PREFACE. LXXXVII
quelque secte qu'ils appartiennent , de méditer sérieusement ces réflexions , et de se demander si leur culte ^ selon Texpression de TApôtre, est raisonnable (i), c'est-àdire , s'il est fondé sur la raison générale manifestée par le témoignage de ThgUse?
Que s'il ne repose, au contraire, que sur leur jugement particulier ou sur leur raison individuelle, comment s'assureront-ils qu'il -est véritable ? Comment feront- ils un acte de foi parfait , un acte de foi divine ? Le catholique , dont la foi repose sur l'autorité de l'Église, qui n'est que l'autorité de Dieu même , commence son symbole en disant : Je crois en Dieu y mais le protestant qui n'admet aucune autorité visible , doit nécessairement commencer le sien en dis/ant : Je crois en moi.
^i) Epbt. ad Rom. Xll , i.
LXXXVin PREFACE.
Il ne lui sert de rieu de prétendre qu'î admet l'autorité de Jésus- Christ et de sa parole contenue dans l'Écriture ; car, coiii* ment sait-il avec certitude que l'Écntore contient réellement la parole de Jésus- Christ ? Comment connoît-il l'existence de Jésus-Christ lui-même? N'est-il pas l'unique juge de ces questions comme des autres? Avant donc de dire : Je crois en Jésus- Christ y il faut toujours qu'il dise : Je crois en moi ^ et sa foi, pour être certaine, présuppose son infaillibilité personnelle, c'est-à-dire, la plus palpable et la plus monstrueuse absurdité.
Au reste , dans un sujet si grave , ce qac nous demandons surtout , c'est de l'attention et de la bonne foi. Certes , il est étrange qu'il soit nécessaire d'engager les hommes à être attentifs , quand il s'agit d'eux-mêmes et de leur premier intérêt :
PREFACE. tXXXIX
et cependant nous ne nous flattons pas de Tobtenir du plus grand nombre. Les préjugés , lentraînement , les distractions , il n'en faut pas tant à un être d'un jour , pour qu'il refuse d'examiner ce qui , après tout , n'est qu'étemel. Espérons pourtant qu'au moins quelques - uns comprendront l'im portance d'un pareil examen , et l'entreprendront avec les dispositions du cœur qui peuvent le leur rendre utile. Nous vivons dans un temps où tout porte à la réflexion les esprits sérieux. Tout passe, tout s'en va , la terre fuit nos pieds : c'est , ce me semble , ou jamais, le moment de s'informer s'il y a pour nous une autre demeure.
AVERTISSEMENT DES ÊDITECmS.
Instruits qu'on projette , dans plusieurs v3k$ de rÉiranger > une eontrrfaçen de cet ousmgÊ^ nous croyons devoir en preçenir le publie danx son intérêt. L'on sait assez généralement de combien de fautes et de ladunês fourmillent cet sortes d'éditions faites toujours à la hâte et sont soin, pour être fondés à croire qu'elle sera né^ cessairement d* aidant plus défectueuse qu'elle n'aura pu être faite que sur une éiitian corrigét depuis par V auteur.
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ESSAI
SUR L'IJN DIFFÉRENCE