leui*s concitoyens, qui purent aussi en construire de pareilles sur ce modèle. Quand on voit les machines nouvelles dont ce système se compose, on est forcé de reconnaître qu'en 1814, Fart était encore chez nous dans son enfance. On trouvait des cotons filés de toutes les espèces et de toutes les finesses ; sous le rapport de la finesse, de l'égalité et de tout ce qui constitue la perfection du fil, on était surpris et émerveillé ,et dans notre pays on n'avait rien vu d'aussi parfait en ce geqre. Il
y avait des bleus et des rouges d' Andrinoples, teints avec de là garance indigène, que les meilleurs teintures de Rouen ne désavouraient pas.
Après les colons étaient placés les (ils à coudre, à tisser et à dentelles. En ce qui concerne les toiles, nous possédons sans contredit la première manufacture du monde , et si nous devons reconnaître que la fabrication des batistes et des ÛU à coudre n^est pas aussi animée chez nous que chez nos voisins, nous n'en avons pas moins le grand marché et la fabrique par excellence des tissus de chanvre et de lin en général.
Après les fils venaient les cordes; on ne peut en faire de plus belles que celles de Liège; celles de Malines parurent aussi très-bien travaillées et convenir parfaitement au but auquel on les destinait.
On rencontrait ici exposés des peignes métalliques et en bois, il est difficile d'en apprécier la bonne fabrication.
Le premier objet qui frappait la vue à gauche en entrant dans la quatrième salle, c'était un grand W couronné , formé de sulfate de fer; on concevait à peine comment le fabricant s'y était pris pour obtenir une aussi belle cristallisation de couperose verte; la fabrique de Bruxelles dont cette pièce sortait était la seule connue dans le royaume qui fit du sulfate de fer artificiel.
La fabrique de Tronchiennes près de Gand , avait fotirni douze bocaux de différentes lacques obtenues de la garance, et destinées à la peinture. Bien du monde croyait encore que la garance n'était employée qu'exclusivement à la teinture.
Six bocaux fermés et contenant diverses nuances de bleu de cobalt, fait avec du smalt de Saxe, qui venaient de la Hol-
lande ; la couleur de ce produit paraissait belle et pore. L'acide oialique et le sel d'oseille, fabriqués sans doute artificiellement, ainsi que le nitrate de plomb paraissaient ne rien laisser à désirer sous le rapport de la cristallisation. Plusieurs fabricans avaient envoyé à cette ei^positioa des échantillons de colle forte, toutes ces espèces de colles fortes étaient de belles qualités; celle extraite de la gélatine des os attirait ràtténtion par ^û belle apparence , ainsi qliè celle faite avec des débris de poissons. Parmi les produits chimî-' ques , nombreux et très-variés, on remarquait le blanc de plomb , le jaune de chrome et surtout un très-beau bichromate de potasse fort bien cristallisé. On admirait des échantillons de vermillon, quoiqu'on ignorât encore s'il provenait dn cinabre natif ou artificiel. Du reste les collections qui figuraient à l'exposition prouvèrent que nous étions déjà très avancés dans la fabrication des oxides métalliques et des couleurs minérales. C'est une brai>che de commerce importante poiir le nord du royaume, où les fabricans avaient non-seulement perfectionné la fabrication d'un bon nombre de ces 'produits , mais encore invente de nouveaux que les autres nations cherchent en vain à imiter.
À cet endroit de la salle était placé un assortiment complet et très-nombreux de fils teints et non-teints à coudre et à tricoter de Tournai , depuis le fil le plus commun jusqu'aux qualités les plus fines, teints de toutes les couleurs et filés, ainsi que tordus pour tous les usages. Plusieurs de ces couleurs sont remarquables par leur pureté et leur éclat; si la teinture est solide on aura fait un grand pas dans l'art, car on sait avec quelle peine le fil prend les diverses teintures et avec quelle facilité il les cède et s'en dépouille.
Les objets en cuivre, du Luxembourg, et surtout les balances paraissaient fabriqués avec soin. La caserolle perfeotîonnée de Bruxelles, sans clous et sans soudure paraissait re-