‹ Essai sur l'importance du commerce, de la navigation et de l'industrie, dans les provinces formant le royaume des Pays-Bas, depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1830Chapitre 89 sur 126 · TODD · texte numérisé non relu

TODD

Bàtimena.

Toun.

Toianz.

chargé*.

tar lett.

BitimeiM.

Tona.

1,031 Sortie».

.. Un premier conp-d'œil jeté sur ces relevés» produira d'abord rag;réable idée que notre navigation maritime a progressivement augmenté de 1824 à 1828. En comparant ces deux années on trouve que la dernière a surpassé la première, pour les entrées de 1,918 bâtimenset du chiffre de capacité de 260,315 tonneaux, et pour les sorties, de 1,883 bâtimensdu tonnage de 245,817 tonneaux. Cette augmentation progressive forme pour le nombre des bâtimens un tiers en plus et près de la moitié , pour le tonnage.

Le tonnage étant inconnu pour les années antérieures à 1824, il en résulte qu'on ne peut établir qu'une comparaison incomplète, néanmoins, quoique uniquement relatif aux nombre de bâtimens, cet aperçu ne laisse pas d'avoir son importance. Voici donc un relevé du nombre de bâtimens, tant chargés que sur lest, qui sont entrés dans le royaume des Pays-Bas et de ceux qui en sont sortis, de 1818 à 1828^

Entrées,

£ii 1818

7,739 bâiimens.

incomplet.

Soriies.

7,886 bftiimens.

incomplet.

Il résulte de ces données que la grande navigation qui avait diminué d'année en année a progressivement et remarquablement repris en 1825, au point qu'en 1828 elle s'est trouvée à-peu-près à la hauteur où elle se trouvait en 1818 , avec l'espoir fondé que cet état de développement successif s'étendra encore davantage.

Ce que l'on vient de dire au sujet du décroissement et de l'accroissement des entrées et des sorties,se confirme aussi pleinement par les états des bâtimens néerlandais qui ont passé le Sund ; savoir :

600 bâtimens de

me

*) EUts des Entrée! et d» Sortie! de! bâtimeni de mer.

On peut conclure de tous ces relevés que l'état de la navigation générale du royaume était satisfaisant en 1828 et que la perspective qu*elle offrait, promettait d*heureux développemens. Néanmoins il se présente naturellement la question, si cet état de choses, considéré dans ses rapports avec l'état de la navigation des autres nations commerçantes et maritimes, offre les mêmes résultats salisfaisans.

Un état comparatif de notre navigation avec celle de l'Angleterre jettera la première lumière sur celte question *).

L* Angleterre avec ses vingt-deux millions d'habitans, etsa domination sur cent vingt-trois millions' d'hommes dans Vémisphére méridional avec ses innombrables capitaux dans le commerce, son industrie poussée jusqu'au plus haut degré, a obtenu une importance maritime dont les annales des tem|is antérieurs ne présentent point d'exemple.

Les pièces publiées par ordre du parlement en fournissent la preuve par les relevés suivans :

Entrées,

Sorties,

Bâumen*.

Toiiiieiiiii.

BâtinieiiM.

Toiiiieaui.

Cn 1818

*) M. Drielin« a tire (nus les renscignemen« qui suivent, ainsi que ce qui prëcédi louchant le passage du Suiid, de documvns anglais. Ce que noos trouTeront plut au sujet de la France, est tiré des Ànnnfcs maritimes , d'après des document oflicials.

Si l'on confronte cet état avec les entrées et sorties ci-dessus mentionnées poar le royaume des Pays-Bas , en prenant pour point de comparaison les années 1824, 1825, 1826 et 1827, pour lesquelles le tonnage peut également entrer en ligne, Ton s'aperçoit qu'à l'égard des entrées, notre marine est pour le nombre des bâtimens à celui de TAngleterre comme 25-08 sontà 100 et à l'égard du tonnage comme 19-06 à 100, tandis que le nombre de nos bâtimens sortis est à celui des Anglais comme 25-08 à 100 et le tonnage relatif comme 19-03 à 100.

Afln d'établir une comparaison pins exacte et de donner un aperçu plus général , tant de la navigation anglaise que de la navigation néerlandaise, il ne sera pas inutile de donner un relevé des entréeset dessorties des deux royaumes, de 1818 jusqu'à 1827 inclusivement.

Payé- Bas, Angleterre.

Bitimena.

Toonniu.

BAtimen*.

Tonneaui.

En 1818

1823 incomplet

*) In marine marchande était composée, en 1881, !• de 13,791 Yaisaeauz anglais et irlandais, jaugeant ensemble 2,300,731 tonneaux et portant 132,004 hommes; 2» de 5,927 bâtimens étrangers du port de 896,051 tonneaux et de 47,009 hommes d'équipage, en tout 19,718 vaisseaux, contenant ensemble 3,196,782 tonneaux et 179,013 hommes

An 31 décembre de la même année , la marine marchande de la Grande-Bretagne Irlande et colonies comprises), était forte de 21,242 vaisseaux, jaugeant ensemble, 2,581,964 tonneaux et porUnt 158,422 mateloU.

En prenant donc itérativement pour point de comparaison les mêmes quatre années, on prouve que les entrées et sorties réunies dans le royaume des Pays-Bas sont à celles de TAngleterre pour ce qui concerne le nombre des bâtimens, comme 25-09 sont à 180 et pour le tonnage comme 19-05 à 100.

La navigation de nos puissans voisins est donc pour le nombre des bâtimens quatre fois aussi forte que la notre et pour la capacité au tonnage cinq fois ; tandis que la proportion entre les bâtimens et le tonnage semble résulter de 1 étendue des possessions anglaises dans les deux mondes, qui, plus que chez nous, exigent des bâtimens d'une plus grande capacité.

U est néanmoins remarquable que l'état de la navigation en Angleterre est, pour ce qui concerne l'augmentation» en sens inverse à celle du royaume des Pays-Bas; depuis 18241a navigation a en effet fait des progrés, elle était surtout importante en 1827 et 1828, tandis que celle de T Angleterre a diminué depuis 1825, de 19,110 bâtimens d'une capacité de 1,670,058 tonneaux, notamment en 1827 elle avait diminué au point que Ton en était surpris.

La France suit immédiatement l'Angleterre pour l'étendue des côtes, (celles-ci mesurent jusqu'à quatre cents milles) en nombre de bons ports de mer tant sur l'Océan atlantique que sur la Méditerranée ; ainsi qu'en ressources abondantes qui peuvent contribuera faire fleurir le coromerceet la navigation.

L'ëtonnanierapiditéavec laquelle le commerce anglaisa atteint cette gigantesque proportion , est digne de remarque. Au retour de Charles II, la marine marcbande (y compris les bâtimens côtiers) n'employait pas plus de 142,000 tonneaux par an. A ]*a- Ténement de Georges III, ce nombre était dcjà presque triplé, il montait annuellement h 647,478 tonneauj[. En 1792, lors de la révolution française, il s'était élevé jusqu'à 1,736,563 tonneaux. Enfin, en 1831, les relevés ofTiciels l'ont fait monter à 4,291,107 tonneaux !

Voici les entrées et les sorties de cette paissaoce pendant les années 1825 et 1826 :

Entrétt. Sorties.

Bâtiment.

Tonneaux.

Bâtiment.

Tonneaux.

Ces données, comparées avec les entrées et les sorties , pendant les mêmes années pour notre royaume, prouvent abondamment qne notre navigation diffère de peu en développement avec celle de toute la France , attendu que le tonnage des Pays-Bas est à celui de la France comme 91 — 08 à 100. La différence du nombre des bâtimens est en effet plus importante ; cette observation vient à Tappui de l'assertion faite pour l'Angleterre, qu'à mesure qu'un pays est plus riche en colonies , la même proportion entre le nonbbrc des bâtimens et le tonnage doit aussi y être observée. *).

*) Le Phare du I/dvrt donne VéUi tuivant des forcet maritimet de la France d*aprèt une communication dont il garantit la tource:

Vaisaeau de ligne à flot, tout calet cooTertea, et dont la plat grande quantité te trouve à Brest et à Toulon en 1828 :

L'Océan , ie MajesiveuM , VAtÊtierlitm , U Wagram , /« Royal-Loui» , le MonfC' bêilo, U Héros y U Souverain y de 118 canons; le TYocadero, le Commerce-do' Parte, le duc d*jtngouléme , de 110 canons; le Foudroyant j tEylaUf le Jupiter, fllhufrOfle Diadème, le Conquérant ^ le Duquesme, le Magnifique, le Sanii'Pétri, le Neptune, VAlgénrat , le TourviUe , h Vétéran ^ de 34 canons.

Le Borée, le Courageux, lo Breslaw, le Danube, VUém: la Nestor, le MarengOy le Trident, le Trafan, le Gaulois, la Ville-de- Marseille, le Colosse, le Scîpion, V Orient , le Duguay-Trouin , le Superbe, la Providenee, lo Duc-de-Berry, le Jean-Bart, le Triton^ ia Couronne, de 74 canons. Total, 45 vaisseaux de ligne > à quoi il faut ajouter 14 frégates du premier rang (61 canons), 23 frégatéff da 2* rang (44 canons); 18 corvettes & trois mâts de 24 & 26 canons, 15 grands bricks de 22 carronades , 20 plus petits de 16 à 18 canons, 15 goélettes, 19 bricks de 18 carronadcs, 19 id. de 10 à 14 canons, et enfin 90 bâtimens de moindre force.

On avait en outre sur les chantiers 19 vaisseaux en construction, dont 12 sont

Un caliôûl moyen, établi sur une graltide édiell6> ^rè^nte à tei égard les résultats suiyans :

En Angleterre, la proportion du tonnage

par bâtiment est dé 128*06 tonneaux.

fiâns les Pays-Bas 102-06 »

En France 83-07 »

prâU k être lancés; 15 frégates du premier rang, 12 de 44 et une quantité de correttet , de briclu , de boiàbardes , etc. Le pertoniiet du tertice de l'étit est dé 2^12060 hommef .

Un tableau dé la nhTÎgation maritiAié de la France ^ei^dant l'année 1829, com^ parée ayec celle de 1828 et 1827, présente le résultat tuiTant:

Eïf ioiTio^. — n efet s'orli de toUs les p<nU àé France pour les ports étrangers, pendant les premiers six mois de 1829, 560 navires jauf^nt environ 138,000 tonneaux; en 1828, 471 navires, jaugeant 118,000 tonneaux; en 1827; 410 navires-, jaugeant 183,000 tonneauxk

ÂiiiVAOïs. — Pendant les premiers six mois ^e 1829 il est entré 707 navires , dont 477 français et 230 étrangers , jaugeant environ 180,000 tonneaux ; en 1828 \ 650 navires, dont 410 français et 240 étrangers, jaugeant 165,000 tonneanx; en 1827 , 635 navires , dont Ô75 finançais et 260 étrângcn , jaugeant 160,000 tonneaux.

Yoici un reléVé du hombre des bâtimens marchands français, qui existaient le premier janvier des années respectives :

ISSO. 1981. iâS2.

Nombre général des bàtinientf 14,742 14,852 15.031

6Àtimens construits 726 696 672

Diminutions par naufrage, etc. etc 587 503 45S

Bâtimens de 800 et au-delà 2 1 i

» 700 à 800 tonneaux 6 6 6

200àd00

14 15 id

30^t au-dessous 9,883 10,071 10,358

Totaux 14,742 14,852 15,031

n esl indubitable que les autres peuples qui font le commerce maritime en Europe , doivent céder le pas à notre patrie à l'égard de Timportance de la nayigattoti. Les états des entrées et sorties n étant pas connus^ il'est impossible d'en fournir une preuve formelle ; néanmoihs la proportion de la navigation de ces états avec T Angleterre, et Tapplicatièn dé la nôtre avec ceftte dernière puissance jetteront beaucoup de jour sur le jugement à porter sur Timportance de la navigation de la Russie , du Danemarck, de la Suéde, âe la Norwége, de la Prùssè, de l'Espagne et du Portugal. Nous prenons ici Fiannée 1827 ; en réunissant les entrées'et les sor^tîes nous trouverons cjue le relevé de la Navigation est entre l'Angljelerre çft

Bâlimens. Tonneaujt.

Les Pays-Bas 3,539 — 323,897

LaRassie 3,339 — 669,780

LeDanemarck 2,126 — 213,025

La Suéde 342 — 55,837

La Norwége 1,431 — 210.132

La Prusse 2,220 — 421,610

L'EspagneavèclesilesAzoresetMadure. 1,459 — 164,278 Le Portugal avec les ilés Baléares et

les Canaries > . 822 — 05,034

Là Russie et la Prusse étant les deux puissances qui surpassent les Pays-Bas en tonnage on capacité -des bâtimens , m est porté U en inférer qu'elles surpassent notre pays >n importance maritime; pourtant cette idée serait er- •oné , attendu qu'en 1827 les événemens, surtout la libre mportation des grains en Angleterre, avàilt particulière-^ nent activé la navigation entre cet eiat et la Pitissc et là \ussie , les 'états des bâtimens qui ont passi'j te Sund ; en four*

TOKE HT. ^

Hissent la preuve évidente *) ; quant à la Prusse il est clair que tous ses ports étant renfermés dans I4 Bailiqaer sa navigation entière sa fait parle Sund. Cependant le nombre des bâtime^s de toutes les nations ensemble qui ont plissé le Sund en 1827, étant inférieur à celui des bàtimans qui sont entrés dans les ports du royaume ou qui en sont sortis, il ne &udra pas d'antres preuves pour établir que la Prusse ne nous a pas surpassés en importance ouiritime.

Ce que nous venons de dire au sujet de la Prusse n'est pas tout-à-fait applicable à la Russie, qui» outre ses ports de la Baltique» en possède afussi sur les bords de la Mer Blandie et de la Mer Noire ; cependant cela n'empêche fias que le siège principal de sa marine ne se trouve dans la Bdtiquei et il est suffisamment prouvé par les relevés sor-le Sund en 1827 , que Timportance de la tnarine russe ne peut être comparée A œlle des Pays-Bas.

Bdtimenê.

>) Anglais 5,099

EanoTiiena ...... 457

Danois 856

Suédois 1,389

NorTégiens 879

Prussiens 2,038

Russes 384

Tléerlandois 814

DeLubeck 99

BAHmtM^

Mdokelembourgeois . .

Hambourgeois 85

Bramois 55

Américains 191

Portugais 11

Français 103

Espagnols »

Oldembourgeoift .... 35

Total général. .:.... 13,000

Ce nombre total a beaucoup tarie depuis 1814 ; il ^tait :

£n 1814 de 8,186

En 1821 de 9,187

Après a?oir jeté on coup-d'œil rapide sur l'état de là toaTigation de toas les pays commerçaiis de FEorope , nous pontons en déduire en somme, que l'état de notre navigation se présente d'une manière satisfaisante, et que malgré tant de désastres, les longues années de guerre et de calamité, les diverses réTolotions et les envahissemens que nous atons subis, la grande navigation s'est relevée au point qu'dle importe on cinquième de celle de l'Angleterre, dont on est habitué à se faire une idée si gigantesque ; et si les Pays-Bas ont un jour occupé la première place parmi les puissances de l'Europe , ib peuvent encore se glorifier de ne devoir aujourd'hui Boeder le pas qu'à TAngletere seule, et d'effacer totates les autres nations ; la France même , dont il nous manque les relevés pour 1627 et 1828 a probablement été surpassée par les l^rogrès que nous avons faits pendant les dernières années. Quoi qu'il «n soit , il est indobitable que cette puissance, baignée sur une longueur considérable par deux mers, avec nne population et des ressources énormes, est restée bien en arrière de nous en fait de navigation.

DE LA NAVIGATION NEERLANDAISE CONSIDEREk DANS SEI^

RAPP<mTS PARTICULIERS.

Après avoir considéré notre navigaticm dans ses rapports généraux, il sera nécessaire dé l'examiner sous son importance particulière, savoir :

l^' La navigation avec nosbâtitnens et avec les bâtimenii étrangers.

2p La force dé la flotté marchande des Pays-Bas:

3^ I^ force de son équipage.

4^ La construction des bâtimens.

5° La navigation pai'ticulièi'e iiux divers é(al& et pays.

&" Enfin la pari de chaque port daqs la navigation générale du. pays.

La prqportion entre la navigation avec des bâtiinens nationaux et des bâtimens étrangers mérite ici une xittention particulière, attendu x}u'elleest en rapport avec la construction des bâtimens, les équipages et plusieurs autres branches d'industrie.

C'est à peine qu'en 1824 on a commencé à distingaer aux Pays-Bas, dans les états d'entrées 'et.de sortreSi les bâtimens nationaux des étrangers, les élémens pour les années antérieures manquant totalement. Cette différence n'est connue en ^ 1824, 1825 et 1826 qu'au sujet des bâti mens chargés;, les Ji)â — ^ timenssur}est n!y ont été compris qu'à partir de.l827. Oi^:^ se bornera donc à produire la comparaison des bâtimene^^ nationaux et étrangers chargés ; en voici le tableau qui nout^ parait satisfaisant :

£KiTH££8.

JVaiionaux.

Etrangers.

Bâtimens.

Tonneaux.

Bâtimens.

Tonneaux.

En 1824

SORTIES

IVaiionauj:,

Etra

ngers.

Bâtimens.

Tonneaux.

Bâtimens.

Tonneaux.

En 1824

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