‹ Essai Sur l'Indépendance AlbanaiseChapitre 145 sur 224 · DEUXIÈME PARTIE —— CHAPITRE XIT À · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE —— CHAPITRE XIT À

Londres 4 1913 ; la frontière méAIdionale reste un objet de négociations.

« 6° La ville de Valona avec l'hinterland strictement nécessaire à sa défense et à son développement économique sera attribuée à à l'Italie en pleine souveraineté. »

Ce mémorandum, outre qu’il reconnaissait à l'Italie tous les avantages concédés sur l’Albanie en 1915, était fort favorable à la Grèce, puisqu'il acceptait la réouverture de négociations sur les frontières de l’Epire. (10) |

On ne pouvait donc plus craindre que l’opposition yougoslave.

C’est pour la prévenir qu’un accord du 14 Janvier 1920 entre MM. Nitti, Lloyd George et Clemenceau, mais auquel ne participait pas le représentant des Etats-Unis, Mr. Polk, en confirmant ces résolutions, attribue toutefois le Nord de l’Albanie à la Yougoslavie (11). Dans une note adressée au Président Wilson pour lui communiquer cet accord, on lit que « les détails de l’administration de ce pays par la Yousoslavie, l'Italie et la Grèce, ne sont pas encore élaborés, mais, en y travaillant, on ne perdra pas de vue les sentiments et les intérêts futurs du peuple albanais ».

(ro) Cf. Adriäticus : La question adriatique. Paris, 1920. (B.N. 8° J. 8688).

(11) Al l'Italie, l’Istrie tout entière et Fiume, à la Yougoslavie Susak, le port et le chemin de fer étant placés sous contrôle de la S.D.N. : Lussin, Lissa et Pelagosa seraient démilitarisées et attribuées à l'Italie tandis que Zara deviendrait indépendante.

L'Italie obtiendrait de la S. D. N. mandat sur l’Albanie dont le Nord! serait donné en pleine souveraineté à la Yougoslavie, y compris là vallée du Drin, Scutari et St-Jean de Medua. La Grèce aurait, au Sud, Argyrocastro et Koritza.

Il semblait donc résolu que l'Albanie perdrait son indépendance politique, mais les Yougoslaves, voyant dans l'autorité militaire de l'Italie en Albanie, une grave menace pour leur pays, ne se laissèrent pas fléchir par les promesses territoriales du 14 Janvier. (12)

Dès le 20 Janvier 1920, le Gouvernement You-. goslave préconisa par une note « la solution qui maintiendrait l’Albanie dans ses limites de 19713, en tant qu'Etat indépendant avec une administration autonome... elle possède, en effet, les éléments suffisants pour s’administrer elle-même, et elle saura le faire d’une manière plus appropriée que si elle était soumise à une administration étrangère quelconque ».

À son tour, le 10 Février, le Président Wilson fait connaître son sentiment dans cette réponse :

« Le mémorandum du 9 Décembre (13), maintenait, dans une large mesure, l'unité de l'Etat d’Albanie, celui du 14 Janvier partage la population albanaise, en dépit de ses protestations véhémentes (14), entre trois puissances étrangères différentes. Ces stipulations, et d’autres encore du mémorandum du 14 Janvier, négocié à l'insu et sans l’ap-

(12) On peut lire dans la réponse yougoslave du 8 Janvier aux propositions du 9 Décembre :

« En Albanie, toute notre frontière serait dominée par les positions albanaises se trouvant aux mains de l’armée italienne qui aurait une base pendante à Valona et qui pourrait rapidement créer d’autres bases . Le mandat sur l’Albanie fait naître inévitablement à l'esprit une comparaison avec le mandat conféré à l’Autriche-Hongrie, sur la Bosnie- Herzégovine par le Congrès de Berlin. »

(13) Cf. supra, eod. cap., note 9

(14) Cf. Mehmed Bey Konitza : The Albanian Question. Londres, 1919 (B.D.I:C. O. pièce 5936).

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