IMPORTATIONS
La description des importations est de peu de consé<}uence en comparaison des exportations.
Le coton fabriqué était importé des côtes de Malabar et de
*) Il coûte dciix piastres le coyang de 4680 livres brut.
Coromandel avant l'aiTivée des Européens; la dale de rimpoi'tatîonde ces étoffes d'Europe ne remonte qu'à 1811, lors de l'occupation militaire de Java par les Anglais. La consommation n'excédait point 5000 pièces avant ce temps ; elle fut alors de 15,000 pièces qui se vendaient avec 200 p. c. d'avance.
Les principaux articles de coton sont : des impressions, des blancs, des mouchoirs et des velours.
Les cotons madopolames de Manchester et ceux de Glasgow, se placent à Java. Le Bandana, espèce de mouchoir fabriqué aussi à Glasgow, a remplacé ceux fabriqués an Indes, tant pour les Javanois et les Malais que pour les Chinois *).
Les velours de coton sont beaucoup demandés par les personnes riches de Java et de tout l'Archipel. Les couleurs favorites sont le vert foncé, le marin et le bleu, avec des dessins fleurnges.
Les lainages forment un article considérable et toujours croissant d'importation. Les draps du comté d'York se placent fort avantageusement avec 100 p. c. d'avance. Les couleurs favorites sont l'écarlate, le vert, le brun et le bleu f ).
Divers petits articles d'habillement sont achetés principalement par les colons , tels que les chapaux , les souliers , les bottes, ete.
*) M. Marchai signale ces articles de fabrique anglaise afin de les remplacer autant {ue possible par des tissus de nos manufactures de Bruxelles , de Gand , etc. etc.
f) Nos drapsde fabrication indigène pourront aussi évincer entièrement ceux de 'Angleterre.
Le fer est un article considérable d'importation. Le fer de Suède se vendait 13 piastres le pikol (135 livres) avant Tannée 1811. Ce métal est importé brut et ouvragé et en acier. On en importe environ 28,000 quintaui. L'acier de Suède est en petites barres d'un demi pouce d'épaisseur et de 5 à 8 pouces de longueur.
Parmi les fers ouvragés/ la coutellerie, les serrures et pentures , les objets de charroi , les ancres et autres articles semblables, se placent aisément. Enfin Ton importe de la Chine des poêles pour les sucreries *).
On importe un grand nombre d'ustensiles de cuivre de l'Europe et beaucoup de cuivre non fabriqué du Japon ; on se sert de feuilles de cuivre pour le doublage des navires européens et pour fabriquer différons instrumens de musique.
Les articles platinés et entr'autres les chandeliers sont demandés.
Les armes de luxe et de munition sont recherchées par les Indiens ; ainsi que les canons de bronze de petit calibre , la poudre à canon et les mousquets. Les marchands arabes et chinois ont besoin d* artillerie, pour protéger leur» navires contre les attaques des pirates f ).
Les objets de verrerie et les cristaux se placent avantageusement.
*) Les fabriques de Liège Iroiivcraicni encore un débouché pour cela à Java.
Wos usines du Luxcmbnnr[;ponrrairnl ojirore entrer en concurrence sur cet objet vec TAniçleterre.
Le fayence earopéenne se place aussi quoiqu'elle soit en concurrence avec la porcelaine tommune de Chine. Nos verreries de Venesge et nos fabriques de Tournai, offrent encore des articles à meilleur prix que ceux de TAngleterre,
Parmi les dro{][ues le cinchonie et le calomel se ven* dent bien.
Le papier européen remplacerait facilement celui qu'on tire de Chine , dont on fait un grand usage dans T Archipel indien. Nos papeteries des Pays-Bas trouveraient encore nn débouché à Java.
Les soies brutes et fabriquées sont fournies par la Chine et par leTonquin. Si un jour on parvient à acclimater cette branche d'industrie parmi nous, le commerce de l'Inde pourrait la ramener.
L'opium a toujours été un article considérable d'importation ; c'est le Bengale qui le fournit presque totalement ; la culture y est un monopole; la vente de cette d'enréese fait publiquement àCalcuta, deux fois par an.
L'histoire de l'introduction de l'opium turc est d'un certain intérêt sous le rapport commercial. D'abord il y eut un fort préjugé contre cette denrée; en 1815 les fermiers diinois contractèrent pour en fournir quelques colis , au tiers des prix de celui du Bengale ; ils en fournirent ensuite un quart; en 1817 ils en fournirent la moitié, en 1818 les trois quarts de leur fermage.
Le thé a été introduit dès les premiers temps du commerce chinois avec l'Archipel indien. Le principal port d'exportation est Emoy; il coiile 8 y^iy ^^ piastre le pikol, ce qui est 50
pour cent moins cher qu a Canton. Les bénéfices du détatl à Java sont 200 à 300 p. c. snr le prix d'Ëmoy. Dans les premiers temps du commerce des Européens , rArohipel indien exportait le thé en Europe ; au commencement do XVIII^ siècle les Anglais commencèrent à trafiquer directement aTec la Chine. L'Europe consomme maintenant 27 millions de livres de thé par an, dont 22 millions en Angleterre. Les Etats-Unis d'Amérique en consomment 25 millions de livres ^). *
M. Marchai ajoute à cette liste d'importations les farines, dont M.CrawfordetRaffles n*ont point parlé; les Américains se sont emparés de ce commerce qui exige des préparations pour les exportatione au-delà de la ligne. Aucun pays n'est plus favorable que le nôtre pour ce genre de commerce. Les proeé*^ dés préparatoires sont d'une exécution facile parinî noas.'Ob<^' servons cependant que les Européens seuls consomment ^tes farines à Java: Les Indiens ne mangent que du riz et la reli<gion leur interdit de toucher à la plupart des met9 des Européens.
*) La Chine est le seul pays de la terre qui produise d'excellent thé, celai dn Japon loi est inférieur ; les thés de Tonquin et de Cochinchinc sont de qualité commune et seulement en usage pour le peuple. Le thé noir provient du nord-ouest du Fokien «l le thé vert de Kiang-Nan , dans le voisinage de la ville de Wé-Chou-Fou. Le Fokien est-isolé du reste de Perapire,par une chaîne de montagnes. C'est dans leur» vallées appelées Bou yc, que croît le thé noir, de là vient son nom anglais de thé hod. II va 320milles de distance entre les limites de la culture de thé noir et de thé ▼ert. Canton est le seul entrepôt où les £uropéen8 achètent cette production. Le thé noir y arrÎTe par mer , par canaux ou par porte-faix. Le thé vert vient d'un distance de 700 à 800 milles anglais.
M. Crawford établit un calcul comparatif qui prouve que le thé noir, au lieu d*étre exporté par Canton, arriverait à la ville maritime de Chou-Chou-Fou, par un voyage en quatre jours , par la rivière de Min.
Le thé vert se transporte encore plus facilement à la côte par rTan-Che-Kiaiig et pourrait venir directement à Java dans le même espace de temps. V. Crawford termine ses observations en démontrant qu'une jonque chinoise importe le thé avec 46 pour cent de profit par navire européen.
La l|>ftrHë de aos possesssioDs dans les Indes-Orientales . connues sons les noms de Java cl Madura, est partagée en trois divisions dont ta première k l'ouest comprend Batavia et Bantam; la seconde au contre se compose de Chéi-ibon, Tapai, Pekalonganp, Samarang, Japara, avec Joana et Rembang, et la troisième à l'est est ioimée doGi'issée, Soerabaya, Pnssaroeang, Propalingo avec Bezoekie, Banjoeivangie, et CTillB de l'île de Madura, adjacente au uord-est à celle de Java, et où se trouvent Bankalan, Pamakassan et Sumanap. On doit observer aussi 'que ces vastes possessions, d'une é(en< due de 10 degrés en longitude (du tOS^' nu 1 1&<^) et d'environ 3 degrés en latitude sud, (depiu's le 6^ jusqu'au 9'), ne compreanent pas tous les domaines <cfu royaume des Pays-Bas anx fndes-Orientales; elles n'en sont même qu'une faible partie encomparaisoh des iles de Bornéo, Sumatra, Célébes, Mol- Inqnes, de Banca, etc., mais l'île de Java est l'entrepôt de notre commerce dans ces contrées et la résidence du gouvernement; elle est parmi les grandes iles la plus complètement soumise à notre administration et ta plus régulièrement gouvernée; elle jouit de presque tous les établissemens civils et militaires connus en Europe, dans la partie du globe à laquelle OQ donne la dénomination générale A' Indes-Orientales. Ainsi les données qui vont suivre, quoiqu'elles ne se rapportent qu'à l'iIe de Java et ses dépendances immédiates, peuvent s'appliquer en général au commerce des Pays-Bas dans (ont le grand Archipel.
Les importations à Java et Madura pendant l'année 1825 pTcsentenl une valeur totale de fl. 14,317,190 des P.-B., provenant des contrées ci-aprés :
Pays-Bas, 2,539,741; Angleterre, 1,930,438; France, 174,854; Hambourg, 136,632; Suéde, 12,770; Madère, 100,000; Amérique, 2,427,825; Cap de Bonne-Espérance, 35,175; ile de France, 78,206; Golfe Persique, 50.034; c^le
FoME HT. 8
de Malabar, 44,290; Ceylau, 30,753; cite «le Coro 2,560 ; Bengale , 591,113; Siam, 28,342; Cochincbine 467.153 ; Chine, 88, 142 ; Manille , 99,085 ; Japon , 875,40&| Nouvelle-Hollande , 35,495 ; Archipel orienlal, 4,310,741
Les marchandises importées consistent -.ï" en produits de l'Europe, de l'Amérique, du cap de Bonne- Espérance, pour une somme totale de 6,062,019 (1. ; 2° en produits cJe la partie occidentale des Indes et du Bengale , pour 1 ,279,032 fl. ; 3» en produits de Siam et delà Cochinchine, pour 175,032 fl.; 4" en produits de la Chine et de Manille, pour 975,044 fl. ; 5" en produits de l'empire du Japon, pour 868,48211.; et 6* en produits de l'Archipel oriental, pour 1,879,229. Les espèces ontélé fournies, savoir: par les Pays- &as,61, 650 11.; parl'A» mérique, 1,499,003(1.; par l'dede France. 40,172(1.; par le golfe Persiqnc, 14,600(1.; par la côte de Malabar, 1,320(1.; parla Cochinchine, 6,280n.; par Manille, 22,740 fi.; parla Nouvelle Hollande, 6,270 (I. : et par l'Archipel oriental, 227,194 fl.*).
Parmi les productions de nos colonies, lecafé, le sucre et 1 plusieurs autres articles, qui ne s'expédient guère qn'anz Pays-Bas , le café seul présente une valeur do cinq millions de florins. En 1829 101 bàtîmens dont 81 sous pavillon Néer- ■ landais, mirent à la voile pour les Pays-Bas et apportaient! pour prés de sept millions de valeur-
En 1825 et 1826 prépar
l commencer s
la Société de Commerce n'a pu que opérations. Ce n'est qu' qu'elles ont pris du développement. Depuis , et ji fin de 1829, elle a acheté dans les fabriques de la Belgi-j
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que 496,000 pièces de calicots. En 1830, elle a commissionpé encore 120,000 i>ièces; toutes ont été livrées, malgré la révolution. A la fin de 1830, elle avait donc acheté 61 6,000 pièces des fabricans belges. '
La totalité de ces 616,000 pièces ont été payées aux fabricans fl. 6,660,000
L'Une portant l'autre chacune de ces pièces a demandé, pour matières premières, 2| kilog. de coton en laine , au prix moyen de 62 cents le kilog. Ainsi les fabricans ont payé pour matières premières des 616,000 p. on 1,694,000 kil. coton, fl. 1,050,280. ci. . . 1.050,280
DiflFérence. . . . 11. 5,609,720
Cette différence est un profit net pour Tétat, puisqu'elle provient toute de la main-d^œuvre nationale.
La Société avait payé jusqu'à la fin de 1830 aux assureurs nationaux 3,400,000
Ces assurances sont encore un bénéfice net, puisque les assureurs n'ont eu qu'une seule perte, savoir une partie de la cargaison d'un vaisseau naufragé dans l'Escaut.
La Société, pendant la même période de temps, a payé pour affrétage de vaisseaux. . 8,320,000
Cette somme est encore un bénéfice net pour l'état Ce bénéfice est exactement semblable à celui que ferait Bruxelles, si toutes les maisons étaient occupées et louées aux mêmes prix qu'elles l'étaient avant la révolution.
Total pour trois articles seulement fl. 17,329,720 Pour intérêts de ces capitaux il a été payé
AUX actionnaires 6,000,000
Plus à la direction , aux agens et aux emjFloyés 700>000
Enfin la Société a ex|K)rté pour 6,000,000 en monnaie de cnfvre et pour plusieurs millions en étoffes de laine, en toiles de lin, en genièvre, en liqueurs et autres objets. Sur la monnaie de cuivre seule, il y a eu pour l'état plus de 2^000,000 de profit; nous ne porterons en ligne que cette somme, laissant les autres objets pour mémoire, ci. . . » 2,000,000
Total des profits. . . . fi? 26,029,720 De cette somme , la vérité veut qu'il soit déduit les intérêts avancés par le Roi.
Les avances du Roi s'élevaient en 1829
à fl. 4,500,000
Il était prévu qu'en 1831 S. M.
serait encore appelée par sa garantie à fournir au moins 500,000
Total des avances du Roi. 5,000,000
A déduire 5,000,000
Pour balance en faveur de l'état, fl. 21,029,720
Sur les intérêts garantis par le Roi, nous devons faire observer que, par un article des statuts, et comme personne privée, S. M. s'est obligée à payer tous les intérêts que les bénéfices de la Société ne pourraient pas couvrir , à charge par celle-ci de rembourser, mais seulement de se^ bénéfices et jamais de son capital.
Aux avantages procurés au royaume par la Société de commerce, il faut ajouter ceux que lui a procurés le commerce des particuliers, devenus ses rivaux. Des renseigne-^ mens sur l'exactitude desquels nous pouvons compter , nous ont démontré que ces avantages peuvent être évalués à la moitié de ceux de la Société, c'est-i-dire à 10 millions de florins jusqu'à la fin de 1830. Ainsi le commer-
ce général du royaume avec Java a valu au premier, en quatre années de temps , plus de trente millions de florins de profit.
Si la Société de commerce elle-même a perdu , en vaici les causes:
Lorsque les républiques de TAmérique du Sud furent reconnues par TÂngleterre; il n'était bruit en Europe que de rimmense prospérité que ces riches contrées allaient infailliblement alteindre. Les Anglais y firent des expéditions immenses et fondèrent des associations pour l'exploitation des mines. La direction de la Société de commerce aurait manqué à son but, si elle n*y avait pas fait de tentatives; elle en a fait à Lima, à Carthagéne, à Fernambouc, à la Vera-Cruz et dans tous les principaux ports de ces contrées. Au lieu de prospérité, les agens de la Société et ses subrécargues n'ont trouvé partout que le brigandage organisé ; la caisse d'un agent a été enlevée à force ouverte et sans doute en vertu du droit de l'indépendance; bref, tel était l'ofat de l'Amérique du Sud , que la presque totalité des expéditions qui y furent tentées par la Société 9 été |>erdue.
Au Brésil la Société a aussi été très malheureuse. En 1825 ou 1826 les cantons de Louvain et de Tirlemont souffraient, faute de débouchés pour leurs blés. Le Roi désirant vivement les soulager, engagea la direction à faire acheter dans ces cantons des blés pour une forte somme, en lui promettant un dédommagement en cas de perte. L'opération eut lieu; malheureusement les vents contraires retardèrent d'un mois le départ des chargemens; pend«int ce retard, les Américains avaient envoyé de grandes quantités de farine à Rio- Janeiro; le prix des grains y avait beajjcoup baissé;, une partie de ceux. expédiés par la Sa-^
eîété s'étaient échauffés par un trop long séjour à bord, et cette partie a du être jetée à la mer, par ordre du gouvernement brésilien. L'expédition entière a coûté plusieurs centaines de mille florins. En dédommagement le Roi a fait à la Société de plus grands avantages ^ mais q^ui ne se réalisent qu'actuellement.
Une troisième cause de ces pertes, c'est le commerce avec la Chine. Cet empire a une si immense population qu'il offre des débouchés que toute l'industrie de l'Europe ne pourrait pas remplir; mais des peuples rivaux ont entravé les tentatives que la Société y a faites^ et elles ont été malheureuses.
Enfin, la Société n'ayant pas pu se développer avant 1827, a dà cependant payer, en pure perte, des intérêt» à ses actionnaires, depuis 1825 inclusivement, et ces intérêts forment une somme de plus de deux millions de florins.
Dans les avantages du commerce de Java, nous n'avons^ pas compté ceux résultant des retours en café et en antres produits des Indes hollandaises. Ces retours, vendus publiquement à Anvers, à Rotterdam et à Amsterdam, ont valu des commissions d'achat très importantes aux négocians de ces villes, de la part de ceux de Cologne et des autres villes de r Allemagne centrale.
Nous ajouterons que , depuis 1830 les informations reçues de Batavia apprennent que la consommation aux colonies du royaume dans l'Archipel de la Sonde, en produits de notre industrie, peut facilement être portée au triple de ce qu'elle était avant que la paix fut rétablie dans l'île de Java.