PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE PREMIER
turque), « délibérer en commun sur la question « d'Orient, examiner comment il fallait la régler « en prenant Comme point de départ les conventions « provisoires intervenues entre la Russie et la Tur- « quie », tel était le but des assises de Berlin. Sous la présidence de l'honnête courtier M. de Bisinark, y prirent seules part « avec la plénitude des droits », les six Grandes Puissances et la Porte ottomane : les principautés de Roumanie, de Serbie et du Monténégro, bien qu’elles eussent participé à la guerre comme « alliés de la Russie », n'étaient pas des « états souverains complètement reconnus », elles étaient simplement sur le point de le devenir, leurs délécués ne furent entendus qu'officieusement… Tant d’autoritarisme, dont la Turquie en particulier sentit lourdement le poids, ne doit pas étonner ; le régime du Danube, la Question d'Orient c'était à l’époque le terrain d'élection de l’intervention des Grandes Puissances. Le traité de Berlin, issu du Congrès du même nom, ne pouvait pas ne pas s’en ressentir. » (15)
À l'égard des territoires albanais, -nous avons vu que San-Stefano en attribuait une partie à la Bulgarie et une autre au Monténégro. Pour ce qui est de la première, elle ne prêta pas à discussion ; en effet, dès la séance du 22 Juin 1878, le Congrès de Berlin avait ramené, sans opposition sérieuse, la Bulgarie très au Sud, en lui donnant la frontière des Balkans. (16)
(15) M. Sibert : Quelques aspects de l’organisation et de la technique des conférences internationales (Cours de PAcadémie de La Haye, 1934-ID). B.D.I.C. O. 745. Col.
(16) Protocole N° 4 du Congrès de Berlin.
$ D. — La frontière monténégrine
Pour la frontière monténégrine, il y aura plus de difficultés. Et nous touchons ici à un point capital pour notre propos.
En effet, c’est médiatement de la résistance qu'opposa la Turquie à abandonner une partie des provinces albanaises au Monténégro, que l'Albanie va retirer le premier des éléments subjectifs, dont la réunion finira par constituer sa volonté d’indépendance, à savoir la conscience ségrégative.
Nous abordons donc, avec le problème de la frontière turco-monténégrine, le début de la question albanaise proprement dite.