‹ Essai sur l'importance du commerce, de la navigation et de l'industrie, dans les provinces formant le royaume des Pays-Bas, depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1830Chapitre 41 sur 126 · PÊCHES DIVERSES · texte numérisé non relu

PÊCHES DIVERSES

PâcHE DU HARENG.

La pêche du hareng était extrêmement florissante en 1601. La Hollande envoyait quinze cents bateaux dit huizen à cette pêche j et selon un auteur, ce nombre se serait accru jusqu'à trois mille -m la pêdle s'était maintenue dans cet état ; mais elle a beaucoup diminué dans le siècle suivant. Yoict ^un relavé présmtant le nombre des bfttimens qui allaient à la pêche du hareng en 1738.

— in ^

De yiaardingue . . . 84flibot8

12 chasse-marée.

7> Enikhoiz&n .... 00 y>

7> Maâslandsluis. . . 19 y>

7> Rotterdam .... 10 y>

7> Delftsha?en. ... 15 »

r> De Rijp 13 j>

r> Schîedam 12 7>

Total 219flibot8.

31 chasse-marée.

Ce nombre a diminué encore depuis; en 1747 les Hollandais n^ont employé que 200 bâtimens à la pêche du hareng ; en 1705 le nombre n'en a été que de 100, savoir :

yiaat'dingue 09

Enkhnizen 40

Haaslandsluis 15

Rotterdam 0

Delftshaven 9

Rijp 14

Schiedam 7

Total. . . 100

En 1773 le nombre des bâtimens ou flibots fut de 109 et en 1775 cette pêche aurait été peut-être abandonnée tout-àfait sans renconraçemcsit que les Etats de Hollande ont cru devoir lui donner, en accordant cinq cents florins de prime d'encouragement pour chaque flibot qui serait mis en mer et employé à la pêche du hareng.

' Malgré la défaveur dans laquelle cette pêoheétait tombée, le pays en retirait encore de grands bénéfices. On fait monter à vingt mille le nombre d^individas qui en tiraient leor subsistance, c><^-ik-dire, ceux qui trafiquaient en boispro-

pre à la fabrication des tonneaox ou barils , en bois de construction, les marchands de sel, de chanvre, de canevas ou de toile à voiles, etc., etc., qui y trouvaient un grand profit , ainsi que ceux qui fabriquaient et réparaient les filets , le cerclage, ceux qui encaquaient les harengs, les chassemarée , les revendeurs , eta

On faisait des envois considérables de harengs en Amérique , en Pologne , en Allemagne , et surtout dans les villes Anséatiques.

La régence de Rotterdam accorda plusieurs privilèges, pour stimuler le zèle des armateurs pour la pêche du hareng (haringreeders). Ils eurent une place franche à l'église , ils furent exempts de la garde bourgeoise et ne furent obligés de ne se charger d'aucune fortune administrative d'hospices ou de bienfaisance, et outre qu'on leva tout impôt qu'on payait auparavant sur le hareng , on leur avait de plus accordé tôO florins pour chaque flibot qu'ils équiperaient; cette dernière faveur est depuis longtemps en désuétude.

Un écrivain du temps porte à huit millions par an le produit qui revint à l'Etat de la pêche du hareng, somme dont il faudrait déduire les frais de l'équipement. Suivant son calcul , il partait, année commune, dans le XVIIe siècle mille bâtimens pour cette pêche, qui faisaient trois voyages par an, et qui, l'un dans l'autre, rapportaient chacun quarante lasts de harengs , ce qui, compté à 200 fl. par last, représente les huit millions.

Les Hollandais s'adonnèrent encore à la pêche d'autres faariengs que les harengs salés on secs ; ce sont ceux qu'on mange frais , secs ou fqmés ; cette dernière sorte est le hareng saur ; U s'en fait une pêche assez considérable dans le Zuiderzee ; on les fume ensuite à Harderwyk , à Enkhuizen, à Amsterdam et

dans piasieors endroits, il s'en fait même des enrois assez considérables à l'étranger. *)

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