DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE fi
appuyer ses ambitions, fût-ce au prix de l'abandon de Scutari.
Aucune preuve positive en ce sens n’a pu être rapportée et la question demeure ténébreuse.
Quoi qu'il en soit, l'entrée à Scutari des troupes du Roi Nicolas compliquait encore la situation.
En possession de la ville, les Monténégrins allaient en effet faire les plus grands efforts pour y asseoir définitivement leur souveraineté et mettre en avant les arguments les plus variés pour la justifier.
Née ce déclara alors qu'elle « réservait sa liberté d'action » au cas où les puissances ne contraindraient pas le Monténégro à abandon- - ner la ville (17) et transporta des troupes à la frontière monténégrine. « La menace qui pesait sur la paix générale était plus sérieuse qu’elle ne l'avait Jamais été depuis le début de la guerre nette que ». (18)
En tout cas, un de se fait bientôt entre Vienne et Rome, pour partager l’Albanie en deux zones ‘d'influence séparées par la rivière Scumbi.
Le 1° Mai 1913, l'Autriche et l'Italie en informent la Réunion des Ambassadeurs en disant :
À la suite des événements qui se sont produits dans le Nord et dans le centre de l’Albanie, les cabinets de Vienne et de Rome ont décidé de faire respecter les volontés de l'Europe et de défendre en même temps leurs intérêts particuliers. »
Cette attitude, qui n’était pas sans rapport avec les accords de Monza (19), était évidemment illé-
(17) The Times, 30 Avril 1918.
(18) The Times, 1° Mai 19x18.
(r9) Cf. süpra. Première Partie. Chäpitre VIT, $ 3.
gitime, puisqu’aucun mandat ne leur avait été donné par le Concert dans ce sens.
Mais devant un danger aussi immédiat et précis, le Monténégro s’inclina enfin et, par un télégramme adressé le 5 Mai 1913 à Sir E. Grey; le Roi Nicolas se déclara prêt à « remettre le sort de Scutari entre les mains des Puissances ».
En conséquence, le 14 Mai, ses troupes évacuèrent la ville, qui fut occupée sur-le-champ par. les autorités internationales, sous la présidence de l’Amiral Burney (20).
(20) Convention relative à la reddition de la ville de Scutari. (In Diplomatische Aktenstücke, betreffend die EÉreignisse am. Balkan. Wien, 1914, p. 279. — Et in Recueil Martens, 3° série, T. IX, pp. 647 et s.).
« Le contre-amiral Njegovan au Ministère de la Guerre, section de la Märine. St-Jean de Medua, 26 Avril/g Mai 1913.
« Ci-joint, la convention conclue aujourd'hui au* Conseil des Amiraux avec le gouverneur de Scutari, M. P. Plamenatz, pour la reddition de la ville fortifiée de Scutari.
« De plus, je fais savoir que M. Plamenatz s’est déclaré complètement d’accord, au nom du gouvernement monténégrin, pour livrer la ville comme les ouvrages l’entourant, y compris la position de Tarabosch, à la Commission internationale, aussitôt après l'évacuation de la ville, même par les. troupes monténégrines, le mercredi 14 Mai ; il formula toutefois la demande de laisser camper un détachement de 1.000 hommes près de Tarabosch, éntre Zogaj et Siroka, pour le transport du matériel, artillerie lourde, etc... qui s’y trouve encore. En considération de l'évacuation de la position de Tärabosch même, et pour préparer les tombes des: soldats monténégrins tombés, il a demandé de pouvoir faire cantonner 200 hommes dans les casernes de Tarabosch, jusqu’à nouvel ordre, car autrement, les troupes qui ont encore à travailler dans Tarabosch, ne pourraient trouver aucun moment opportun pour le progrès’ des travaux.
« Après l’exposition de ces additions à la convention,