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DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE VI

l'Europe, cependant, semblait indifférente, le Gouvernement de Valona impuissant.

Il avait été stipulé, en dernière analyse, que le retrait des troupes commencerait le 1* Mars dans le kaza de Korcha, et le 31 Mars dans le kaza de Delvino. (3) ie

La Grèce fit, cependant, le 21 Février (4), une proposition aux termes de laquelle « certains villages de la vallée d’Argyrocastro pourraient lui être donnés, en échange d’une extension’ du territoire albanais le long de la côte, et du payement à l'AIbanie de £ 100.000. ». En outre, bientôt après, une rectification complémentaire fut proposée, visant les environs de Korcha. De plus, le Gouvernement hellénique demanda que soit garantie la sécurité des personnes et des propriétés dans les régions à éva- “cuer.- (5)

Les Grecs firent même enfin connaître, officiellement, qu'ils pourraient être conduits à emmener avec leurs troupes la population orthodoxe de la zone occupée, tant était grande la terreur inspirée par les Albanais. (6)

Les événements qui vont suivre, et qui sont la conséquence de ces menées et de celles dont nous avons rendu compte précédemment, sont, à la vérité, à considérer comme insurrections factices. sans racines dans les profondeurs du sentiment populaire ; mais les Grecs surent si.bien accréditer la version de la résistance spontanée, que le prob'ème en

(3) Cf. The Times, 14 Février 1914.

(4) Le texte intégral de cette proposition du Ministre des Affaires Etrangères de Grèce, M. Sfreit, aux Puissances, in Archives Diplomatiques, T. 130, pp. 341 ets

(5) Cf, The Times, 16 Février 1914.

(6) Parliamentary Debates, 1914, 62/1259.

parut retourné. On entendit même, aux Communes, le 16 Février 1914, un Membre du Parlement demander « si, voyant que les habitants de ces régions: étaient hostiles à l'annexion, et déterminés à s’y opposer par les armes, le Gouvernement de Sa Majesté tolèrerait qu'on les contraignit ».

Le sous-secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères, Mr. Acland, se borna, en réponse, à se reporter aux communications reçues du Gouvernement hellénique à ce sujet, et affirma « qu'il n’était nullement question de mesures de contrainte ». (7)

Telle était bien en effet la conclusion logique commandée par les données réelles du problème, mais c'était compter sans les manœuvres qui allaient : maintenant se multiplier pour en entraver la solution.

Les premiers événements d'envergure se placent entre le 21 et la fin de Février 1914 ; au cours de cette semaine, presque simultanément, à Chimara, Aroyrocastro, Santi-Quaranta et Dulcigno, sont faites des déclarations d'autonomie épirote (8) ; le 28 Février, dans une réunion publique, tenue à Arovrocastro, l’ancien ministre grec des Affaires Etrangères, Christaki Zographos (9) est proclamé Président du Gouvernement provisoire de l’Epire autonome avec, respectivement, aux portefcuilles des Affaires étrangères et de la Guerre, deux personnalités grecques, le député Karapanos et le Colonel Doulis.

(7) Parliamentary Debates, H. of C. 1914. 58/5650.

(8) Vide The Times, 25 Février 1914.

Et Le Temps, 4 Mars 1914.

(9) Qui détint d’ailleurs de nouveau ce portefeuille à Athènes, en Mars 1915.

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