‹ Essai Sur l'Indépendance AlbanaiseChapitre 45 sur 224 · PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE IV

Si l'on veut avoir un aperçu du déroulement des hostilités, il faut isoler trois théâtres d'opérations distincts : celui de la frontière turco-bulogare de Thrace ; celui de la frontière macédonienne turco-bulgaro-serbe ; celui, enfin, de la frontière turcogrecque.

En Thrace, dès le 24 Octobre, la troisième armée bulgare entrait à Kirk-Kilissé ; les troupes ottomanes doivent se replier vers le Sud-Est pour couvrir Constantinople, elles résistèrent sur la ligne de Chatalja, à moins de 60 kms de la capitale, jusqu’à l'armistice du 3 Décembre.

Sur le front macédonien, les armées serbo-monténégrines, venant du Nord, opérèrent un double mouvement : de concentration tout d’abord sur Uskub, où se trouvait le gros des forces turques, qu’elles y défirent le 24 Octobre, en passant le Vardar, puis de déploiement dans deux directions générales, à l'Ouest vers Scutari, au Sud vers Monastir.

Ces mouvements les conduisirent en territoire albanais : la troisième armée serbe marchant sur Scutari, la première sur Monastir.

Sur ce dernier front enfin, tenu par les troupes helléniques, la principale armée, sous les ordres du Diadoque, le Prince Constantin, franchit la frontière le 18 Octobre et, s’avançant vers le Nord, battit les Turcs le 23, au delà d’Elasson, pour opérer ensuite une conversion vers l'Ouest en direction de Salonique.

Simultanément une autre colonne grecque se dirigeait vers Janina.

Ainsi donc, sur les cinq mouvements généraux des armées alliées, trois les portaient en territoire albanais, respectivement vers Monastir, Janina et Scutari, qui, dès le milieu de Novembre, se trouvait complètement investie.

Après la victoire de Monastir, les Alliés s’avancèrent à travers l’Albanie en direction de l'Ouest, pour atteindre la mer ; tandis que celles des troupes turques qui n'étaient pas encerclées sembarquaient à Janina.

C'est alors qu ‘intervint l'armistice du 3 Décembre 1912, entre la Turquie et la Bulgarie, à laquelle vinrent se joindre le Monténégro et la Serbie.

L'armée grecque, cependant, continuait de combattre dans le secteur de Janina et dans Ie dessein de faire tomber cette place, qui ne fut finalement prise que le 5 Mai 1913.

$ 3. — Rapports entre les Albanais et les armées

Ainsi donc, sur une grande partie de son étendue, l’Albanie se trouvait occupée par des troupes étrangères.

Les populations albanaises considérèrent tout d’abord l'occupation comme pacifique, en se fondant sur le fait qu'aucune résistance n'avait été opposée par elles aux envahisseurs.

Il convient, pour rendre aussi claire que possible une situation curieuse, d'indiquer ici que, si des Albanais combattaient, et en nombre important, dans les rangs ottomans, ce n’était qu'en tant que soldats de métier, dans des troupes mercenaires.

La population dans son entier n’était, en effet, nullement soumise, ni à la conscription (4), ni, partant, à la mobilisation ; et il était de l'initiative pri-

(4) Vide supra 1ère partie, chap. I, $ x,

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