‹ Essai sur l'importance du commerce, de la navigation et de l'industrie, dans les provinces formant le royaume des Pays-Bas, depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1830Chapitre 24 sur 126 · Tome I · texte numérisé non relu

Tome I

mille de Bourgogne s'y irouvaîl ràuoie avec une qunntilé de 1 prinoos et de grands seigneurs. Quelque temps après, le duc ' oàlèbra à Paris l'anniTersaire de sa Ticloiro sur les Liégeois; il venait de commander à A rrns cinq grandes tapisseries , rehaussées d'or et d'argent de Chypre, roprésenlant les principaux événeineus de cette guerre si glorieuse pour loi. £a : attendant, on s'occupait de fètes et de réjouissances comme <ja le faisait toujours , lorsqu'on n'était pas en guerre.

Le duc Jean demanda en 141 1 du secours aux bonnes villa* ' desFlandres. Elles consentirent volontîersà faire marcher leur milice avec lui ; il y avait 40 ù 50 mille hommes, tous bien vêtus et bien armés à leur manière; nulles troupes n'étaient si bien fonmies de vivres et de toutes sortes d'équipages de guerre quecelles des Flandres. Elles étaient suivies de i'JOiK) voitures de bagages; il y avait un nombre considérable de ces machines nommées ribadoquiss, espèce de grandes arbalôles que traînait un cheval , et qui louçaioat au loin des javelots avec une force terrible. Elles amenaient ausfit des planches garnies de longues broches de for pour mettre en avant de leurs bataillons. Quand ces gens des villes des Flandres campaient, il semblait, tant leurs tentes étaient belles et bien rangées, (dit un auteur du temps), que les bonnes villes elles-mêmes eussent été portées là. En marche, ils étaientséparéspar ville et par métier selon leur usage; il n'y avait rien de si orgueilleux que oes Flamands; il leur fallait toujours les meilleurs logemcns et des vivres avant tous les autres; souvent ils s'emparèrent de la place et des provisions ' que les hommes d'armes avaient déjà retenues et ne tenaient 1 pas grand compte des nobles quels qu'ils fussent. i

Ce fut vers ce temps que le duc de Boiu'gogoe, pour se proci^ rer de l'argent, vendit aux Gantois les confiscations qu'il avait faites en vertu de son autorité ; il leur concéda aussi au prix d'argent le droit d'actiuérir et de posséder des fiefs, ce qui était de sa part ime grande iugralilude envers les seigneurs qin i

[ s^VaîMil ooinballti pour lut contre ki ville Av. tiand. Il S4< fit ^yer aassi, |M>nr la ratUntioa anx villes de toutes le» franclirisoc el privilé|TM r|a>llQS aTaïeut [lerdus lors de leur réTolt<% il aurait bien voulu tirei' aussi quelt^nes sommes pour les libertés ({u'ellcs avaient déjà , mais elles réfitsérent en disant, ^' elles ne voulaient pas ncfaetcr ce qui était à elles , et que M ^88 lui donnaient quelque chose, c'était par porc libéraUtéi Enfin il s'avisa d'envoyer sou fils Pfailip|ie, «>inte de Giarl«vi, qnî était déjà fort aimé de tous ses sujets, faii'e son «alr6e dans toutes les villes de Flandre, afin que, selon la cootame du pays, îleùt une occasion de percevoir le droit do la joyeuse entrée.

I '•' En allundant, le roi de France mpmc eut les plus grands I %>toagenien:9poiir lesFIamands, qui rivalisiirent toujours avec ImFranrais; maisdanscemoimnit tout prospérait et lorsque les états de Flandiv envoyèront des députés au roi )>our rcpondreà un fa4«£itgequ^illuurir*Dit lait adress'^r, les Flamands prote&térwil «le k'or respect et àé Ifeur soumission pour le roi de France. Autti liit-on bien satisfait do voir arriver oes fameux bourgeois «le Gand, de Bruges otd'Ypres, àlafoissi riches el si redoulablfl«. On exilerait les {;n{Jner; on leur Ht grand aceoeî),IorM lear toucha la main, et ils reeureiilde riches prèseas. ' ' *

Cefntcnl^lS, que se lit à Lubeck le traité entre les villes owéeliqaes, parmi lesquelles étaient Dordrecht, Harlem et Amsterdam pour la Hollande; Nîmè{*iie, /ntiihen el îlarderwyk i»our la Gueldre ; Deventer, Karnpcnel Zwollc pour Overytsel. Dans le m^me temps , les villes maritimes du Holsfein et fie la Pomt^ranie étant entrées eu guerre, les Hollandais «t les Zélandats surent se prévaloir de celte guerre, qui fut de iMs-longae durée, pour étendre leurcommercedanslaPro^se, I la'LiTonie et jusque dans ta Moscovie. ' ''-'^<

•*' Cefut vers ce même temps, en 1419, que le dnc Jean <ié Bèargojfne fui assassiné. Ceprin<iè, quoiqu'il eôt le caractère

b^utfdn, impérieux eUemçpfté^ sediâtiafuaitparida».qiidlîtàB ^bèisi^aoxgensdegoerret il ^^lisisa 4U|^ luéfnoira Inmoi^ fleg^ajetg. Sous soni^9Del^^|a|iiai)d$.ayaiw^.étft|Mpim(pî]H leSyluBureuxet rien a'avait arrêté lç^q>uI^.4^ Ifar^a^miofrce et.de leurs richesses. Utavait toiyQarsxQdoqt4>etW)éQagéto9 i^eilleures villes libres; il leui* avait piour. ainsi, dire .fkwiéeQp fils , encore enfant,, qui était dQvenjqi, plps flaaian4 que.bonrr guignon. C'était lui qui les avait gouvernés; il avait eaptivé leur affection .et les avait remplii d^'espérance.

,•11 •.•■• SI •. .-1 • '«'i- ...Ii.-

Le duc Philippe, son filS:, dit I^evBQn^fit enl43tl mF^ay^a^e en Flandre et en Br^bant, il y maiiifesta,Iegoi)uJtiérédMaire de la Maison de Bourgog^ne pou^* la, noagnificençfO et }fijgpiànà ^paijfil;. il étfl^ plwff 4? f^^,içRcore qner «<W.pèf? «tt»PII ^uL. I,€ï9.seigf}^m;s ^orpi^e^t 4|i)9iW d^hMMia^«4>fe ^4^5Î^T JI^Lnftcpr^, lesrj0h^J|j|Q«lgç(>is>Jft|^l^^

l^t,iiîi]|nef , tandis que \àllrm^^ l]^fîk^r^^é^^^ ^«^ ™ étatidéploiaUe et ravagée» ppq ^a|{^erf|^, Xfs^ipar^^^^^iqili s!élaient enrichis par un.cealnle|l;^)fo^jo^rs..cIpisslMltf ^éiQoi* gnaient leur .reconnaissance àj|f pi: seigneur. On lui offiwt les plus belles fêtes , oii la richesse jet 4,'41égance effaçaient tout ce qu'on avait fait jusqu'alors, tandis qu'en France les finan*» ces étaient dans un état si délabré» que le 4 juillet 1423 , un fils étant né au roi de iprance (Louis XI) celui-ci fut contraint de itemander 4u '^iV^psau chapelain, pour.lui payer le rachat des ^vases d'^i^^nt . qui avaient servi au baptême eê auxquels l'ecclési^tiqPÇ a^!(^ait droit selon la coutume.

. . Le Duc obtint qu'aucun dommage . ne serait causé à ses si^ets ni à ses domaines parla guerre du Uainaut.etde la Hollande. Aussi ne causa t-elle que peu de préjudice au commerce de Flandre; par cette considération le Duc obtint de^ bonnes villes un subside assez considérable.

£n 1428, Jacqueline de Bavière céda au duc Philippe, son

«)n*iD, sa) i^mys i)t> Hain!iii(, ta Hollande, la Zélitucleet fa' Fri«*; ainsi tout prospéra pour le Duc. Apriis avoir assisté à il» gniDd^ fêtes, c(!'lébrées 11 Bmxelles par son cousin, le duo ik> Brabanl. îl alla pi'emlre poM(>ssion d'rin oonveaa pays tpii riitiaft (le lui érhoir. C'ctail le comt6 dpNamur et la seignearie de Belhiinc qu'il avait achwtés en 1421, et dont le seigneur qoi Von Mail réservé i'iixnfrtitt , venait do mourir.

Après la réconciliation du duc de fiorirgogne avec Jacqueline de Bavière, on commeuça en Hollande A s'adonner vigoureusement au dévelop|iement du commerce, ce nerf de l'état, ainsi qi» le nomme l'auteur de l'histoire de la patrie; néanmoins, les Hollandais et les Zélandais cnitgnaient que les dommages qn'ils avaient cansés récemment A la flbtte anglaise, ne lussent rëpélès A lenr charge, lorsqu'ils iraient comme de coutume trafiquer dans ce pays; aus^î la navigation avec l'Angleterre arait-ello presque ie«<ié dan* ts' tOiUps, mais le duc sut si bien frf^Ofier en leur Faveur, que Henri VI, ou son gouvernement eason nom, permit par lefh-es patentes du !«■ juillet 1428, aux Hollandais et aux Zélandàis de faire librement le commère*! dans ce pavs, ainsi que cela avait eu lieu de tous les

temps.

La pèche du hareng (pii était déjà célèbre, se dévelopim encore davantage à cette époque, nommément ù Hoorn eti\ Enkhnyzen. Le hareng qui avait toiijoiu-s fivqOenté les côtes dn pays de Schoonen, se déplaça vers ce temps et se porta sur les côtes de Flandre et d'Angleterre; dés l'année 1416, on avait essayé de confectionner de grands filets A Hoorn pour la pêÀc dn hareng et 1i\, ainsi qu'ù EnRhuixen, on commença à »ë Servir do plus grands bateauï (nommés Buizen) pour !e setrice de cette pèche.

En attendant, le duc conclut son mariage avec Isabelle,

filé du roi Jean I àë Pdrttt^âl: Cëfotà'Bitijfes'/IdlOjailTiMr 1490, que les noces èe ùéiSbiêrmt LeBalô ^èl faStodoMtÈiH^ des salles, toutes nenres pour agfrandir son palais. Les rue» étaient tendues de ces tapis de Ffondlie^dbtit là cttébr{l& était dëji grande^ Lesprin[cefi(, les grands seigneur^ et le* pUissflùiï» gentilshommes étaient invitée en fonlê à cette 'céréAMiiiej: De mêmelearidies bourgeois de'Brage^iqitf avaient lettré^MIa^ tiens de commerce dansle mondeentier, rivalisèrent de lûïè et de dépenses. Les fêtes darèrenthnitjonrs'èntienf, sânsnilërraption, n(Hi-seuIement ' au palais, tnais aussi dans toute la yille; c'était nuit et jour festin ^ conrses^de chevaux etfen d'artifices de toutes sortes *).

Pendant que tout concourut à augmenter ainsi la puissance

semb^iï désespérée; V^ ^dàé^kWè' ^dë ' s^ payis tondra âii

{pouvoir des Anglais,et il ïi'fdVil(h'^hkd^ri^eM

trésor du roi , ni dans la bourse dé^]^$^sit]eis. " ^

En atteiddant , la^ naTig^tioik' hôiléiaâàise , qui devaitun jàiit faite de si grands progrès, dévînt kssez remarquable.. Soua Philippe, les Hollandais montrèrent leur force sur une plus^ jP'ande échelle et équipèrèJdit' de grands vaisseaux : en 1434 ^ as armèrent une fliotte, s6às le commandement de Henri de Boitelen,.pour froublér le 'commerce de la ville de Lubeck, et par une seconde flotté ,.^ éû 1437 ^ ccmtre le» villes anséatique^ du Nord , ils firent dés prises considérables sur leurs ennemfis. Fiers de ces avant^es , ils attachèrent un balai aux mâts de leurs navires ^ voqlaiiLt, dit l'histoire, aimoncer par cosigne '^'ils avaient balajré et nettoyé la mer. Hs justifiér^t cette

^) N«ai renvoyoni ici le lecteur aai mëmoiret da temp* pour la defcription du fui^gnaild^Qf toutes ce« fêtes, vraimeat orientales. Us prouTent <]^e oe n'étaii^ àtèst que ron disait que Bruges reposait sur des colonnes d'or.

Celle eo 1440, par no combat contre ]a llolte des alliés da Nord auxquels ils prirent tous les vaisseaux.

On oe doit pas s'étonuer aprijs cela , de voir les Hollandais prendre le parti d'Eric, mi de Danemarck que l'on voulait dùtrdoer. Ou lui envoya une flotte puurlc secourir; en 1457 on rit encture une ilotte de Hollandais et de Zélaiidais au service de Charles VU roi de Fiance devant la ville de Bordeaux, que c« prince assiégeait La Hollande montrait des forces si reftpeotai>lfi8, qu'elle se laisait rcclicrcbcr pai' toutes les grandes puissances.

Une nouvelle preuve îi ajouter à ce que nous avons déjà dit de la riciiesse des Flandi-os sous Philipite, fut la grande armée que le Bue avait rassemblée et qu'il montra avec empressement au ronnétable de France, après lui avoir demandé une raur;on d'un million de saluts d'or pour la liberté du roi René, n le mena au camp de ses Flamands, qui cirait le plus ma(>nifique aspect; rien n'était si beau, si bien ran{i;é, si bien étoffé que toutes ces tentes placées parallèlement par métier, par OMDpagnie avec leurs bannières; l'artillerie , les équipages et les chariots se comptaient par milliers. Ils passèrent la revue devant le connétable, et lui firent nne grande fête. H s'arrêta arec le Duc dans la tente de la ville de Gand. Là, ils prirent tine collation et burent ensemble; enfin tout dans cette eotceprise semblait se faire par les Flamands.

Quelque temp» après , le Duc eut des différends graves aveu leshabitans de Bruges, touchant la gabelle du blé. H y eut aussi des troubles panni le bas-peuple dans les autres villes de Flandre. Ceux de Bruges prétendirent encore exercer des droits sur le commerce de l'Ecluse. Le Duc assembla les trois états de Flandre, à Gand, pour prononcer sur le droit que la TÏUe de Bruges prétendit avoir de soumettre l'Ecluse à sa juri-

4iètio0. Les Brugeois fui^ntr^coiidiiito anss bienqpe le» GmiNtoisqui prétendaient exeroei\lj^iiiefQie drQit;9Bi)Andma9!rdit* Dans les démêlés que le Duc eut avec les Brugeois, on vit, dit f histoire , outre tous les nobles et le clergé du pays qui Tenaient intercéder auprès du Duc, des marchands de toutes le9 natiimsdu monde qui faisaient lecommeroeaveoeette^idehe TiUe et qui Tenaient prier pour elle. On y voyait doa AUtt mands, des Espagnc^s, des Portugais, des Écossais, d^Loodr^ bards, des Grteois, des Vénitiens, des gens de* Liioques ^ de Florence, de Milan, enfin le due de ClèTes, nèvea du duc et la duchesse Isabelle, qui employèrent leur ioterfeation.

Le duc de Bourg(^e exigea des Brugeois les soumissions le» plus séTôres,.et après /ayolc réduit |eux^ pfîy4I^MMil^ip<i- )9 en outrer que4Umilli;,éçiis.$fi^j^4l^^ dlial derrUe Adam ,.; et ^iCilfM 3ei;4M(,£Eii^ firpei^de honorable; la familleda serrucier qui,ay{^t(Âtèj^;(pirtf^ popr^afoiff les serrures de la porte devaU apssi^ lanq «iÇorto; indemniÉ^ ' La ville de Bruges devait payer . depjc çm% aûUe' i*ijûdaleis d'oir à son seigneur. . .. ., . «i . «

Deux mois après , an mois de mai 1438 , le duc de Clèves fil son entrée à Bruges avec GoUard de Commines, qui était établi dans son office de grand bailli de Flandre. Leur recepti<Hi fut sol^nelle, et les magistrats et les habitans de la ville s'humilièrent devant les envoyés de leur seigneur. Rien n'égalait alors les calamités de oette malheureuse cité. Son oommeroe était perdu , la famine y avait fait naître une épidémie horrible qui avait emporté envircm vingt mille personnes. Les habitant du Franc avaient aussi fait agréer lenrsoumissi(Mi, uneamende de cent mille rixdaleis leur fut imposée.

Le Chapitre de la Toison d'Or n'avait pas été réuni depuis trois ans, le Duc l'assembla avec une pompe sans exemple»

hM pas à Brades, msrid dans son châtean de Gand. L'opulence étOtBiké était àlofs à son apogée ^).

' Les ]g[aer^0srei viles et les grands carnages qui se passaient en Hollande depuis si longtemps, entre les ffoekschen et les K€^ biUoMmschen'y étaient arrivés à leur comble en 1446. Le duc fm^oblîgé de s'y rendre avec des forces considérables, il parvint à 'rétablir enfin le repos dans ce pays ; il fit prendre et mettre à mort les* hommes les plus turbnlens. Plusieurs Yilles furent condamnées à payer de fortes sommes.

En t4lâO, les Gantois se révoltèrent contre le Duc à cause de quelques impôts nouteanx, notamment contre celui sur le sdl ,'41ir lererarentpléjudietables à leur commerce. Le duc leur fil àeetajét la guerre> darâ lé'pays de Waes en 1451 , et ta imCaUlé^deOavte en* 1452' contribua à les soumettre complèleÉn^Bll.'^Ce'né ftH' <;^é sij^^ans après, qu'il se reconcilia toutâ^ffflf'aiTba la< ville de Gimd'ét que le souvenir de la révolte fut entièrement effacé.U y fit une entrée solennelle au mois d'avril 1458, et les Gantois surpassèrent en magnificence tout ce qu'on

*) Le cheTalier IKerick dans ses mémoires sar la ville de Gand cite plusieurs exem- I^W, «Bfraitt derarehi^tei de cette Tille, de Pan^^tnentation des richesses mobiliairfs à M^ époque, de celle des babitans et de la circulptitipn progressÎTe de Taig ent. U dit., entr*autres , qu*on vendit en 1458 , à Gand , pour une semme de deux cents livres d« gfoatmbgoox en or, où il n'y avait qn*un seutriibisét une perle , le marché était hit^ ffiitla ooodîjtiott, qoe ie comte de Flandre, Pbilippe-le-Bon , aurait la préféreaœ de le prendre au même prix , qui parait très-considérable , car un chapon ne coûtait à cette époque que trois gros , ce qui revient à six liards de Flandre (environs sept •tMlt)j '%* 0ierick proam tous ees laits par des actes authentiques en due forme.

'l'èlAëllabff &it quelques observations curieuses sur l'ancienne valeur des monnaies qui se rattachent à la valeur des objets de consommation de co temps et antérieuii»ment. Avec une livre d'argent , dit-il , qui pesait 12 onces , on ne fabriquait d'abord que 20 pièces dites sols ou 240 deniers. Ensuite il fut défendu de fabriquer plus de 22 sob avec une livre d'argent. En l'an 1100 on avait pris l'habitude de nommer 20 sols imç U,vrp., sapi avoir égard à leur poids , et le marc d'argent qui ne pesait que 8 onces , ▼alaii2 livres ou 40 sols. Sous le règne de St.-Louis, le marc d'argçnt valait deux livres le^k; sous Plrilippe-lt-irel en 1305 , 8 livres 10sols,etc.

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avait jamais vQ en [lareille occasion. Les îlliiiuiuatiom lUus la villcetsui'lariviùro, lex banquets , la musique et les dau»«« embellirent cette joyeuse entièe, et le Duc, en signe do pi faite réconciliation, accepta itn repas ÀTHôtel-de-Ville, coiUa, dit-on, dix mille êcus d'or, nouvelle pi'euve que te cité manufactarière avait repris toute sa spleodeiii prodigieuse circulation d'or et d'argent. Enfin, l'histoiri remplie de la somptuosité que IcducdeBoui'gogneétala ^mi aux richesses qu'il tira partout du commeree des Flandres. Lorsqu'il fut à Paris, en 1461, ilélaitéclatant entre tous les seijroeui's par la magnificence de ses vètemens et du harnachement de son cheyal , la selle et le cbanfrain étaient ornés do diaraans, ses habits en étaient brodés , on estimait qu'il avait sur lui pour nn million de bijoux. Au milieu de cette foule de princes qui s'y tixinvaient, le duc excella {lar l'état de maison qu'il tenait dans son palais d'Artois qui émerveillait tout le monde. Tous ses gensiétaient habillés aveo un luxe demésnré.Le duc mettait tous les jours quelques joyaux dif&rcns; tantôt une ceinture de diamans, tantôt un rosaire de pierres précieuses , ou une bonnet ou une aumusse qui en étaient tout brodés. Le peuple de Paris, qui avait vu bien des princes et qui ne se dérangeait pas souvent pour les >'oir passer, courait dans les ruos pour voir le duo de Bourgogne chaque fois qu'il sortait. Sou hôtel n'était pas d'une curiosité moindre. Aussi y venait-on de toutes parts pour en admirer les magnificences. Son buiTet était une merveille; les gradins en étaient couverts delà plus riuhe vaisselle d'or et d'argent qu'il y eutauoionde; il avait fuit dresser dans son jardin un pavillon qui était CD veloui's doublé de soie, tout brodé de feuilles et d'étincelles d'or, avec les armureries de toutes ses seigneuries. Il y donna (Icgruiids festins aux princes, aux seignems et aux dames i il invita partout la plus notable bourgeoisie de la ville.

Le roi de France même , après son saore, fît l'aveu de la l rbe^sedenotre pays. «J'ai vu, dit-il, dans les provinces; ^ mon oncle de Bourgogne de bonnes villes bien riches . p

il'luibitans , dos ^ens bien vêtus, bien logés, bien meublés, nei]ianqu3ntilcrien;lecoramei'C6 y est grand, los cominunes Y oùt de beaux privilèges ; quand je suis entré dans mon rofiiunie , j'ai vu au rontraire des maisons menaçant ruine , desdianips sans labourage, des hommes et des femmes en eoenilles , des visages maigres et pâles. »

l«Ihicfut.à la fin de sa vie, sujet A des vivacités qui alléréreol sa 8ant4Ï. Les chroniques font mention d'un accès de co- Idteqa'il é))rouTa au sujet do la malversation commise par ses KDJels dans les alFaires de sa maison , et comme il apprit que tet f^tilshammos avaient été mal payés, il entra dans use (Xtrême coléro, « qo'est-oeci , dit-il, enjetant une table par teire où il prit son repas , «j'ai tiré de mon trésor deux cent mille écus d'or, et mes gens d'armes ne sont pas payés?» il n'ealpasla force d'endurer co transport, et tomba dans uneat- (iqued'opoplexi^dontilavaitdèjA éprouvé une atteinte aupa-

I nra

Le Dur mourut A Bruges l'an H67. Ce régne do 50 ans «ïail étt! noble cl glorieux, il fut vivement regretté de ses injcts; le da€ Philippe avait été le pins grand souverain de sm siècle, aucun roi n'a eu autant de puissance et de ridiesses. Sa cour se composait do princes , de souverains qui Tiraient sons ses yeux , et lui formaient un pompeux cortège , ion nom avait rempli la Chrétienté, retenti dans les pajs d'oulrc-mer etjnsfiue chez les infidèles d'Orient. Son règne raladnnsla mémoire des peuples comme une époque d'éclat ilp puissance et même do bonheur; car jamais tontes les branéès de prospérité n'avaient fleuri à un aussi haut degré dans le< Flandres.

L<! Duc laissa de grandes richesses en aigenl monnayé , 72,000 marcs d'argent eu vaisselle qui vaudraient aujourd'hiu

%QBÙ,QOO de florins des Pv*B. etpoar 2,000j000 dtéc«i8 flW en I meubles, revenant d'apvàs TévaliiatkKit^d'aaJiMiffd'JhiuL A 10)000,000 de florins desP^^J^; ridtiesses imniensas, cUtle comte de Neny , pour un temps oùi'or et l'ar|pent de TAltiéffi* que n'aTaient point encore multiplié les trésors de lŒurepet)»

Les funérailles se firent aveo une splendeur de deuil digne de sa mémoire et de sa grandeur. Seiee cents hommes vôtus en noir portaient des. torches , le cortège était immense et lffi>p long à détailler. Nous renvoyons le lecteur à Olirier de la Marche qui donne une description brillante et détaillée 4e tout ce qui regarde cette pompe funèbre peut-être un^pio dans l'histoire.

Gharles4|e'-Téméraire, fils du d«a Plp^lîppiQ hcipta des 4f oitS(^

I. '• •~~^- "^ ■ • îi ji ■.ir»ïîr>în«> ^'*\v ..:...•. > »; ^ .*

*) Philippe-le-Bon , que Pon peut consliëtér bbiMié le ^mtiiét mohfttipië de WtÀ Ifët Pay»-Ba8 , fut relativement à ton siècle le plus heureux des princes , car tout lui réatnt , le plus puissant , car il a pu renverser ie ffône dp Frai^ce; le plus sage > ca^ il y, eat^ m mort plus de larmes que de paroles , dit un auteur contemporain ; le plus riche , car auoiin souveralB de l'Europe possédait autant d^àt <ét de pierreries que lui; le plus ttaj^faift^ que , car sa cour surpassait tout ce que Ton avait vu depuis les anciens ; le plus génému et le plus libéral , il encourageait par ses dons et par son estime ceux qui pouvaient ini rendre d'importants services et les savans qui faisaient sortir TEurope de la barbarie. On trouva dans sa bibliothèque un grand nombre de superbes manuscrits qui foreot copiés par ses ordres. On composerait plusieurs volumes sur la splendeur de sa cour et de ses fèics. Son régne vit naître la typograpliie qui devait faire tant de bien et tatit de mal an genre humain.

Ce duc forma la monarchie des Pays-Bas par une suite d'opérations politiques et militaires , combinées avec la prévoyance et Ténergie des anciens Romains.

Après 48 ans de gloire il mourut à Bruges. Un historien dit : qu'il gemllait gut crnnme chacun eût enterré ton père.

L*époque de Philippe-le-Bon fut féconde en découvertes. Celle qui honore le plut ce temps fut celle de la peinture à Phuileque Jean van Eyck , dit Jean de Bruges, décoavrit en y ajoutant Pinvention de colorer et peindre le verre dans la pâte.

Ce qui donne encore l'idée de la grandeur de Philippe à l'étranger , c'est^ue les Levantins, l'tappelaient le Grand-Turc de l'Occident, à cause , dit un auteur, iD[a'ilétait an des princes Jes plus puissant et peut-être le plus magnifique de l'Europe.

9^pèf«. S6n iMitfeiln' belliqueuse* ne connaîssait pas de bôfàes.

Ba^^^l'^d^b&tdetMiiès les rkhesse^idéla Flandre, du Brabant

et delà HellaSKfe , elii -épargna Tien pour s'en emparer, tandis

(Me laftèrracir>de'«es armes tarissait toute prospérité dans sa

90iir<^-Géfot4iiîqii» établit les taxes municipales et les droit»

d'accises jusque là inconnus. Il y a plus: l'or et l'argent du

(slefjgé,' les vases sacrés les plus précieux n'échappèrent pas

à ées besoins insatiables. C'est par le fer qu'il apaisa leë

tpMMes^^, «uite9 naturelles de ses vexations. Cependant, ans-

tilôt^)oe Charles eut dignement célébré les funérailles de son

pèrâ', il se disposa à faire son entrée dans la fameuse ville de

Gtê0ài qui' était i cette époque la plus grande et la plus ridie

de tons les pays de son héritage, et selon l'usage des temps

passés, le comte de Flandre commença sa prise de possession

fkafifdlhitè teooi^iàitre pallies Gantois ^): C'est le 28 juin 1 467 ,

qu'il y fut reçu avec une magnificence remarquable ; mais

des troubles et des mécontentemens inévitables chez le peuple

4^ç0(^pj.té «e déclaJi:ér)Qnt,pi:^ue aussitôt.

11//,. ii ■(■<.■' -• • î 1 i-ti-t." - •' ■

M^ prince établit sur un pied stable et régulier le service des fioaiUies, régla en même temps* le train et l'étalage de sa

*) Un document, conserTé dans le< archÂves d'Ypres , eii d*un intéréi migeur sou^ lenpport de PimporUnce des différentes provinces. Il établit qae , tandis que les plus lidiQpdespioyinoesne lapportaient à Charles-le-Témprmn} qœ 12, 18, 14 et jusqu'à 17^ livres, la Flandre seule lui donna 42,390 livres. Oncoo^ptait dfuu cettç province 62 villes , tant fortifiées que non fortifiées et 1,154 TiUages.

îoici le produit des états de Bourgogne , en livres Tournois :

Bourgogne et la Franche Comté 27,040.

BitlMmt. 12,754.

Loiembourg 1,180.

Oueldre 13,883.

loUuide 14,300.

ZéUmde 2,685.

Artois 17,683.

fiainaut 12,199.

Htmm 5,986.

«aadie 42,890.

(Atlas de Blaauw. Edition de 1662).

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fioi fpkodide qbe édie iPomm |iiiaÉfa4ffla'ClÉfé^ Jamais fe due iie^ae Mmlraft^qé^iaifiMÉné^d^^ Dooibreiix cortège. L'aimée soiraiite, il ocmtraela son mariage a?ee laprinoeMe Kaigoerile d'York, toeiir dn roi d'AngleleRi^ dam la ville de Bruges. Noos deroos ici de noorean lentojer lelecfeor à Philippe de Gommines ; é (ttrier de'la M^rdilb et sartontà lliisloire de Bourgogne. Ces éeriraiiissesditfpIsV décrire la somptnonté et la magûifiaMeatec lesqoèliËs ceouH riage fbt eflébié ; l'hisfmre n'offre point d^exempled'oiltfîMil Uable richesse et pnrfbskm amqôdttes les immenses tvisdrfi des Flandres mêmes sofllsaioit i pdne. Lesdétafls^nfeKiA Beancoartfonmitsar lelnxeqoe les négddamétablis&Bnii^ déployèrent iroccasi<»ideoeniariâcge,mërftettt defikèrrâtl^ tion : on y roitqoece hue émanait tfai^nenient des sumtts hito^ rissables dn oonmierce étranger I^'dàcCliàrfecoÉiiint^ee^Éii' rfagesrrec 1Iaif[Qerîtc^ enpWtSèp^ tnespoHtiqnes, c'est-à-diré;'ti^c^ ëîte^»^ Français qui songèrent sérieittl^it^aat'â >éOgl^rti¥eën^ gleterre contre lui. Anssi la nôUesse' flrançaise Ai^^é'Ui^ trémement exsÉgpètée contre lé d^c *); ittàôê le roi H'atttfl^ de penchant à soirre les conseiU des geM d'àrmies , ^ n'éM^ taiattqaeramoor du butin et larieilie haine França&e ci^tié les Bourguignons.

Les richesses et la puissance du ducQiaries lui suggérèrent plusieurs projets plus Vastes les uns que les autres ; celui éè

*) let muÊÊÊm rapportait que k nobletK t'en ctpliqaait trèf^nci||^«|il|iin|| Yàki k dtalûw on|^nak de oe teit : c n soiu finit eitirper la nciiM Je cette exécimbie imDehompûgaoune; ne toffifr^l pes aa dac C3uurlet d*étre ^Icj i une foit entré tÉBt titf« etMni raison ,ett pleine paix, an milien dn royaume, amenant feabannaèreè jda^ ^*kPam, te corapnrtanten mailro orgnetUeu et emportant k moitié de» Sc;|ir|b^ de k cooronne? Ihea n'a t-41 pas déjà marqué son front comme celui de Lodier du sœan de k rébellion? Ah f certes, ilinaoan dans les enfers, €;et orgiieilkiix-,ce'rè^ Mfe^ eeiènidit Angkis! iln'a donc^tf asseade tanidepetseaûentet fkwi8<9ffl7 rerica, il Ini knt fe sceptre et k couronne. Ce n'est donc pas attex de ton |lro^ cS de son Cmd , il Teat aToir notre Ptois. »

te|i|rire eoATOimer mdes Hointiiis .flatta vivement son îmagiq^tioncil désiraU aussi y joiiidra le titre de Vicaire impérial.

< y^ ffi temps, il se faisait encore à Calais un si grand cornn^rfiie: 4e laines, vendues par les Anglais pour les fabriques dfi[;idr^ps^ de Flandre, que ces deux pays furent fort troublés lonqil^ le négoce vint a cesser; aussi les négocians étaientib fiuri0ux de ce qu'on avait saisi leurs marchandises au 8^0t des guerres dans lesquelles le comte de Warwick avait olrt^Q la victoire. L^ sire de Coounines feignant de croire , i*êfiàè lea pi;emiers bruits qu'on av.ait fait courir, que le r^i SdnujN^d était mort , soutint que les ajyiiances 4u duc de^i^WrgPgP^' avAiçiPt ét^ cQipclues avec le roi et le rpyaume d'AflgJlfilffire, q^'il lj?i iffjpflf^^ p^q queii ^oi y régnait; que leitawi^ ayai^n^;^^ du commerce,^^

qf^>i^ i^empéchîçi: quç, .çfilç/rci. n'essuyât du préjudice^ la i^ef^j^ndreset les qp^tre ^principales villes d'Angleterre $]étaim^ portées garantes. Routes , ces raisons parureqt fort ipmes aux marchands^ attende qu'elles favorisaient leurs ifésolations.

En l'an 1470 , les négocians écossais retournèrent à Bruges le jour des Bameaux ; ils ei^ £^YfUenjt été ^loignés^ pen- 4puit plusieurs années. Les habitai^ ^çs. reç preq^t axçç une joie extrême.

Lorsque Charles aller à la rencontre de l'empereur, une nultitude immense , venue de tous les pays voisins , se pressait pour contempler une si belle cérémonie. Jamais on n'avait vu un tel attelage de richesse et de luxe. Les gens de h suite de l'empereur avaient fait tons leurs efforts ponr n'être point surpassés en magnificence par les Bourguignons ; fliftis malgré tons leurs efforts et leurs dépenses , ils étaient loin d'égaler la splendeur des seigneurs de Bourgogne , il

semblait que le duc Charles fut Tempereur et le vieux tré^r dério d'Autriche un humble vassal.

Le faste de la cour de Bourgogne importuna l'empereur et le rendit jaloux. Les seif][neurs des deux nations ne se convenaient pas mieux; les Allemands parlaient avec envie de cette grande pompe et des façons élégantes des gens de la suite du duc de Bourgogne ; ceux-ci trouvaient les Allemands mal soignés et même grossiers , ils disaient que c'était pî<' tié de les loger dans des beaux appartemens bien meoblc^ et richement tendus , dont ils connaissaient, au dire de Phjklippe de Commines , si peu le prix.

L'armement naval que fit Charles de Bourgogne ooamie comte de Hollande , pour se venger des prises faites pac le comte de Warwiok et. les Fraqçaî^ ,6U|' Jes Hollandais \et les Zélandais , est encore une preyi^ du , degré de. foi^ qu'îA acquérait ; la flotte était commandée par Henri de Borselen comme amiral y c'était la première flotte qui; était^nipée* par ordre du souverain et mise en. mer sous le PQOir mandement d'un amir^d. II. chassa l^s vaisseaux enneoiisi sur les côtes de la Normandie , les poursuivit même dw^i leur débarquement » les battit, prit dix de leurs plu^ grands vaisseaux et en brûla plusieurs autres. Si un si brillant succès nous montre dans les Hollandais une nation» qui sous la Maison de Bourgogne se plaçait déjà au rang^ des grandes puissances maritimes de l'Europe , la suite dea événemens révèle bien mieux encore cette grande élévation.

En 147 1 , une autre flotte , commandée par l'amiral de Borselen, obUge celle de France de quitter les côte» d'Ecosse , où se faisait la pêche aux hareng , et de se retirer dans ces ports. Quatre ans après, les seules villes d'Amsterdam, Hoorn, Enkhuyzen , Monnikendam et Edam mirent iw escadre en mer pour protéger leur commerce contœ les arma-

^gc^fs " frAiiÇftrâ, et convoyèrent en même temps des vaisseaux ^^roliands destinés poar l'Ouest. Cet armement ne ftit pas {i^ur^ax, mais celui qu'elles firent en 1477 rétablit parfaîtefgifga't la liberté de la mer.

Ixtfsqne le roi de France alla accomplir un vœu an Mont ^t-Hicbel, les ambassadeurs des villes de la Hanze-Teu tonique tinrent Vj trouver, et il signa avec eux un traité de commerce qui àntorisa leurs habitans à trafiquer librement dans toutes les villes du royaume. Outre l'avantage qu'en pouvait retirer le négoce, le roi se donna ainsi pour alliés des peuples <irdkiaireitieatiten discorde avec les sujets du duc de Bourgogne. La fitiitité des marins -de Hollande avec les Osier lings , nom ^ael'tm deunait aux gens de la Hanze, avait souvent causé des démêlés cruels entre eux.

La querelle d'Eric , roi de Danemarck avec Christophe , duc deBàTiére, que les Danois voulaient mettre sur le trône, attira f attention des Hollandais ; ils croyaient y voir l'occasion d'acittNtreleur commerce.Les villes» nommées Wendsche et Venéahs s'étaient déclarées pour Christophe. Les Hollandais priréot le parti d'Eric, ils lui envoyèrent des députés d'Amsterdam et une flotte pour le secourir , mais aussi en même temps pour faire un traité de commerce. Eric succomba , et les Hollandais sortaient de cette affaire par une trêve de dix ansqai devint ensuite une paix permanente.

le duc de Bourgogne avait déjà une haute idée des talens maritimes et commerciales des Hollandais et des Zélandais. Cëfiit'llii qui écrivit au Pape que la Hollande et la Zélande ^léiif dès îles riches, habitées par un peuple brave et guerri^; faisant le commerce sur toutes les mers. Ces provinces Tome I. 9

étaient déjà alora réeUement dam un étai florissant, etîl est facile de s'en oan?ainore quand on oonsîdère les pertes que fit leur commerce pendant les guerres des •docs de Bourgio^giie avec la France, et les sacrifices énormes que ce commerce s'imposa afin d'en prévenir de plus {[rands , et se garantir d'une entière desti'uction.

Le duc avait été entraîné à des dépenses considérables pnr les guen'es qu'il soutint, et durant lesquelles sapuissaiiee et 9a fortune reçurent de graves atteintes; mais il lui fut impossible de vaincre sa propre obstination ni de se guérir de son anréuglemest. Ses deux pasMOos, la^ prodigalité et Tamour pour la gloire, le p^dirent. Les ohroniques;de Nesckâtel rapportent que lorsqu -il alla faire la guerre aux Soissca, il itrait anrec b|f toutes ses immenses richesses ; aosti ioeltle^armée rappelait^elle coquelet historiens des tempsaBciens' rapportent do canp de Xerxés et des grands rois de Pe^& !Toutefois , sa^ fovtuno' jelfa encore im dernier éclat, maiscenefot que pour l'aveogleiv il fit une entrée triomphale à Nancy , entouré de tous les grands seigneur de sa cour magnifiquement armés et vêtus. Le due était resplendissant d'or et de pierreriea. U portait une baratte ronge, entourée de sa couronne ducale, qui était si ridieen diamans et en perles , qu'elle valait , disait-on , tout un duché. Ses pages , au nombre de douze, attiraient aussi tous les yeux par l'éclat de leurs parures. Il se rendit à l'église de St-^Geor* ges, prêta serment de conserver les privilèges de la ville et ifai duché et revint à pied, laissant selon la coutume, son cheval tout harnaché aux chanoines de la cathédrale.

Le duc s'avança promptement avec sa grande et forte armée^ dont l'artillerie était la plus belle que l'on eut jamais vue; elle s'était considérablement augmentée |mrcelle dont il s'^ tait emparé dans la Lorraine. Jamais Charles-Ie*Téméraiiip n'ayait marché en si grande pompe , il n'avait rien laiméésw*

«rièffelm* Sa^càapeUe, oes joyaux, see bdilos armiiros , sé^ser* Yioe0d'oc;,deTeraieflet d'argêût, ses tentes et ses pavillons lK;^l^îeDti d'or et >de soie.

(Le «désordre se ' mit dans ee camp pompeux, et sans suivre rhistoire dans tous les détails sur cette funeste cUmpagne, il suffira de dire qu'il fut entièrement pillé. La plupart de ces bons Suisses étaient loin de connaître la valeur de ce qu'ils avaient conquis ; jamais de pareilles magnificences n'avaient psni à leoct regarda Us vendirent la vaisselle d'argent pour ^elqoes deniers , ne pensant pas qu'elle était d'une autre matièfequed'étain.Les vases d'or et de vermeil parurent du cuivre iloars; yeux , et ils se hâtèrent de les troquer ou de les vendre pour peatde> chose. Le «ghM^diamant do duc, celai qw'il por^ tttt M{ ^tm y qpà s'avait pas son pm^il dans la Chrétienté , ni {Mt-MreddBs le moade entier,! et qui avait atitrefoîs orné ia fxtaionne da grand Mogol^ ftit «trouvé star le diemin; il était en- Ifiljipàilaiii une î petite) bortetJtrnée de perles fines. L'homme ^i lotrooMiftsa', l'avait d'abord j^té, n*y voyant qu*un simple Âoreeaade verre i et en gardant la boite; il se ravisa néanitMnns^ rèdiercha la pierre et la vendit au curé de Montagne pslnr là valeur d'un écu. Les magnifiques taiptures de soie et de teloiiis brodées en perles , les cordes , tressées d'or > qui tendaient et attadiaient le pavillon do duc , ces draps d'or et dedàraas,ees d^itelles et ces tapis «de Flandres etd'Àrrsfs dcHit on trouva une quantité considérable > furent coupas et distribués à Tanne comme de la toile -commune dans' nne bon» Ûape de village.

tti ij> 1 lit

Au dehors de sa tente brillait Fécusson de ses armes, orné de perles et de pierreries; l'intérieur était tendu en velours roi^ brodé en feuillages d'or et de perles. Des fenêtres dont lei yitraux étaîait enchâssés dans des baguettes d'or y avaient élèibenagéeS. On y trouva le fauteuil oà 1^9 duc était assis lors^^ qii'dl leeeiirait les ambassadeurs ou donnait ses audienees so^ IwiieUoi^ ii -était d'or massifs Ses «rmures> ses épées i ses poi*»

— làî -

gnards, ses lances montôfi^lâlf ivofre ëtoîent meVfeilleriseteënt tra?âillées et la poignéd éfiiiëef ait de niUs , <)é sàpbirs eft d*émeraudes. Son sceau, qui pékait deux ttiarcs d'or, ses ridiâi tablettes en veloars qui renfermaient le portrait de son père et le sien, son collier de la Toison d*Ot*, sur lequel les étincelles étaient figurées en nibis, enfin un nombre infini de meoH blés et de joyaux précieux furent également pillés on paitagés. La- tente qui servit de chapelle renfermait presqa'antani de richesses et de merveilles. M. de Barante mentionne Fhistoird des trois diamans qui ont eu tous ti*ois une grande renoms mée *) , ainsi que celle d'autres pierres fameuses.

f) Le |$fiif«betii de cet troîf iHamans, cehir t(tâ fat ranitMë «mm un diaiMl^ fiA Mr vendu psr le caré de ffontagae à au homme de Berne , tu pris de trois ëcui; plut tinil , un tutre Bernois nommé Barthoiomi May , riche marchand , qui faisait le commerce tTeè l*Italie , t>ffnt k Gaillanme -de Dieslnch un présent de quatre cents ducttt en teemirfc naissance de ce quUl lui avait (oit acheter ce diamant pour cinq mille ducats. En 1482, les Génois l'achetèrent sept mille ducats et le revendirent le double à Louis Sibrxa, ditleHaurejduc de HfTIan. Ce diamant passa,après la chute de la maison de Sforaa, dans la possession du ^pe Jules II pour vingt-mille ducats. Il orne la tiare du Pape , sa grottear est f gale à la moitié d'une noix.

Un autre , presque aussi beau-, fut acheté par un riche et célèbre marchand noamié Jacques Fugger d'Anvers qui le garda longtemps. Soliman-Pacha et l'empereur Char* les V le marthandèrent , maïs Fugger ne vonlat pas que ce diamant sortît de la ehré^ tien té, et Charles-Quint lui devant déjà beaucoup d'argent, il réfuta égaleneBi de le vendre à ce prince , de manière que ce fut Henri VIII roi d'Angleterre qui l'acheta. Sa fille Marie le porta en E^gnc , et il revînt ainsi & l'arriére petît-filt et Charles , duc de Bourgogne. Il appartient encore à la Maison d'Autriche.

Le troisième est d'un moindre prix ; il fut vendu à Luceme , en 1492 au prix de cinqmille ducatt et passa de là en Portugal. Pendant que les Espagnols possédaient oe royaii> me,Don Antonio, prince de Crato,demier descendant de la branche de la maison de Bmgance qui avait, perdo le trdne, vint à Paris et y mourut, Le diamant fut alors aciieti^ par Nicolas de Harlai , prince de Sanci ; il a gardé ton nom , et a ensuite lait lop^teapa partie des diamans de la couronne de France.

Grand nombre d'autres pierreries d'un haut prix furent prises à Grenson sur le Duc de Bourgogne ; mais la trace en a été perdue. Dans le nombre se trouvaient trois rubis ^ qu*on appelait les trois frères; deux autres que Ton appelait la hotte et la balle de Flandre; son chapeau à l'italienne en velours jaune était entouré d'une couronne de pierres précieuses presque toutes admirables. Ce fut ce chapeau qu'un des vainqueurs plaça sur sa tète en jouant, puis il le rejeta en disant, qu'il aimait mieux avoir pour son lot un bon harnais de guerre. Jacques Fugger l'acheta et il revendit quelques années après une grande partie des pierreries à l'archiduc Maxi mi licf», époux de Marie de Bourgogne , qui eût été l'héritière de toutes ces richesses.

^gjj^fin le 4aQ Gbarles de Bouigogne saccomba devant- Kaimoy (1477) ; UaTaitTégoé neqfiaiis et demi et il était âgé ^(^tfarante quatre ans; il était de taille moyenQe, d'anecomp\esJoii robuste, d'une santé, vigoureuse, il avait les cheveux

goîrs , et il tenait aussi d'Isabelle de Portugal sa mère , un

tâotbran, Tœil noir et le regard vif *).

lèàiac Charles ne lais^ qu'une fille unique , âgée de vingt 0niy.iiO0unée Marie, qui, nonobstant les énormes dépenses de MD père, était réputée la plus riche héritière du monde.

Ainsi finit cette glorieuse Maison de Bourgogne, qui avait étéFarbitre entre la France et l'Angleterre, les deux plus pmMDi loyaimies de ce temps, et qui avait servi d'asile hospitalier à Edouard de Lancaster et au Dauphin Louis. Les <|Uitvi ducs de Bourgogne avaient, Tun après l'autre , décidé

*) Si l*on t^accurde avec Popinion d*uu écrivain moderne, Charles-le-Témeraire était mkoHKiIiieronappeleniitaii XI X« siècle , un barmire, fougoeur, eitraTa(j;ant et iMitaMn faMtiqne et auMÎ avide de lang que ton adversaire Louis XI , avec la difféffOMi lenleaMot, que ce dernier était plut rusé et savait mieux dissimuler et parler, eialn esor, tandis que Charles disait tout dans sa bouillante ardeur. Néanmoins . cMtmaiîoo n*est pas généralement adoptée, aussi doit-on rendre justice à ses Tertus. Ovios-le-Téméraire était d^à avant son avènement au trône le plus grand capitaine iiwi lenpa: il était sobre, laborieui, infiitigahie, enthousiaste d*Annibal , il proté- |ait le pauvre coalre Thomme puissant et injuste, il savait être plus magnifique qatecBB roi de l'Europe , lorsquMl voulait étaler le laste de la Maison de Bourgogne : awsB Ibnt trop à ses forces et à sa fortune, il précipita Texécution de ses projets itli|i«Miiawaient, comnienoés sous de si heorettx auspices parsoo père, il exaspéra eaalie loi tons les princes de TOcoident , il anéantit la gloire de sa iamille. Plutarque , 4t hnfear auquel nous empruntons ces notes, n'aurait point balancé à établir une fMdMi» eatre oe prince et napoléon.

Ssa entrée militaire à Liège , les conditions dures et pénibles qu'il imposa à cette viBèioot il fit plus tard le siège, et dont, après l'aToirprise et brûlée , il égorgea et ■•VI ea partie les habitans ^ obscurcit fortement sa gloire.

Ce ftit sous le règne de Char1es*le-Téméraire que Louis Berken à Bruges trouva le noyai de tailler et dépolir le diamant arec la poudre même de cette pierre précieuse. |1I7K). Les AnTcrsois ont ensuite perfectionné le secret de Berken, au point de tra- ^t&kr pour tous les sourerains de l'Europe. Nous verrons , combien cette branche- ^^îiMàsiriè s'est développée plus tard à Amsterdam.

iteitaites: leê affaires de là Chrétienté , et ocfcupë sans c^e' le monde entier de leur renommée. Tonte la cause de sa des^ truGtion était attribuée , selon Philippe de Conimines, non ai la fortune^ mais à la juste punition des fautes du dernier dûiL

Le mariage de Marie de Bonrgogne était l'objet de Tatten* tîon du monde poh'tiqne. €3iaeun sentait Tavantage d'aîequêiir les vastes dcmiaines de cette Maison, qui étai^it les pins rîébeisf et les mieux cultivés de tous ceux qu'il y eàt en deçà des •flLipes»

Plusieurs des provinces qu'elle possédait, touchaient à la France ; tout semblait done éng«^ Louis XI à redieii^r ralliimce de Marie. Il ne douta pauf, que toute proposition raisonnable qu^il jugerait à propos de faire pour rétablisse* ment d'une princesse vassale de sa conronne et issoe du sang royal de Franee, ne fut reçue favorablement. Néaioraioftts, entre le Dauphin et Marie il y avait trop de disproportion d'âge ; le mariage avec le otmié d'Angonléme paraissait beaucoup plus ecmvenable , et Marie avait même paru disposée à accepter sa main. Mais Louis , accoutumé aux manœuvres oblignes d^une politique insidieuse, négligea une occasion dont il aui'ait ptt profiter. Louis forma le projet de s'emparer parla forée des provinces de Marie ; il corrompit ses sujets, et chercha à la rendre odieuse à leurs yeux. Une conduite si indigne d'un grand roi , et la volonté ferme des Flamands de ne point choisir un maître trop puissant pour être en état d^attenter <\ leurs libertés, leur crainte surtout de tomber sous la domination despotique et tyrannique de Lonis, toutes ces circonstanccsréunies décidèrent les Etats de Flandre à entamer une négociation avec l'empereur Frédéric III et à conclure un traité de mariage entre son fils Maximilien» archiduc d'Autriche et Marie leur souveraine.

faste de la Maison de Bourgog;ne nous a entraîné queK qiio^ instaBS« Revenons i notre sujet principal, le commerce. n pésolte des lettres de Marie deBourgogne, de Tannée 1477» qoo le oomBierce de Bruges continuait encore à fleurir , puisqoo la dudiesse dit dans cette importante pièce , que las tille de Bruges étant la principale ville de tous ses états, et de toosles temps distinguée par ses privilèges, elle trouve bon de ïégler: !<> la publication des tarifs des barrières, publication quieot lieu en trois langue» , savoir: en latin, en français et ea flamand ; 2^ que les agens et courtiers de change serai^it Vsmm de fournir une caution solvable et qu*il leur était dé^ fendu de faire lecommerce ; 3^ divers moyens de protection sur mer en faveur des négocia ns et tendant à extirper la piraterie.

Le commerce avec les pays lointains se développa et obtint

. de nouvelles faveurs. On creusa aussi de nouveaux canaux.

pour bciliter le transport des. marchandises à l'intérieur ; les

routes s'améliorèrept et furent entretenues. La navigation

s'uoorat par la construction d'un grand nombre de-navires.

Las faubourgs de la ville de Bruges furent aussi étendus sous Marie de Bourgogne. On voit encore leurs églises à une petite distance de la ville. Ces faubourgs étaient en grande partie habités par des tisserands de laine ; on en comptait ^core à cette époque dans la ville et ses faubourgs au moins S0,OOO. La laine seule qui venait de l'Espagne et qui fut manufacturée à Bruges, est évaluée à 4iO»000 balles.

Vers ce temps chaque nation avait à Bruges un consul avec m secrétaire qui habitait le palais de la nation qu'il re^ présentait; de 1438-1449 et en 1459 ils y obtinrent des privilèges qui forent encore étendus plus tard.

hcs Anglais, ayant déjà élevé #hez eux de« fabriques de

draps, commencèrent ver»iraiiDéel478 à gêner rexp^rtaiioa des laines par des droitfrde<sofftie , afin de donner par ce mofesh à leurs fabriques une sapériopl1i& sur celles des Flandres , des* Hollaqdais et des autres nations qui valaient prendre la laine chez eux. Les Hollandais s^effoixèrent néanmoins de cou», server par des traités le commerce de laine et la liberté delà pèche, comme il résulte du traité conclu en 1478 entre l'empereur et Edouard IV, renouvelé en 1483 » et par le traité que Philippe d'Autriche fit avec Henri YII en 1496, qui fut appelé le grand traité ou layrande alliance de commerce, et puis encore par le renouvellement des anciens traités en 150B.. Le gouvernement anglais ne cessa cependant pas d'appnyer constamment sur les mêmes observations , et de saisir toute» les occasions pour rendre les traités le moin» avantageux que possible pour nous.

En 1506 rarchiduc:PbilippekWmt^ d^»BalUnde, ayant été contraint par une tempête de mettre pied en Angleterre et de $e rendre à la couf de Henri YU^iiit. obligé encore de signorfun traité avec ce monarque. Les Hollandais ont nommé ce traité » le "inauvais iradté, parce qu'il ae fit presqu'entièrement en faveur des Anglais , qui stipulèrent pour eux Vexemption des droits de douane qui. se payaient en Zélande. Cer traité fut renouvelé en 151 6. fi

Toutefois les Pays^Basavaient été une puissance de premier rang. Sous la Maison de Bourgogne, dit Van der Noot» c'était une des puissances les plus considérables de l'Europe et qui se trouvait dans une condition florissante, quoiqu'elle ne contint qu'environ la cinquième partie de Tltalie , n'ayant que mille lieues de circonférence; mais elle pouvait êiiH3 considérée comme grand royaume à cause de ses immenses trésors et ses richesses en toutes choses, fruits de la fertilité du sol qui surpasse celle de tous les autres pays , et par le trafic et le négoce que ses habitans faisaient sur toute la terre habitée,plus

qoe toQtes les autres nations ensemble. Un prince qui pos« séderaitles Pays-Bas réunis , pourrait, sans accabler ses sujets , perceToir tons les ans huit millions écusd*or; ce qui surpasse debeaacoap ce que T Angleterre et le Portugal ont jamais prodait ensemble à leurs souyerains. L'Angleterre ne ren* dit aa roi que 1,300,000 liv. st y compris tous les domaine) do roi , tontes les gabelles et tous les revenus du temporel de réglise que Henri V^III avait confisqués à son profit Le Portsgal ne rapportait en Tannée 1578 , que 1,100^000 écus , sans les revenus des Indes qui donnaient 2,000,000 écus , desquels le roi ne touchait que la moitié ; l'autre moitié restaitaa pays pour l'entretien des garnisons. Cependant en Portogal on payait un droit de 20 7o de toutes choses et 10 Vo do poisson.

L'auteur de rhistoire de Charles Y tire, entre plusieurs autres , les conséqnelices suivantes de cet exposé :

'Etablissons d'abord la comparaison entre les états du roi de France et ceux de la Maison de Bourgogne, et remarquons que ]es pays de par deçà renfermaient plusieurs villes de premier ordre relativement aux autres places de TEurope. Bruges , 6and, Louvain, Liège avaient nn circuit supérieur à celui de Paris, seule ville de France qui pouvait leur être comparée; venaient ensuite Bruxelles, Anvers, Ypres et Amsterdam. L'enceinte que renfermaient toutes ces cités au XTV^ siècle est encore bien reconnaissable aujourd'hui ; leurs repstres de comptabilité et tous leurs actes existent dans les dépôts publics. On y voit que ces villes étaient habitées par on nombre considérable de fabricans de draps de laine , de draps de soie, de tapisseries de soie et de laine, qui, en deux périodes se sont réfugiés à l'étranger, sous Maximilien et sous Philippe IL

En comparant les Pays-Bas aux deux royaumes distincts deCastille et d'Aragon, on arrive à ce résultat-ci : lapopu-

lation ancienne da royanmede Castillese montait à 4,833,000, et le royaume d'Aragon s'élevait anciennement à 1,600,000 habitans, ensemble ils comptaient 6,433,000 âmes.Leroyaame de Grenade, évalué alors à 1,000,000 d'habitans musulmans, n'entre point en ligne de compte , parce que cette province fut soumise en 1492, après le temps de Philippe-le*Bon et de son ûls Charles.

Par conséquent , la population des Pays-Bas sous Philippele-Bon était à celle du royaume de Gastille comme 6092 est à 6433, ce qui fait presque égalité ; mais les Pays-Bas étaient supérierites à oe royaume à cause de leurs grandes villes. Il n'y en avait pas une seule en Gastille, pas même Sévilleni G>rdova , qui fut comparable a une des villes de premier ordre dans les Pays-Bas. Comparée à l'Aragon la supériorité des Pays-Bas était bien plus grande encore.

EnréunissantlaCastille, l'Aragon et la Grenade avec ses 667,000 habitant » 0|i y^H ^ife If |;^i)0|M|r^f]#i entre les Pays- Bas et TEspagne était , sous Charles Y , comme 5618 à 7100.

D'après ces calculs , on na doit plus s'étonner de ce que les Pays-Bas aient rivalisé avep la France jusqu'à l'époque de la bataille de St-Queutin « et que pendant la jeunesse de Charles Y on ait mis plusieurs fois en question dans son conseil , si le centre politique de la domination Bourguignonne serait placé dans les jPays-Bas ou en Espagne.

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PREmÉRE P4RTIE.

CBAFrriUE TROISIÈME*

État du commerce , de la navigation et de VindustriCy sous Maximilien^ Philippe (f Autriche, CharlesV, et sous Philippe II jusqu'à la révolution de 1567.

Dè^rannée 1485 le commerce de Bruges commença à décroître insensiblementLa réyol te contre Farchiduc Maximilien, époux de Marie de Bourgogne, ainsi qne les émentesetlestron* blés non-interrompus , commencèrent à excéder pea à peu les marchands étrangers. Ce motif, joint aux principes adoptés par Maximilien , touchant une plus grande liberté de commerce , fat cause que ces marchands et commerçans se déplacèrent insensiblement de Bruges à Anvers. Le mécontentement général se faisait sentir dans toutes les Flandres et surtout à Bruges où Ton ne voulait pas reconnaître Maximilien comme

tateur de ses aifans, après, J^ mort de Mariet {^'arcbiduc menaça d*eii détruire entièrem^ qu en partie, le commerce, en li^ transférant ailleurs, et d'ôter, ainsi auxBrugeôis Tespoir d'amasser de nouvelles richesses. Il espérait les rendre par là plus modestes, et les forcer à renoncer à leurs prétentions orgueilleuses et hautaines. L'archiduc commença par accorder à la ville d'Anvers quelques franchises et décharges, pareilles à ceU^ dont Bruges jouissait alors et au moyen desquelles Anyert commençait peu à peu à fleurir. Ces avantages stimulèrent 1? zèle des habitans pour cultiver de plus en plus les diverset branches du commerce. Dès Tannée 1487^) l'émigration des négocians attirés à Anvers par le^ npavemix privilèges /ut prodigieuse ; elle porta unj coup fata} ^ l^rjuges et à Gand-, Çett^ dernière viUe aussi ^vs^it piiissfii^çi;]^ cqntriliçfé par ses émei^7 tes à indisposer ,1(3S négpcians ét^pger^^, ^V'^i^^^i'i^A JttaiV^ chant, attribue égalepientl^ chut^ du çoof^ierçe de Bruges ^ grande partie aux troqblpsî,, p^j^^^fl^^optjeq^ece négoce si considérable doit en partie sa,4f^ç^4^çç^^u réjUseci^eq^feii^ (||i port et du canal ,de VEclu^ , if^^^ffij^t^^aii Iç passage. ^^ rentrée difficile sinon impo33^Jleppui; les; grands bâtimens f )»

L'auteur des annales de Bruges dit, que durant les dissensiions etcommptions qui éçi^^tèrent squs Haximilien, en 1488 , plusieurs étrangers quit^r^ la ville. La guerre de Gadsant

*) ToulefoisoQjdpUxeodre c«itejqiiioe à rarchiduc que tout tes tctes le reMçntirent de m tollicitude pour le commerce.

Fnr P/ordonnanoe sur ramimulé des Pays-Bas, promulgutfe ea 1487 parremjpefear

^aidmiliea et son fils Philippe, il est virtuellement exprimé, que le commerce et Tifidustrie sont les bases fondamentales et principales du soutien des Pays-Bas en génénù, et ^u»en Cônséquence,ees dispositions devaient uniqueitaent tendre à leur protéctioiy toi à leur accroissement.

•j") Les villes de PËcluse et de Damme avaient encore en ce temps conservé une population considérable; rwË^xc«//sn/(?6'AronyA0 (ait mentiond*un incendie qui eut lieu en 1490 dans cette dernière ville , par lequel 300.maisons furent réduites en cendrep. .Despars raconte qu'une peste qui éclata à TEcluse en 1492, enleva 23,000 persoimes, ce nombre parait en tout cas énorme et par trop exagéré.

qui ^ téttùîikapsit lé Iràfté de cë hôbi, signé le 29 juillet 1 492, lui fdt encore plu^ funeste, pafsqh'îl parait que le plas grand nombre de màrdiands fbrains transférèrent alors leor domicile à Anvers. Quoi qu'il en soit , le même auteur dit que la prise de Calicnt par les Portugais et la paix faite avec les ^uverains elivironnans, contribuèrent aussi à la chute du com- Ineroe de Bruges , attendu qu'en 1 503 les Portugais envoyèrent de préférence leurs denrées à Anvers au détriment de Brdges, et qu'ils firent des démarches incessantes pour attirer lés marchandises vers cette pi^miére ville.

Les premiers ëttaA^én qui quittèrent Bruges étaient les Alléiiîainds , qui' étaient' les plus riches et les meilleurs com^ itieyçàns de tous. On te^ 'nommait Foekers, en allemand Fui^gërs *). Après céux-ci partit la famille puissante de Welietsi qui fut l^tiivie par lé^ itiàrchands de Livoume, de Lucquesèt deOêdëé';*Aoâiii'étbbnt pair les familles Gal^rato de Rot^nce, B'onvxHo dèttiôcj^és, et par celle de Spinola de Génës. Tous lés autres négociant étrangers et riches quittèrent Bruges vei9 l'année 151($, él attirés par les Portugais, allèrent se fixer à Anvers.

La ville d'Anvers eut des titres* ^uissans à la préférence des nègodans qui s'y étaient déjà fixé^, tant par sa situation heureuse sur l'Escaut ^ue par plusieurs droits et privilèges dont elle jouissait et paAesquels on encourageait encore son commerce. Un privilège remarquable était celui accordé aux femmes des négocians^ à savoir , lorsqu'un négociant avait éprouvé des pertes Mnsidérables qui le mettaient dans l'impossibili té de satisfaire à ses obligations, ou si à sa mort sa succession présentait plus de passif que d'actif, l'épouse avait le privi-

*) Lilôtel des Fuggers existait encore naguère dans la rue dite Sieenhouwers»Fest freitipart des tailleurs des pierres). Cet hôtel était connu sods le nom de FuggersffutM (maison ou hdtel des Fuggers). Il servait en dernier lieu d'atelier de me-

dinsene.

Uffe de prélever sa dot aTànt tout ; ce privilège 4{ih ou vr^it^ < I^ porte à beaucoup d'abus et de fr^o^es , ne lais^t^oufent-rten aux créanciers; toutefois il contribua' puissamméat à .attire! les négociaus à Anvers.

Quoi qn'ilen soit, la chute du commeroe de Bruges fut vivement sentie par presque toutes les nations de l'Europe. Cette ville avait, à cause de sa situation, été longtemps le point central où les n^ocians du Midi faisaient le commeroe 4fé« change avec ceux du Nord ; et ce trafic avait été pour elle et même pour toutes les Flandres une source inépuisable de richesses , que tout ce pays désirait viwment de conserver. Toutefois il est dans l'instabilité des choses humaines, qu'une prospérité qui va toujours croissante- atteint bientôt sca a^* gée. Pendant cette période il te gtfsse dans^le^ oorps pôlîti-^ que des germes de discorde,' qWî joints^ à^oeux existant dë|à , eauiientà la fin des commotioiiS'qi^'riMii^noi^ut calmef , et qui entraînent le bienrétre dès'peojiles'vers Fabimb. * Le mvÀ\ dit un auteur , s^accmt par le >lq[xe effi^^S^ , qiii .divisai lei citoyens en trois classes. La première* était oomposée' de'genb parvenus à d'immenses richesses'; qui ne mettaient aucune borne à leur somptuosité et 'ftlen^ dépenses. Ceux-là tenaient pour la plupart avec l'ordiie existant. La seconde était celle des individus qui aspiraient -à» nne fortune brillante» se per** mettaient tout pour y piartenir/ avaient souvent à leur tête les gens des métiers , et bravaient presque toujours l'autorilé. La dernière classe comprenait une infinité d'ouvriers et de pauvres, qui dans les désordres suivent toujours l'impulsion tlu plus fort, des plus adroits, et souvent de^cenx qui sont k^ plus généreux à les payer, mais qui placent plutôt dans la iseeonde classe que dans la première leur espoir de £aire butin «t^de profiter des troubles publics.

Les gouvémiemens de ces temps ne furent pas assee forta pdur étouffer cette fermentation et ces émeutes incessanieë ^* mais il est impossible aussi de ne pas convenir que les prûpee^

fiireiit soawnt bjw imprudens^ à. 1 égard de p6uple$ si obsu loiiilIeQXiet^îiWseeptibles^qiiaiHl A s agissait de leurs droits et privilèges^ , Souvent les souverains levèrent des impôts sur les marchandises sans en avoir obtenu le conswlement des Etats ; d'autrefois ils accordèrent des exemptions et des privilèges qui étaient* en exposition avec ceux que Ton avait déjà octroyés à d'anties. Les discussions de ces temps-là commençaient presque toujours par une levée de boucliers. On courait de suile anx^armesy des guerres sanglantes s'ensuivaient, et la nation siolestée el irritée se livrait à des troubles qui eurent pour résultats funestes, mais naturels, la décadence de Vindostrie et le déplacement du commerce»

iLeaiagistrafjdefBragies ayant remarqW'que les babitons de l»Tttle«<|à^ délatit'id!t>uvi^|9 7'la quittaient; et s<'établis$aient aiUdariiK. trouvai !Oonvenabljs de crédri unenouveUe tisserander rie de'dtap,^d'i^ieapèiQef^rpssîièiie*,.inommé en langue du pays ^rtr^^&ei^elieHr'peau^d(aui)s^e Bruges; et afin d'engager leé tîaâerimdSiétrangelB'à s'y^fix^ret à se livrer à cette branche d'ôidnl^triey il promit une pirme d'un ducat pour chaque pièce faitaoenformém^it àl'cwdonnanoe. Pai* ce moyen le magistrat attirft en effet à Bruges ffrand luambre de drapiers , tisserands, fonlons, fileurs et cardeurs^ qui vini«nt principalement d-Armentières; mais lorsque plus tard la distribution de ducats vint à cesser , ces industriels s'en i^tournèrent d'où ils élaîenl. Tenus.

i C'est vers cette même époque que la r^ence de Bruges, ton* jours pfète à mettre tout en œuvre pour rendre à la ville , au nioyende l'industrie et du commerce* son ancienne splendouri nèmma une commission de notables chargée, en vertu du nouveau règlement qu'elle venait d'établir , de veiller à JU^ bonne confection des flanelles , dite saijen , dont on venait de «réer une fabrique , à 1* instar de celle de Hondlschote. Ces régleoMns avaient des résultats si heureux que les myen de se vendirent bientôt à un prix beaucoup plus élevé

que ceux de Hondtschoie , malgré la grande réputation de supériorité dont jouissaient ces derniers.

En 1554, une proclamation publiée à Bruges, porta que tous les métiers y étaient libres , et que chacun pouvait y acquérir sa franchise au moyen de cinq escalins courans. Cette ordonnance ne resta pas longtemps en vigueur, et il parait même qu'elle ne répondit pas à Fattente.

Vers le milieu du XVI® siècle , le commerce de B ruges n'était pas encore entièrement en décadence *) , car après le départ du plus grand nombre des négocians étrangers qui s'étaient établis à Anvers , il restait encore à Bruges beaucoup de marchands espagnols qui trafiquaient en laines d'Espagne, dont il y avait encore un entrepôt considérable en cette ville. Il parait même qu'en 1558, après que les Anglais eurent quitta Calais , l'entrepôt de laines qu'ils y possédaient , avait été tnansporté à Bruges f ). En outre la ville possédait encore certaines branches d'industrie, et on y fabriquait une grande ({uantité de futaines, laines , draps , tapis , soieries, etc.

Il parait d'autre part , que vers l'année 1 555 , la reine Marie défendit d'exporter d'Angleterre, non-seulement des laines

*) Tn auteur contemporain raconte, y avoir vu vers la même époque à la porte de St.-Léonard (Leenarts-Poorfe) quarante quatre navires chargés.

Le même auteur mentionne aussi des arrivages de batimens espagnols , italiens, du Levant, portugais et autres, ainsi que des pays du Nord et de l*Est. Ceux de l*0uest amenaient toutes sortes d'épices, sucre, riz, figues, raisins , dattes, oranges, exprès, drogueries, sirops, huiles, vins d'Espagne et autres; ceuide TJEst avaient à bord des pelleteries , des draps , de la cire , du goudron , de la poil , pins et sapins , poutres , planchcsclc. etc.

-j-) Les Brugeois , craignant que les Espagnols ne transportassent finalement aussi

, Tentrepôtdelaines à Anvers , obtinrent en 1602, de l'archiduc Albert et de rarchida-

chesse Isabelle , la confirmation du privilège d'après lequel tout le monde était tenu

d'entreposer , de faire peser et de payer la redevance des laines en ladite ville de

Bruges.

HÉois ao9^'des dmps non-préparés ; €ette défeme fut mainte^ nae parla reine Elisabeth. Il semble en résulter que rentœp^t de laines, que les Anglais firent transporter en 1 558 de Calais à Bruges, ne consistait qa*en un fonds d'entrepât qui ne s'alimentait plus.

Néanmoins il résulte des recherches faites par l'auteur du Commerce de Bruges^ qu'il arriva encore plus tard des laines anglaises à Bruges , qui furent dirigées sur Anvers. Cet écrivain dit» esk effet, qu'en 1 560 et plusieurs années après, 25,000 balles de laine espagnole et 1,200 balles (serpillières) de lajne . anglaise de tous prix et de toutes qualités ont été expédiées de Bruges à Anvera> et que la valeur de ces envois montait annuellemeat, à environ 50,000 couronnes d'or, oatre les vin» de Fraiiee et du. Rhin, ainsi que d'antres mar* «JbÂiidises qui DOBtinuàfeata.,arriver à Bruges.

(juiciMrdin raconta, que de.s^n temps (1560) Tentrepot de laines anglaises fut transféré de Calais à Bruges, etqueTimportation annuelle de laine consistait au moins en 2200 serpillières de toutes sortes et de tous prix. La valeur de ces laines réunies montait à plus de 250,000 couronnes par an; mais la masse de draps qui arrivaient déjà alors de TAngletcrre est énorme , car en y cx>mprenant les casimirs et autres draps légers et étroits^ on y importait, année commune, plus de deux cent mille piéces> évaluées, Tune portant Tautre , à vingt cinq couronnes la pièce, ce qui représentait une valeur annuelle de pins de cinq millions de couronnes d'or. Cette immense somme qu'absorbaient les laines, les draps «t les antres marchandises importées d'Angleterre , était cou<^ verte par les marchandises que l'on exportait en échange.

Le même auteur rapporte, qu'en 1569, il y avait encore un grand nombre de marchands anglais qui continuaient k habiter Bruges et y faisaient un commerce considérable. Vers cette même époque les Brugeois firent effectuer des travaux ToM. L 10

remarquables aux écluses et canaux^ dans T intérêt du haut cx>mmerce maritime» qui commença de nouveau à revivre jusque vers Tannée 1578, époque où la ville fut tour-à-tour prise et reprise par les différens partis, pendant les troubles, circonstances qui anéantirent complètement le commerce.

Le 2 septembre 1578 le magistrat de Bruges fut changé, et le 14 novembre suivant une ordonnance fut publiée dans toute la ville, au nom de Tarcbiduc Mathias, par laquelle il -était enjoint à tous les étrangers , tant ecclésiastiques que ^séculiers, de quitter la ville avant le coucher du soleil , avec défense d'y passer la nuit Des mesures de police aussi séirères, jointes aux dissensions religieuses, déterminèrent an grand nombre d'étrangers à quitter la ville. Le nombre des ^pagnols, ayant tous maisons et habitations en ville, qui -se transportaient ailleurs , était considérable *) ; beaucoup

*) Bmget est la TiUe dea Pays-Bas qui conserva le plos de iamilles espafpioles. Dea 9>raiiches de celles qui ont quitté cette ville , fi[;urcnt encore aujourd'hui parmi aea «otabilités, d*autressont éteintes.

Toutefois M. Beaucourt cite les familles notables des Espaf^nols qui émigrérent alors « à savoir : Hessire Juan Lopes Gallo, baron de Maie, facteur du roi d'Espagne, Ferdifiando de Kotance , seigneur de Tillighera , Juan de la Torre , Christofle Passchier , Juan Galle de Sscalado, Jusn de Kotance, Anthonio de Saldano, Juan deCastillo, Francisco Oragat, Jaspar de Bui^os, Juan Lopes de Carrion, Anthonio Delrio , Helchior de Bega, Pedro de Valcncia , Bonifacio d'Espinosa ; Pedro de Maida , Andries de Burgoa, Balthasar de Bega, Francisco de Rueseas , Zunigo Gonsales , Alfonso de Peralta , Gargio «le Bega , Jerouimo Pardo Fib, Diego Lonis de Aguillcra , Hatthes del Hoya, Roderigno de Guerrea , Pedro do Gointana Dicnas , Juan de la Rualdo , Bemardo de Guallar , Pedro de Orosa , Diego de Honte Negro , Pedro de Tamisa , Diego de Aranda Secretario , Fran- «cisco de Aranda, Blesco Bayart.

Ont également quitté Bruges les veuves de Anthonio de Villa Franca , De Diego â» Assadella , Louis de Begs , Diego Pardo Fils Silvestre, Juan de la Penem Diego de Fordomar, Pedro de Orasco, De la Penna, Pedro de Helgar, Pedro de Valencia, Helchior fie Gueme , Hàtthes dcl Hoya , Juan de la Torre, Juan del Rivo, Juan de Kscatado, De Peralta Senior.

Cette ënumérationdccommerrnns espagnols qui quittèrent Bruges pont donner nne

d'autres négocians , bourgeois et particuliers, suivirent le«r exemple.

Les manuractures de tapis étaient encore importantes dans la Flandre au XYI^^ siècle. Gramaye raconte qu'en Tannée 1544 9 la première pièce de tapis de haute lice , a été fabriquée à Tournay , e\^ que ces tissus si artistement confectionnés se fabriquaient k la même époque à Audenaerde et à Bruges. L'historien Marchant ajoute qu'il en sortait aussi d'Alost et de Lille ; mais que les fabricans devaient donner des garanties , afin de prévenir la fraude dans cette branche importante d'industrie.

Ni l'un ni l'antre de ces écrivains, ni aucun autre ne font

mention de Forigine de la fabrication de tapis en Flandre.

Il est cependant à remarquer que les tapis d'Arras et d'autres villes, ont considérablement alimenté le commerce de Bruges. D'après Fopinion de quelques écrivains , ces manu-

idée de l'îmmenie commerce qaeles Stpagnols faisaient en ce tempt^là. Anui déjà Ter» le fin du XV* et pendant la plat grande partie dn XVl^ «iècle , rËspegne et le Portaffd tégaènak tnr l'Océan, comme les deux plut grandes pnistancea maritimes connues «Un* le monde; car bien qae Venise s'étendit par son conmierce dans toutes les parties derKnrope» cependant ses flottes ne franchirent presque jamais la Méditerranée.

LesEspafnola, en Tcrtn de la première découverte qu'ils en avaient faite , réclaméicni l'Amérique entière comme étant leur propriété , et quoiqu'ils n'eussent pas la force de a'oppoier & une puissance navale aussi considérable que celle de Portugal , le nom eapngnol aenl inspirait alors une terreur telle, que la plupart des autres nations de l'En*^ repe n'osaient s'établir dans aucune partie de ce vaste continent. Les Français qui tentèrent de se fixer dans la Floride , furent massacrés par les Espagnols.

Sait cenx-ei , par la chute de leur puissance navale ^ suite de lears fautes et de la délSûtede lenr flotte VInpincible, vers la fin du seizième siècle , perdirent plus tard U flundté de traverser plus longtemps les établissemens des antres nations européennes, et pendant le cours du XVII" siècle , le< Anglais, les Français, les Hollandais, les Danois et les Suédois, c'est-à-dire toutes les grandes nations qui possédaient des ports sur l'Océan, tentèrent de s'établir dans le Nouveau-Hondev

factures n'étaient pas en pleine vigueur avant la fin du XIV« siècle.

La ville d'Audenaerde comptait pendant la première moitié du XVI® siècle , environ 8,000 habitans , y compris ceux extra muros. Beaucoup de familles patriciennes de la Flan* dre, quis*y étaient réfugiées pour se soustraire aux vexations fréquemment renouvelées des Gantois rebelles, y avaient lenrs demeures, et quelques chefs de famille se trouvaient à la tête de florissantes fabriques de tapisseries, dont la renommée avait pénétré dans toutes les cours de TEurope.

Des documens authentiques nous apprennent que jusqu'à cette époque, le nombre des maîtres et chefs de fabriques se montait au delà de quarante; ils occupaient près de 1200 ouvriers, tant à Tintérieur que dans les faubourgs de la ville. Les manufactures de laines n*y furent pas moins importantes; vingt-cinq à trente maisons comptaient plus de 600 ouvriers , dont plusieurs habitaient également les faubourgs.

Nous n'énumèrerons point ici les artistes et les personnes exerçant une industrie qui avait plus ou moins directement rapport à celle dont nous parlons, tels que peintres de modèles , teinturiers de soie, de filoselle, de laine, fabricans de couleurs, foulons, etc.> et qui portèrent bien plus haut encore le nombre des individus auxquels l'état florissant des ma-> nnfactures de tapis procurait une occupation lucrative.

La ville de Gand qui ne devait qu'à la liberté dont elle avait joui jusqu'alors, sa prospérité et sa richesse, reçut un coup mortel par la condamnation fatale qne Charles Y lui (il subir en 1539 et par Térection de la citadelle *). II est vrai

*) Ce fut le 12 mai 1540 que Charlca'Quint fit poser en ta présence la première p»er»

qu'elle usa souvent très-mal de cette liberté. Cependant <oo «immerce était encore fort considérable, et l'on continuait i y confectionner des drai>s, des serges, des tapisseries, des bougraos. des fiitaines, des ostades et autres ètotfes semblables.

Charles avait saisi avec empressement cette occasion pour foire respecter sou autorité par les peuples des Pays-Bas , et pour supprimer quol(|ues privilèges, qui n'avaient pas porté leur commerce à un si haut degré de prospérité sans opposer à l'antorité impériale des entraves que ce prince ne supportait qu'avec impatience. Les Gantois avaient refusé le subside demandé par Marie; mais l' emprisonnement de leurs négooians fut en grande partie la cause des excès auxquels le people s'abandonna.

En attendant Anvers profita des désastres de (àand et Vèleva peut-être plus haut que sa rivale. Avantageusement siluce sur les rives d'uu fleuve dont le lit profond et spacieux offrait un port sûr, même aux navires de haut bord, cette ville attira uu si grand nombre de commer^uns, qu'on y parlait toutes les langues de l'Europe, et qu'elle semblait ili-e la ville commune de toutes les nations. L'Escaut était couvert de flottes nombreuses qui s'avançaient vers r.e port célèbre.

Marguerite de York, veuve du duc de Bourgogne , avait en quelque sorte conlriUué à icstroindre le commerce avec l'Au-

ndeki eilaJrlIe tur J'uinfilaFrinciit de l'iLbajr c4 ite l'ancien quirlier ili-Sl.-B»Dn , qoarlier i|ui rcnfcniuit plui de luiil criili niaiioT». La roDiIrucliuii coûta ]II,E>34 linvtS t*. SdpD. Lni Ganlaii rorenl en outre cnndunnéi à une un annuelle de 6,00fr iDiïni pour l'entretien de la gnrniiou. On prit dan> la plaine qui l'élcndtil depaii le Ptti-Bmggt famu'k la porte d'AuTert, et <|ui ne renlénnait alort qnequrlquea mai- •OUI. la lelre dani on aiait beioin pour le> renipaili. Ce Tut «en l'an 1775 que l'an eoMUuiitt *ur celte plaine lei nuiioui que l'on j voit aujaard'hui. Cbailei donna cii- (<« aulm cumpenalions aui chanoinei de Sl.-Bavan, eavïnm deui lien de la. ■anuiie provenant de la Tonlc dei bîeni conGaqacaaur l«a Gauloii- C'eil alon ijue 11(11» dr St-lran . nii fui Inniferr le Chapilre colléglil , prit le nom de SI.BaTciu.

çleterre par la haine qu'elle portait à la maison de Lanoaster , qui était alors sur te trône , tandis que la sienne , celle de York, en était éloignée. Mais l'ai^chiduc Philippe fut à peine investi delà souveraineté des Pays-Bas, qu'il conclut un traité de commerce avec Henri Vil , roi d'Angleterre. Cest ce traité qui depuis, fut si célèbre dans nos pays, sons le nom de Grand Traité de Commerùe, Ce traité portait qu'une paix et nne amitié perpétuelles uniraient les deux nations; liberté pleine et entière de la pèche sur les côtes d'Angleterre était expressément accordée aux Néerlandais, et en cas de naufrage ou d'autres désastres maritimes, les marchandise» ne pouvaient être confisquées, mais devaient étire tesÉîtuées aux propriétaires; la plupart des villes com-* merçantes ratifiaient ce traité.

Quelques années plus tard , ces mêmes traités furent renouvelés et confirmés le 19 juin 1502. Pendant que Philippe était ea Espagne, il avait laissé les pleins pouvoirs à ses envoyés et à ceux de son père. L'archiduc Philippe revint dan» les Pays-Bas Tannée suivante, époque vers laquelle la du- (Aiesse y veuve de Charles-le-Téméraire , vint à mourir.

En attendant, un nouveau monde que G)lomb avait ouvert aux Eurc^ens augmenta encore les relations commerciales de nos contrées. Anvers fournissait les principaux objets que Ton trafiquait dans les pays récemment découverts *)

Vers cette même époque les Portugais se montrent jaloux du commerce dont ils s'emparent en s'établissant dans l'île de Ceylan , au Bengale jusqu'à Siam, fondant la ville de Macao sur la frontière de la Chine. L'Etiopie orientale , les côtes de

"*) Se§ quait et sei canaux n commodet pour le trafic , cette Bourse , modèle de celle de Londres et Kê magnifiques bètimens construits pour les négocians de la Baltique •ont encore aujourd'hui des monumenf de l*ancienne grandeur de cette rille com* Bictf^ante.

Ift Mer Robge, les iles des Holluques furent découvertes par eox. Ib ûrent le commerce à main armée.

Les Hollandais, qae leur génie et leur situation avaient, ainsi que nous l'avons déjà vu, portés depuis longtemps au commerce, se servirent déjà avec utilité de la boussole. Devenus plus hardis par cet usage , ils visitèrent tontes les plages du Nord , affrontant les périls quels qu'ils fussent , afin de dé- Gonvrir de nouvelles contrées.

Quelques-uns de nos commerçans qui s'aperçurent de l'inoonvénient de s'embarrasser les uns les autres, soit en achetant dans les mêmes contrées, soit en abordant à la fois aux mêmesports pour vendre leurs marchandises, jugèrent à propos de^ ivJÀT en corps et d'agir ainsi à forces réunies.Ces sociétés, faibles dans leur origine, s'accrurent avec le temps et devinrent le modèle de ces Compagnies puissantes que le»' siècles suivans virent naître dans les Pays-Bas.

Ainsi vers le temps de la naissance de Charles Y ^ la situation de nos pays , sons le rapport commercial et industriel » était très-satisfaisante. Jamais les Pays-Bas n'avaient renfermé one population plus nombreuse et plus active ; toutes les nations de l'Europe portèrent envie à leurs richesses ; les mœurs* étaient pures et le peuple ne fut jamais plus heureux que pendant le court règne de Philippe-le- Beau, archiduc d^Autricfae^ père de Charles Y ^). Les manufactures de laine et de soie^

*) U paiMuioe det Payv-Bat , dit M. PloTier dans ton Mëmoiro , oonromié par l'A;oft<p^ teie de BriueUet, alJait toujoara ea augmentant. HéTolua à Tarchidiie Philippe aprè»k Mrt de Mane de Bourgogne , ils acquirent une conaistance qu'on n'arait janai» icnarqoée anparaTant. Dana lea beaotna conimuna , l'ëtat trou?ait dea xeaaourcea que InprogiAsdu coanacroe, deafobriquea nationales, de l'agriciilture, dea' arts et dea^ sdaacei augmentèrent tons les jours. Tout fleurit aooa le gouvernement de Philippe d'Aatiiolie, qui fut le premier de cette auguste liaison qui eût la souTerainetë des profiaoea Belgiquea (-f ). Jusque-là ces proTinces aTaient été nne pomme de discorde poa

(t) La diboBiaattOB d* province* Be lgiq«w •*«mpIoj«it fonveat jii«qtt^eB 1966 pour dMigaw lew l«Pfe7i-BM.

forent encore florissantes sons ce règne, et dés l'année 1497 un édît défendit l'usage de UnA vêtement de laine ou de soie de fabrication étrangère»

. Vei*s ce (emp^il restait encore à la ville d'Amsteidam ù obtenir des privilèges pour £avx>riser son commerce dans le Nord ; elle les obtint de Christian II , qui , après avoir confiemé les avantages accordés par ses prédécesseurs , y ajouta encore la claïase» ^ue les effet» des négocians d'Amsterdam perdu» par le naufrage et sauvés pai* ses sujets, devaient étce rendus aux HoUajadai» moyennant une simple récompense pour la garde des marchandises, et que les effets des marchands morts dans les états du roi ^ seraient restitués à leurs héritierssans que l'on pût en réclamer la moindre partie.

plusieurs princes, ce ne fut qu'ih cette époque qu'elles commencèrent à jouir d'un*' administration indépendante de tout autre que de celle de leur souverain. Un prince sr piiissa&t, «ne république si opulent», une législation qui n'avait en vue que k rtUoiii et rhumanité, durent assurer, nécessairement le bonheur de la nation.

Leis change meus , opérés dans les Pays-Bas , après une si kcareuse'sitttfftîon , y on^ souvtni w pou£ résultat l'ignocanoe et de grandes calamités. En faisant un instant une comparaison des temps passés, il est vrai de dire, que la Belgique était plus florissante sur la fin qoe vert le commencement du* XV<^ siècle;- mai» cent ans auparavant elle était beaucoup plusmalbeorease que vecs le commencement du tretrième siècle. Quel mélange bizarre de bieaet de mal ne trouve-t-on pas dans les onzième, dixième et neuu Vième siècles? Quel monstrueux Prothée ne se découvre pas dans l'administration po- Hlique , civile et «scclésiaatique ? Quelle différence eu Ire les mœurs civiles da treitième et celles du quatorzième siècle?

Il est encore vrai que dans le quinzième siècle les mœurs s'épurèrent de plus en plua^ Haia concluons, dit l'auteur, que puisque ni la pouvoir, absolu du prince, bî les.tré#ora accumulés par une sage économie , ni le bon ordre dana.la magistrature ne peuvent lendre une natiaa heureuse , à moins qu'une harmonie réciproque ne cimente ces troia fondement des onpiiet , de manière que le bien public ne poisae recevoir aucune at^ teinte , et que cette harmonie ne fut jamais si solidement établie dans les Pays-Bas qne sous le règne de l'archiduc Philippe , (on. entend cette partie de son règne qui précéda la naissance de Charles V.) concluons, dit-il, que ce fut précisément ce temps-là oô> Ton peut dire que depuis la commencement de la domiaatioD des Francs , l'état de la Belgique a été le plus florissant , les mœurs publiques les plus saines et le peuple le plus heureux.

Il fallait qu'Amsterdam eût nn grand crédit poar'obtenir en sa faveur la suppression des droits barbares de naufrage et le droit d'aubaine, qui étaient en usage dans toute^rSurape et qui ont subsisté si longtemps. Aussi , est-il ajouté dans Tédit , que le roi accorde ce privilège en récompense des services que leshabitans d'Amsterdam lui ont rendus.

Cette ville avait soin de faire confirmer ses privilèges , successivement , par tous les rois de Danemàrck ; quelquefois ces GOnfirmations ont été demandées et accordées pour toutes les provinces, lorsqu'elles étaient demandées par l'intervention do souverain.

C'est ainsi qu'en 1524, Frédéric I renouvela et confirma la liberté du commerce en général , pour la Hollande , la Zélande , la Flandre et le Brabant ; car on voit par ce diplôme que ces provinces étaient en état de fournir au Nord des draps , du houblon , du sel , du vin et autres marchandises.

£a 1531, Christian III étendit ces privilèges en faveur de» habitans d'Amsterdam et de la Hollande en général, jusqu'à la liberté de faire le commerce dans tous ses états, ports, fleuves et même dans l'intérieur du pays, d'y aller et d'en revenir comme bon leur semblerait. Ces privilèges, confirmés ensoite pour la ville d'Amsterdam en 1545, le sont encore en 1560 , par Frédéric II, à la prière du roi d'Espagne Philippe II et de la Gouvernante des Pays-Bas. Il fut fait un règlement à ce sujet, et il semble, à en juger par la réponse que le procureur-général de Charles Y fit sur la demande des États de Hollande devant la cour de Malines , que la ville d'Amsterdam était déjà au X V^ siècle presque seule en po^ession da commerce des grains.

Le commerce de la Hollande avec la France n'était pas moins anciennement établi. Les remontrances des Etats de Hollande à Charles Y l'attestent. Comme ceux du Nord —

dit ce prince — naTiguaient a?ec leurs marchandises vers rOaest et particulièrement en France, ils se pourvoyaient de sel , de vin » de draps et d'autres marchandises qui s'y trouvaient et qu'ils avaient coutume d'y prendre.

C'était par suite de leurs commerce avec le Nord que les villes anséatiques avaient fait celui du Midi et s'y étaient enrichies. Amsterdam qui devenait la rivale de toutes les villes anséatiques , et qui devait même un jour leur être supérieure, suivait alors la même voie dans le commerce , en s'attachant particulièrement à celui du Nord comme étant la base de toutes les autres branches auxquelles elle pouvait se livrer. Ainsi ses forces et sa prospérité dans le commerce du Nord lui assuraient un important commerce avec le Midi.

Il n'est pas douteux que la Hollande ne fit alors un commerce suivi avec l'Italie et le Levant par l'Allemagne. On a cependant de la peine à concevoir, comment ce commerce , qui dans la suite a été remplacé par celui de la Méditerranée, pouvait se faire avec quelque avantage par terre, tandis qu'Anvers le faisait par une navigation directe avecTItalie, et entretenait un magasin toujours bien assorti de toutes les marchandises du Levant et de l'Italie. Cependant on parle de ce commerce comme se faisant principalement par les villes de Harlem , de Leide et d'Amsterdam , sur l'Italie, et celui du Levant par Cologne, Augsbourg et le Tyrol.

Tout porte à croire que les Hollandais faisaient alors échelle par terre comme ils l'ont fait ensuite par mer dans toute l'Europe. Ils partaient de chez eux avec des marchandises qu'ils pendaient avec bénéfice en route et dont le produit leur servait en Italie à payer leurs achats; car le commerce du Levant s*e$t toujours en grande partie fait au comptant. C'était la seule manière dont les Hollandais pussent faire par terre le commerce du Levant. Il semble, à le considérer du premier coup-d'œil, qu'il eût été plus avantageux de se pourvoir à

j^nvers de marchandises d'Italie et du Levant que de les ^re yremr {Mir rAllemagne et par le Tirai .Mais les Hollandais avaient déjà un entrepôt de tontes les marchandise! do Nord et du Midi , il ne leur manquait pour l'assortir complètement que celles d'Italie et du Levant ; il ne leur était pas possible de se pourvoir à Anvers des mêmes sortes de marchandises, dont cette ville faisait un commerce d'éooiKHnie. U fallait donc , afin de pouvoir soutenir la con* dffrenoe , chercher ces marchandises à la même source qu' An- Ten.Le commerce avec l'Allemagne en fournissait les moyens même avec quelque avantage sur Anvers. D'ailleurs » ce commerce n'était que de très-peu d'importance en comparaison de œ qu'il devait un jour devenir par la Méditerranée.

En ce temps on fit faire en Hollande un relevé des dommages que les villes commerçantes avaient essuyés à l'occasion des troubles avec ceux du Levant , et qu'on était convenu en vertu des traités de se bonifier réciproquement. La ville d'Edam atait déjà porte plainte de ce qu'on lui avait saisi , quelques années auparavant , un navire chargé de marchandises, qui falait plus de 4000 florins, mais Amsterdam et quelques antres villes ne firent pas dresser ces relevés.

La Gouvernante somma en attendant les villes anséatiques deLobeck, Hambourg, Stralsund et de Dantzig de dresser les états de leurs pertes et de comparaître à Cologne ao mois d'ayril 1528, pour liquider. U ne parait point que ces villes, ifA sentai^it que la balance penchait en leur défaveur y optempérèrent Vers la même époque la Hollande entrait en négociation avec la Suède relativem^it à la conclusion d'un traité de commerce.

La pêche qui fournit un aliment recherché et qui était d'un boa produit pour le pays, a naturellement pris en Hollande de grands développemens. L'on peut en citer comme preuve une sentance mémorable de Charles Y, qui contient les remon*

trances des Etats de Hollande portant» qu'an temps passé ce pays cherchait sa subsistance dans la pèche, et arait coimnencé plus tard à y employer des vaisseaux» de fréquenter d'autres pays, royaumes et ports de mer ,. etc.

Une saisie fut faite, par des armateurs écossais, de plusieurs navires hollandais employés à la pèche du hareng, ce qui prouve que cette pêche était déjà florissante à cette époque ; car la jalousie qu'une branche de commerce excite chez l'étranger est presque toujours une preuve évidente de prospérité. Le gouvernement se plaignit de cet acte de violenoç au roi d'Ecosse, Jacques V, qui répondit, qu'il voulait empêcher la pêche sur ses côtes; cependant ce différend s'est ensuite aplani par un traité qui porte que la navigation et le commerce seraient désormais libres comme auparavant.

Il ne faut pas s'étonner de ce qu'il a fallu une longue suite de siècles pour élever à l'état le plus florissant la navigatioa hollandaise qui a eu de si faibles commencemens , ce qui ne put être autrement,à cause de la situation du pays et de la na^ ture de son territoire. «Les Etats de Hollande, dit à ce sujet Oiarles Y, m*ont représenté , qu'il faut prendre en considération, que la Hollande est un petit pays, presqu'entièrement entouré de la mer, assujetti à la nécessité d'avoir des digues,, ayant d'ailleurs beaucoup de marais et de terres incultes, ce qui oblige les habitans, afin de s'assurer pour eux et leurs^ familles une subsistance suffisante , de se livrer aux métier» et au commerce, d'aller chercher à l'étranger les matières premières , en lui vendant en échange des objets fabriqués , tels que différentes sortes de draps, en plusieurs endroits de l'Espagne, en Portugal, en Allemagne, en Ecosse et particulièrement en Danemarck et autres pays du Nord , en prenant en retour des marchandises et produits, tels que du froment et autres grains et graines en grande quantité; qu'à ces causes>

lu -principale occupation du pays était la navigation et tout ^ 4:joi se rattache aux affaires maritimes, et que c'était cette ^msfce qui occupait et alimentait un grand nombre de famille^y tant parle commerce et la navigation que parla construction navale, laquelle industrie contribue non-seulement à la prospérité du pays, mais aussi à augmenter ses revenus. Il est donc utile d'encourager ce pays et de prévenir que les marchands du Nord venant en Angleterre, n'y achètent des draps, de la laine, de l'étain , du plomb et autres marchandises, tandis qu'allant en Hollande ils avaient coutume de s'y poorvoir de draps et autres marchandises qu'on leur offrait, ces mêmes marchands naviguant avec du froment en Espagne et en Portugal en rapportaient du vin, de l'huile, de sel, des épiceries et autres denrées, qu'ils avaient coutame de venir chercher de ce pays-ci , d'où il est facile de compr^dre quel dommages nous et nos sujets en éprouyent»

Dans un autre passage des remontrances de ce prince il est dit : «qu'on prouverait au besoin que depuis quelque temps ylesbabitans de Dantzig, voyant qu'on voulait lever le droit »de congé, ont chargé un grand nombre de leurs navires, 9 ainsi que des vaisseaux hollandais de froment pour Lisbon- »ne, l'Andalousie, l'Angleterre et ailleurs où l'on manquait y totalement de grains- y>

«Les marchands d'Espagne, de Sicile, d'Italie, de Portugal et autres, Payant appris, étaient venus à Dantzig, à Brème et aotres endroits du Nord et y avaient chargé des navires de froment et les avaient envoyés en d'autres pays où ils avaient trouvé à le vendre avec avsmtage ; de même le facteur du Portugal à Brème y avait acheté et expédié une grande quantité de froment, et qu'à défaut du nombre suffisant de navires, en avait fait venir de gros vaisseaux d'Amsterdam qui y étaient allés sur lest et en étaient partis pour Lisbonne chargés de froment, par quel moyen notre pays de Hollande per-

drait avec les temps à caase du droit de congé , son commerce et plus encore s'il avait lieu.

La nécessité d'avoir des grains , des bestiaux et des matériaux de construction 9 conduisit naturellement les premiers habitans de la Hollande dans le Nord. En sorte que le com* merce du Nord-Est fut, après la pèche , la première et la plus ancienne branche de son commerce ; c'est aussi celle qui a été la plus riche et que les Hollandais ont cultivée avec le plus de soins pendant plusieurs siècles.

Ce fut surtout au moyen de leur pêche et de leur trafic dans le Nord que les Hollandais établirent leur commerce d'économie^ car l'éducation de bétail n'a jamais fourni que fort peu à l'exportation. Us apportèrent bientôt du Nord des grains *) et des matériaux de construction au-delà de leur besoin. Le superflu leur servait à en faire des transports dans les provinces méridionales, et d'en retirer des objets propres au commerce du Nord. C'est ainsi que s'est d'abord formé ce commerce d'économie immense qu'on a vu faire aux Hollandais, et qui consiste à répandre dans toutes les contrées du monde le superflu des autres contrées, et à entretenir par là une coomiunication constante entre toutes les nations.

Le commerce de grains fut pendant des temps infinis le principal article du commerce du Nord. Les passages qu'on vient de lire et les remontrances que les Etats de Hollande firent à Charles V prouvent suflSsamment que ces assertions ne sont point hasardées , mais basées sur des faits réels. •

On a déjà vu les Hollandais au XV<^ siècle fournir des se-

*) Guichardin dit que de ton temps (ta dernière moitié da 16«^ siècle), le Hord en- Toyait année commune en Hollande 16,000 lasts de gndns, particulièrement du aei^le. Le last était évalué à 40 florins (un florin comptait 56 gros), ce qui (disait une somme de 560,000 livres de gros, argent de Flandre,* une livre de gros comptée à 3 couronne»; donc ensemble 1,680,000 couronnes d*or.

^jf^tir^ ^Q< puissances du Nord , envoyer une flotte devant Borji^aux AQ secours de Charles VU, roi de France, faire la liaerre aux Villes Anséatiques et détruire leurs flottes ; coinliaiti^ sons le commandement d'un amiral les flottes réunies ^ V Angleterre et de la France ; leur prendre dix de leurs plus grands vaisseaux et en brûler plusieurs autres ; ensuite ^^téger la pêche du hareng , et forcer les escadres françaises qui la troublaient de rentrer dans leurs ports. Peu d'annéei après , les seules villes d'Amsterdam , de Hoorn , d*Enkhoizen , Monnikendam et Edam équipèrent une escadre pour protéger leur commerce; et dans le siècle suivant ces mêmei villes firent des armemens qui ne sont pas moins dignes d'attention. En 1523, Amsterdam entretient sur le Zui^/er- M quatre vaisseaux de guerre , Hoorn deux et les autres villes dans la même proportion , afin de protéger la navigation et le commerce. Quelques années après , les Hollandais etlesZélandais firent un nouvel armement pour protéger une seconde fois leur commerce contre les Français et les Anglais léanies; en 1533, les seules villes d'Amsterdam et du Walerland proposèrent aux Etats d'armer 60 vaisseaux montés par 800O hommes d'équipage , contre Lubeck et le roi de BaDemarck; elles offrirent d'exécuter ce projet sans attendre la repartition des frais.

Tons ces armemens et un grand nombre d'autres de moindre importance fournis par la commerce, prouvent à l'évideoœ combien la navigation et le commerce furent déjà considérables à cette époque. U n'est pas possible de concilier ce fait avec celui d'une nation dénuée de moyens et de ressources. Il faut donc en inférer que les Hollandais eurent im grand nombre de vaisseaux, de marins, ainsi que d'immenses richesses , mis au service de la bravoure nationale pour la défense des intérêts du pays. Mais la preuve la plus évi- •deote de leui*s richesses se trouve dans cette circonstance , que les pertes immenses essuyées quelquefois par leur commerce dans <^s sortes de guerres, n'empêchèrent cependant point ces

richesses d'aller croissant ; témoin la prise faite par Tamirai des galères de France, sous le règne de Henri II , de 15 Tais« seaux sur 24 , partis de la Zélande et destinés poar TEspa-^ gne. Cette perte qui fut estimée à deux millions cent mille florins , nous donnerait à elle seule l'idée de la richesse et du négoce considérable de nos ancêtres. D'ailleurs où les Hollandais auraient-ils pris le fonds pour les armemens , qui , dès le commencement de la révolution les rendirent tellement maîtres de la mer, qu'ils en conservèrent Tem pire tant que la guerre dura avec l'Espagne , si les élémens nécessaires pour ces armemens n'eussent pas existé alors dans leur pays même? 60 vaisseaux de guerre qui montent l'Escaut en 1544 pour faire une tentative sur Anvers , 45 vaisseaux de guerra entre* tenus par les Hollandais et les Zélandais en 1577 et 40 destinés en même temps à porter secours à la reine Elisabeth , enfin 12 vaisseaux de guerre envoyés en 1582 au secours du roi de Portugal; tous ces armemens, joints à une infinité d'autres, faits au moment de l'établissement de la République , ne pouvaient l'être que par une nation maritime , une nation qui possédait un grand nombre de l'essources de

tous genres et chez laquelle le commerce avait fait refluer des richesses immenses et hors de toute proportion avec sa population et son peu d'étendue.

Les villes de Harlem et de Leide adressèrent en 1544 une plainte au gouvernement , relativement aux cachets ou plomb que les fabricans de ces villes avaient coutume d'attacher à leur draps et qui furent contrefaits à Paris et attachés à des draps de moindre qualité , ce qui faisait tort à la renommée de leurs draps. Le magistrat fut prié de signaler cet abus au gouvernement français.

Au mois d'octobre de la même année les Etats des provin-

ces furent invités a se rendre à Bruxelles. L'empereur leur fit en personne et à chaque province séparément une demande d'argent ; des Etats de Hollande il exigea cent mille florins comptant. Les Etats furent convoqués à ce sujet à La Haye, ils se montraient disposés à obtempérer à la demande du souverain ; mais il désiraient liquider au préalable le centième dénier qui leur avait été imposé en 1495 par Tarchiduc Philippe. Le président des Etats insista fortement en cour sur cet objet, surtout parce que la ville d'Amsterdam y était le plus intéressée à cause de son commerce. Finalement on obtint on acte de l'empereur par lequel il déclara que le centième dénier serait aboli après quelques mois. Après qu'ils eurent obtenu cet acte , les Etats accordèrent sans difficulté les v&ïi mille florins. En attendant on eut bien de la peine à trou^ ver la somme, parce que les charges que les villes avaient à supporter , chacune pour sa part , et les subsides qu'on avait dû fournir extraordinairement, avaient laissé la Hollande avec on arriéré qui, d'après Van der Goes , ne s'élevait pas moins qu'à près de deux cent mille florins. Le même Van der Goes rapporte , que quelques années plus tard , les villes de Harlem , Delft et Leide , qui s'adonnaient plus particulièrement aux manufactures de draps, se pleignirent de ce qu'elles ne trouvaient pas à Calais une assez grande quantité de bonne laine et de peaux, et que le peu qu'on leur fournissait se payait à des prix beaucoup plus élevés que ceux stipulés dans la convention faite avec l'Angleterre. L'histoire ne aientionne pas quel résultat ces réclamations ont eu.

L'expédition de bière hollandaise était aussi un objet très-considérable de trafic vers le milieu du seizième siècle ; on peut s'en convaincre par l'édit de Charles V , du 18 janvier 1549, et par d'autres pièces authentiques du temps. L'édit précité tendait particulièrement à relever cette branche de fabrication et à prévenir par l'exercice d'une bonne police , que la bière ne fut falsifiée et que par là sa bonne réputation à l'étranger et son grand débit ne se perdissent. Il résulte de cette

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piàoe, qae les Tilles de Delft, Leide, Harlem , Gouda , Rotterdam et Sdiiedam étaient renommées pour leurs brasseries, de bière , et que ces brasseries étaient d'une si grande impor^ tance , que Ton craignit que leur ruine n'entraînât la dépopulation des susdites villes dont quelques-unes tiraient leurs principales sources d'existance de ces brasseries. Plusieurs autres édits de ce temps contiennent de^ dispositions réglementaires sur les brasseries.

La ville de Delft aussi a été renouunée par ces fayenoeSt avant l'arrivée en masse des fayences anglaises /de celles de Rouen et d'autres fabriques étrangères.

n en est de même des fabriques de chapeaux. Ceux de Hollande étaient alors préférés à cause de la bonté de leur fabrication, les castors aussi bien que les chapeaux de feutre.C'était Amsterdam qui en possédait alors les principales manufactures, dont le nombre a successivement diminué à mesure que les chapeaux étrangers ont été introduits en abondance.

Il n'y a pas jusqu'aux affaires religieuses qui n'eurent en ce temps de l'influence sur l'industrie. L'histoire rapporte^ que les Huguenots obtinrent en l'an 156S quelques secours de TAngleterre, ce qui semble avoir fortement indisposé Granvelle, au point que , d'après l'opinion de quelques contemporains, il engagea la Gouvernante à défendre l'introduction des draps anglais dans ses états ; sur ce les Anglais auraient transporté l'entrepôt de leurs draps à Embden dans rOostfrise. Cette translation se fit au grand détriment des Pays Bas, qui, selon quelques annotations, firent en ce temps avec l'Angleterre un commerce annuel de douze millions au moins. Le commerce en draps seul s'élevait à plus de cinq millions.

Re?enoii6 an commerce d'Anvers. Cette ville comptait dans son sein» outre le grand nombre de marchands français, des mardiands appartenant à six nations différentes , ayant des habitations fixes qui surpassaient le nombre de milla C'étaient des Allemands, des Danois et Oosterlings, des Italiens » des Espagnols , des Anglais et des Portugais ; mais les Espagnols remportèrent en nombre sur les cinq autres *}.

Le roi de Portugal et la reine d'Angleterre ne dédaignèrent pas d'avoir au nombre des commerçans des hommes instruits •dans le négoce, qui établirent des relations commerciales au bénéfice de t)es souverains. Ces commissionnaires ou fondés de pouvoir, on les nommait facteurs ; le roi de Portugal en avait deux à Anveis qui y tinrent maison ; ils jetteront des sommes 'Considérables dans le commerce, dans les changes et dans les spéculations d^argent ; et Ton porte jusqu'à trois millions les affaires quMls faisaient en un seul jour de bourse. La reine d'Angleterre y avait aussi son facteur.

Le change se tenait alors à Anvers avec plusieurs villes d'Italie, savoir: avec Rome, Venise, Milan, Florence et Gènes; en Allemagne, avec Augsbourg Nuremberg et Francfort, avec plusieurs villes d'Espagne, Médina delCampo, Villabon, Médina de Riosecco, également avec Burgos, Cadix, Séville et Lisbonne; les mômes relations étaient établies avec Lyon, Paris, Rouen et Besançon ainsi qu'avec Londres.

Les Italiens envoyèrent à Anvei*s des masses de marchandi-

*) La fiimille allemande Fockers qui avait qaitté Bruges, continua à •er det richcMCS à Anvers. I-o chef de celte famille, Antoine Fockers d*Aug«bourg, y iiioanit,et laissa par testament la valeur de plus de six millions de couronnes d^or^

\» compter les autres richesses immenses que cette maison possédait.

Anvers a longtemps conservé la célébrité de ses richesses , puisque de nos joors encore une définition latine de toutes les villes de la Belgique y qui a passé ctt proverbe , la caractérise par ces mots: jtiwerpia nomi/n*. jtnptra la riche.

869 de la plas grande valeur qu'ils y échangèreiit contre d^autrès objets* Rome n'envoyait pour ainsi dire rien, mais elle achetait tontes sortes de draps, des tapisseries, deslaines^, des ossettes et demi-ossettes , toiles et autres marchandises.

D'Ancône on expédiait vers ce port -une masse incroyable de camelots de toutes sortes, des épiceries^ des drogueries, des soies y des cerons, des feutres , des tapis, des maroquins^, et des couleurs des Indes ; toutes ces marchandises arrivaient de l'Est. Ancône prenait en échange pour des sommes considérables, de gros draps, tant anglais que du pays, surtout des draps de quatres couleurs d'Armentières; des laines, des ossettes, des toiles, quelques sortes de tapis et de la co* dhenille d'Espagne.

De Bologne il fut expédié des draps de soie , des draps d^or et d'argent, des bonneteries, des voiles et ceinturons, et autres objets de cette nature. On y envoyait à-peu^près les mêmes marchandises qu'à Ancône.

Venise fournissait abondamment deséprces, tels que clous degiroifles, canelle, noix muscade, gingembi*e et, en fait de drogueries, de la rhubarbe, de l'aloës, de la casse , de Tagaric, de la sandaraque, de l'ammoniaque, du séné, de la coloquinte, delà scammonée, de la tutie, de l'émé tique, de la thériaque, etc. Tous ces objets étaient tirés du Levant *).

Venise envoyait également de très-beaux draps de soie, de la soie écrne et teinte , des camelots à gros grain et des écrins, des tapis, des croisées de laine d'un tissu admirable, du beau drap écarlate, du coton, dn cumin, du bois d'ébène, de

*) Avant que les Portugais ne se fussent emparés de ce commerce , Tcnise enrcryaif par mer presque toutes les épiceries et drogueries; déjà en 1318 cinq gale vénitieimef arrivèrent chargées, d'épice» et de drogues dans te port ■!' Anvers,

l'azar et d'autres couleurs tant pour hi peinture que pour là teinlar^ie. Angers leur retourna des perles fines et des pierpes précieuses, des draps et des laines d'Angleterre, des* draps du pays, des laines qui se fabriquaient à Honsoote , à Lille, à Atrecht, Valenciennes , Mons, etc. ; des ossettes de diverses Mrtes, des toiles en grande quantité , des tapisseries , de la cochenille, des ustensiles déménage,, etc., etc.,. et assez seurent du sucre et du poivre.

Udoos arrivait du rayaume-de Naples parfois dès draps de soie, des soies teintes et écrues, de riches fourures, du safran ei de la manne excellente ; nous y expédiâmes aussi toutes sortes d'étoffes de laines, des tapis et des marchandises^ en. métal.

La Sicile nous fournissait des noix de galle, du cumin, des eranges, du coton et de la soie, souvent aussi d'excellens vins, tels que malvoisie et autres de la Méditerranée ; la Sicile prit en échange; des laines , draps, toâes, tapis et une grande quantité d'ouvrages en métal et autres quincailleries.

La ville et les états de Milan nous envoyèrent diverses sortes de marchandises, nommément du fil d*or et d'argent,, des étoffes de soie et des draps d'or et d'argent, des futaines et basins , de Técarlate , des croisés et autres draps d'une qualité supérieure , beaucoup de riz , des armes de toutes qualités, du fromage de Parmesan et autres denrées. On y expédiait du poivre, du sucre, des joyaux, du musqué et autres parfumeries, des draps d'Angleterre et d'Irlande, des étoffes de lin et de laine, des tapisseries , de la cochenille, des laines d'Espagne et d'Angleterre.

De Florence aussi on recevait à Anvers des draps d'or et d'argent, des passementeries du même métal, de riches draps de soie, de l'or et de l'argent en fil, de gros draps nommés rasses , etf. ; des pelleteries , telles que martres et autres.

foan*ure8 et des oavrages d'agrément. On expédiait vers celte première ville tontes sortes de tissus de laine et ootings , dn fin et de la toile , et^ biea que cette ville se pourvût snr place de toutes les marchandises anglaises, nous lui envoyâmes né^mmoins des laines de ce pays-ci.

Les arrivages de Gênes consistaient en une grande quantité de velours d'une qualité supérieure, da satin, de Fermesynet autres draps de soie, des coraux, de Texcellent émétique , du véritable thériaque. Anvers envoyait à Gènes les mêmes denrées qu'eaux autres villes dltalie.

Mantoue fournissait aussi des draps de soie , dé la soieéorne, des bonneteries et autres marchandises; et les marchandises des Pays-Bas énumérées ci-dessus lui étaient envoyées en échange.

Quelques villes dltalie , telles que Vérone , Brescia , Vicence , Modène et autres, faisaient avec Anvers le même commerce que celui que nous avons déjà mentionné. * Lucqnes expédiait surtout des draps d^or et d'argent, ainsi que toutes sortes de draps de soie , mais ces derniers étaient réputés légers et de médiocre qualité.

L'Italie nous pourvoyait aussi , parmer, d'alun' de Ci vita Yecchia, d'huiles d'Apulie, de Gênes et de Pise ; de noix de galles ,. de gommes diverses ,^ de raisins decorinthes, de sénés, d'iris, de soufre et de menthe, etc., etc. En échange, on y envoyait également par mer, de l'étain, du plomb, du bois de brésil, de la cire, de la toile, de la rue, dn poisson salé, da bois de menuiserie', et quelquefois du froment, du seigle et des fèves. Les étoffes d'or et de soie , l'or et l'argent en fil , les diverses sortes de camelots et les soies écrues , que seulement les Italiens nous apportaient , sans y comprendre les autres marchandises valaient , amiée commune , trois million» de couronnes d'or.

Les articles que l'Allemagne expédiait vers ce pays-ci, con* sistaient en lingots d'argent , en vif-argent, en une immense quantité de cuivre fondu et battu, en d' excellente laine venant de la Hesse , en verrerie et en futaines. Elle importait en outre, pour des sommes considérables, du pastel, de la garance , du safran et autres matières pour les teinturiers , du salpêtre et autres marchandises , des meubles de ménage tra-^ vailles avec une grande perfection , des métaux (ouvrages d& grands prix) des fusils et des armes des différentes sortes et valeurs, et surtout du vin blanc du Rhin. Nous expédiions aux Allemands des joyaux et des perles fines, des épiceries et drogueries , du sucre , des draps d'Angleterre et dlrlande » toutes sortes de tissus de laine et de lin et une grande quantité d'autres objets.

On ne saurait se faire une idée de la masse de marchandises que le port d'Anvers recevait de Danemarck, de la Suède, de la Norwége, de la Pologne et autres pays du Nord , à savoir : froment et seigle, cuivre, salpêtre, sonde, vitriol , teintures,, laines d'Autriche de première qualité, lin,, mieU goudron^ cire, soufre, potasse, une grande variété de pelleteries, telles que zèbres, martres, hermines, loups, léopards, fouines^ renards bleus et ordinaires • des loups blancs et cooununs , des peaux de différons poissons , des peaux de buflSes et d^ours destinés à l'équipement militaire , des bois de construction tant pour les maisons que pour la navigation, puis un bois de Chine sans nœud, destiné aux menuiseries» qu^on envoyait jusqu'en Italie, et qui était fort recherché. Le Nord envoyait aassi des bières fortes , de la viande salée , du poisson salé , tédié au soleil , par la forte gelée ou par la fumée. Une grande quantité d'ambre de diverses couleurs et de formes ; il y avait à Anvers des négocians remarquables , qui ne faisaient d'autre négoce que celui de l'ambre et qui tenaient néanmoins un rang respectable dans le commerce. Les futaines seules que l'Allemagne nous expédiait, montèrent annuellement jusqu'à une valeur de 600,000 couronnes. Les vins du Rhin dontl'im-

portation variait selon les recolles est calculée année par année à 40,000 barils de six aunes, (mesure du temps)', delà valeur de 36 couronnes chaque baril ou tonneau, ce qui forme un total d'à-peu-près un million et demie de couronnes d'or.

Il est impossible d'énumérer les marchandises que nous recevions des états du Nord , et ceux que nous leur envoyions ; les principales étaient : les épiceries, drogueries, safran , sucre, sel, des draps d'Angleterre et d'Irlande, de la laine en fil et étoffée, des toiles, des bijoux, des draps de soie et des draps d'or, toutes sortes de camelots, quelques tapisseries-, beaucoup de vins, surtout des vins d'Espagne, de Talun, du bois de Brésil , des ustensiles de métiers et de ménage.

Nous recevions par mer de la France beaucoup de sel de Brouage, beaucoup d'aromates de Toulouse, des canevas et autres toiles grossières de Bretagne et de Normandie ; des vins rouges et blancs en abondance de toutes les côtes et de diverses qualités ; des huiles, du safran , des graines de Provence , du miel, de la térébentine , du goudron, toutes sortes de papier à écrire , des verreries , des fruits secs et du bois de Brésil. Ce bois les Français allaient le chercher dans cette partie de l'Amérique soumise aux Portugais , où ils possédaient une bonne forteresse pour la protection de leur négoce. La France envoyait aussi à Anvers des dorures très-recherchées , des draps fins dé Paris et de Rouen, du drap cramoisi de Tours, des bombazettes de Champagne , du fil et du chanvre de Lyon , du vert-de-gris de Montpellier pour la teinture ; puis toutes sortes d'objets de goût. Anvers expédiait pour la France des pierreries, des perles, de l'argenterie et des lingots, du vif argent, du cuivre, du bronze, du laiton brut et travaillé , du plomb , de l'étain , du vermillon , de Tazur , de la cochenille, du soufre, du salpêtre, du couperose, des camelots à gros grains et autres de Turquie , des draps d'Angleterre de toutes les qualités , surtout des pins gros, des tapisseries , de

la laine d'Autridie , des cuirs , des pelleteries, de la cire, du suif , du houblon , du poisson sec et salé.

Od calculait , qu'à cette époque la France nous expédiait tant par terre que par mer , annuellement 40,000 barils de vins , quelquefois plus ou moins , suivant les récoltes ; chaque baril, une sorta dans l'autre , était évalué à 25 couronnes,, ce qui forme une somme d'un million de couronnes d'or. On recevait aussi un nombre égal de ballots de pastel , évalués terme moyen à 7 ^ couronnes ^ ce qui fait un total de 300,000 couronnes. Le sel de Broua{];e que Ton importait, montait ordinairement à la somme de 180,000 couronnes annuellement.

Un commerce très-important se faisait avec TAqgleterre, qui importait une masse de draps , tels que croisés de laine et plusieurs antres sortes de draps plus ou moins fins , des franges pour Tameuble ment, des laines superfines, peu desar fran, mais de première qualité, de Tétain, du plomb, du cuir, et surtout des pelleteries, une masse de peaux de belliers et de lapins, de la bière, du fromage et autres commestibles, et quelques vins fins d'outre-mer. L'Angleterre exportait des joyaux et des pierreries, des lingots d'argent, du vif-argent, des draps d'or , d'argent et de soie, du fil d'or et d'argent , diverses sortes de camelots, des denrées, des épiceries et des drogueries, du sucre, du coton ^ du cumin, des noix de galles,. des toiles fines et communes, des laines, des demi-ossettes , des tapis , de la garance , beauceup de houblon , des ver*rerieSy du poisson salé, des quincalleries de divers métaux,, des tabletteries, toutes sortes d'armes et objets d'armement et des ameublemens divers.

Le trafic qu'on faisait avec l'Angleterre est évalué par l'auteur que nous suivons, à la somme considérable déplus de douze millions de couronnes d'or , ce qui valut un bénéfice ccmsidérable aux deux pays , an point que la décadence de ce commerce eut été une cause de ruine pour l'un et l'autre.

L'Ecosse expédiait une grande quantité de peaux des moutons et de lapins et beaucoup d'autres pelleteries plus fines , surtout de petite dimension ; particulièrement des martres d'une rare beauté , beaucoup de cuirs forts, quelque peu de laines et des draps de très-mediocre qualité. L'Ecosse étant un pays pauvre qui s'approvisionnait en Angleterre et en France, les expéditions pour ce pays étaient peu considérables; on y envoyait quelques épices, du sucre , de la garance , quelques étoffes de soie, toutes sortes de camelots et des tissus de laines de toutes les façons, de la toile et des quincailleries.

L'Irlande nous apportait une grande quantité de cuirs écrut et préparés de toutes espèces , tels que buffles , bœufs , vaches , et moutons ; des pelleteries de première qualité, quelques gros draps et autres objets de peu de valeur. On y envoyait les mêmes denrées qu'en Ecosse ; car l'Irlande aussi s'approvisionnait en Angleterre.

L'Espagne nous expédiait une quantité considérable de marchandises , des bijoux , des pierreries , des perles fines de divei*ses sortes, que les Espagnols cherchèrent au Pérou et aux Indes-Occidentales ; ces pierreries et ces perles se distinguent par leur grosseur, mais n'atteignent pas la beauté de celles qui viennent des Indes-Orientales. Les Espagnols nous expédiaient aussi beaucoup d'or et d'argent en lingots , qu'ils allaient chercher au Nouveau Monde , ainsi que la cochenille la salsapareille et des bois des Indes ; puis du safran , quelques drogues , de l'écarlate, beaucoup de soie écrue, toutes sortes d'étoffes de soie , surtout le velours de Tolède, et des taffetas, du sel , de l'alun de Mazeron , une herbe pour la droguerie que les Florentins appellent raspa , de la laine extrêmement fine , des cuirs secs , toutes sortes de vins , des huiles fines et des huiles grasses pour la tisseranderiede draps, du vinaigre, du miel , du sirop , de la gomme arabique , du savon , et une grande diversité de fruits frais et secs , tels que citrons, oranges, grenades, olives, câpres, dattes, figues.

rakûis^t amandes; ces fruits formaient un article considérable de oûnunerce. Les Espagnols envoyaient aussi des vins et des soores des îles CanariesX'Espagne tirait|d'ici du vif argent, tandis qa'autrefois elle en importait beaucoup diez nous, mais les mines ou les veines de ce métal ayant tari , cela cessa, et depuis IiMrs rSspagne en faisait une grande consommation. Elle tirait oocore d'ici du cuivre, du bronze et du laiton tant ouvragé qa'an lingots, de Tétain et du plomb, plusieurs sortes de draps de nos fabriques , surtout de celles de Flandre , et quelques draps anglais, desétoflPesde laine de diverses qualités et de tous prix, des ossettes et demi-ossettes, des tapis, et surtout One quantité de toiles grosses et de tissus qui nous valurent des sommes considérables ; des camelots de diverses qualités, du lin, du fil, de la cire, du goudron, de la garance , de la rue , du soufre et souvent du seigle et du froment, de la viande et du poisson salés, du fromage et du beurre , en outre , toutes sortes de quincailleries en métal , des merceries en soie, en filoselle , etc., de l'argent etde l'argentine pour des valeurs considérables; toutes sortes d'armes et objets d'armement, toutes espèces de meubles et ustensiles de ménage; en onmot, onpeut dire que l'Espagne s'approvisionnait ici de font cequeTart et les métiers produisaient pour la commodité et l'agrément delà vie.L'Espagne envoyait habituellement tous les ans à Bruges plus de 40,000 sacs de laine ; mais attendu que l'on commençait à se livrer dans ce pays avec plus d'assiduité au tissage des draps , on comptait qu'en 1560, elle n'en- Toyait à Anvers que 25,000 sacs de laine , ce qui fait, en calculant le sac à 25 couronnes , une valeur d'impm'tation de 625,000 couronnes ; mais la valeur des vins qui venaient à oette même époque de l'Espagne, était supérieure à celle des laines.

Les Portugais nous fournissaient des pierres précieuses ; de très-belles perles orientales , de l'or fin en lingots et battu (ou en plaque) , des épiceries , des drogues , de l'ambre, du muscat, des civettes, de l'ivoire en très-grande quantité, delarhu-

barbe, de Taloës , de Tazur , du coton , des racines de la Chine et plasiears autres denrées de valeur , queles Portugais appor-» tèrent des Indes-Orientales et de Calcutta, d'abord à Lisbonne et ensuite à Anvers. Les Portugais importaient aussi du sucre de File St.-Thomas *) , du bois de Brésil , des émétiques , du poison et autres drogues qu'ils cherchèrent à la côte de Guinée^ du sucre , d'excellent vin de Madère qui équivalait au- vin de Malvoisie , enfin du sel , du vin d'Oporto, de Thuile, des aromates , de Fencens, des drogues et beaucoup d'autres objets, des fruits frais et séchés, en confitures et en conserves, formant un objet de grande importance commerciale. Les Portugais prirent en échange à-peu-près les mêmes marchandises que les Espagnols. On peut évaluer à plus d'un million de eonronnes la valeur des épiceries que les Portugais appor* taient annuellement dans le port d'Anvers.

Même la Barbarie, en Afrique, nous envoyait du sucre,, de l'azur, de la gomme , du coloquinte , des cuirs , des pelleteries, des plumes et des panaches. Nous expédiâmes vers ce pays du drap , des toiles , des laines , des denrées diverses» des métaux et des quincailleries.

On ne saurait se figurer ni évaluer et moins encore décrire > dit un auteur contemporain , la valeur et l'importance du négoce et le trafic des diverses marchandises qui s'opérèrent dans cette ville; le calcul fait par Schribanius , qui au dire de cet

*) Le sucre est use production de TOrient. On en apporta quelques cannes d*Aiie , et la première tentative pour les cultiver se fit en Sicile, vers le milieu du XII" siècle; de là le sucre fut transplanté ensuite dans les provinces méridionales de l'Espagne , on en apporta aux îles Canaries , aux iles de Madère et , enfin , dans le Nouveau Monde* On voit que le sucre que le port d'Anvers recevait de l'Espagne et du Portugal formait d^à un article considérable , et qu'il se cultivait déjà abondamment à Madère et dans les iles Canaries. Les plantations de sucre n'étaient pas encore introduites alors dans les Indet-Orientales , ou bien la culture n'en était pas assez étendue pour ftire du sucre un objet de conmierce au moyen-àge. Quoique le sucre fût encore très->rKre et qu'on ne l'employât pas aux usages domestiques , il parait cependant qu'il formait déjà à cette époque une branche remarquable du commerce d'Italie.

toteur , est établi sur un examen sévère et détaillé, porte que to sommes que le commerce importait annuellement à Anvers, montaient à cinq cent millions d'argent ou cent et trente-trois millions d'or , non compris le change sur l'argent qoi montait aussi à une somme énorme. A cette époque les assurances sur mer étaient déjà établies à Anvers , mais ces assurances étaient organisées de manière à ce que les négo- «ians se garantissaient mutuellement un certain dédommagement en cas de pertes ^).

Anvers s'élevait d'une manière prodigieuse ; ses magasins s'étaient établis sur les débris de ceux de Bruges , et lorsque tout ce mouvement des manufactures, de l'industrie, de l'agriculture et de mille espèces de transactions Dommerciales était dans sa plus grande activité, sous le règne célèbre de Charles-Quint , le port immense d'Anvers , placé à leur centre, devint ce que le cœur est aux artères et ara veines du corps humain. On y comptait 2,000 navires et plas de 200,000 hab^tans.

Ce fut spécialement vers l'année 1516, que les marchands étrangers vinrent s'établir à Anvers. Les historiens du pays citent les Gualteroti et Bonasi Spinola, comme les plus riches de ces commerçans,et lorsque le Midi et le Nouveau Monde eu- •rent été explorés , Anvers devint Tentrepôt commercial le plus 4richede l'univers f ) ; la politique de Charles Y , y contribua

*) L^importance du commerce et de la richesse considérable de cette irille vers l'année 1560 , est consacrée par les vers que fit Scaliger , poète de Vérone , pour célébrer ■ puissinoe extrême. Les voici :

Oppida qnot «prctanl occulo me torva sinistre,

Tôt nos invidix palidu tria prlunt.

Lngdanum omnigfnum est , operoM Lutetii , Roroa

lugens , re« Venetam vasta , Tholosa potens. Omnimodae merces , arles prisctequr novaeque ,

Quorum insunt alliis singula, cuncta milii.

t) Dtns. cet âge d'or de la prospérité d'Anvers , un seul négociant, nommé Jean l^MDs y prêta k l'empereur Charles V , 2,000,000 de florins ; aussi généreux que riche U reçut le prince à diner et jeta au feu à la fin du repas , le billet d'obligation. «Sire,» dit il, «je suis trop payé par l'honneur que me fait en ce moment votre majesté.»

paissamment. Il donna aux Pays-Bas des lois très-sages sur le commerce et la navigation , lois que la plupart des nation» éclairées ont cherché à imiter ou à adopter à leurs usages. Anvers n'eut aucune navigation directe sur le Midi , mais les magasins de FEspagne et du Portugal étaient à elle et remplis des manufactures qu*elle y envoyait. Les habitans des Pays- Bas approvisionnaient les trois quarts de l'Europe et TAmérique, et les richesses de l'Amérique et de l'Asie ne passaient par les mains des Espagnols et des Portugais que pour payer l'industrie des peuples des Pays-Bas.

Le 21 janvier 1522 fut un jour de fête pour Anvers ; on y célébra la première arrivée des épiceries et giroflSes , venant des îles nouvellement découvertes en 1500, 1520, 1521 et 1522, savoir: les Molucques , Java , Malacca , Banda et plusieurs autres. Trois bâtimens y avaient été envoyés ; un seul revint; ils avaient perdus tant de monde, qu'il fallut abandonner les deux autres. Le troisième bâtiment , celui qui arriva, n'échappa qu'à peine à la surveillance des Portugais.

Le 22 mars 1528 arriva à Anvers la flotte espagnole , chargée de fruits secs et d'huile *).

Un écmain dit, qu'à la fin du dîner , on apporta devant ^empereur une coupe d*or pleine d'^au-de-vie et de sucre; Jean Daens se leva par déférence, pour y mettre le feu. C'était une liqueur qu'il savait dans les goûts de Charles-Quint , quoique ce prince fût sobre et buveur modeste. Un domestique tenait une bougie allumée. Le négociant tira de son pourpoint un papier : c'était Tobligation de deux millions , souscrite par Charles. — «Sire,» lui dit-il en présentant son titre, cje suis bien largement payé » de cette somme , par Phonneur que votre majesté vient de me faire ; je désire qu'il » ne me reste que le souvenir de votre bienveillance.» En disant ces mots , il mit le feu au billet et alluma la liqueur. — cMon compère,» dit Charles^Quint,» après un moment donné à la surprise, c c'est le commerce qui est ici le souverain. Hais il » me reste encore un beau rôle , celui de son protecteur.»

*) Un chroniqueur de ce temps dit: qu'on avait payé jusqu'alors une mesure d'huile 17 sous , une livre de raisins secs 6 et 7 sons , et que quelques jours après l'arrivée des bâtîmens , une livre de raisins ne valut qu'un demi sou et que le prix de l'huile dimi'nua en proportion.

La Bourse d'Anvers fut construite en 1531. Cest un beau bâtiment carré qui sert de réunion aux négocians , courtiers , etc., ainsi que cela se pratique dans toutes les grandes villes de commerce. La Bourse d'Anvers a 180 pieds de long sur 140 de large. Ce carré est entouré de bâtimens, qui forment qoatre allées couvertes, ou galeries, soutenues par 43 colonnes de pierres bleues ; ces galeries ont des souterains servant de magasins pour les marchandises, et de grandes salles audessQS, servant autrefois d'Académie de dessin, de peinture, d'architecture, de sculpture, de mathématique , etc. Cebâtiaient est remarquable parce qu'il a servi pendant fort longtemps de point de réunion au commerce. Il a coûté à la tille environ trois cent mille couronnes.

Une circonstance assez extraordinaire concourut en 1542 k donner un grand accroissement à la ville d'Anvers , au détriment de ses faubourgs. Les seigneurs de Longueval et lartin van Rossem firent une attaque sur les faubourgs d'Anvers , auxquels ils mirent le feu après avoir tout sacagé et pillé. Afin d'éviter pour l'avenir ces insurrections désastreuses de la part de l'étranger, l'administration de la ville prit ieparti défaire bâtir les remparts actuels. Pour leur donner de la sûreté , une ordonnance municipale défendit de bâtir aucune maison aune distance moindre de trois mille cinq cents pieds de la ville. Cette ordonnance contribua à agrandir Aoyers de trois mille maisons.

La richesse et le luxe s'étaient déjà élevés à un degré «opérienr vers l'année 1549. Ce fut le 11 septembre de cette aimée, que Philippe , prince d'Espagne et fils de l'empereur Charles Y y fit son entrée et y fut reçu en triomphe ; le lendemain il vint au marché et y sema de l'argent à pleines mains. La ville lui offrit un banquçt et une illumination. La somptuosité et la richesse qu'on déploya pour les fêtes à l'occasion de cette entrée , ne peuvent, disent les chroniques du temps.

Be décrire, tant elles surpassaient tout ce qu*on avait vu jus* qu'alors. Le prince fut accompagné de son père, d'Èléonore , reine de France, de Marie, reine d'Hongrie sœur de l'empereur Charles et d'une nombreuse suite de gentilshommes,.

Bien avant ce temps , Fart typographique fut exercé avec beaucoup de succès dans les Pays-Bas. Ainsi dès le commencement du XYI^^ siècle , Thierry Martens , d' Alost , et Rutger Rescius eut imprimé de bons ouvrages grecs et latins. Le oé* lèbre Plantin imprima son premier livre à Anvers ,et publia pendant le court espace de 34 ans une immense quantité d'éditions précieuses dans les langues orientales , grecque , latine, italienne , espagnole , française et flamande. Ses successeurs dans l'imprimerie d'Anvers , continuèrent avec gloire et succès ses grands travaux pendant plus de deux siècles.

Plus tard les Elzevier^ lesBlaeuw, les Lemaire, Halma Van der Aa , Wetstein et Luchtmans , se sont illustrés en Hollande par de belles et nombreuses éditions des auteurs classiques grecs et latins , et par d'autres importans ouvrages qui font l'ornement de toutes les grandes bibliothèques.

En 1560, on comptait à Anvers 218 rues et 13,500 *) maisons , mais ces maisons n'avaient eu général que deux au trois croisées de face, ainsi qu'on peut s'en convaincre par celles qu'on trouve encore dans quelques quartiers de la ville. Ces maisons anciennes sont faciles à reconnaître : leur façade forme un angle très aigu vers la toiture; dans l'inté-

*) SUI était Trai, somme nout venons de le remarquer d'après les auteurs du temps, qu*AnTers eut une population de 200,000 âmes, chaque maison aurait donc con* tenu plus de 14 habitans ; ce chiffre est très éléTé. £n 1812 Anvers avait 18 portes , dont 13 donnaient sur TEscaut et 5 du côté de terre ; 26 places ou marchés , 70 édificet publics ; 11 canaui ; 9 quais ; 44 ponts ; 162 rues et 10,088 maisons.

rieur , leur distribution n'offre aucune commodité ; néanmoins Anyers était à cette époque, après Lisbonne, la ville du monde où les loyers étaient au plus haut prix. Une maison ordinaire de six ou sept pièces, s'y louait 200 écus , et celles un peu plus considérables , 3 , 4 et 500 écus *).

La population d* Anvers , au temps de sa plus grande prospérité, a été exagérée par plusieurs écrivains. M. Garonne dit que d'après des recherches et des calculs exacts , faits sur les lieux, il a reconnu qu'à Tépoquc la plus brillante de son corn-* meroe , Anvers n'a jamais compté plus de cent à cent dix mille habitans f )

*) Vécu valait deux florins et demi,* le inarc d*argeiit fin était alort à 14 florins des P.-B. (de 28 à 30 francs).

•f) Cette population avait diminué de deux tiers , dit cet auteur, lorsqu*Anvert fiit réunie à la France , et elle 8*est élevée à 80,000 ftmes dans les dernières années de k domiaation française.

La plupart des écrivains qui ont porté la population d'Anvers tous Charles V à 20O,t)0O âmes , paraissent avoir adopte avec trop de conflance les récits de Scrihaniat , ou Popinion de quelques personnes du pays toujours disposées à parler emphathiquement de cette époque. Pour ce qui regarde Scribanius (Orig. Aniverp, cap* 5) , ilditaToir vaplasd*une fois sur la rivière 2500 navires, de sorte, ajoute>t-il , que ceoi qui étaient les derniers , étaient contraints de rester à Tancre deux ou trois se* maioet avant de pouvoir arriver au quai pour décharger leurs cargaisons. II ne se paaaait pas de jour , selon cet auteur , qu*il n*arrivât ea partie au moins 500 na- ▼iraa chargea de toutes sortes de marchandises , et souvept en une seule marée il prétend en avoir vu entrer 400.

P)u terre , selon le même écrivain , 1000 charriots chargés arrivaient par semaine , •ans les charrettes des paysans , qui apportaient des vivres de toutes sortes et dont le nombre surpassait 10,000 par semaine , sans compter encore 500 coches qui servaient an Inxe et>u plaisir.

Cet données paraissent en effet exagérées ; il est possible qu'aux épo<|ues des foires , qui étaient celles de l'arrivée des convois, il entrait 400 navires et bateaux chargés dans une seule marée; mais il est très-probable que cela n'arrivait qu'alon : il ne reste dn moins à Anven aucun vestige de constructions qui prouvent que la ville •ai à cette époque un assez grand nombre de magasins ou autres lieux destinét à recevoir d'aussi immenses quantités de marchandises arrivant fréquemment à la fois. Goichardin et ses co ntinuateura ont fini par rester convaincus des exagérations de Scribanius.

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