‹ Essai Sur l'Indépendance AlbanaiseChapitre 36 sur 224 · PREMIÈRE ‘PARTIE — CHAPITRE HIT · texte numérisé non relu

PREMIÈRE ‘PARTIE — CHAPITRE HIT

l'influence de la double monarchie (9). Et c’est aussi que les nationalistes albanais ne s'étaient pas bornés à l’action interne ; ils avaient fait également de grands efforts pour attirer sur leur mouvement l’attention favorable de l'Europe. À Sir Edward Grey, avait été adressée une pétition, datée du 12 Juin 1911, qu'il allait transmettre aux cabinets européens deux jours après l’avoir reçue (10), et dont voici les passages les plus significatifs :

sons el édifices brûlés, et institution d’une commission mixte et indépendante pour surveiller l'installation de la population éprouvée par la destruction des maisons brüûlées, Restitution des armes confisquées, avec obligätion pour les possesseurs de se conformer aux règles y relatives.

(9) Le 14 Août 1912, le comte Berchtold ne devait-il pas, alors que l’insurrection s’étendait jusqu’en Macédoine, prendre l'initiative d’un appel à l’Europe qu'il pressait d’intervenir en faveur des rebelles, pour leur faire obtenir des droits particuliers, notämment par une décentralisation administrative. C'est d’ailleurs, dit-on, pour le récompenser de cette démarche que François-Joseph lui conféra la Toison d'Or.

Mais Saint-Pétersbourg et les chancelleries européennes, voyant clairement là une tentative de l’Atutriche d'attirer à elle les Albanais, s’opposèrent à ce projet, qui ne put äboutir.

(ro) « Le Gouvernement de Sa Majesté a reçu une pétition des chefs de plusieurs tribus albanaïses en révolte, le priant de porter leur cas devant les Puissances. [La pétition réclame une autonomie au sein de l’Empire ottoman. Je considère que, dans l'intérêt de la paix, il est souhaitable que le Gouvernement se déclare prêt à accorder aux Albanais ce qu'ils demandent, tant en ce qui concerne les questions linguistiques et scolaires, qu'en ce qui concerne les demandes de crédits pour l’äamélioration des communications, et quil devrait décréter une amnistie générale sans aucune exception, et s’engager à ne frapper d'aucune peine ceux qui mettraient bas les armes.

«Si les Puissances n’obtenaient pas de telles assurances, il leur serait impossible d’user de leur influence pour mettre un terme à la révolte, ou d'éviter les graves conséquences qui pourraient résulter de sa prolongation. Le Gouvernement de

« Ceci est une demande àu Gouvernement de Sa Majesté de communiquer aux Puissances la prière des Albanais d'obtenir de jouir d’une large autononié au sein de l'Empire ottoman ; les Signätaires abandonnent toute demande d'indépendance ... notre propos est limité à une suggestion aux Puissances d'obtenir des garanties de non répression au cas où les Albanais mettraient bas les armes. Nous faisons même un pas de plus pour suggérer que soit demandé à la Porte de donner l'assurance que l’amnistie serà générale, et que les demandes albanaïses relatives aux questions linguistiques et scolaires, et à l’amélioration des communications seront acceptées.. 1» Il faut incontestablement voir là une demande d'intervention. Mais on sait que sont limitativement énoncées par la doctrine les hypothèses où cette catécorie d’immixtion est permise par le Droit des Gens : Tout d'abord, lorsque la demande en est adressée à l'Etat intervenant par l’autre État luimême ; ensuite, lorsque les circonstances sont telles que l'Etat intervenant apparaît comme fondé à se faire justice À lui-même ; enfin, lorsque l’intervention constitue l'exercice d’un droit établi par un traité antérieur.

Incontestablement ce n’est aueun des deux premiers cas en présence duquel nous nous trouvons ; la Turquie se gardant bien de solliciter üne inter-

Sa Majesté serait prêt à donner à son représentant à Constan- : tinople des instructions dans ce sens si les autres puissances acceptaient d’en envoyer d’identiques.

« Vous demaänderez au Gouvernement auprès dutuel voûs êtes accrédité s’il est prêt à le faire. »

(In Brilish documents on the origins of the War. Vol.IX. N° 498).

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