‹ Essai sur l'indifférence en matière de religion (volume 3)Chapitre 47 sur 64 · PRÉFACE. LXXXV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. LXXXV

même. Donc elte est infaillible; donc la raison particulière, nécessairement imparfaite^ doit se soumettre à ses décisions , tous peine de ne pouvoir rien affirmer , rien croire j c'est-à-dire , sous peine de mort.

Et déjà Von doit remarquer que le commandement de croire TÉglise , ou d'obéir au pouvoir spirituel de la société chrétienne j n'est que la promulgation de cette loi universelle , immuable. Le christianisme y avant Jésus-Christ , étoit la raison , générale manifestée par le témoignage du genre humain. Le christianisme depuis Jésus-Christ, développement naturel de l'intelligence , est la raison générale manifestée par le témoignage de F Église.

Ces deux témoignages ne se contredisent point ; le second , au contraire , suppose le premier , et ils se prêtent une force mutuelle. La vérité n'est pas autre; seule-

tXXXVI PRÉFACE*

ment on connoit plus de vérités; Dieu s'est manifesté davantage.

En vaîn Ton objecteroît Texistence du paganisme pour montrer que la raison générale peut errer. Nous prouverons , dans tin troisième volume, que tout ce qu'il y avoit de général dans le paganisme étoit vrai y que tout ce qu'il y avoit de faux n'ctôit que des superstitions locales ou des erreurs de la raison particulière , et nous ferons voir de plus qu'on connoissoit parfaitement le moyen de discerner ces erreurs des vérités primitives , et qu'en tout ce qui concerne les croyances nécessaires et les devoirs de l'homme , l'autorité du genre humain étoit reconnue pour Tunique règle de foi ou de certitude , comme les catholiques reconnoissent l'autorité de l'Église pour l'unique règle dé certitude et de foi.

'Nous supplions nos frères séparés, à

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