‹ Essai sur l'indifférence en matière de religionChapitre 18 sur 51 · DE L'ÉDITION PUBLIÉE EN · texte numérisé non relu

DE L'ÉDITION PUBLIÉE EN

Nous devons expliquer comment cet ouvrage, qui formera cinq volumes au lieu de trois que nous avions annoncés, s'est étendu au delà des limites dans lesquelles nous pensions pouvoir nous renfermer.

Les personnes qui ont eu la bonté de nous lire avec quelque attention verront bientôt que nous n'avons rien changé à notre plan primitif, et que tout le fond des deux volumes que nous publions y entrait nécessairement. Mais notre dessein étoit d'abord de ne présenter que des résultats généraux, en négligeant les détails que nous supposions bien connus.

Les discussions qu'a fait naître une question philosophique traitée dans le xiif chapitre de VEssai\

* Ch. I, III« partie.

question d'une extrême importance et qui tient à la racine même du Christianisme et de la raison humaine, nous ont appris ce que nous ignorions, c'est qu'aujourd'hui l'on s'occupe très-peu d'étudier l'antiquité, qu'on la connoit à peine, et que si nous ne donnions pas toutes les preuves des propositions les plus incontestables^ et que jusque-là il nous avoit paru suffisant d'énoncer, on les regarderoit comme des paradoxes, et que nous manquerions entièrement notre but. Il ne nous étoit plus dès lors permis d'hésiter.

Au reste, en exposant la tradition du genre humain sur les dogmes qui sont le fondement de la Religion chrétienne , en citant les textes au bas des pages, afin qu'on puisse juger de notre exacliludc et de notre bonne foi, nous avons bien prévu qu on nous accuseroit de prouver longuement ce qui n'avoit pas besoin de preuves ; mais si nous nous étions épargné le travail de les recueillir, ceux-là mêmes qui nous feront ce reproche, auroient dit que nous avançons ce qui n'est pas prouvé. Placé ainsi entre deux inconvénients, celui d'ennuyer peut-être, et celui de ne convaincre qu'un petit nombre de nos lecteurs, nous nous sommes décidé pour le parti qui ne pouvoit compromettre que notre amour-propre, et qui nous sembloit le plus favorable aux mtérêts de la vérité.

Que cette vérité sainte pénètre dans les esprits : il importera peu ensuite qu'on critique ou qu'on approuve la méthode que nous avons adoptée.

1825. Cette nouvelle édition des tomes lU* et IV de VEssai ne diffère de la précédente que par un petit nombre d'additions et de corrections, qui nous ont été, pour la plupart, indiquées par une personne de beaucoup de savoir, à qui nous offrons ici nos remerciments. Il est presque impossible qu'il n'échappe à l'écrivain le plus attentif quelque inexactitude, dans un travail aussi étendu que celui qui embrasse les traditions de tous les peuples, depuis les premiers temps jusqu'à nos jours. Sur l'autorité de M. de Sainte-Croix et d'Anquetil du Perron, nous avions allégué plusieurs passages de VEzoïiv-Vedam, •dont l'authenticité vient récemment d'être contestée par M. Colebrooke, dans le XI V volume des Recherches asiatiques. C'est aux savants qui ont fait une étude approfondie des langues et des croyances de l'Inde qu'il appartient de décider cette question littéraire. Pour ce qui nous concerne, ne voulant faire usage d'aucun monument douteux, nous avons supprimé toutes les citations du livre indien qui paroit suspect à W. Colebrooke. Un des hommes les plus doctes de l'Europe nous écrivoit à ce sujet : « Au « reste, si l'Ezour-Vedam venoit à vous manquer, « vingt ouvrages plus démonstratifs peut-être appuie- « roient votre thèse , qui cliaque jour acquiert de « nouvelles preuves. ]j'Oiipne]ihat lui-môme vous les « fourniroit par centaines, et leBaguat-geeia suffiroit « pour convaincre les plus incrédules. Jamais épo- « que ne fut plus favorable pour une autre démon- « stration évangélique. » Bénissons la Providence qui, proportionnant la lumière au besoin des différents

âges, environne aujourd'hui d'un nouvel éclat la Religion divine, que lorgueil humain monté à son comble s'était flatté d'anéantir. On ne doit jamais être ébranlé par le triomphe apparent de l'erreur : il ne faut qu'attendre un peu de temps, et les nuages se dissipent. Les pensées de l'homme passent, mais la vérité du Seigneur demeure éternellement^.

* Ps. CXYI, 2

QUATRIEME PiRTlE

LE CIIRISTIAISISME EST LA. SEULE RELIGION REVELEE DE DIEU OU LA SEULE VRAIE RELIGION

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