‹ Essai sur l'indifférence en matière de religion (volume 3)Chapitre 45 sur 64 · PREFACE. . LXXXI · texte numérisé non relu

PREFACE. . LXXXI

Parmi les principes que nous avons essayé d'établir , il n'en est point qui n'offrît de semblables applications j et que^ par conséquent, nous n'eussions pu développer beaucoup davantage. Telle est même, nous l'osons dire , leur extrême féœndité', que peut-être y a-t-il quelque mérite à n'avoir pas cédé au désir d'indiquer au moins une partie des nombreuses conséquences qui s'en déduisent. Mais cela nous auroit souvent écarté de notre but , et nous savions d'ailleurs que dans ce sièdie d'opi» nions et de passions, dans ce siècle de

» arrÎTer à pn tel degré qae le corps ne pubie plus le sup- 9 porter , ni arrêter une «me qd aspire i briser ses liens. 9 On a vu des exemples de saintes morts , produites par cet n excès d'amour. » Chemin de la perfection^ chap. XIX. — - Tîssot parle d'un homme qu'il avoit connu | et qui étoit mort uniquement de l'excès de son amour pour Jésus- Christ.

tXXXII PRÉFACE.

l'homme , quiconque parle de Dieu et veut être écouté , doit être court. Nous croyons cependant n'avoir omis rien de nécessaire. Ce n'est pas en disant tout, qu'on se fait le mieux entendre , mais en disant ce qui ren ferme tout.

Au reste , nous ne nous dissimulons pas combien de genres d'opposition doit rencontrer un ouvrage de la nature de C€]m<i. On y attaque à la fois toutes les erreurs de religion , de morale et de politique , en montrant la cause d'où elles dérivent toutes. Ainsi 5 quiconque voudra retenir une seule de ces erreurs , devra , s'il est conséquent, nier le principe sur lequel nous prouvons que reposent toutes les vérités; mais dès lors aussi nous le défions d'éviter le scepticisme absolu.

D'un autre côté, quelques hommes de bonne foi , mais inattentifs , nous accuse-

PAEFACE. LXXXIII

ront peut - être d'ébranler la raison humaine, parce que nous montrons qu'en effet la raison individuelle, la raison de l'homme seid^ ne sauroit le conduire qu'à un doute profond , universel , puisqu'elle ne peut se prouver elle-même.

Les personnes qui nous feroient ce reproche nous auroient bien mal compris.

Si n^ous insistons sur la foiblesse de la raison particuhère , c'est pour établir ensuite la raison générale , en prouvant que les vérités primitives qui en sont le fondement , ont une certitude infinie , et que les vérités secondaires qu'elle en déduit sont également certaines : d'où il suit que la raison individuelle elle-même a dès lors une règle sûre pour apprécier ses propres pensées, et qu'elle ne s'égare que lorsque l'orgueil la porte à méconnoître ou à violer cette règle. Ainsi, loin de détruire la raison.

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