THIEL
•fll<p^ait que cette vilLe d&la Gi^eldre, située sur le Wahal, iÎEdsait aifssi ui^|;uaid oommea*ce ateo T Angleterre; cela e>l prou?é par les plaintes que les habitons de Thiel portèrent ao sujet des droits, que le comte de Hollande exigeait sur les marifadadisQs qui passaient devant Dordrecfat. Us protestèrent «nidâsant^ que si Ton ne les délivrait point de ces charges CBonÉies, leur commerce avec l'Angleterre tomberait et qwi^j^ora ils ne seraient plus en état de payer leurs împdts.
Quelques endroits des provinces du Nord sont très-anciennanoit renommés par le commerce,^ tel que Witland» ^itué A Tembouchure de la Meuse et Wjfk te DoÊfiratedef donttnoQS «fon» déjà eu Toccasion de parler. Ce dernier était surtout important par le commerce ; on le nommait Emporium dans lea^anbiennea dironiques; il avait su anciennement profiter ^«usitnation, à Tendroit où le Blûn se divise en deux llKOf » dont Tun , passant par Utrecht^ va se perdre dans l'Ooéali vii^lis Katwyk, etTautre, sous le nomdeLeck, prenant son coors^ ^rfriibiilenburgetyiane, sejettedanslaMeusTf ' .,!•.:
Rqtrenant ici Tordre chronologique de Thistoire de Tiitdugtrieet du commerce, nous retournons à Philippe-leJIardi , duc de Bourgogne , qui avait épousé Marguerite de Flandre , flUe du comte Louis de Mâle. Philippe, quoiqu'il fàt •étranger sut , par la douceur de son caractère , calmer Tirritation extrême des esprits que Louis de Maie avait excités et pro* voqués. Les Flamands , si turbulens , et qui ne purent , ni se soumettre à resclavage, ni supporter une trop grande liberté,ce prince et la généreuse Marguerite sa compagne les ram^ièrenl à la raison et au travail et rétablirent leur commerce. Les trésors refluèrent de nouveau et plus que jamais vers les Flandres, et quoique les sources de prospérité eussent grandement souffert des guerres qui durèrent jusqu'au commencement du mariage de Philippe-le-Hardi , Topulence était pourtant remontée à un bien haut degré ; aussi ce prince ne perditil jamais une occasion de déployer un grand faste. L'histoire de Bourgogne fournit des preuves aussi nombreuses que onrieuses de la prospérité publique, par le produit des manufactures qu'on fabriquait et les objets divers que le commerce mit en circulation.
Les manufactures remontaient de nouveau vers un état florissant Celles de laine et de toile occupaient une multitude innombrable de personnes dans tous les Pays-Bas, le commerce jouissait de la plus haute estime dans les pays étrangers. La chancellerie de Bourgogne prohiba l'importation des draps non fabriqués dans le pays.
Les Belges n'avaient pas perdu le souvenir des tapisseries de haute lice qu'ils avaient vues dans le Levant, pendant les croisades , et qui les avaient charmés an point , qu'ils songèrent à en faire eux-mêmes. Us surpassèrent eu peu de temps leurs maîtres. Toutes les cours étrangères recherchèrent bientôt les tapis de la Belgique. Le duc de Mantoue fit venir en Italie deux ouvriers flamands pour exécuter sur les dessins de Jules Romain une superbe tenture. Jans, fameux tapisier de Bruges^
établit d^ui» en France cette manufacture de Paris» devenue plnstflird^i céiébresouslenom àsi Manufactures des Gobelins,
LiiîBtdire foit souvent mention de ces beaux tapis de;Flandf«* I*^ ^°^ Pliilippe en fit présent au duc de Glocestre et aux autres «ivoyés d'Angleterre. Il en fit embarquer en 1305, qai étalant d'une si grande beauté, qu'on ne trouvait nulle part les pareils. Ils étaient destinés à être offerts au Pape et aox Cardinaux *). On remarquait dans ces tapis. Técarlaleti renoiDiné de Bruxelles.
Philippe-le-Hardi (selon Meyer), rétablit en 1385 lesfauiMurgs des villes dTpres, Poperinghe, Menin, Wervick et CiNimiiiieSy qui avaient été incendiés, afin d'engager^ les tisserands de laine d'y retourner.
Un autre exemple de la richesse de nos pays & la fin de ce siècle mémorable, fut la somme considérable à laquelle se taxèrent les états du duc de Bourgogne pour la rançon de son fils le comte de Nevers, pris par les Sarrasins.
Le duché de Bourgogne se taxa à francs 62,000.
Le comté de Bourgogne à . . . . y> 12,000.
*] Un historien loaUeni que ce ne fut qu'à Arras qu'on les faisait à figures de grannaturelle et à siyets historiques; toiiyo"''* est-il, qu*auXVI«iièG]eonlesfids«it «j^eore «ycc saecès à Audenaerde. Le sieur B. de Rantère, archiviste de cette ville ,m'a conminniquëcequi suit: «L'envoi des tapis d*Audenaerde se faisait par toute PEurope.» ielfioiiTe dans le journal manuscrit du Pensionnaire de cette ville Van Broeke, écrit ««.commeacement du XVII* siècle , qu'en 1572 un bâtiment chargé de tapis fut prit par Im Hollandais et déclaré de bonne prise. Ces tapis sortaient des manufactures de Ml. Pierre de Paepe , Arent et Jan van de Woestyne. Le premier perdit à cette prise jibis de 100,000 fl.Ge malheur causa la stagnation de ces manufactures, et eut pour conséquence que plus de 500 ouvriers qui y travaillaient furent renvoyés.
^LrTille4éBemEi$ôti/à''.* . . .<' ;* lirânorBO.'OOOfi •- Leoomté de Nevew, k 'i*:' . • ." i • . i^» ^ê^'iWfi^êi '^''
LayilledeLiUe, à )» 12,000.
Doaai et Orchies, à n 3,500.
L'Artois, à » 16,300.
Reflieft, à : :*'\ •; gy> '^«jOOO.i
Le Chablais , à ^^ . )» S^60O: *
La ofaàtelainie de Beanfort -eD Cham- . i* n ..> t
pagne, . . . , . • . . w ', .^ » 2^<)00j >i Les bonnes TÎUes da oomté de Flandre ■■ '■- •: Ann *t
donnèi^l )» 170^000:?^/
tandis cpie le roi de France fournit à peine tir. 20,000 et 26^6oa poor les autres provinœs. Le roi de Hongrie s'engagea Avwla plus noUe eourtoisie à payer la moitié 4e |[a raojçon. .
llH'seul n^ociant deBragesisavendîtroaAtioBidu paienenl^M qui fut presqu'aussitôt effectnév^pQUr leiifâleS'de^cHHl^îBmv^ ges et Ypres.
Jean de NéTers , fils du duo Philippe , avait été feit prièoot^ ( nier arec un grand nombre de seî^eui^s Flatnandsà la bataille l
*) Uli antre hitlorien dît qmo'ëiai 1200,000 ducat«; naisd'Oadegliertt, eonubealé par Leibrousaart, admet que les états de Bourgogne fournirent 120,000 écus d*or et la nobleite 600,000. Quant à la tomme que dut fournir la Flandre , elle fut partagée entre les Tilles. Après cette expédition malhenreuse, le Duc de Bourgogne fit enoore une demande d'argent à ces sujets , montant à 2500 nobles d*or, comme il résulte d'une ordonnance datée de Paris le 8 mars 1398, et adressée aux TÎUes d6 Lille , Douai et Ordnea.
Le Duc Philippe n'avait rien négligé ni ménagé pour que les dons offerts à Bajaiéfl passent le disposer favorablement pour le rachat de son fils. On connaissait son gw&i pour la chasse à l'oiseau, on savait que chaque année , le seigneur deHilanim èii^ voyait de# fiiucons blancs, de l'espèce nommée Gerfaut, Quelque rares qu'ils ftlstéély on se hâta de s'en procurer. On demanda au sire de Helly, député du duc, quelles chosea pourraient plaire à ce roi barbare , il conseilla de lui envoyer quelquet^imM de eb* tapisseries & personnages. Le duc acheta à Ar^s des (apis représentaiit l'htsteife diâ' grand roi Alexandre. Oh y joignit des pièces du fameux écarlate de Bmxellcà , de lafid^ toile de Rheims , de grands lévriers , six superbes chevaux avec des haftiaîs resplétidiè»-'' saut d'or et d'ivoire, on n'oublia pas d'y ajouter des pièces d'orfèvrerie hahilémeUt' ciselées. '" '•'
de Ni€0palia^.f9tarrait déjà obtenu 60^000 réaiix d'or de ceux de SImnIm pour aller contre les Sarrasins.
lempide, qoe le dac Philippe avait si bien rétabli à ton aTéMMMit au trône après la mort de son père , le oomte Louis , ne dura pas longtenups. Les Flamands reoommeneèrentte ttoubles , et les Gantois surtout portèrent un si grand dommage au oommeroet qu'il se trouva pendant quelque te«tiMI dbns Éne stagnation complète *). Lorsque le Duc songea irAiréune entreprise contre rAngleterre» conjointement avec Mftfirèreleduo de Berri A la tète des Français» il se montra disposé à-ftwe la paix aVeoileii Flamands, ces derniers restée rent, nonobstant l'état fâcheux de leur industrie et de leur eoamcffoei nniaebfermeb.dans^leiira projets » et obtidrani les ooDditiéM ijn'ils^albienfl stipifléeSi .,
La Flandre pacifiée, le duc de Bourgogne songea à accomplir le grand projet de desdEsadile en Angleterre. Des vaisseaux latent i^asmablés sur toute la côte, depuis Cadix jusqu'à la Prusse. Mais les Hollandais et les Zélandais ne livraient les leurs qu'à un bon prix et payé comptant. Les habitans de Zimkzee refusèrent même toute participationàuneexpédition
*} Ydaî ce que dit H. de Barante au tajet de cette guerre :
«Ihgà !•• Turcs et kf Sarratini s'étonnaient de ne plus Toir anÎTcr les riches Taisleauz de Flandre. Toutes les côtes de la Mer du Nord , au Midi , dans TOctfan , dans la ;, soufiraient de la suspension d*un si grand négoce , car les Flamands itf disait-on , avec dix-sept royaumes. Et quand les étrangers et les pays •loistaLaf sonfiïaient beaucoup de cette guerre , il est à penser combien les bonnes *iillei dt Flandre deTaient s'en ressentir.
htê pfraonnes qui désirent se faire une idée de la richesse où le commerce , l'industrie etkaartâaTaient su monter dans ce pays à cette époque, pourront s'en convaincre par lateiaie do Vffistairê d$ê Ducs de Bourgogne^ par M.de Barante. Cet auteurydéjà assez «ana«f«siitt nous, décrit avec élégance le faste et le luxe asiatiques dont ces princes •'flpfwaient. Nous n'y recourons ici que pour y puiser des données qui se rattachent |il«epariiealiérement à notre sujet.
oonlre rAngleteri'e. Eilflii januûd une pareille floUâse^'étailvue dans la Chrétienté; mu. mois de > ^septembre 'L38&>'0B' comptait déjà douze cent quatre-vingt-sept Vaisseaux au port de TEcluse.
Néanmoins, les Flamands aussi bien que la plaspariées sujets du Duc, conservaient le coeur plus anglais que français ; le conunerce les liait fortement aux Anglais^ Aussi traita: tron bientôt de la paix.
L'histoire de Bourgogne dit , que le duc Philippe tmuxa 4 la conférence qui s'assemblait pour traiter de cette paix, une nouvdUe occasion de raontrer.toute aa magnificeQee;,il|r fit dresser un camp avec des ientea enbois, qui avait touiTa^^t d> une ville , et où il logea toute sa suite composée dorplus ! de^ trois mille personnes. Sa libéralité se^fit ¥0ir'aiifisi4ansle9 présens qu'il donna au duc de Lancaster, au duc de Gloucester et aux principaux envoyés anglais. Us consistèrent surtout en beaux tapis de Flandre , comme \ on en faisais alors dcms les état» du Duc. Ils représentaient poar la plupart des hîstoiim de la Bible et de grands pei^onnages. Sur d'autres figuraient des sujets de l'histoire de France ou de l'empire ou de l'histoire sainte. Tous ces ouvrages étaient réhaussés d'or.. Cela prouve que les ridiesses que le commerce jeta dans les Flandres et le Brabant étaienlr inépuisables , et que les trésors immenses que ces pays possédaient , surpassaient tout ce que les autres pays offiraient en comparaison. Voici une remarque qui vient à l'appui de cette assertion , c'est que la confrérie ou le métier desorfèvresétait si nombreux à Bruges, en 138(H qu'il ressemblait à une petite armée (ou légion). Us avaient leur propre bannière sous laquelle ils se réunissaient et allèrent ainsi à la guerre.
Les professions de luxe et la débauche qui marchent à la suite de l'opulence et de la richesse , ne manquèrent point de se présenter éclatans et voluptueux : de riches ornemens
fie* hmmsmf : grand tram de maison, laquais, • oheViiiK «téqfàijpages» abondance de préoieax ameoblemens, vaisèUe àt4Mtet &9ÊgeaBà. La^poissanoe du eommeroe avait fait naître SOQS ses pas tous les genres de luxe. Les maisons de joie et de plaisir se trouvaient dans -tous les quartiers de la ville déBffogesi ^
On peat dire que dans ces temps-là le commerce vivifiait font; toutes les classes de la population y prirent part. Les sdgnenrs-mèmes étaient marchands, ils ne s'imaginaient poÎBlqne c'était porter atteinte à la noblesse que de participer atn béiiéfioea d'une grande source.de richesses. Le seigneur àe Dmiwetwoorde 9 seigneur hollandais, prêta au roi d'Angle^ terne '20OJOO0 livres» à condition de pouvoir importer dans MU reyaame ^ tooiles sortes de marchandises avec exemptîoii de droit», jfKqn-à ceque cettesomme lui fut restituée *).
QoaBlA l'état du <x>mmerce étranger de cette époque , on pèbt aifserer , qu'il n'y avait aucune côte dans les mers qui kaigiieiil TEurope et l'Occident de l'Asie, où les vaisseaux liellanda^ et belges ne se fissent voir , aucun pays accessible oà le produit de no» manufactures ne fut porté.
La riehesse et l'opulence continuér^oii^ous^le duc Jean-^sans^ peur. On s'apprêtait dans toute la Maison de Bourgogne aux glandes fêtes qui allaient se célébrer A Bruxelles pour le mariage du duc de Brabant avec la fiUe unique du marquis 4e Moravie, de la Maison de Luxembourg^ nièce du nâ de Rome y de B<^ème et de Hxmgrie. Les réjouissances tarent magnifiques. Toute cette nombreuse et puissante fa-
) «^ Qaciqpwf yarliflttlif rt fieent un u|«ge biz«nre de leurs hchaaaes* Ua |»réf et de Va
lenciennet se rendit à Paris pendant la foire et acheta à lui seul tout ce qui s'y trouai Mil »M r • * : . "^