‹ Essai sur l'importance du commerce, de la navigation et de l'industrie, dans les provinces formant le royaume des Pays-Bas, depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1830Chapitre 39 sur 126 · DU COMMERCE DE CHANGE · texte numérisé non relu

DU COMMERCE DE CHANGE

Les monnaies de chaque Etat ont outre leur valeur monétaire une valeur relative, dans le sens qu'on les compare avec le» monnaies des autres pays, c'est cette valeur relative que le change établit. Cette valeur relative dépend

beaucoup de fo valeur positive ; elle est fixée par Testimation des négocians , bien plus que par les ordonnances du Prince, parce qu'elle varie sans cesse et dépend de mille «iroonslances.

Pour fixer la valeur relative , on se règle ordinairement sur celle des nations qui possède le plus de numéraire, et à cette époque, c'était la Hollande, qui était cette nation dont nous parlons; les Hollandais réglaient le change de presque toute l'Europe et cela suivant leurs propres intérêts.

Les négocians de Hollande faisaient un crédit immense à l'Europe; ce crédit leur procurait une provision d'un demi pour cent; pour apprécier l'importance de cet objet, il est nécessaire de faire attention aux limites dans lesquelles le numéraire était circonscrit , et à celles des marchandises qui circulaient dans le commerce de l'Europe. La somme du numéraire qui était dans les caisses des négocians, ne pouvait représenter le quart de la valeur des marchandises qui étaient en circulation ; de là cette somme immense toujours circulant en Europe en lettres de change qui ont pour valeur des marchandises que ces effets représentent.

On peut estimer à plusieurs milliards le montant de papiermonnaie que les négocians mirent en circulation dans le com* merce de l'Europe; une grande partie de cette somme énorme était alors fournie par les négocians de la Hollande, et ces derniers ne mettaient que très-peu de ce papier-monnaie pour leur compte, et par conséquent sans profision d'un demi pour cent.

Pour se former une idée du bénéfice que ce papier-monnaie procurait au commerce de la Hollande, il est utile d'ajouter qu'il se renouvelait, en général, tous les deux mois, en sorte que si les négocians hollandais ont tiré ou ac-

capté pour compte des étrangers pour deux cents millions circulant tonte Tannée, leur bénéfice d'un demi pour cent a dû monter à la fin de l'année à six millions; et c'est une évaluation modérée pour ce temps où le commerce était si florissant.

Or, la cause principale de ce bénéfice n'était pas seulement dans l'abondance du numéraire en Hollande, on la troute aussi dans le grand nombre de magasins d'^itrepôts et dans les nombreux Tentes et achats de marchandises qui s'y faisaient pour le compte des négocians étrangers, de façon qu'en diminuant l'importation et l'exportation des marchandises on réduit le bénéfice , en privant le commerce des occasions de tirer et d'a^epter pour le compte des étrangers , et de leur offrir ainsi un crédit avec le bénéfice d'un demi pour cent.

Cette cause est la même qui atténuerait le commerce de commission, qui diminue en raison des importations et des exportations.

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