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PREMIÈRE SECTION. — LA DÉFAITE TURQUE ET SES CONSÉQUENCES IMMÉDIATES

$ 1. — Décadence et défaite turques.

$ 2. — San-Stefano.

$ 3. — Compétence des Puissances.

$ 4. — Congrès de Berlin.

$ 5. — La frontière monténégrine.

C'est la grande défaite turque de 1878 qui a indirectement permis à l’Albanie de naître à la vie indépendante.

Si, en effet, cette puissante unité politique n'avait pas subi ce choc extérieur, l’Albanie n'eut pu se dissocier d'elle. Car l’Empire ottoman eut gardé à son égard tous ses facteurs de cohésion, tant matériels que moraux ; tandis que, battue, la Porte favorisa, au contraire, l’éveil d’un nationalisme albanais qui devait, plus tard, se développer à son détriment. C’est donc par l'exposé des éléments et des conséquences internes de cette défaite qu’il nous faut logiquement commencer.

$ 1. — Décadence et défaite turques

La Turquie, qui avait, durant trois siècles, menacé de sa puissance et de ses armées l'Europe entière, vieillie et corrompue à son tour, comme l’Empire byzantin auquel elle a succédé, subissait, au dernier quart du x1x° siècle, deux poussées destructrices : À l'extérieur, l’action hostile de la Sainte Russie ; à l’intérieur, le mécontentement croissant de ses sujets de Roumélie, qui jouissaient, en principe, depuis l’époque même de la prise de Constantinople, des droits publics individuels (1), mais n’en étaient pas moins, en fait, soumis à un régime d'exception.

(x) Vide in von Hammer : Histoire de l’Empire ottoman (traduction J. Heller) « Mohammed se déclara immédiatement leur protecteur, et procéda, dès le 1% Juin 1453, à l’investiture du nouveau Patriarche grec... »

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