‹ Essai Sur l'Indépendance AlbanaiseChapitre 98 sur 224 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Art. 221. — Le Président du Conseil, en sa qualité de Ministre des Affaires Etrangères, sert d’intermédiaire entre le souverain et les représentants étrangers accrédités auprès de lui. Il prend les dispositions nécessaires pour assurer l'agrément des Ministres ainsi que l'octroi des exequatur aux Consuls des pays étrangers. Il soumet à l'approbation du Souverain les noms des représentants diplomatiques et consulaires à nommer à l'étranger: »

Ce statut est la première constitution albanaïse.

Il est difficile de dire s’il instaure un régime parlementaire, puisque la responsabilté politique du

cabinet devant les assemblées n'y est pas expressément prévue.

Il apparaît plus nettement que soit Fons une séparation des pouvoirs, puisque l’article 40 dispose que l’Assemblée nationale est l'organe législatif ; cette assemblée paraît également avoir le pouvoir constituant, aux termes de l’article 67, et malgré sa rédaction étonnante, où apparaît une grave confusion entre le caractère d’organe législatif, qui appartient à l’Assemblée, et le « pouvoir législatif », concept matériel qui ne saurait, par définition, contenir le pouvoir constituant.

En résumé, la constitution du ro Août 1914 est peu précise et lie par ses lacunes, une large place à l'élaboration coutumière.

La désignation des ministres semble bien, néanmoins, et cela sera, nous le verrons, corroboré par les faits, appartenir au seul souverain, devant qui le cabinet paraît responsable ; le rôle de l’Assemblée . est ainsi très effacé au point de vue politique, tandis que ses pouvoirs de légiférer sont étendus, encore qu'il nous soit impossible de savoir si l'initiative législative a appartenu ou non à ses membres.

Il semble donc, en définitive, que l’on soit plutôt en présence d’un régime de type présidentiel im. parfait.

Le Protocole de Florence ne satisfit personne (1). Mais les deux éléments les plus actifs du révisionnisme furent les Turcs et les Grecs.

Les premiers manifestèrent leur activité par l'affaire Grebenali, les seconds par la constitution du Gouvernement de l'Epire autonome de Christaki Zographos, et les graves troubles subséquents.

Les Jeunes-Turcs n'avaient pas abandonné l’espoir de restaurer leur souveraineté sur l’Albanie, et l'on va voir qu'ils s'employèrent à y susciter des troubles, à la faveur desquels ils escomptaient pouvoir réaliser ce dessein.

À la fin de 1913, un officier de l’armée ottomane, le Major Bekir Agha Grebenali, d’origine macédonienne, arriva à Valona, accompagné d'un petit groupe d’une cinquantaine d'hommes, qui se prétendaient des réfugiés regagnant leurs foyers.

Leur but occulte était de provoquer une insurrection des Musulmans albanais, pour renverser le Gouvernement provisoire.

Grebenali, d’ailleurs, ainsi qu'on l’apprit plus tard, était en correspondance à la fois avec Essad Pacha et avec Ismaïl Kémal, et laissait croire à chacun d’eux que son action était dirigée contre son rival (2),

(1) Sauf les Grandes Puissances : Cf. King's Speech, du 10 Février 1914. Parliamentary Debates, 1914, 58/51. (2) Cf. The Times, 16 Janvier 1914.

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