DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE XII
soutenue par la délégation grecque, revendiquerait la souveraineté sur Valona et son hinterland, et un protectorat sur le reste du pays. Ces vues ne devaient pas se réaliser grâce à l'opposition active du Président Wilson, dont nous allons voir les nombreuses manifestations, ;
de l’Albanie du Sud (Epire du Nord) qui reviendront à la Grèce. |
« Le Gouvernement Italien donne les mêmes garanties aux Communautés grecques qui seront sous son administraton dans le territoire de Valona et le reste de l’Albanie, d’entretenir librement leurs établissements scolaires, charitables ou de bienfaisance, ainsi que leurs églises et établissements religieux sous la dépendance du Patriarcat OEcuménique.
« Une amnistie complète pour les crimes et délits politiques sera accordée tant de la part de l'Italie que de la part de la Grèce dans les territoires sous leur administration respective en Albanie et dans l’Epire du Nord (Albanie du Sud).
« 4. — Le Gouvernement Hellénique s'engage, pour le cas où ses revendications en Thrace et dans l’Epire du Nord (Albanie du Sud) recevraïient définitivement satisfaction, à renoncer en Asie Mineure, au profit du Gouvernement Îtalien, à ses prétentions sur les territoires situés...
« Le Gouvernement Grec considèrerait la condition de cette renonciation comme remplie, même dans le cas où, par suite de l'opposition éventuelle des Etats-Unis, et malgré l’appui du Gouvernement Italien en faveur de la Grèce. Koritza ne serait pas englobée dans les territoires qui reviendraient à la Grèce...
« 7. — Dans le cas où lItalie n’obtiendrait pas, satisfaction en ce qui concerne ses aspirations en Asie Mineure, elle reprend pleine liberté d'action par rapport à tous les points du présent accord.
« Dans le cas où la Grèce n'obtiendrait pas satisfaction en ce qui concerne ses revendications formulées dans l'article 4, elle reprend pleine liberté d’action par rapport à tous des points du présent accord.
« 8. — La réalisation de cet accord ne dépendant pas des Hautes Parties Contractantes, et cet accord n'étant que la détermination d’une ligne de conduite commune à suivre
330 ESSAI SUR L'INDÉPENDANCE ALBANAISE $ 2. — L'action des Etats-Unis
Déjà, au cours du conflit mondial, le Président des Etats-Unis avait, dans le neuvième des fameux Quatorze points, proclamé que « le réajustement des frontières de l'Italie devra être effectué suivant la base de nationalités clairement reconnaissables », et, si l’on ne peut appliquer cette formule au problème qui nous occupe, puique, hormis Valona, l'Italie n’entendait pas inclure l’Albanie dans son territoire métropolitain, mâäis recevoir seulement un protectorat sur elle, il faut néanmoins voir, dans l'adhésion des Alliés à cette déclaration, une renonciation tacite à l’ensemble des modifications territoriales prévues au profit de l'Italie par le Pacte de Londres.
Mais plus directe est l'opposition américaine postérieure à l’armistice (6) ; le 23 Avril 1919, le Président Wilson affirmait :
vis-à-vis de la Conférence, il devra toujours demeurer secret puisqu'il n’est pas un vrai traité qui, d’après les principes adoptés, devrait être publié. |
« La seule déclaration que les deux Ministres peuvent faire est celle qu’ils ont résolu de traiter avec un esprit de conciliation les différentes questions qui intéressent les deux pays devant la Conférence.
« Les clauses du présent accord qui ne seront pas comprises dans les traités de paix formeront l’objet d’une Convention spéciale.
« Fait en double, Paris, le 29 Juillet 1919.
« (s) E. Vénizélos.
« (s) Tom. Tittoni. »
(6) Cf. L’hebdomadaire The Near East and India (sections consacrées à l’Albanie : année 1920).