PÊCHE DANS LES PAYS-BAS AUTRICHIENS
La pêche prospérait à Nieuwport et à Ostende lorsque les guerres civiles , sous le règne de Philippe II, diminuèrent beaucoup le nombre des armemens.
Les Dunkerquois et les Ostendois armèrent en common plusieurs navires convoyeurs, et l'on a conservé la tradition
des efforts que les Flai^ands Grent pour prévenir la décadence de leurs pêches.
Si dans la suite ces efforts s'affaiblirent , les guerres continuelles et l'apathie des gouverneurs espagnols pour la prospérité du commerce et de l'industrie, en furent la principale cause.
Sous le régime autrichien et jusqu'à l'invasion de la Belgique par les Français, en 1794, les armemens pour la pèche ont prospéré en Flandre» en proportion de l'encouragement que le gouvernement leur accordait *).
En 1727, on essaya d'établir à Nieuwport une grande compagnie de pêche , mais elle déchut dans la suite par les mêmes causes qui avaient anéanti le commerce maritime en 1731.
Vers le milieu du XVIIIc siècle, les pêches flamandes furent encouragées par des exemptions de droits et autres immunités; et en 17S5, la cour de Bruxelles décréta la prohibition à l'entrée en Belgique de toute morue provenant de pêche étrangère»
Le 12 mai 17S9, le gouvernement des Pays-Bas autriehiens rendit une ordonnance pour la police intérieure des pêches; à Nieuwport et à Ostende on en observe encore , quoique sans obligation , les principaux statuts.
En 1790, les ports de la Flandre autrichienne , qui, vingt ans auparavant, n*avaient guère plus de trente bateaux, en possédaient maintenant environ cent et vingt; ce progrès avait pour cause principale l'attention que le gouvernement portait à la prospérité de la pêche nationale.
*) On p«ut encore consulter les Recuûii» dss Mémoires sur U commsreêy et U» fiicês relatives à la pêche nationa le, \Çd7.lU témoignent des efforts fiits ponr améliortr ^^ette branche d'industrie dans les ailles maritimes.
PRINCIPALES BRANCHES d'iNDUSTRIE.
Tapis.
Les tapis de Flandre ont servi de modèle aux manufactares ^ui s'établirent pins tard en France.
Le premier établissement d'une manufacture de tapisseries de cette espèce en.France, est du à Henri IV et à son ministre Sully.
Des lettres-patentes furent expédiées an mois de janvier t607, où il est parlé expressément de l'établissement d'une manufacture de tapisseries façon de Flandre , au faubourg Saint-Crermain.
Mais ce ne fut qu'au mois de novembre 1667 , que Colbert accorda à cette industrie une protection particulière et ane existence* assurée, en^ la plaçant dans le local appelé aujourd'hui les Grobelins. La direction en fut confiée au célèbre Lebrun.
Les manufactures de Bruxelles renommées pour les tapis de tentures, tombèrent insensiblement, et depuis longtemps elles n'existent plus» surtout depuis que les papiers de tentures ont plus généralement remplacé les tapisseries.
Parmi les manufactures créées en Belgique, on peut classer et même distinguer celle du cuir doré, à arabesques et à figures; on la devait aux Malinois. Les gens aisés y trouvaient une tenture riche et durable pour leurs appartemens ; néanmoins cette fabrication, quoique beaucoup perfectionnée, est depuis longtemps tombée, par le même motif qui avait fait abandonner les tapis de tenture , c'est-à-dire » par l'élévation du prix et le désir de varier pins souvent le^
aneiiblemais aii moyen des papiers plas firaî» et si faciles à renouyeler à des prix modiques.
Toiles^
Le commerce des toiles était important en Belgique; il comm^iça à prendre une nouvelle vie sous les archiducs, et à mesure que les campagnes se repeuplaient, et que la culture reprenait son activité , les métiers à tisser la toile, surtout en Flandre où la qualité du lin est supérieure à celui que Ton récoltait en d'autres pays , allèrent toujours croissant. Les marchés de la Flandre s'approvisionnaient insensiblement; sous Tempereur Charles et sous Marie-Thérèse, il fat promulgué plusieurs ordonnances pour favoriser cette^ importante fabrication; on comptait qu'aa seul marché de Grande il se vendait, année commune, de 1735 à 1750,. 61 à 62,000 pièces de toiles; Tédit de 1750 ayant mis de» «ntraves à l'exportation du lin brut, la fabrication des toiles y profita encore (peut-être aussi d'autres causes ont-elles contribué a son développement ;) de 1750 à 1765, le nombre des pièces au même marché , fut, année commune, de plus de 80,000; à cette époque, le commerce était déjà très-actif avec l'Espagne , et il contribua à la fortune des négocians de plusieurs villes , au bien-être et à l'aisance dans les campagnes des Flandres et d'une partie du Brabant.
Vers la première moitié du XVUIc siècle, les Pays-Bas autrichiens entrèrent en commerce avec la Hollande au sujet de quelques fabriques, entre antres celles pour l'impression de toiles peintes et les raffineries de sucre ^ déjà importantes par la consommation intérieure ; ainsi que pour les moulins à scierie bois, pour les moulins à l'huile de colzat et les moulins à papier; ceux-ci, néanmoins, n'ont pas pu soutenir la con-
Gurrence avec ceux de France qui les fournirent à plus bas prix.
L'art d'^imprimer le coton n'y été introduit, sur une certaine échelle, que pendant la seconde moitié du XYIII® siècle. Gand posséda vers ce temps plusieurs établissemens importans dés leur origine , et qui se sont encore multipliés et développés plus tard.
Le pays de Liège avait aussi dès ce temps acquis de Tim* portanoe par le» produits de son sol ^ ses manufactures et son commerce.
Les Pays-Bas autrichiens tirèrent en échange des toiles et des bestiaux qu'ils exportèrent; des vins divers, des eaux-devie^ des liqueurs, des vinaigres, des fruits, etc.; un auteur distingué porte la valeur de ces objets peur la seule province de Flandres, en 1778, de 2 à 2| millions de livres tournois.
SECONDE PARTIE