‹ Essai sur l'importance du commerce, de la navigation et de l'industrie, dans les provinces formant le royaume des Pays-Bas, depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1830Chapitre 50 sur 126 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

Etat du commerce^ de In navigation et de l'industrie dans les Provinces-Unies ^ sous le gouvernement d'état, (Staatsbewind), sous le roi Louis et pendant la réunion de la France {de 1794 d 1813).

[A révolution française survint, et la Hollande fut mqnise par la France *). L'Angleterre , de son côté . ^ne manqua pas de s'emparer de toutes les colonies 'Orientales ou Occidentales néerlandaises, qui se trouvèrent à sa convenance ; à cette époque le commerce d'Am-

*) Voici let princi|Miiz fidtt qui caracléritent cette époque importante :

Ea 1794, lea Françaif conquirent la Belgique, prennent 1*£c1um, ioit-le-Duc, Yealo et IVaeatricht; ils passent le Wahal sur la glace pendant un hiver trét-rigoureni,

t^terdam ayait déjà en quelque sorte diminué , mais c'est l'invasion des Français , qui coûta d'ailleurs à la Hollande des sommes énormes , qui lui porta un coup mortel , et Londres t^ éleva encore sur les débris du commerce d'Amsterdam , et consolida par là son empire sur les mers.

Le chiffre des bâtimens entrés au Texel et au Vlie en 1794, montait à 2,479; deux années auparavant ce chiffre s'était élevé à 2,805; tandis que le terme moyen des années 1775 à 1795 (les deux années de guerre avec l'Angleterre excep* tées) présente un relevé de 4,140 navires , sortis des ports de la Hollande. L'état du commerce de ces 20 années était à peu près le même au commencement que vers la fin de ce terme. Dans l'année de paix de 1802, 3,548 voiles étaient entrées à Amsterdam et 1,786 dans la Meuse; enfin

ils pénétrent au cœur de la Hollande , quelques villes ouvrent lenra portes. La fermentation des partis qui existaient depuis 1787 et des partis révolutionnaires de France, lea favorisa; alors les Provinces-Unies, alliées de la France, en apparence, tandis qu'elles nVn étaient en réalité que les tributaires , voient s'anéantir en peu d'anaées leurs forott navale», leur commerce; elles perdent leurs établissemens d*outre-mer, elles sont grevées d'énormes contributions, sous prétexte de fournir les secours nécessaires à l'étâbliséement et ii la défense de la liberté et de Pénalité, dentelles étaietti depuis deux cents ans la terre classique. £n 1795 , les Etats'Généraux et les assemblées provinciales abolissent le stadboudérat héréditaire. En 1796, la République Batave est régie par une assemblée nationale. En 17^ , la constitution est mise en vigueur; il y eut un directoire à Tinstar de celui de France. En 1802 , la paix d*Amiense*t signée; pat un éeê értioles , l'importante ile de Ceyian est cédée aux Anglais. En 18 jS^ la guerre recemmemce. En 1805 , Schimmelpenninck est nomme grand-pensionnaire de la lépU" blique ; sa puissance fut presque égale à celle de la royauté.

Ëû 1805 , Louis-Napoléon , connétable de TEmpire français , est nommé roi de Hollande. En 1807, pendant la guerre que son frère faisait en Prusse et en Pologne ^ il s'empare de Munster et autres villes , qu'on sait avoir été temporairement attachées à son royaume. En 1809, les Anglais échouent dans la descente à l'île deWalcheren; Napoléon réunit à la France d'abord Flessingue; ensuite le Brabant hollandais; Louis favorise le commerce maritime; son frère irrité , ou plutôt pro6tant de cette infraction au blocus continental, pour exécuter ses ambitieux projets , exige son abdication ; en 1810, alors le royaume de Hollande est incorporé dans le vaste empire (hinçais, pour •n faire un département.

en 1812 et 1813 on ?it à peine entrer , chaque année, 40 navires à Amsterdam , et tout au plus 10 bàtimens de mer dans la Meuse.

Lorsqu'on examine de près les mœurs et le caractère de ce peuple , on reconnait , dit Tauteurdes Documens historié quts sur la Hollande ^ ses vertus, sa candeur , son bon sens , son attachement à ses devoirs, sa patience^ son amour du travail , sa modération dans les plaisirs , sa gratitude et son amour envers Tauteur de tout bien ; lorsqu'on examine Tap* titude des Hollandais pour tout ce qu'ils ont produit en tout genre sans exception , Tétat parfait de leur agriculture, de leur commerce , des sciences et des arts , le haut degré de leur civilisation et de leurs lumières; on comparerait plotôt ce peuple k une réunion de philosophes indignes des travers , des maux et des folies des autres hommes *) et cherchant à vivre dans un coin retiré , selon leur raison et leur conscience, et regardant en pitié le faste, les plaisirs bruyans , la grandeur , le luxe , la frivolité et l'immoralité des autres; ou bien à un peuple choisi , destioé par l'Eternel à servir de modèle aux nations.

Les Hollandais aiment naturellement le travail et la rie domestique ; ils se consolaient de la gêne où les tenaient tous lea sac»'ifices qu'on exigeait d^eux^ par la certitude de ne céder qu'à la force , par la possibilité qui existait encore pour eux en ce moment , de faire face à tous leurs besoins , en redoublant de zèle , d'industrie et de travail : la mer , lenr véritable sol , ne leur était point fermée ; ils espéraient

*) Cet éloge donné à la nation hollandaise n'était pas seulement le résultat de l'cipérience , mais c'étaient des paroles prophétiques sur la contenance pleine de dignité et de finrce, que hi Hollandr a prise aprè^ la réfolulion de 1830.

encore la conclusion de la paix maritime, qui devait leor rmidre nécessairement une indépendance réelle et une entière liberté de commerce.

Le commerce fleurira toujours en Hollande, tant qu'elle sera indépendante ; parce que sa situation la force à se li- Trer au commerce , comme le pays éloigné de la mer est par la nature créé pour l'agriculture. Il était encore plehi de vie en 1806, plus que le roi Louis ne se Tétait imaginé, et il se promit bien de tout entreprendre pour l'encourager , •ans vouloir cependant le diriger , ou lui indiquer les routes à suivre.

n n'y avait point de communications régulières avoiiéesi avec l'Angleterre. On entretenait encore des relations avec Batavia par l'Amérique. Celles avec la Guiana étaient interrompues ; mais les Anglais n'empêchaient pas les propriétaires Hollandais de percevoir leurs revenus , quoique cela ne se fit pas sans peine. La Hollande, après avoir perdu Batavia et les petits établissemens à Amboine et aux autres points des Molucques , ne conservait de ses colonies que File de Curaçao, celle de St-£ustache, les rochers de Saba , Saint- Martin en Amérique , et ses postes militaires sur les côtes de Guinée ; elle venait de perdre récemment le Cap de Bonne- Espérance.

La petite pêche, ou celle de la baleine, existait à peine ; mais il sortait encore annuellement un bon nombre de bàtimens pour la grande pêche , ou celle des harengs , des ports d'Enkhuizen , Hoom , Harlingue , etc.

Les manufactures et les fabriques étaient en décadence. On sentait la nécessité de prendre à cet égard des mesures générales et bien entendues ; mais il était difficile d'y remédier, parce que leur décadence ne provenait point du manque

deièle^ou de moyens, mais de ce que les arts. ayant fait plas. de progrès dans les autres pays , où les mattères première sont à un prix moindre, ils leur donnaient daui grands avantages sur la Hollande , d'abord celui de la modicité du prix d'achat ; et en second lieu , celui d'une main* d*oenyre moins coûteuse, résultat de la simplification des procédés , et de leur perfectionnement. Néanmoins les manufactures de draps de Leide, de Tilbonrg, d'Eindhoven, etc. , les fabriques de toiles d'Overyssel , les blanchisseries de Harlem , les fabriques de papier, celles de tabac , étaient encx>re en activité , mais souffraient chaque jour davantage par les tarifs et les lois de douanes établis en France, lois et tarife que Ton changeait souvent sans raison et sans qu'on y fût préparé à l'étranger. C'est à quoi le roi espérait remédier par la conclusion du traité de commerce , solennellennent promis lors de la rédaction des lois constitutionnelles à Paris , le 24 mai 1806. Mais il réclama vainement l'aocomit de cet engagement.

Iln*est peut-être pas hoi's de propos de faire suivre une esquisse de l'état déplorable des finances de la Hollande vers* le milieu de Tannée 1806.

Les dépenses courantes mensuelles s'élevaient à 6 millions, et les rentes de la dette étaient de trois millions par mois. . Le paiement des rentes étant en retitrd de trois mois 9 millions. Les dépenses courantes du mois de juillet . . 6 7> Sjépenses courantes arriérées , indépendantes des dettes, soit pour la guerre , la marine , etc. , . y compris l'affaire de la Compagnie Wils. . . 35 »

Demanièrequ'ily avait à payer en juillet. . 50 millions.

Dans les catsèes deTétat il se trouvait quelques centaines de drille florins. .^ -

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