COMMERCE AVEC LA SUISSE
Ce commeixe se faisait par leKhin. La Suisse tirait de la
oUande des cotons et des toiles imprimées, des mousselines^
nies épiceries , des couleurs, des drogueries , des draps et autres
cétoffes de laine, des étoffes de soie, des velours, de l'ivore^ des
peaar, des baleines et diverses autres marchandises. Las principales villes avec lesquelles on traitait, étaient Zurich » Schafhouse» Berne, Saint-Gall, Bâle et Genève; Zurich fournissait de la soie d'Italie et de sa propre production , de la filoselle, des crêpes de soie et de deuil, etc. ; de Schafhouse , Berne et Saint-Gall , on importait les mêmes marchandises ; B&le foornissait moins à la Hollande qu'elle n'en recevait; Genève envoyait beaucoup de livres en- Hollande, qui , en échange y tipédiait les livres latins et français qu'on imprimait abondamm^il chez elle.
eOMMERCE AVEC LES PAYS-BAS AUTRICHIENS.
Ce commerce se faisait surtout avec les villes d*Anvers^. Bruxelles, Malines, Gand, Bru(][es, Tournay, Lille, Saint- Orner et Cambrày. On expédiait pour plusieurs de ces villes des étoffes de soie et de laine , des drogueries , des épiceries , de la potasse et de la védasse, du sucre , des harengs et du poisson salé. Anvers, Bruxelles et Maiines n'envoyaient guère que des dentelles, du fil fin et des tapis. De Gand et de plusieurs places environnantes, la Hollande recevait beaucoup de grains, du lin, des toiles et du fil. Menin et Courtrai fournissaient aussi des toiles; Bruges, des grains, desbazins, des flanelles, des toiles et des dentelles; Tournay , des tapis, des draperies, de tentures et des étoffes de tissage. De Lille on recrevait des étoffes de soie et de laine, du bouracan , des piqués et d*àutres étoffes, des dentelles et autres marchandises. Saint-Omer expédiait par Dunkerque une grande quantité de grains pour U Hollande, qui recevait delà même manière des toiles et des dentelles de Cambra y, aussi bien que de Mon» et' de Yalenciennes. Cambray fournissait en outre ces toiles fines qui portent encore le nom de cette ville. Le commerce en tous ces articles avec les Pays-Bas autrichiens diminua vers le milieu du dernier siècle. Les grains et les
toiles étaient les seuls articles de commerce qui semblassent devoir conserver leur activité.
COMBIÉRCE DU LEVAUT.
Il faut des éfoblissemens de coiliptoirs dans les différehtâs échelles du Levant où se fait le commerce. Qnoiqn'infinimrât réduit par la nouvelle route que les PortugaiJs firent pr^idre an commerce des Indes-Orientales, ce commerce qui jusquelà avait fait partie de celui du Levant, formait cependant encore une branche très-riche des relations de l'Europe. Il était à la naissance de la République dans les mains des Italiens, des Français et des Anglais; les Hollandais n'y prenaient part qu'en seconde main par TAUemagne et Tltalie. Ils n'avaient point eu encore la pensée d'étendre leur navigation dans les mers du Levant et d'établir des comptoirs dans les Echelles, sans le secours desquels il est très-difficile d'y trafiquer avec succès. Ce ne fut qu'en 1612 qu'à l'imitation des juifs réfugiés chez eux, et qui avaient, d'après l'opinion générale, établi des comptoirs partout , que les Hollandais commencèrent à en former et à naviguer dans toute la Méditerranée.
Cette navigation nouvelle devint bientôt assez considérable pour attirer l'attention de la ville d'Amsterdam et des Etats- Généraux. On désira la favoriser, et son importance, en était bien digne. Les Etats-Généraux firent des i;égleinens concernant cette navigation , et, à laf^emande de la ville d'Amsterdam, ils érigèrent en 1624 une chambiçç de direction, composée de huit directeurs, qui prit soin de tout ce qoi concernait la navigation de la Méditerranée» et fut chargée de régler tous les différends qui pouvaient s'élever à l'occasion de ce commerce. A cette chambre appartenaient aussi toutes les inspections de police et les attributions réglementaires.
he réglçuiefit ^ç 1624| fqt suivi da p^iisieui^ au ties, touchant la 9Ùreté de lapavigation de la Méditerranée. Le dernier qui est de IQ^S^ est celui qu*pA observa toujoursXe premier article afdoiui^t qifç tons les vaisseaux qi^i navigueraient dans cette mer seraient de 180 lasts de port, naontés de 24 pièces de ca* BOips^ du calibre de ciqq livres^ ainsi que de 50 hommes d'équipage» et qu'aucuQ v^fisseau n'irait dans cetfe mer^ai^ êtreacjOQ^pagné d'un autre pour être qfiieux en état de se défendre OQn^eles corsaires de Barbarie; quant au vaisseau agresseur, sa cargaison ét^it confisquée et il devait en outre payer une «miencle de mille ^ojrins.
Le second article portait qu^aucun bâtiment affrété par des j>articuUer^<et destiné pour la 9([éditerranée , ne pourrait être <4iaxgé de grains ni d'autres marchandises , à moins qu'il ne S^t équipé à prc|portion de sa gr^deur. Les bl^timens de cent laslA de port devaient être montés de 10 piéce^ de canons et .4e 70 hommes d'équipage; ceux de cent à cent cinquante lasts, de 12 pièces dccanons et de 24 hommes, et ceux de ,€9f|t cinqu wte à deux cents lasts de 14 pièces et de 32 homp)es, ^ tous les canons d^un calibre de quatre livres au
Ce sage règlement contenait douze articles, tous d'une importance rem^rqi,table i>our assurer le succès de cette navigation.
Les Hollandais s'claient d'ailleurs as^suré un avantage dan» la navigation de tpute la Méditerranée, qui leur rendait plus utile le comiperce du Levant et les mettait en état d'y soutenir ^Tec avantage la concurrence des Français, des Anglais et des jdéipp^jpsd'Italie* Ppur aj)précieri^t avantage , il faut d'àjbprd jeter qn coup -d'oeil s,ur l'assortiment des cargaisons des vaisseaqx expédiés de llollo^ade |M>ur le coifimerce de la: Ijléditerranéc.
Les articles qui composaient ces cargaisons, étaient principalement toutes sortes d'épiceries, da café, dn cacao, da gingembre , dn thé, des porcelaines, des toiles peintes des Indes , des mousselines , des étoflPes des Indes de toutes sortes , des batistes , des toiles fines de Hollande, de Flandre , de Silèsie et des camelots, des serges, des draps de tontes qualités, du vermillon, des bois de teinture, des drogueries des Indes, de la garance, des dents d'éléphant, des cuirs de Russie, des fanons et des huiles de baleine, du cuivre rouge et jaune, du fer, du plomb, de l'étain, de Facier, du goudron, du brai , àe la résine, du musc, de Tambre, de la civette, de la quincaillerie, des poissons secs et salés > du caviar, etc. , etc.
La plupart de ces articles ne convenaient qu*au commerce de France et d'Italie. Les vaisseaux hollandais trouvèrent d'abord un bénéfice dans la route du Levant en faisant échelle dans la Méditerranée, où ilsassortissaient encore souvent leurs cargaisons destinées uniquement pour le Levant. L'indigo, le café de Martinique et les draps de Languedoc, étaient depuis longtemps les principaux articles favorablement accueillis dans le Levant, et ils pouvaient s'en pourvoir en touchant à Marseille, et les porter ainsi dans le Levant à des prix aussi avantageux que les Français; c'est par ces trois articles, surtout par les draps de Languedoc, que les Français ont pris dans le commerce du Levant une grande supériorité sur les Anglais. Le commerce s'y faisait en grande partie au comptant , mais au moyen des marchandises de leurs cargaisons qui convenaient aux Italiens, les Hollandais s'y pourvoyaient de piastres et de seqnins pour le commerce du Levant.
La navigation dans la Méditerranée fut pratiquée par les Hollandais, de la manière que nous venons de décrire, dès les premiers temps qu^ils s'adonnèrent à cette navigation; c'est ainsi qu'ils firent servir le commerce d'Italie en y faisant échelle , à les aider dans le commerce du Levant , comme an-
(refoîs ils avaient fait servîp celui de l^AlIemagne aox progrès decelui de l'Italie et du Levant, lorsqu'ils faisaient le commerce par terre» à travers TÂUemagne et te Tyrol.
En 1624 on établit à Amsterdam un chambre Formée de huit directeurs, chargés de travailler au succès du commerce du Levant et de la navigation de la Méditerranée. Cette chambre s^étant établie par Tintervention des magistrats de la ville, elle s'était adjoint tons les employés nécessaire» pour exercer une bonne police.
La chambre prélevait, en vertu de plusieurs arrêtés de» Etat»-Généraux, un florin par lastdetous les bâtimens faisant voile pour la Méditerranée en général , et un pour cent èes denrées venant du Levant; ce seul prélèvement d'un pour cent sur toutes les mai*chandises à Feutrée a produit :
Florins. Soh, Dtniera.
Eo 1691]
: ir "«> - ' - »■
» 1701 136 - la — 0.
Par ces chifflres , on peat se former è-pen-près uœ idée de la Talear des denrées qui ont alors été importées do Levant ; les années suivantes ont produit encore davantage ; néanmoins , depuis , le commerce du Levant a déchu; et cependant
quelques régences, daqs plusieurs ports de mer du Levant, exigèrent un tribut de la chambre, qui payait do ses revenus les intérêts des rentes à sa charge; elle les amortissait même. Une partie des traitemens des ambassadeurs à G)nstantinople , des consuls et les autres employés au Levant , et les pré$ens aux fonctionnaires turcs, tombaient encore à sa charge. Toutes ces dépenses montaient , d'après les documens oflSciels préscptés aux Etats en 1703, au moins à dix mille rixdalers par semestre. Les directeurs convinrent en 1709 avec les négociais qui allaient au Levant, que les frais extraordinaires, dont los régences de Smyrne et de Constantinople frapperaient le commerce hollandais, seraient supportés par la chambre, usais que néanmoins, chaque Néerlandais paierait persounçUement les amendes que son incooduite lui attirerait; que si cep^n,dant quelque particulier était injustement inculpé , alors la chambre l'indemniserait des frais. Ce principe fut amisi adopté en ce qui concernait les charges que les bateliers transportaient sur les navires.
Les denrées que la Hollande importait du Levantetdela Méditerranée, étaient des épiceries, du cacao, du gingembre, du thé, des porcelaines, des alésoirs, de la moiisseline, des soies des Indes, des toiles fines, des draps fins, des étoffes de laine , du fil , du ruban , des baleines t£|illées , du cuivre , du fer, del'étain, du plomb,, du fer-blanc, de Tivoii^e, des bois de teinture, de la garance, des harengs. Les navires hollandais rapportaient d'Italie toutes sortes de denrées de prix. Gênes fournissait des éioSes de soie, des tapis, des draps d'or et d'argent, de lasoieécrue, de l'huile, du savon, du riz, des drogueries, des blocs de marbre, etc. Venise livrait du riz; Vérone, des dentelles, des verres à miroirs et autres, des drogues, du soufre , de la graine d'anis;^ et Bergame, Turin, Bologne etUodèiie nous envayaient aussi des soies écrues; Parme fournissait du fromage excellent; cependant le commerce, de quelques-unes de ces villes se faisait par
Venise ou par terre à travers rAllein^gn^ ; Smjrrne en* fojait du fil de Turquie et du poil de chameaux, des drogue^ ries, des noix de galle , deFalnn» du coton, de magnifiques tapis de pieds, ainsi que de la cire, etc. De Ckmstantinople (oà ce commerce s'était depuis quelque temps beaucoup défeloppé) on tirait à-peu-prôs les mêmes article» que de Smyrne. Alexandrie est le port le pins rapproché de la ▼ille d'Alep; les denrées qu'on envoyait à cette ville devaient se charger à Alexandrie sur des chameaux ou de» miilc^îf. Alep nous fournissait des noix de galle, du poil de chèvre, du feutre, du coton et du fil de coton, deTencens, de la soie, et des toiles. La ville d'Alexandrie en Egypte étant aussi comprise au nombre des villes du Levant , et fréquentée également par les Néerlandais, on y allait chercher du safran et tontes sortes de drogueries. Le Grand-Caire qui était également visité par les Hollandais, fournissait les mêmes marchandises, ainsi que les momies d'Egypte dont on se sert dans la pharmacie et pour la peinture fine.
Les Hollandais ont de tous temps rapporté de la Méditerranée , et surtout de l'Italie, de» blocs de marbre blanc, afin de compléter les cargaisons de retour; ces marbres étaient travaillés dans les villes, surtout à Amsterdam; aussi les maisons en Hollande, mêmecelles de moindre apparence, sont-elles à l'entrée, pavées de marbre blanc; les plus opulentes en sont ornées au point qu'Amsterdam est, après les villes d'Italie, peut-être celle de toutes les cités de l'Europe qui présente le plus de luxe en beau marbre.