‹ Essai Sur l'Indépendance AlbanaiseChapitre 167 sur 224 · TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE II

Grey à céder à la Triple-Alliance sur l’importante question de l’Epire ». (5)

De plus, en Juin 1920, la Commission des Affaires Etrangères du Sénat des Etats-Unis, ayant invité les comités épirotes albanais et grec à comparaître devant les sénateurs pour défendre les deux points de vue concernant l'Épire, avait présenté, un, mois plus tard, un rapport en faveur du rattachement à la Grèce de cette province, y compris Koritza, rapport que le Sénat avait adopté. (6)

Il paraissait donc, sur ce point particulier, exis-

ter, à l'égard des décisions de 1913, une présomption de mal fondé qui, dans une certaine mesure, renversait l'onus probandi ; c’est pourquoi l’argumentation albanaise sera, en ce qui les concerne, beaucoup plus développée que dans le cas des frontières yougoslaves, comme nous allons le voir.

La Grèce tirait aussi argument de ce qu'Essad Pacha avait, en 1914, violé la neutralité albanaise en se rangeant aux côtés de l'Entente et perdu, par là, le bénéfice du statut de 1913, dont cette neutralité était une clause essentielle.

C’est Mgr Fan Noli qui, à la XV° séance du Conseil, le 25 Juin 1921, eut la tâche d'exposer pourquoi, en dépit de cette argumentation bipartite, l'Epire du Nord devait demeurer intégrée au territoire albanais. (7)

(5) Quant à nous, les diverses déclarations de Sir Edward Grey ne nous paraissent pas justifier clairement cette affirmation des Mémoranda Lichnowski. Cf. supra. Deuxième Partie, Chapitre I, $ 3 in fine et note :rr.

(6) Lettre de l’Union pan-épirote d'Amérique sur la situation de là population de l’Epire du Nord, adressée au Secrétaire général. J.0. S.D.N., 18 Avril ro2r.

(7) Mgr. Fan Noli à la XV° séance du Conseil. 2 1921. Observations au P.V.

« Quant aux frontières de l’Albanie, elles ont été net-

5 Juin

CS

A l'argument grec tiré de l’occupation de l’Epire du Nord opérée avec l’assentiment des Alliés, il opposa le caractère de combinaison politique transi-

tement fixées par la Conférence de Londres et par celle de Florence en 1913. M. le délégué de la Grèce à fait observer que la frontière méridionale de l’Albanie a été seulement tracée sur la carte. Cette frontière a été établie par une Commission internationale qui s’est rendue sur place:

« Le traité secret de Londres de 1915 n’à jamais été publié officiellement par aucune des Puissances signataires. Par conséquent, il n’a, au point de vue juridique, aucune valeur internationale. Les traités internationaux de Londres et le protocole de Florence de 1913 n’ont jamais été invalidés par les différents traités secrets que les Puissances ont conclus depuis cette date pour démembrer l’Albanie. Le traité secret de 1915 a été annulé par des conventions ultérieures et notamment par le traité de Rapallo et par le protocole préliminaire de Tirana. Le traité secret de 1915 donnait à l'Italie le port de Valona, son hinterland et le mandat sur la plus grande partie de l’Albanie. Dans le protocole préliminaire de Tirana, l'Italie a renoncé au port de Valona et au mandät.

« Un article de ce protocole préliminaire dit

« Le Gouvernement italien, pour donner des preuves de « ses sentiments de respect pour la souveraineté albanaise « sur Valona et pour l'intégrité territoriale de l'Albanie, fera « retirer les troupes italiennes actuellement éparpillées à Va- « lona-et sur son littoral et dans le reste de l’Albanie. »

« I n'y a qu'une intégrité territoriale de l” Albanie. celle qui a été établie en 1913.

« M. le délégué de la Grèce à dit qu’en 1915 son Gouvernement à été autorisé par les puissances alliées à occuper l’Epire du Nord ; il ne s'agissait que d'une simple combinaison politique, attendu qu'une année plus tard, les armées italiennes et françaises ont chassé les Grecs de ce même territoire.

« M. le délégué de la Grèce a dit aussi qu’Essad Pacha, soi-disant chef de l’Etat albanais en 1914, avait renoncé à la neutralité de l’Albanie garantie par les Grandes Puissances. Si Essad Pacha était le véritable chef de l'Albanie, et s’il s'est rangé aux côlés des Alliés, il aurait dû être considéré

Page 1