‹ Essai Sur l'Indépendance AlbanaiseChapitre 137 sur 224 · DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE XI

« À toutes les populations albanaises |

€ Aujourd'hui, 3 Juin 1917, heureux anniversaire de libertés statutaires italiennes, nous, Lieutenant-Général Giacinto Ferrero, commandant le XV° corps d'armée, par ordre du Gouvernement du Roi Victor-Emmanuel III, proclamons solennellement l'unité et l'indépendance de toute l’Albanie sous l'égide et la protection du Royaume d'Italie.

Albanais, vous aurez, par cet acte, des institutions libres, des milices, des tribunaux, des écoles dirigées par des citoyens albanais. Vous pourrez administrer vos propriétés, le fruit de votre travail, pour votre avantage personnel et pour le bien toujours plus grand de votre pays.

« AD où que vous soyez, libres déjà sur votre territoire propre, ou exilés à travers le monde, ou encore assujettis à des dominations étrangères aux généreuses promesses, mais, en fait, violentes et dépradatrices, de race noble et très ancienne, vous avez des souvenirs et des traditions séculaires qui vous relient à la civilisation romaine et vénitienne ; vous connaissez la communauté des intérêts italoalbanais sur la mer qui nous sépare, mais aussi qui nous réunit.

Unissez-vous tous, tant que vous êtes, hommes de noble patrie, accourez tous à l'ombre des pa- ‘villons italien et albanais pour prêter un serment solennel à l’objet de la proclamation faite aujourd'hui au nom du Gouvernement italien, J’Albanie indépendante avec l’amitié et la protection de l'Italie. »

En présentant le cabinet remanié à la Chambre le 20 Juin, M. Boselli, premier ministre, déclara (17) que le cabinet représentait une unanimité d'idées

(19) In The Times, 22 Juin 1917.

et d'activité dirigée vers les vastes buts à atteindre pour l'Italie.

Le Baron Sonnino, ministre des Affaires Etrangères, précisa que « la récente proclamation du commandant des troupes italiennes en Albanie confirmait, une fois de plus, l'intérêt particulier que le Gouvernement attachait aux destinées de ce peuple brave, qui sont intimement liées à la possession certaine et directe par nous de Valona et de ses en- / virons, et au règlement général du problème adriatique, qui est d'importance vitale pour FItalie.

« Nous préconisons l'indépendance de l’Albanie comme conforme aux principes généraux sur lesquels sont fondées nos alliances et qui ont été récemment proclamées avec tant d’éloquence par les Etats-Unis et la nouvelle Russie libérale.

« L'Italie, en ce qui concerne l’Albanie, n’a pas d'autre objet que de défendre ce pays contre l’intervention ou les intrigues éventuelles d’une tierce puissance. L'Italie œarantira à l’Albanie le droit de disposer librement de sa politique intérieure, et soutiendra ses droits légitimes et ses intérêts dans l’Assemblée nationale. Les Puissances, réunies pour discuter le traité de paix, auront pour tâche de déterminer les frontières précises entre l'Etat albanais et les Etats voisins. En raison de la guerre, les autorités locales doivent nécessairement être soumises au commandement militaire, qui, toutefois, est rempli du plus grand respect pour les coutumes en vigœueur et les intérêts locaux.

« Après la Conférence de la paix, les Albanais eux-mêmes décideront librement de leur régime intérieur. »

Ces deux documents, la proclamation du général Ferrero et le discours du Baron Sonnino, forment un tout homogène du plus haut intérêt.

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