‹ Essai Sur l'Indépendance AlbanaiseChapitre 57 sur 224 · PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE Vi · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE Vi

firmer ; les représentants français et britanniques ac-

de Vienne et de Saint-Pétersbourg, lequel, approuvé sans restriction par nos augustes souverains, se trouve résumé dans les points suivants :

« 1° I] a été convenu que pour le cas où le maintien du statu quo deviendrait impossible, l’Autriche-Hongrie aussi bien que la Russie écartent d'avance tout esprit de conquête sur la presqu'île des Balkans, et qu'elles sont décidées à faire respecter ce principe par toute autre puissance qui manifesterait des visées sur le territoire sus-mentionné.

« 2° Il à été également reconnu que les questions de Constantinople et du territoire adjacent, ainsi que celle des détroits (Dardanelles et Bosphore), ayant un caractère éminemment européen, ne sont pas de nature à faire l’objet d’une entente séparée entre l’Autriche-Hongrie et la Russie.

« Le comte Mourawieff n’hésita pas à déclarer à ce propos que, loin de tendre à une modification quelconque de l’état de choses présent, sanctionné par le traité de Paris et la convention de Londres, le gouvernement impérial tenait au contraire au maintien intégral des dispositions y relatiyes qui donnaient pleine et entière satisfaction à la Russie en interdisant, par la fermeture des Détroits, l’accès de la mer Noire aux bâtiments de guerre étrangers.

« En ne pouvant admettre de concession sur ce point, le cabinet de Saint-Pétersbourg ne faisait que céder à un principe de légitime sécurité, principe dont la reconnaissance de notre part lui fut acquise de prime abord.

« 3° L'établissement, par contre, d’un nouvel ordre de choses sur la presqu'île des Balkans, en dehors de Constantinople et des détroits, donnerait lieu, le cas échéant, à une stipulation spéciale entre l’Autriche-Hongrie et la Russie qui, principalement intéressées au règlement de cette question, se déclarent disposées à agir d’un commun accord en fixant dès maintenant les bases de leur entente, à savoir :

« a) Les avantages territoriaux, reconnus à l’Autriche- Hongrie par le traité de Berlin, lui sont et demeurent acquis. Par conséquent, la possession de la Bosnie, de l'Herzégovine et du sandjak de Novibazar ne pourra faire l’objet d’une discussion quelconque, le gouvernement de S.M.I. et R.A. se réservant la faculté de substituer, le moment venu, au

ï 148 ESSAI SUR L'INDÉPENDANCE ALBANAISE

crédités auprès des deux cours n’ont jamais envisa-

titre actuel d'occupation et de droit de garnison, celui d’annexion.

« b) La partie comprise entre Janina au Midi et le lac de Scutari au Nord, avec un développement suffisant du côté de L'Est, formera un état indépendant sous le nom de principaulé d'Albanie, à l'exclusion de toute domination étrangère. dr

« c) Le reste du territoire disponible fera l’objet d’un partage équitable entre les différents petits états balkaniques existants, partage au sujet duquel l’Autriche-Hongrie et la Russie se réservent de s'entendre en temps utile. Disposées à prendre en considération dans la mesure du possible les intérêts légitimes des participants, elles sont décidées, d’autre pärt, à sauvegarder le principe de l'équilibre actuel et d’écarter, serait-ce au moyen de rectifications de frontières, toute combinaison qui favoriserait l’établissement d’une prépondérance marquée de telle principauté balkanique au détriment des autres.

« d) Ayant enfin constaté que nos deux cabinets n'ont d’autre objet sur la presqu'île des Balkans que le maintien, la consolidation et le développement pacifique des petits Etats qui s’y trouvent élablis, nous sommes convenus de poursuivre dorénavant sur ce terrain une politique de parfaite harmonie et d'éviter par conséquent tout ce qui pourrait engendrer parmi nous des éléments de froissement ou de méfiance.

« Tel est, mon prince, le résumé des pourparlers de Saint-Pétersbourg que je crois avoir reproduits aussi fidèlement que possible.

« Je ne doute pas un moment que le comte Mourawieff vous en confirmera l'exactitude et c’est à cet effet que je vous invite à lui donner lecture de ma présente dépêche dont vous lui laisserez une copie entre les mains avec prière de vous en accuser réception. »

2° Dépêche du comte Mourawieff à S.A.S. le prince de

Liechtenstein. Saint-Pétersbourg, le 5/17 Mai 1897.

« Monsieur l’Ambassadeur,

« La dépêche secrète que M. le comte Goluchowski a adressée à V.A. en date de Vienne le 8 Mai courant, et dont

Page 1