‹ Essai sur l'importance du commerce, de la navigation et de l'industrie, dans les provinces formant le royaume des Pays-Bas, depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1830Chapitre 29 sur 126 · Tome II · texte numérisé non relu

Tome II

La G)mpagiiie des Indes-Orientales , toojoars soatenne [lar lesEteto-Généranx, expédia aax Indes, dans i'arrière-saiscm de 1611, une flotte composée de treize vaisseaux richement chargés. Le but principal de cette expédition était de réparer le dommage essuyé Tannée précédente. En effet, l'expédition Tendit pendant Thirer près de dix mille ballots de poivre an prix de 20 à 33 gros la livre, payable par moitié en neuf» eC en dix-huit mois; elle reçut de ce chef six cent vingt-quatre mille florins, et on peut, d'après ceci, se former une idée de rimmensité du commerce des Indes. A son retour, la flotte rencontra près des lies du Cap-Vert dix-sept vaisseaux de guerre espagnols, avec lesquels la flotte hollandaisese mesura; le combat fut vif; néanmoins les Espagnols eurent le dessous; car de leurs dix-sept vaisseaux il ne leur en resta que quatre.

n s'était élevé , à plusieurs reprises, des difficultés entre les Anglais et les Hollandais , qui s'accusaient réciproquement de subterfuges et de détours pour entraver et empêdier la facilité du commerce ; les Anglais exigèrent franchise et liberté, des nations qui s'étaient engagées à vendre leurs denrées exclusivement aux Hollandais , sans qu'ils voulussent en quelque sorte contribuer aux frais déjà faits et encore à faire pour protéger le commerce contre les inimitiés des Espagnols et des Portugais.

Les Anglaifi avaient suscité d'autres difficultés touchant la pêche du hareng, dont ils voulaient priver les Hollandais, en soutenant qu'ils avaient seuls le droit de pêcher sur les côtes des contrées lointaines du Nord. Afin d'aplanir l'un et l'autre différend , les Etats-Généraux envoyèrent à Londres quatre députés. Le roi d'Angleterre, qui avait peu auparavant envoyé Tordre de la Jarretière au prince Maurice, se molitra disposée lentrer en négociations , et les difficultés qui s'étaient élevées

forent bientôt écartées à la satisfaction de la Compagnie des Indes ; <m attribua en grande partie eet heareux résultat aux falens et an zélé de Tavocat fiscal Hugo de Groot, qui se trou* ▼ait au nombre des quatre députés.

Quant au dommage que la pêche delà baleine avait éprou?é| il parait que les Anglais n'ont point consenti à le réparer. Les Etats^Généraux enjoignirent par conséquent à la Société du Nord de se pourvoir de canons et de munitions de guerre; cette ordonnance produisit un tel effet que les baleiniers ayant été, en 1617 , de nouveau attaqués par les Anglais» les reçurent si bien qu'ils prirent le bâtiment anglais et IV mmnèrent en Hollande ; cependant le vaisseau anglais fut, par ordre des Etats , promptement mis en liberté. Les arrangemens pour les Indes ne furent pas non plus sévèrement exé* entés.

A mesure que les villes du Brabant et de la Flandre tombèrent au pouvoir des Espagnols , on y vit décroître l'industrie et le commerce, et les manufactures vinrent de plus en plus se fixer en Hollande. Le zèle de la ville d'Amsterdam , surtout, à saisir ces occasions pour animer les progrès des manufactures, se manifesta par la démarche qu'elle fit en 1614,àl/occasiondes ofi*res qui avaient été faites par quelques tisserands d'Aix et de quelques autres endroits: ils avaient proposé au magistrat de venir s'établir à Amsterdam , si on lear accordait ôO florins pour chaque métier qu'ils élèvor raient; 200 florins pour chaque tisserand, à restituer en 4 ans ; et trente sols à chaque ouvrier , aveo le droit de bourgeoisie et le corps de maîtrise. Ces off'res furent acceptées.

Les progrès du commerce en général, et particulièrement du commerce des deux Indes , donnèrent aussi naissance à de

nouvelles fabriques. Telle était la fabrication du blanc de plomb, de céruse, du sel, du saturae, du minium, de la litharge. La pêche de la baleine en fit élever d'autres; telles que les fabriques d'huile de baleine et de chien marin ^ et des raffineries de spermaceti.U n'est presque pas de fabriques qoi n'y aient été établies airec succès.Le blanchissement des toiles y fut porté à un degré de perfection , qu'on n'avait pu atteindre encore en aucun pays, les teintures, les raffineries de sucre, celle de camphre et de borax que les Hollandais ont inventées et dont ils étaient restés en possession ; les arts n*y firent pat de moindres progrès: rimpriraerie, à laquelle tous les arts se rattachent, donna naissance à la librairie. La liberté dont la Hollande jouissait, était devenue l'asile contre l'oppression « et y attirait toutes les branches de l'industrie européenne. Le tarif sur les droits d'entrée et de sortie de l'année 1625 , prouve qu'il y avait en ce temps,en Hollande,des fabriques de velours, de camelots, de serges, de basin, de rubans, de galons, de carusel , de ras , de fil, de cuirs, de papiers, dont il se faisait des envois considérables à l'étranger. La marine, si immense, éleva en même temps la construction des vaisseaux au plus •haut degré de perfection, tant pour la navigation nationale que pour celle de plusieurs aufVes nations.

Amsterdam hérita de l'art d'Anvers à tailler les diamans ; cette branche s'est accrue par le luxe et par la découverte des mines de diamans du Brésil.

L'art de tailler ou découper les baleines,dutsa naissance au commerce de la Compagnie des Indes-Qrientales.

Les affaires de la G^mpagnie des Indes étaient à cette époque dans un état très-florissant; elle possédait déjà en 1616 quarante grands vaisseaux, et ses forts aux Indes étaient

garnis de plus de ijuatre rents canons en méUil , el de livî* mille six cents bouches à feu en Fer. Elle avait dix mille soldats «1 matelots û son service.

£q la même année 1616 , il y ent de nouveaux dilTércnds avec les Anglais, touebant les draps teints qu'ils envoyaient en Hollande, oi^ on refusait de Les recevoir parce <{u'ils nui- ■aieal aux teintureries du pap; suroe le roi Jacques dérendit (le nouveau l'exportation des draps écrus et non teints; les teinturiers de Middelbourg, où se trouvait l'eotrepôtdes draps Anglais, en éprouvèrent un dommage remarquable; les Etirts- Géoéraux modilîèrent de leur côte l'ordonnance en ce qu'ils admirent ^ l'entrée les draps bigarrés et mélangés. Mais on remarqua que les draps anglais étaient si étroits et si imparfailetneut tissés, que le gouvernement crut devoir faire des ordonDenn>s pour prévenir celte fraude. Le roi Jaques eu ayant témoigné son mécontentement, les ordonnances prises A ce sujet, furent mitigées , et les octrois d'importation accordés aux négocîans Anglais furent aussitôt renouvelés. Autrefois il était loisible d'introduire à Middelbourg toutes sortes de draps anglais et de les vendre à des marchands étrangers qui le* emportaient. Néanmoins les ordonnances sur cet objet restèrent en vigueur.

Les Etats-Généraux envoyèrent en l'année 1618 deux dépatalions, l'une en Danemarck, afin d'aplanir les différends qui existaient au sujet du toi ou tonlieu.sur le Sund, l'autre en Angleterre, pournégocier surdiverses querelles qui s'étaient élevées , d'abord touchant le commerce des Indes, sur la navigation de la Groénlande et de Spitsberg, sur le commerce de draps et sur la pèche du hareng; ces négociations n'atteignirent pas le but que l'on s'était proposé, les dissensions gwntinuèrent encore l'annéu suivante i-l les drIToronds. qui dl^

raient, depuis Tamiée 1613, furent enfin heureusement aplanis pendant Tété de Tannée 1619. Il fut convenu que les deux G>mpagnîes, F Anglaise et la Néerlandaise, seraient libres pendant vingt ans de faire le commeroe aux Indes, sans qu'il fût permis de se nuire departoud'antre soit par des conventions avee les puissances des Indes , soit par des mesures de guerre pu autrement. On s'accorda également sur le prix que les G)mpagnies mettraient au poivre, tant àBantam, qu'en d'autres marchés de Java. Chaque Compagnie entretiendrait dix bàtimens pour protéger son commerce, et resterait en possession des forts qu'elle occuperait dans le moment; les forteresses et les garnisons, aux iles Molucques, Banda et Amboine, ^ejraient entretenues du produit d'un impôt à régler .par le conseil à former par les deux Compagnies , et à prélever sur les denrées qu'on exporterait de ces iles; le traité conte-* nait encore d'autres points, dont quelque- uns furent expliqués plus tard. Néanmoins il ne conste pas de l'histoire , que ce traité ait été scrupuleusement observé.

Les Hollandais jetèrent, vers l'année 1628, lesfondemens delà colonie de Berbices. Un riche habitant de Flessingne, commença à y envoyer des vaisseaux sur lesquels il faisait de temps en temps partir quelques Européens, afin d'y trafiquer avec les Indiens et d'essayer à rendre ce terrain propre à la culture du sucre et d'autres productions. La colonie fut ensuite cédée à des particuliers.

Les Hollandais ont commencé la navigation et le commerce surlapartiedelaGuiane, qui borde la rivière d'Essequébo, vers la fin du seizième siècle. Déjà en 1627, ils y avaient formé des établissemens , et ceux qui en avaient la direction, rendaient compte à des directeurs établis en Zélande pour le commerce de la Gniane. Les progrès de cette colonie ne furent pas des plus rq)ides;en 1665 elle fut dévastée par les Français. Les Hollandais l'occupèrent de nouveau en 1667, et ils

j ont élabli des plaDtations comme à Sutrinam. On y comptait plus tard une soiiantaine de plantations , tant de sacre, de ootoUt qae de café. Cette colonie cependant est devenne très* considérable depuis qn*on a commencé à former des plantations sur les bords de la rivière de Demerary, distante de deux à l'est de celle d'Essequébo.

L'état florissant du commerce dans les Provinces-Unies, avaient porté les cours de Madrid et de Bruxelles à interdire tout oommerce entre les sujets du roi d*£spagne et ceux delà république; à établir une espèce d'amirauté à Dunkerque, pour faire le commerce d*£spagne par Tocéan germanique et la Baltique, à creuser un canal entre Rhynberk et Venloo pour miner le commerce des Hollandais sur le Rhin; à permettre enfin à tous les corsaires de courir sus aux navires marchands hollandais et zélandais. Les Hollandais crurent qu'il était temps de penser aux moyens de rendre au commerce et à la navigation une sàreté sans laquelle ni l'un ni l'autre ne peuvent subsister. Les Etats firent bientôt équiper une flotte detrente^sinq vaisseauxetquelques yachts , cequi assura cette branche de leur commerce et de leur navigation , et fit avorter les projets que l'Espagne avait formés pour leui* destruction.

Cette vigilance des Etats à mettre sur tm pied formidabletout ce qui avait trait a la navigation et au commerce, leur Ibarnit ensuite les moyens de former et d'exécuter les plus (grandes entreprises , et fit assez connaître à toute l'Europe que la puissance hollandaise- n*était plus un problème. Si quelques nations maritimes en étaient jalouses, d'autres, au contraire, s'empressaient d^entrer en alliance avec eux ou de* i^assurer leur protection. Les Hollandais eux-mêmes surent bientôt mettre à profit ces avantages, et tandis qu'ils négoeiaientenDaDcmarck pour s'assur^p* le passage du Sund, ils ne

négligaiént rien pdur se rendre maîtres de la navigation du We^er et de l'Elbe. A cette fin les Ëtats tinrent trois yaisseafénr de guerre vers Fembonehnre de oes deni flenves. La cour de Vienne^ qui ne voyait pas de bon œil que les Hollandais enssént le passage de oes rivières à leur disposition , mais qui n'a* vait point de marine, promit les plus grands avantages an commerce même de TEspagne et à celui des villes anséatiques , si elles voulaient se déclarer contre les Anglais et les Hollandais; mais ces villes , trop éclairées sur leurs véritables intérêts, pour préférer les avantages incertains de la guerre à ceui qu'elles retiraient réellement du commerce qu'elles faisaient avec ces puissances , refusèrent de se rendre aux sollicitations de l'Autriche.

Stimulés dans leurs entreprises par les succès réitérés qu'ili avaienteus sur mer, les Hollandais conçurent le projet défaire de nouvelles conquêtes sur leurs ennemis. La Compagnie des Lides-Occidentales mit, en 1630, une flotte considérable eo mer,qui eutordredefaire immédiatement voile popr le Brésil et de s'y rendre maîtresse de Femambouc.Laflotte,fortede vingtvaisseaux et de treize barques, arriva heureusement à sa destination, fit attaquer successivement Blonde, le fort Saint- George et rile Antonia Vaz. Toutes ces places se rendiroot presque sans coup férir, maison n'y trouva pas autant de richesses qu'on se l'était figuré. On avait brillé tout le sucre et le bois de teinture qui s'y trouvait en magasin , afin que les Hollandais ne pussent s'en emparer.

Cette conquête ne laissa pas pourtant de leur être trèsavantageuse par la suite. La compagnie, se voyant un établissement dans le Brésil , fit bâtir le fort Frédéric-Henri dans l'île d'Antonio Vaz ; elle régla l'administration civile et militaire sur les côtes du Brésil ; accordaà tous les habitans de la république la libre navigation à la ville d'Olnide , pourvu cependant qu'ils se servissent des vaisseaux de la Compagnie ;

elle se réserva enfin le commerce e Jbclnsif da bois de Fernam* boQc et des autres bois de teinture.

Le comte Maurice , continuait cependant ses expéditions au Brésil, où Ton ignorait encore la révolution du Portugal et la trêve conclue entre la couronne et la république. Loanda et San Thomas sur les côtes d'Afrique , Maranhao dans le Brésil étaient tombés dans la puissance des Hollandais ; et d'un aatre côté la Compagnie des Indes-Orientales s'était mise en possession de la ville deMalakka. DansTiledeGeylan, elle l'était emparée de C!olombo et de quelques forts.

En 1642, les Etats avaient conclu un traité avec la France , par lequel , outre une armée de vingt-cinq mille hommes, la république s'engageait à entretenir sur les côtes de Flandre une flotte de trente vaisseaux de guerre.

En 1645, on vit la république expédier une flotte de quarante navires de guerre vers la Baltique, pour accompagner les ambassadeurs qu'elle envoyait à la cour de Suède et à là coardeDanemarck, afin de déterminer ces deux puissances du nord à faire la paix. Cette démarche n'ayant pas réussi, la république leva cinq mille hommes de troupes et fit équiper une flotte de cinquante navires de guerre, pour obliger le roi de Danemarck à prêter la main à un accommodement et à mode** rer les droits du Sund. L'apparition de cet armement dans la Baltique produisit son eOet. La paix fut faite entre la Suède et le Danemarck et les droits sur le Sund ^) furent modéré» poar quarante ans.

*) A cette époque, il se fît auMÎen Hollande un petit commeree de circonstance qui se ntlachait à la culture des fleura. C'était surtout les villes de Harlem, Leide, Amsterdam, Alkmaar , Boom et Enkhuizen qui s*y adonnaient avec passion ; surtout pour Va- (Intet la Tente des tulipes , commerce auquel tout le monde se liTraît. Les prix de cet flean furent souvent élevés par la concurrence à une hauteur excessive. II y a des eumples qu'on paya jusqu'à neuf cent florin» pour un seul oignon ; une livre de cette

Cependant avant la paix de Munster , le commerce et la puissance des Hollandais reçurent un échec considérable par les pertes que fit la G)mpagnie des Indes -Orientales. Nous avons rapporté que cette Société avait acquis plusieurs établissemens dans le Brésil , tels que les gouvernemens de Fernambouc , de Tamaria , de Paraiba , de Rio Grande , etc. ; et que le comte Maurice y avait ajouté les gouvernemens deSiara , de Siviga, deMarag^nan , dans le Brésil, et à la côte d'Afrique le fort St.*Georges Delmina, la ville de St. -Paul de Condé et rile de Thomé. Tout cela fut perdu dans un moment; un soulèvement enleva ces acquisitions et ces possessions aux Hollandais , et porta à la G)mpagnie des Indes-Occidentales un coup sensible, dont elle ne put jamais se relever. On envoya une flotte de cinquante deux navires au Brésil , mais on ne retira aucun fruit de cet armement considérable , et la république travailla sans fruit à recouvrer cette partie des acquisitions qu'elle avait faites aux Indes-Occidentales.

Enfin ce fut le 30 janvier 1648 que les républicains hollâiscontraignirent un petit-fils de Charles-Quint à signer un traité humiliant qui manifesta à l'uni vers la faiblesse du prince et la grandeur et l'ambition de ses anciens sujets. Les Hollandais qui tenaient les clefs de l'Escaut, s'ouvrirent en

ême temps un passage assuré jusqu'aux Indes, et firent croula ainsi de toutes parts l'immense édifice sur lequel était Coudé la prospérité d'Anvers , dont ils distribuèrent les dépouilles entre les principales villes de la république, qui déjà s'étaient élevées sur les débris de leur rivale , en accaparant des richesses immenses, objet de leur convoitise *)^

Mpéce te Tendaitjusqii'à douze cent florins; la baisse qui suivait cette cherté fictive embarrassa Iieaucoup les acheteurs; on calcula qu'une seule ville avait trafiqué dans les fleurs pour près de dix millions. Les £tats-Généraux délibérèrent s'il ne conviendrait pas de frapper les fleurs d*un impôt; néanmoins la prompte baisse fit perdre de vue cet objet.

*) Afin de ne pas par trop intercepter Tordre cbronologitiuc , nous avons consacré

ÈÊa commencement de l'année 1653 on poavait évaluer la marine delà république à cent trente ou cent quarante navires de guerre en commission. Il y avait 53 navires sur les cdtes de la Hollande et 20 sur celles de la France; on en comptait environ 30 dans la Méditerranée, 8 autres croisaient dans leSund et il y en avait 8 dans quelques ports de la Hollande. Ce fut Fépoque des guerres maritimes entre l'Angleterre et la Hollande. L'amiral Tromp soutenait l'honneur du pavillon de cette dernière ; cependant la paix se rétablit entre l'Angletenre et la répubb'que. De Ruiter fut envoyé dans la Méditerranée pour y réprimer les pirateries des puissances barbaresqnes. La guerre entre la Suède et la Pologne engagea la république à envoyer en 1655, une escadre dans la Baltiqne,afin d'y assurer son commerce du nord; elle déploya également ses forces navales pour soutenir celui du Levant , en envoyant De Ruiter dans la Méditerranée en 1658. L'intérêt de son commerce du nord l'engagea à prendre part à la querelle entre h Soède et le Danemarck , et , par l'envoi d'une flotte de 35 navires, elle sauva la ville de Copenhague. L'année suivante , ks Hollandais déployèrent des forces bien plus considérables encore dans la Baltique , où sa flotte comptait 80 vaisseaux de

guerre , sans les galiotes et les brûlots. Ce déploiement de forces fit tellement pencher la balance en faveur du Danemarck , que la Suède fut obligée de conclure la paix en 1660.

En 1665 les Hollandais eurent un nouvelle guerre k soutenir contre l'Angleterre. Ils essuyèrent , au commencement , des pertes assez considérables ; mais l'année suivante De Ruiter remporta après quatre jours de bataille, une victoire sur le

wtrticle séparé au traité de Westplialic et aux Iraitéa tubiéquent , de même qu'aux étaUiiiemena et à la prospérité des diverses sociétés des Indes.

Iltétéimpossible de donner aux affaires des Indes tout le déTeloppement requis, à enue de leur extrême étendue; afin de rester dans le cadre prescrit pour Touvrage 01 s*est trouvé force de renvoyer niix ouvrages spéciaux publiés avec tant de sagadté depuis 50 ans par les soins de Mff . l » gnuTerncurs-généraux.

priûoiB Robert, qai connnandait la flotte Anglaise. L'année après fat une des ptas glorieuses pour les Hollandais. De Bai* 1er tint la mer toute la saison sans que les Anglais y fissent paraître leur payiUon. C'est là, sans doute, Tépoque lapins brillante de la marine hollandaise ; non-seulement elle soutint rhonneur de son pavillon contre la puissance qui seule pouvait alors lui disputer la souveraineté de la mer, mais elle* semblait même avoir pris sur sa rivale une supériorité si décidée, qu'elle se vit en état de l'attaquer chez elle, et de l'obliger par là à accélérer la conclusion de la paix ; néanmoins Jes Hollandais eurent encore des guerres à soutenir contre la France et l'Angleterre jusqu'en 1674, guerres dans lesquelles De Ruiter fit de brillans exploits.

Dans ce temps, la navigation française était tombée dans an si triste état , qu'on voit à cette époque l'assemblée des notables supplier le roi d'entretenir , dans ses ports et ses havres, des vaisseaux de guerre en nombre suffisant , pour purger la mer des pirates qui infestaient les côtes de France. L'e»* pérance de voir donner au commerce maritime de la France» toute l'étendue qu'on avait eu lieu d'attendre de l'esprit juste et éclairé d'Henri IV , avait disparu à sa mort.

Dés l'année 1626 , le gouvernement français se vit forcé de recourir à la Hollande, afin d'y acheter, sur la demande du parlement de Provence, sept vaisseaux, pour protéger dans la Méditerranée leur navigation au Levant, où les Français oommencèrent dés lors à faire un commerce d'une certaine importance.

Le tabac à fumer formait une branche très-considérable du commerce des Hollandais. Celui que la Compagnie dcGruipuiscoa reçut enEspagne fut envoyé à Amsterdam , pour y être

fmàa; par ce moyeD les Hollandais restèrent en possession de a» commerce qoi est d*ane grande importance, par la cousom* malîon tant dn pays qu'à Teiténear. L'élève des bœufs et des Taches de Frise, et le commerce de la potasse et de toutes sortes de cendres n'ont pas éprouvé de diminution après la paix de Westphalie; les avantages sur le premier article sont dus aux pAtarages dn pays , à l'économie et A l'industrie de ses habitant. La consommation des potasses et des cendres de toute espèce, est considérable pour les blanchisseries tant dans les Pays-Bas qu'en France.

Les Hollandais sont restés dés cette époque en possession do coounerce du Levant ; l'avantage qu*ils y ont par l'assor- Itment des cargaisons, contribue à soutenir ce commerce, ainsi que celui qu'ils font dans toute la Méditerranée. Si la Hollande n'a pas conservé la supériorité qu'elle avait acquise dans le commerce du Nord , celui qu'elle Ct enooie avec la Russie, la Suède et le Danemarck était cependant considérable , et le commerce des grains leur appartenait au point, que dans les temps de la disette qui a désolé l'Europe pendant le siècle dernier , la Hollande s'est trouvée si bien poorvue de grains , que les négocians d'Amsterdam ont été obligées de former des magasins et d'avoir des entrepôts dans des villes et places où ils n'avaient point continué d'en avoir.

Quoique la navigation de la Meuse n'étendit pas bien loin ie commerce de la Hollande , et qu'elle ne lui fourm*t que les idations du haut quartier de la Gueldre et du Pays de Liège , cependant il s'est soutenu tel qu'il était après 1648, par la leide force de sa situation. Tout ce pays dierchait des déboudkésparla Hollande et y puisait les approvisionnemens qui loi manquaient. U en est de même du commerce que donna la navigation du Rhin, de la Moselle, du Main et du Neckar, qoi se jettent dans le Rhin à Coblence, à Mayenoe et à Manheim. La Hollande fit ici un commerce exclusif qui s*est

accru par le développement du luxe et que la diinmutipa des consommations seule pouvait faire décroître. Les bois de construction ont toujours été l'article le plus précieux des retours de ce commerce , mais le Rhin avait cessé de fournir des bois de diêne pour la construction et la menuiserie.

Le commerce de la librairie était une des branches productives du commerce do la Hollande , qui s'est enrichie pendant prés d'une siècle des productions de la France. La liberté de la presse , qui existait en Hollande , y a fondé la librairie la plus importante de l'Europe.

^ On peut diviser le commerce des livres qui se fit en ce pays, en deux branches: la première, la moins importante , se bornait au grand nombre de livres hollandais ; la seconde avait pour objet l'impression des ouvrages écrits en latin et en finançais , elle était d'une importance majeure et , pour la plus grande partie , destinée pour l'étranger.

L'imprimerie soutenait les papeteries, avantageusement établies en Hollande , et la décroissance successive de la première a été la cause de la chute de cette branohe d'industrie.

Il est une branche de commerce très-intéressante , peu oo point connue avant la révolution , c'est le commerce de commission. Pendant fort longtemps les négocians eurent des comptoirs partout où ils portaient leur commerce ; ces comptoirs étaient tenus par des facteurs ou des commis; grand nombre de négocians accompagnaient eux-mêmes leurs marchandises et faisaient eux-mêmes leurs ventes et leurs adiats. d'est ce qui avait autrefois rendu si célèbres les foires de Francfort, doLeipsic, de Beaucaire et autres. Ce n'est qu'an Xyil<i siècle que le commerce de commission est devenu d'un usage général dans toute l'Europe , et que l'usage des comptoirs tenus par des facteurs ou commis , tomba en désuétude

aiSBM que celui des voyages des négocians. Pour vendre ef

aoSaveter on y suppléa par une correspondance bien dirigée, par

de^ ordres réiBéchis et raisonnes , donnés à des négocians in*-

talligens sur les lieux. Ce commerce ne pouvait manquer de

jiefvenir \me brandie très-riche et précieuse pour la Hollande»

à mesure que son commerce s'élevait et qu'il embrassait la gé^

nèralité du commerce de TEuropo , et de celui de l'Europe

avec les trois autres parties du monde. L'introduction de U

commission produisit l'établissement d'un grand nombre de

maisœis hollandaises chez les nations étrangères , qui oon«*

tribuèrent aussi pendant longtemps aux progrès du commerce;

en multipliant les ventes et les achats , elles multiplièrent le

bénéfice réciproque et donnèrent au commerce national toute

la laveur possible.

Les arts firent aussi à cette époque des progrés rapides ^i Hollande: le dessin, la peinture, la gravure, y furent surtout cultivés avec succès , ainsi que la fonderie de caractères , employés pour les éditions uniques des Elzevier , et tout ce ([ni tient aux progrès du commerce de la librairie. On ne connaît aucune branche de l'industrie européenne que la liberté et la tolérance n'aient attirée ou qui ne fût favorisée en Hollande.

Le tabac indigène se cultivait dans les provinces d'Utrecht et dans la Gueldre ; les feuilles en étaient envoyées à Amsterdam ou on les travaillait ; cette fabrique y occupait jusqu'à trois mille ouvriers.

Le commerce d'effets publics n'a été mis en pratiqnequ'au XVU1« siècle; ce n'est dans le fond qu'un vente et un achat de prétentions , soit à charge d'un corps de particuliers soit & cdle d'un individu. Les besoins d'un état , nés des circonstan^ ces, ont obligé les gonvcmemens k faire des emprunts ; pour les obtenir on a donné du papier contre de l'argent; ces pa-

pîen, pour lesquels Tétat se reconnaît débiteur, représentent la valear d'une somme fournie et des intérêts à pré-

lerer.

Aux emprunts faits par les corps de nations se sont liés les emprants faits pour compte de communautés, de corps » de collèges préposés à des affaires publiques; enfin le système des emprunts s'est si fort étendu , qu'il n'y a presque point de collèges ou de communautés qui n'en aient contracté , plus ou moins. Les altérations faites ensuite dans les taux des intérêts, 1* incertitude que les capitaux pussent jamais être remboursés, la crainte que l'état même nese trouvât dansFimpossibilité de payer les intérêts; les différentes manières d'envisager les circonstances et les cvénemcns, d'en calculer les probabilités , tout cela a produit insensiblement, dés lors, la hausse et la baisse des effets publics , dont un grand nombre de négodans et de particuliers s'occupèrent et firent une étude particulière.

Les grandes entreprises de commerce ont encore produit un antre genre d'effets , proprement ap]>elés actions. Les fortes entreprises, telles que furent par exemple les établissemens des Indes et celles des colonies , étant au-dessus des forces d'un seul homme et même de quelques particuliers associés , on fut conduit à inviter le public à prendre part à ces entreprises ; on y contribuait pour une certaine somme , moyennant laquelle il était délivré , ce que l'on appelle une action. On devenait participant à l'entreprise, et on acquérait on droit ou une action sur le fonds de l'association et les bénéfices ifoi pouvaient en provenir; on hasardait cette somme comme ceux qui , prenant part à l'équipement d'un navire, risquent la somme qu'ils y mettent ; les chances favorables dç réussite et l'appât du gain encourageaient les spéculateurs ; c'est ainsi que se sont formées les Compagnies des Indes en Hollande et un grand nombre de Sociétés de moindre importance.

Lo bénéfice ap|>arent tif cella combinaison ilo fonds, fit étendre A «l'autre» objets, cette façon de prendre pail à des entreprises. Les colonies ont surtout attiré vers elles l'attention des capitalislcs; on a pr>usé qu'on pourrait beaucoup encoarager la culture de» terreit et des plantations, si on trouvait moyen d'assister les colons ; que d'un côté on pourrait donner à ceui qui ne cherchaient qu';'t placer leur argent pour Jouir d'un intérêt Oxe , l'occasion de remplir leur but ; que de l'autre, les colons travaillant sur un fonds plus considérable, sans augmenter à proportion les frais de régie , y trouveiaient nn avantage li-cl et solide; et en troisième lieu, que la correspondance fournirait aux nogocians un bénéfîce qui accroiterait k proportion que la culture s'étendrait. Eu conséquence on a fait des emprunts pour les cotons comme on en a fait pour les puissances , c'est-ù-dirc en échange de papiers, et ils ont partagé le soit des autres papiei-s publics, qui, transportes de l'un à l'autre, et servant en quelque façon (te numéraire, augmentaient encore par là le fonds général de l'argent en ri renia tion.

Il n'est point de nation [|ui ait pris autant de part dans les dilTerens emprunts qni se sont faits, soit par des souverains , des états, des oommunaulés, des collèges ou des particuliers, que les Hollandais; leurs créances ne se bornèrent pas à des sommes fournies à la Képublique, à des corps ou à des particuliers dans leurs jiays ou leurs colonies, mais ils prêtépeot aux puissances étrangères des capitaux iramcmes, lesquels étaient pour le commerce de fonds publics une source de opéculations, qui ne tarit jamais , attendu que les apparences de guerre ou de paix, les bonnes et les mauvaises nouvelles qui embrassent les quatre parties lUi monde, influent noiilînueUement sur ces S{H-culatiuns.

Déjà l'avidité et l'espril de coinmerre avaient imn^iné mie autre manière de prendre pari à ce trafic. I)e.s spècu- Tome II. li

latcurs qui n'ont point d'actions à vendre et qui n'en veulent pas acheter, s'engagent réciproquement, les uns à en livrer, les autres à en accepter un certain nombre, à un prix convenu et à une époque déterminée ; à cette époque on fait la balance de ce que les actions ont été vendues et de œ qu'elles valent, et on solde le différent avec de l'argent. Dans le fait ce moyen se réduit toujours à une sorte de gageure sur la hausse et la baissé k un jeu aléatoire des fonds publics.

Les fondemens de la colonie de Surinam furent jetés par ^es Français en 1660; leur activité , dit Fauteur de l'histoire des établissemens des Européens dans les Indes, les portait alors dans différons cliinats, et leur inconstance les empêchait de se fixer dans aucun; ils abandonnèrent Surinam peu d'années après y être arrivés, et ils y furent remplacés par les Anglais sur lesquels les Hollandais la prirent en 1667 ; quelques années après, cette colonie fut assurée par les traités à la Ré* publique.

La Con^pagnie y travailla avec succès au défrichement des terres; mais un des moyens qui ont le plus encouragé les tra- Taux , a été la facilité extrême que les colons ont trouvée à se procurer des fonds.

Cette colonie faillit être enlevée par les Français qui y

^débarquèrent en 1712 , et dévastèrent tout ce qui se préseï^

tait sur leur passage. Les colons rachetèrent le pillage de leurs

biens moyennant une somme d'environ sept cent cinquante

mille florins.

L'insulte faite à la colonie dé Surinam, semble avoir réveillé l'attention des Hollandais sur la nécessité de la mettre ^n meilleur état de défense ; cependant ce ne fut qu'en 1733,

c[à*on parvint à régler un plan de convention entre les directears de la colonie de Surinam et les colons.

La prospérité de la Hollande et les moyens qui la firent naître» avaient souvent attiré l'attention des autres pays et servi de modèle aux améliorations que les gonvernemens étrangers désiraient introduire chez eux. Telle fut la navigation intérieure qui était encore très-arriérée en Angleterre à Tépoque de Charles II. Aussi ce prince et ses partisans émigrés avaientils été frappés pendant leur séjour en Hollande, des grands avantages de la navigation intérieure, et nous voyons (dit W C. Du Pin) que cette branche de prospérité publique fut très-enconragée par ce prince après son retour en Angleterre. TJnechose très-digne d'être remarquée, c'est qu'à cette époque, tous les bills discutés au parlement sur cet objet , émanèrent de la chambre des pairs ; en 1661 et 1662 , les pairs ont tenté, mais vainement , de faire adopter un acte général pour rendre navigable tous les cours d'eau susceptibles de le devenir. Cependant un grand nombre de bills passèrent, qui avaient pour but d'améliorer la navigation de diverses rivières: laStour, laSalweyr , laWeye, laWitham, etc.

Sous le règne de Guillaume IH, prince d'Orange , de nonveaux actes ajoutèrent beaucoup à ces progrès, en améliorant la navigation de plusieurs antres rivières ; cet élan donné fut saivi sous les règnes d'Anne, de George I^, et surtout de George II.

La Suède était redevable à la Hollande d'une nouvelle source de richesse, qui vint pendant les premières années du règne de Christine , augmenter les revenus de ses états. A cette épo-

que (1640 à 1643) se formèrent de grands établissemens poai* exploiter les mines de ce royaume. Un Hollandais en fnt le fondateur ; il appela auprès de lui un g^rand nombre de protestans de la Flandre, qui s'expatriaient à cause des persécutions qu'ils éprouvaient dans l'exercice de leur religion ; leurs dcscendans forment encore, dit l'histoire de Suède, une colonie» distincte des autres habitans de ce pays, par des noms étrangers et par des mœurs et des usages diiFérens.

Vers cette époque (1643) la France même, gouvernée par Richelieu, était loin de ressembler à la Hollande, sous le point de vue des sciences commerciales ; la France n'était pas ce qu'elle fut depuis; elle avait peu de commerce, point de police générale établie; l'intérieur du royaume était encore à régler. Paris même manquait encore de bien des choses nécessaires , à une époque où Amsterdam abondait en tout.

Leix>mmerce fut introduit en France par Colbert. Le génie de ce grand homme se tourna principalement vers les sources de bien-être qui n'étaient que faiblement exploitées, science dont les grands principes n'étaient point en vigueur en France. Les Anglais et plus encore les Hollandais faisaient par leurs vaisseaux presque tout le commerce de la France; les Hollandais chargaient dans les ports français les denrées de leur pays, et les distribuaient dans toute l'Europe. Vers Tannée 1662 , le roi avait commencé à exempter ses sujets d'une imposition, nommée droit de fret, que payaient tous les vaisseaux étrangei*s ; et il avait donné aux Français toutes les facilités de transporter eux-mêmes leurs marchandises à moins de frais; c'est dès-lors que naquit le commerce maritime. Il fut établi u conseil de commerce que le roi présidait en personne , de 15 en 15 jours.

Lorsque le Czar Pierre-le-Grand conçut l'idée de civiliser ses vastes élats, c'est la Hollande qu'il choisit pour y étu-

dier par lui-même les moyens d'avancer la civilisation de ses sajels, qui se trouvaient encore dans un état voisin de la barbarie. C'est en Hollande qu'il se livra à ses investigations sur l'indostrie, la navigation et le commerce, et qu'il apprit les moyens de les développer dans ses immenses possessions du Nord ; ce sont des Néerlandais qu'il engagea à l'accompagner, et à transporter dans son pays les connaissances qu'ils possédaient, et dont ce prince appréciait toute l'importance pour l'avenir de son vaste empire.

En 1661 les Ilollandaii^ furent confirmés, par le traité avec le Portugal, dans la possession de G)chin et Canabor , deux plans par lesquels ils se virent maîtres de toute la côte de Malabar jusqu'à Goa , et de Tile d'Anabon en Afrique ; mais ils durent en échange faire quelques cessions aux Portugais.

Le cabinet français, quoique ayant plus qu'aucune autre puissance contribué à l'élévation de la République et à celle de son commerce, peu satisfait de la paix avec l'Espagne et des égards que la République avait montrés pour Cromwel, ne tarda pas à faire sentir les effets de son mécontentement. Il défendit Timportation des manufactures de draps de Hollande et d'Angleterre, que les Hollandais avaient continué de débiter en France, et ceux-ci se plaignirent des hostilités auxquelles ils étaient exposés dans la Méditerranée. La France lés accabla de nouveaux droits et fît difficulté d'appuyer les réclamations des Hollandais , l'elativement à la liberté de la pèche dont ils prétendaient devoir jouir, et que les Anglais leur contestaient en ce temps. En 1663 la France sembla se relâcher de sa rigueur et, se prêtant à leurs instances, fît un traité avec eux , moins avantageux cependant que les précédons , et en 1664 et 1667 elle fît par de nouveaux tarifs de^

changemeiiB Irès-préjiidîciables ao commerce de» HoUi^ dais»

De son coté le roi d'Angleterre animé contre les Pro|Ym* ces-Unies, cherchait Toccasion de s'en yenger. DéjàlaCooifpagnie anglaise avait infructueusement envoyé en 1661 dea vaisseaux vers les cotes d'Afrique» pour obliger les Hollandais à y abandonnerieurs possessions.Plus heureux en 1664| il. leur prirent un fort sur Tile de Goede Reeda» se rendirent maîtres de Takarari de Cabocors , de la Nouvelle Amsterdam , et en général de tout le Nieuw-Nederland , ainsi que de Tile de Tobago et de St^-Eustache.

De Ruyter reprità la vérité sur les Anglais ce qu'ils avaient axlevé à la République , mais tandis que les HoUandaifii étaient occupés de cette expédition, les Anglais se saisirent, d'un grand nombre de vaisseaux marchands , et quoique les Hollandais soutinrent dans cette lutte, mieux que les Anglais,, l'honneur de leur pavillon , le traité de paix qui s'ensuivit , conclu à Bréda , ne fut pas avantageux à la République. Le hasard voulut que dans le temps qu'on traitait de cette p^ûx » les Hollandais se rendissent maîtres de Surinam. Le même traité obUgea les Anglais & en céder la propriété aux Hollandais, qui en ont fait depuis , un des principaux points de leur commerce.

Cependant les Français et les Anglais, également indisposés contre la République, lui donnèrent des marques de leur ressentiment. En 1670, Louis XIV défendit l'importation de plusieurs marchandises que la Hollande était habituée de fournir à la France; d'autres furent frappées de droits qui équivalaient à une exclusion. La république forcée d'user de représailles et de défendre l'entrée des productions et des manufactures de France, vit tarir les principales sources de son commerce ; d'ailleurs Louis XIV avait déjà arrêté qu'il

l'erait In guerre il la Hollande, et nlin d'avoir un (M'ëtexte plausible de [irendo les armes, il avait dôreodu l'entrée des denrées venant des Provinces-Unies. Le moyen de représailles, pris parles Etats, au comincnreiiient de l'année suivante, 1671 , cousistait surtout dans l'augmentation esliéme des droits d'entrée sur les eaux-dc-vie et autres niarchaudîses de France. Le gouvernement français $o plaignit amèrement de ces mesures et en Ht plus tard autant de prétextes de la guerre 4|a*il déclara â la Hollande.

Le bruit des aimes no fit pourtant {loint négliger aux Etats-Clénéraui de se renforcer par des alliances contre la puissance de la France et de l'Angleterre: ils envoyèrent en Suède et en Danemarck , afm d'engager les deux cours ù une alliance qui aurait an moins amené la Grande-Bretagne à des dispositions pncifi(|ues , mais lu Saède était déjA trop liée envers la Franc*; A peine parvint-on iV faire aveo cette puissance des arrangcmens, qui réglassent cjnelques points de commerce ; d'un autre côté les Etats conclurent avec le Danemarck une alliance défensive. Les Etats tirent aussi un Irailé d'alliance avec l'empereur ut l'Espagne.

Le commerce du Levant fit en 1672 une jierte Irés-ronsidérable de plusieurs vaisseaux que les Anglais avaient capturés.

L'année 168ô fut aussi une époque mémorable pour la Hollande: [icndanl l'été de c«tte année, Louis XIV révotiua l'édit de Nantes, par lequel Henri IV avait, en 1598, accordé nux réformés la liberté d'exercer leur culte. Dès l'année 1680 le roi de France avait résolu de les priver de celte liberté et avait commencé par leur ôler quelques em|»lois , ce qui fut suivi d'autres vexations. Les réformés se réfugièrent eu An- (•leterre, en Hollande, ol en Suisse. En Hollande surtout lin (i( d<' grands cfToils pour le* allircr ; on accorda des pen

siouB au prédîtiatears exclus et il fut pourvu à Fentrelien de leurs femmes et de leurs enfans; on créa un établissemisnt poar les jeunes demoiselles,qui reçut uu subside de deux mille florins, y ces mesures amenèrent en Hollande bon nombre d^hommes éclairés , d'artistes et d'artisans qui y fixèrent leui^ talens et leur industrie. On calcula que le commerce de la République fit une perte de vingt mille florins par jour, durant tout le temps que les vaisseaux marchands fnr^it détenus dans les ports d'Angleterre et de France en 1689.

. En 160Oi'les Hollandais firent quelques prises sur les Anglais ! et sur. les Français, après avoir battu leur flotte combinée. . • , . . .

Cette année (1689^) les Etats-Généraux firent un traité avec le roi d'Angleterre, afin d'entraver autant qu'il était dans leur pouvoir, le commerce de la France; ce traité fut suivi d'une alliance offensive et défensive , en rapport avec les précédentes alliances de 1667, 1674, 1675 et 1678; et il) fut en même temps fait un arrangement touchant la prise réciproque des bâtimens anglais et hollandais parles câpres. Les Etats-Généraux firent infructueusement des eiForts pour stipuler avec la Grande-Bretagne, d'autres faveurs pour le commerce de la Hollande.

Les Français attaquèrent en 1692 la flotte marchande de St.-Eubes et s'en rendirent maîtres, après avoir forcé de se rendrç deux vaisseaux de guerre qui lui servaient de conyoi. Les Français s'emparèrent encore de neuf à dix vaisseaux , qui, avec d'autres navires, revenaient de la Mer-Baltique.

*) Un événement remarquable et important pour lii République en 1680, futl'avéiicmcnt da prince d'Orançe sur le trône de laGrande-Breta«;nc.

L'année suivante ils prirent trente navires marchands d'une flotte destinée ponr dilfiàrens pot ts de la Méditerranée ; cin-^ qaante autres furent submergés , brûlés ou détruits. En 1695 ils prirent encore plusieurs navires revenant des Indes-Orientales et Oooîdentales.

£n 1607 l'amiral français après avoir obligé trois navires de guerre à baisser pavillon et à se rendre, s'empara de la flotte qui revint deBilbao.

Il n'y eut pas jusqaes aux Algériens dont les Hollandais n'eussent à sonflVir. En 1721 on compta qu'ils leur avaient enlevé plus de quarante navires, estimés, avec leurs charges, à plus de six millions, sans compter plus de neuf cents matelots, faits esclaves.

Après que Guillaume IV, prince d'Orauge eut été élevé à la dignité de Stadhouder de la Républi<[ne , et la paix rétablie entre les puissances belligérantes , ce prince porta son attention sur les moyens d'encourager et de rétablir le commerce de la République. Il prit, à ce sujet, l'avis de plusieurs négocians hollandais, consulta les personnes en état de lui donner des informations exactes, et en fit dresser un plan que ce prince remit et recommanda particulièrement aux Etats-Généraux en 1751 . Ce plan contenait un exposé courtet pi*écis des causes qui avaient fait naître le commerce dans les Provinces-Unies et qui avaientservi à le faire fleurir. On les rapportait dans ce plan à trois classes :

1^ A des causes naturelles et physiques.

^ A des causes morales.

3° A des causes accidentelles venues du dehors.

Ces diflerentes causes y étaient exposées delà manière suivante :

a t^ Les eauses natorelles et physiques étaient la sîloatioa avantageuse du pays prés de la mer et de rembonidiare de plusieurs rivières considérables. Par sa position entre la partie sepCentrionale et la partie méridionale de toute l'Earope, la République se trouvait comme an centre.G'est par là qu'elle était devenue le marché général, où les marchands avaient coutume d'apporter le superflu de leurs mardiandises pour les édianger contre d'autres dont ils avaient besoin.

)^La stérilité du sol et les besoins qui en résultaient, avaient ccmtriboé à produire cet effet: attendit que le besoin anime l'esprit, le zèle , le génie et le travail d'un peuple , et le porte à aller demander aux étrangers , ce qni manque à son propre pays, et à chercher sa subsistance dans le commerce.

)^L'abondance des poissons des mers voisines mettait les Hollandais en état non-seulement de subvenir à leurs propres besoins, mais aussi à trafiquer avec les étrangers ; la pêche leur fourm'ssait un équivalent , qui en quelque façon suppléait i ce que la fertilité et les terres labourables laissaient à désirer.

nOn |)eut mettre aunombre des causes morales et politiques : »La maxime invariable, née de la loi fondamentale, de per* mettre tontes sortes de religions et de regardei* la tolérance à cet égard, comme le plus puissant moyen pour attirer les étrangers des pays voisins et d'augmenter par là la population de ces provinces. La constante politique de la République , devait rendre ce pays un azile assuré pour les étrangers persécutés el opprimés. Aucune alliance , aucun traité, aucune considération pour aucun prince, aucune prière de quelque puissance que ce fût au monde , n'a jamais été capable de faire écarter l'état de cette protection , et de cette sûreté toujours accordée à ceux qui se réfugiaient dans ce pays.

)»Les })ersécution9 et Igs oppressions, exercées en divers

temps dans d'autres pays» la fermeté de la République jointe à la maxime dont on vient de parler , ont fait que plusieurs personnes se sont réfugiées dans ces pays , y ont apporté nonseulement leur argent et leurs biens, mais aussi leur industrie ; qu'elles y ont établi plusieurs métiers , fabriques et manufactures; ayanoé et multiplié les arts et les sciences , quoique les matières premières pour les fabriques et les manufactures qu'ils établissaient , manquassent presque toutes» et dussent être tirées à grands frais du dehors.

)»La constitution du gouvernement et la liberté civile qui en découlait» fournissaient encore une raison à laquelle on pouvoir attribuer l'origine et la splendeur du con^nerce de la République : les institutions, la police et les lois étaient telles , que la vie, les biens et l'honneur du citoyen ne dépendaient des caprices d'aucune puissance, de sorte que l'habitant ayant acquis des biens et des richesses par son ac* tivité , son industrie et son économie , n'avait lieu de craindre qu'ils lui fussent enlevés par violence , oppression , ou quelque injustice.

L'administration de la justice dans ce pays a aussi toujours été pure et incorruptible. Point de distinction entre grand et petit» riche ou pauvre ; ni même entre l'étranger et l'indigène ; il serait à souhaiter qu'aujourd'hui , on put se vanter que la justice ne fut pas moins prompte qu'incorruptible, attendu que la promptitude a une influence très-considérable sur le commerce.

»£nûn on peut encore ranger au nombre des causes morale^ et politiques de l'état florissant dans lequel le commerce s'est tcouvc» la sagesse et la prudence dans l'administration de l'état, le courage et la fermeté dans les résolutions, la bonne foi avec laquelle on a toujours tâché de remplir les engagemenscon tractés, surtout aussi, en particulier, la prudence d'é-

▼lier les ruptures, Tardeur d'assurer le repos et la paix -au lieu de songer à faire la guerre et des conquêtes.

Ces maximes morales et politiques ont assuré la gloire et la réputation de la République et ont inspiré une si grande confiance aux étrangers en la solidité et la stabilité d'Aline République , gouTemée avec tant de sagesse et de prudence , que Taffluence des étrangers vers ces provinces augmenta en même temps TaGcroissement du commerce et des richesses.

)^Les causes accidentelles et extérieures des progrès et de l'état florissant de notre commerce , sont encore que , dans un temps qu'on adoptait dans la République les meilleurs et les plus sages maximes pour faire fleurir le négoce, on les négli^ geait le plus dans la plupart des autres pays. A la simple lecture de rhistoire de ce temps , on voit que ce sont les persécutions pour cause de religion en Espagne, en Brabant, en Flandre, et dans plusieurs autres lieux et empires, qui ont établi le commeiTe dans la République.

»Les guerres civiles, qui ont duré si longtemps en France et qui se sont ensuite élevées en Allemagne , en Angleteri^ et en divers autres pays, n'ont également pas peu contribué à rétablissement des manufactures qu'on a importées dans nos pays. Enfln on peut encore ajouter que, pendant les guerres avec l'Espagne et le Portugal, (époque d'ailleui*s ruineuse pour le commerce) ces deux puissances ont négligé leurs forces navales, tandis que dans le même temps la République, par une conduite opposée , se rendait formidable par mer > et se mettait en état de protéger le commerce de ses habitans , en même temps qu'elle ruinait celui de ses ennemis dans toutes les parties du monde. ?>

Ce tableau des causes qui ont donné naissance au commerce des Hollandais et qui l'ont ensuite augmenté , a été tracé de

main de maitre ; Déanmoins ces trois différentes causes sont souvent si liées entre elles et se touchent de si près qu'il n'eaf guère possible de les séparer ou de parler de Tune sans parler de l'autre.

Toutes louables et paternelles que soient les intentions du prince de stimuler le commerce et de le prémunir cpntre de noo¥ea^ décroissemens» il n'en est pas moins vrai que malgré les pertes que le négoce hollandais avait éppouvées , cette nation était encore alors celle qui faisait le plus grand commerce en Europe» elle était encore le premier marché et la caisse générale. Elle était aussi la seule nation qui embrassât dan» son commerce exactement la généralité des quatre parties du monde.

L'de de Bornéo appartenant aux Provinces-Unies , fournissait des diamans qui n'étaient pas d'une médiocre valeur, cela conste par une pierre de cette nature vendue en 1763, à Amsterdam. C'était un diamant Taborat de Bornéo , pesant 351^ grains ; il fut publiquement adjugé pour 80,000 floiins. Cette mine de diamans qui était exploitée {>ar les Chinois, offrait beaucoup de chances de développement , aussi bien que les mines d'or de Sumatra.

Après une paix assez longue, la guerre fut sur le point d'éclar ter entre la République et l'empereur Joseph II en 1784, i cause que ce prince exigeait l'ouverture de l'Escaut, qu'il tenta même de forcer ; néanmoins on entra en arrangemens , et l'empereur se contenta d'une somme d'argent assez considérable et de la remise des places de barrières.

La Répablique , fat sollicitée par la Porte ottoinanô , en 1610, de faire avec elle un traité d'amitié et de commeirce ; lès Etats-Grénéranx saisirent avec empressement Toccasioii d'étendre le commerce du Levant et de le mettre sur un pied plais favorable; ils envoyèrent un fondé de pouvoirs à Gonstantinople, qui conclut avec La Porte un traité accordant à la République non-seulement les avantages dont jouissaient les sujets des rois d^ Angleterre et de France, mais encore plusieurs autres. On établit des consuls dans les principales villes de la Turquie, et la République fut, à son grand avantage, mise en état de faire directement le commercé du Levant.

Le traité fait à Gonstantinople facilita d'ailleurs aux Etats- Grénéraux celui qu'ils conclurent, le 14 novembre 1622, avec le royaume de Tunis, ainsi que celui qu'ils firent la même année avec la ville et le royaume d'Alger, destinés particulièrement à assurer la navigation de la République contre les pirateries et les déprédations de ces nations barbaresques. Le traité avec Alger fut renouvelé en 1 626.

Déjà en 1609, le roi de Maroc avait envoyé une ambassade en Hollande , afin de négocier un traité de commerce avec la République ; les Etats-Généraux ne manquèrent pas de profiter de ces ouvertures pour étendre de nouveau le commerce, en concluant un traité avec ce prince. Néanmoins les négociations avec le roi de Perse et la Moscovie ne réussirent pas aussi promptement. Ge ne fut qu'en 1631 que les Etats parvinrent à conclure un traité avec le roi de Perse,par lequel il fut accordé aux Persans diverses immunités et avantages. Dans la même année, les Etats-Généraux obtinrent des conditions notables de la part de la Moscovie.

Les révolutions, qui de temps en temps troublaient la tranquillité dans le Nord , y altérèrent le commerce. En 1610, les Etats-Généraux envoyèrent une ambassade en Suède pour y

ii|iluDir Icstliilicultés du cnmmorcc deLivoDÎe. Trois iinoécs plus tard , la Kcpnbliquc se ligua avec la vîUe de Lubeck afin d'assurer la navigation dans la Balticpie. Ce traité, qui fut l'ait pour cinquante anaéps, força le roi de Danemarck à remettre les droits de passage du Sund sur le pied où ils avaient été précédemnient , et engagea même le roi de Suéde ■'t envoyer quelqu'un en Hollande pour conclure avec la République une alliance défensive et un traité de commeire.

L'alliance défensive et les traités furent laits en 1614, pour quinze années. Gustave Adolphe accéda par ce traité A celui que les Etals-Généraux venaient de conclure avec la ville de Luberk ; mais il n'empêcha pourtant pas ce prince d'imposer de nouveaux droits i\ Danizick , d(tQS le Pillau, à Riga et ailleui-s , droits qui entravèrent extrêmement le cammorce des Hollandais , et qu'ils ne purent faire lever , bien qu'ils aient réitéré i^ plusieurs reprises leurs sollicitations à cet égard.

L'amitié du roi de Danemarck, que les Etals-Généraux avaient accfui^e, conduisit à faire avec cette couronne, en 1621, UD traité d'alliance et de confédération, qui tendait à rassurer les Danois sur Tatliance de la République avec la Suède et la ville de Lubeck.

Les Etats-Généraux conclurent aussi cotte année tm traité 8vec la république de Venise , et après les protestations réciproques d'amitié , il fut convenu que , si l'une ou l'autre des deox Républiques était attaquée soit par terre soit par mer, l'autre devait lui fournir un secours de 50,000 11. par mois. L'Espagne et l'Autriche furent déclarées, pour les deux républiques, les ennemies que leur commerce eût le plus à redouter.

Tandis que les Ktats-Généraux travaillaient  alTcrmir

Qssurerle commerce et la aayîgatioii de M Répdblîqae, ils D'étaient {>as moins attenlife aux liaisons qni {idssènt WAtAbqer à la soutenir contre les forces de la ikionàrchie espttgtHAè. Delà le traité fait entre Frédéric, électeur palatin da Min, Joachim-Frédéric, margrave et électeur de Brandenbboi^ et Sigismond, margrave et électeur de Brandenbourg en Prasllé, Stettin et Pomeranie d'une part , et messeigneurs lei mMibrës des Etats-Généraux des Province»-Unies'd'autre|mrtv pMr la conservation des droits de leurs altesses électorales et dudit prince, sur les duchés de Jnliers^ Clèves etBergue, sur léë icomtés delà Marcket Ravensberg, et sur la seigneurie de Rav^tetd, etcDe là encoi^ le traité conclu le 10 mars 1622 /avec l'électeur de Brandenbourg, renouvelé le 23 octobre 1624 , et les autres traités faits successivement avec ce prince. Le traité de 1613 avec le comte palatin et quelques autres princes d'Allemagne, teùd au même but, ainsi que l'adhésion dn doc de Transylvanie de 1626 , au traité conclu le 9 déceitobre 1625 entre r Angleterre, le Danemarck et la République, et par lequel ce prince s'engage à marcher au secours des Etats-Généraux avec une armée de quinze mille hommes.

Le duc de Bragance ayant été placé en 1641 sàr le trône de Portugal , s'empressa d'envoyer un ambassadeur à La Haye pour y négocier un traité offensif et défensif contre TEspagne. Quoique les opinions fussent partagées sur le plus ou moiris d'utilité ^u'on pourrait recueillir de cette alliance ^ on ne négligea pas l'occasion de reserrer davantage encore là monarchie des Espagnës ^ et un traité de trêve de navigation et de commerce fut conclu avec ce prince; néanmoins on de s'engagea que pour les expéditions à faire de concert contré l'Espagne.

De tous les traités de la République avec les puissances étrangères il n'y en a point dont elle ait retiré plus d^avantagês que ceux qu'elle conclut successivement avec la France^

Henri I\ u'oulilia iwn de ca qui fiaiivail fuetUi; la HvpUr; bliquc eo iital de soutenir lu guerre contro l'Espagne . ut amvaiacii que les Hollandais n'avaient d'autre ressource pour ysiiffire.que les avanta(;es qu'ils retiraient du commerce, il le leur facilita de toute façon , même dans ses étals , aux mèines priviléjres que ses propres sujets. Celte pleine et r^^ciproqne liberté de conunerce oe fut point altérée par les traités qui furent successivement conclus avec la France en 1608 , 1609 , 1624, 1630, 1635, 1636, 1643, 1644 et 1647, les traités d'alliance avec cette cour furent, comme on le voit, alteruutivoment renouvelés jusqu'à la paix de Wostplialic . qui mit lin A la bonne harmonie qm avait sabnisté entm la France elles Provinces-Unies, depuis l'établiseement de la République,.

Outre les dilTércns engagcmens que la Képublii|uo contracta, tant pour se soutenir contie la puissance espagnole que pour le bien de son commerce et de sa navigation, elle permit encore aux Compagnies des Indes-Orientales et Occiiteotâlos de faire des traités relativement aui institutions, et on vit pour la première fols un rorps de négociaus traiter en souverain avec le.s monarques et les puissances.

Les Anglais , dont les intérêts ne se conciliaient pas loujoui-s avec ceux de la République, appréhendant penl-ètre que la navigation de cet état naissant, qu'ils ne purent s'empêcher de soutenir contre une monarchie dont ils redoutaient la puissance , pouvait leur nuire , furent moins faciles que les Français sur l'article du commerce ; cl si la République trouva de l'avantage dans l'établissement des marchands dits aventuriers, en Hollande, le traité du 25 juin 1608, entre Jacques Del les Etats-Généraux , ne favorisa pas moins les Anglais. Par ce même traité les autres points, relatifs au commerce, furent renvoyés à des conférences. Mais les raisons qui autrefois avaient porté l'Anglelerrc.ù accorder dos avantages com-

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