DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE UN T
était de soutenir cet Etat et qui respecta les décisions prises en commun à Londres jusque dans leurs conséquences extrêmes, alors même que, par une pression isolée, l'Autriche et l'Italie faussaient l'action du Concert,
« 7° Au moment de l'entrée des troupes internationales dans.la ville de Scutari, le Vice-Amiral commandant en chef et les commandants des divisions navales s ‘engagent à lever immédiatement le blocus des côtes monténégrines depuis Spizza jusqu’à l'embouchure: du Drin.
« Fait en Fe de Saint-Jean de Medua, le 6 an Mai 1913, à bord de HM.S. « King Edward WII ».
« P. Plamenatz, Gouverneur civil de Scutari, Cecil Burney, Vice-Amiral, - Patris G., Contre-Amiral, Njegovan M., Contre-Amiral, G. Laugier, Capitaine de Vaisseau, Von Klitzing, Capitaine de Frégate. »
° Convention additionnelle :
« Pour éviter tout incident entre les troupes du Monténégro et les détachements internatonaux, je soussigné, Pierre PL donair. représentant de S.M. le Roi de Monténégro. prends les engagements suivants :
« 1° Quand Ja ville de Scutari aura été évacuée par les troupes du Monténégro, les troupes se retireront dans une zone éloignée de ro km. au moins de la ville de Scutari. Exception est faite pour les mille hommes prévus au paragraphe 6 de la convention ; 8oo d’entre eux pourront séjourner à mi-distance entre Zokaj et Siroka, les 200 autres dans les cäâsernes de Taraboch.
« 2° Lorsque le matériel de guerre, etc... aura été enlevé, ces mille hommes se retireront également dans une zone éloignée de 10 km. au moins de la ville de Scutari.
Pierre Plamenatz, Gouverneur civil de la ville de Scutari 21 Avril/o Mai 1913. »
Après de longues négociations (21), on aboutit à un compromis résultant de concessions réciproques. :
Avant conservé Prizrend, Ipek, Diakova et Dibra aux Slaves, la Russie crut nécessaire de consentir la cession de Scutari à l'Albanie. Cette concession fut faite en vue du maintien de la paix, dont l'ébranlement pour une telle cause aurait paru d’une absurdité manifeste, Scutari étant ville purement albanaise et étant le siège de l’archevêché catholique. Ces raisons, pleinement confirmées par les rap- ports du Vice-Consul russe à Scutari qui, preuves en mains, montre le rôle essentiellement militaire des Monténégrins, lesquels ont été incapables d’assimiler plusieurs milliers d'Albanais, catholiques ou : musulmans qui s’établirent à l’intérieur des frontières du Monténégro fixées il y a trente cinq ans.
« Par conséquent, l'annexion d'une partie du drdiel de Scutari ne ferait qu'affaiblir considérablement le Monténégro par l’adjonction à des Monténégrins, peu nombreux, de cent mille hommes étrangers à leur religion et à leur langue. Le Monténégro serait ainsi menacé ‘le devenir une Albanie monténégrine. \
“be Vice-Consul russe à Scutari croit que la réunion au Monténégro d’un nombre considérable de Catholiques romains aurait pu fournir à ce pays l’occasion de resserrer ses liens avec l'étranger, ce
(21) Note officielle publiée par le Gouvernement russe, citée in Revue politique et parlementaire: T.76, 1913, p.337. EVide également le très intéressant communiqué du Ministre des Affaires Etrangères de Russie, du 11 Avril 1913, destiné à expliquer officiellement l'attitude du Gouvernement du Csar dans la crise balkanique, in Archives Diplomatiques, T.126, pp. 186 et s.