‹ Essai sur l'indifférence en matière de religion (volume 3)Chapitre 26 sur 64 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

sont pi ué que les intérêts , les croyances que des opinions, Tautorité n'est que Tindëpendance. Chacun, maître de sa raison^ de son cœur, de ses actions, ne connoit de loi que sa volonté , de règles que ses désirs, et de frein que la force. Aussi y dès que la force se relâche, la guerre commence aussitôt ^ tout ce qui existe est attaqué; la

société entière est mise en question.

On se tranquillise sur les suites d\in pa-

Tamoar de soi ou Fëgoisme à son plus hant degré» Ce genre de dëpravatlon, ce vice honteux du cœur, raffoîblît ^ l'époise, et conduit à une espèce particulière d^idioUsme qa^on appelle mélancolie.

Un désordre semblable dans Thomme physique , afibiblifr, épuise le corps, dégrade tontes les acuités , et conduit à Pidîotisme absolu , qui est la mort des sens , du cœur et de rintelligence.

Il est â remarquer que , ches les anciens, Tidéologie proprement dite , et la mélancolie considérée comme passion » étoîent inconnues « et que le yice des sens qqji correqiond

PREFACE. ne

reil ëtat ^ en se disant qu'il y eut toujours des troubles et des crimes dans le monde. Sans doute il y a toujours eu des désordres parmi les hommes , parce qu'il y a tou-* jours eu des erreurs et des passions. C'est le perpétuel combat du mal contre le bien. Mais autrefois on savoit ce que c'est que le mal , et ce que c'est que le bien ; aujourd'hui on ne le sait plus , on doute.

Autrefois encore les plus pervers s'atta-

ik ces vices de Tesprit et du cœur , éioSt beaucoap moini commua qa'il ne Test devenu de nos jours. L^homme alors ne se sëparoît point de la fiimîUe et de la société ; il ne cherchoit point à vivre seuL Mais trop souvent des opinions et des institutions fausses établissant de faux rapports entre les personnes sociales , il en résultoit ^ dam les esprits et dans les moeurs , des désordres analogues* 11 y avoit, sôqa ce rap- . port, entre les anciens et les disciples de notre moderne philosophie , la différence de Terreur à Fidiotisme. Le mot même è^ idiotisme , selon son étjmologîe, désigne Pétat d^un être séparé de la société 9 on qui vit à part , qui vit seul*

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