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DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE VII

rapidement écartées (1), les chefs albanais ayant, dit-on, déclaré que leurs concitoyens seraient trop ou par l'établissement d’un harem dans le pajais qui abriterait le successeur de Skanderbegs. Parmi les Princes chrétiens candidats au trône, se trouvaient le Duc Ferdinand de Montpensier (2), le Prince Karl von Urach, le Prince Albert Ghica de Roumanie, le Prince Moritz von Schaumburg-Lippe, le Prince Arthur de Connaught, le Comte de Turin et Aladro Castriota, albanais résidant en Italie et qui se prétendait descendant de Skanderbeg.

Mais, au début d'Octobre 1913, le bruit commença à courir en Albanie que le Prince Guillaume de Wied avait été élu ; ces rumeurs furent suivies d'une propagande intense menée en sa faveur dans le pays, malgré un démenti officiellement donné à Ismaïl Kémal sur la véracité de cette désignation.

C’est en réalité le 24 Novembre 1913 que fut formellement désigné le Prince de Wied ; la notification en fut faite le 3 Décembre ; le 6 Février 1914, le Prince Guillaume acceptait le trône.

Dès la notification de la désignation, la tante du Prince, la Reine Elisabeth de Don qui avait fortement appuyé sa candidature, publia, sous son pseudonyme de Carmen Sylva, une apologie passionnée intitulée : « Qui est-ce ? », dont la traduc-

(1) Au début, cependant, deux princes de la dynastie’ impériale avaient été cités : le Prince Abdul Medjid et le Prince Burhan Eddine ; et la Russie avait paru un moment être favoräble à la désignation d’un souverain mahométan, escomptant sans doute qu’une Albanie musulmane eût pu être plus tard plus facilement démembrée au profit des petits Etats slaves.

(2) Celui-ci avait, bientôt, par une lettre-déclaration du 25 Avril 1913, décliné « toute candidature au trône d’AIbanie ». In Archives Diplomaltiques, T.127, pp. 96 et s

tion en albanais fut rapidement diffusée dans le pays. C’est alors que l’on apprit que le Prince (3), capitaine dans l’armée prussienne, avait ses terres à Neuwied, qu'il avait trente-cinq ans, et avait épousé, cinq ans plus tôt, Sophie de Schœnberg-Waldenburg, dont il avait eu deux enfants, la Princesse Marie-Eleonor, en 1909, et le Prince Charles-Victor, en 1913. Rien de tout cela, cependant, ne semblait lui conférer de compétence spéciale sur les affaires balkaniques et singulièrement sur la question albanaise, qui ne devait pas tarder à se révéler d’ailleurs au-dessus de ses forces.

Dans ses Mémoires (4), l'Emperet eur Guillaume II écrit, à ce sujet :

« Je ne fus pas du tout satisfait lorsque le choix tomba sur le Prince Guillaume de Wied. Je le considérais comme un homme distingué, chevaleresque, rempli de sentiments excellents, mais je l’estimais inadapté à ce poste. Il m'était particulièrement désagréable qu'un Prince allemand allât se rendre ridicule là-bas... »

$ 2. — L'acceptation du trône

C’est seulement le 6 Février 1914, nous le savons, que le Prince Guillaume devait accepter la couronne qui lui était offerte.

Nous avons étudié précédemment ce qu'était,

(3) Né en 1876, officier dans le IH° régiment prussien des uhlans de la Canin cousin du Roi de Suède et de la Reine de Hollande, neveu favori d’Elisabeth de Roumanie (in Personnages ; Admiralty, War Staff. Intelligence Division).

(4) My Memoirs, .p. 161. .B.N. 8° M. 22300.

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