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DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE VI

alors que le plan réel dont il poursuivait la réalisation était de préparer l’arrivée des troupes ottomanes massées à Constantinople sous Izzet Pacha, qui devait s'instituer dictateur de l’Albanie, dont la faiblesse politique incitait les Jeunes-Tures à se servir pour reprendre l'initiative dans les Balkans, avec l'espoir de trouver peut-être une occasion d'y reconquérir les provinces perdues. Découvert le g Janvier 1914, et immédiatement traduit, avec ses compagnons, devant une Cour martiale, que présida le Général de Weer, Grebenali fut condamné à mort et exécuté.

Disons un mot aussi de la fâcheuse rivalité qui, à Alessio, opposait Prenk Bib Doda et Ded Soko, qui se considéraient réciproquement, sur le plan de l’administration provinciale, comme des usurpateurs. Ded Soko, finalement, pour faire cesser l’état de choses qui résultait de ce conflit, demanda au Colonel Phillips de prendre en mains l'administration des régions d’Alessio et de St-Jean de Medua ; celui-ci, sur l'avis de la Commission, délégua le Capitaine Francis, de l’armée autrichienne, secondé par un officier italien, et ayant sous ses ordres un détachement anglais, à Alessio.

Ces autorités militaires assurèrent l’administration locale, avec l’aide d’Assemblées régionales, tandis que Prenk Bib Doda, soumis au contrôle de la Commission, continuait à gouverner la Mirditie.

$ >. — Le Gouvernement de l’Epire autonome

Plus importants et plus graves devaient être les développements de l’action de Zographos en Epire. Bien qu'il eut formellement accepté le règlement de la question de la frontière albanaise du Sud,

238 . ESSAI SUR L'INDÉPENDANCE ALBANAISE le Gouvernement grec allait, en effet, favoriser une agitation revisionniste {rès poussée.

Le 13 Décembre 1913, les Puissances avaient signifié au Gouvernement d'Athènes leur décision concernant l'évacuation, par ses troupes, des territoires assignés à l'Albanie, dans un délai d’un mois.

Mais la Grèce avait fait valoir que ce délai était insuffisant ; jusqu’au début de Février, rien d'autre ne fut décidé, puis on fixa comme date d'évacuation le 1° Mars 1914. À ce moment, les Puissances se mirent d'accord pour envoyer à la Grèce une note lui assurant que la majorité des Iles de la Mer Egée lui serait attribuée, si elle opérait le retrait de ses troupes de l’Albanie du Sud, selon la décision du protocole de Florence, et s’engageait à ne pas fomenter de résistance à l’incorporation de ces régions à l’Albanie. Pourtant, les autorités grecques n'avaient pas perdu l'espoir de se soustraire à cette évacuation et s’employaient sans relâche à rendre la situation plus confuse encore.

Les réfugiés qui, tous les jours, affluaient à Valona, racontaient de terrifiantes histoires du persécution et de répression.

Ils avaient entendu diré aux officiers grecs qu'ils ne rendraient jamais l’Albanie du Sud. ou que, s'ils y étaient contraints par les Puissances, ils ne laisseraient derrière eux que ruines et dévastations.

Pour la population chrétienne, l’armée l’emmènerait avec elle, montrant ainsi à l'Europe qu'elle préférait quitter ses foyers que de se soumettre au Gouvernement albanais. Quant aux Musulmans, les autorités grecques déclaraient qu’il valait mieux pour eux qu’ils émigrassent avant qu’il ne soit trop tard. Ces relations provoquèrent la consternation ;

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