‹ Essai sur l'indifférence en matière de religionChapitre 9 sur 51 · II · texte numérisé non relu

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disons des lois générales, communes à tous les hommes, s'applique aux lois particulières, politiques et civiles. L'autorité est donc tout ensemble l'unique fondement de vérité, et l'unique moyen d'ordre ou de bonheur. L'obéissance de l'esprit à l'autorité s'appelle foi, l'obéissance de la volonté, vertu; toute société est dans ces deux choses. Ainsi le genre humain, comme l'enfant et plus que l'enfant, a sa foi, qui est toute sa raison ; et il a sa conscience, ou le sentiment, l'amour des vérités sociales qu'il connoît par la foi ; et la foi au témoignage du genre humain est la plus haute certitude de l'homme, comme la foi au témoignage de Dieu est la certitude du genre humain.

Hors de là il n'existe qu'un doute universel et tellement destructif de la raison, que quiconque rejetteroit de son esprit les vérités incompréhensibles que la foi seule y conserve, et qui lui ont été révélées par la parole, seroit contraint de renoncer à la parole même qu'il ne connoît que par le témoignage, et dont il ne peut user que par la foi ; contraint par conséquent de- renoncer à toutes ses idées, à toutes ses croyances, et qu'est-ce que cela, sinon la mort complète de l'homme ? Car, sans vérité, pohit d'amour, point d'action ; donc la mort : voilà pourquoi les anges de ténèbres mêmes, forcés de rentrer par le châtiment dans l'ordre qu'ils troublèrent par leur crime, croient, parce qu'il faut qu'ils vivent, credunt et contremiscunt ^

Cependant il se rencontrera, je ne sais dans quellebasse région de l'intelligence et comme sur les confins du néant j quelques misérables esprits, tristement fiers d'errer au hasard dans ces solitudes désolées, et à qui un stupide orgueil persuadera que, faits pour régner sur Dieu mômCj ils ne doivent entrer qu'en conquérants dans le royaume de la vérité. Nous ne croirons, disent-ils, que ce que notro

^ Ep. Jac. 11, 19,

raison comprendra : insensés, qui ne comprennent même pas que le premier acte de la raison est nécessairement un acte de foi, et qu'aucun être créé, s'il ne commençoit par dire je crois, ne pourroit jamais dire j^ suis.

Est-il donc si difficile de l'entendre? Otez la foi, tout meurt ^; elle est l'âme de la société, et le fonds de la vie humaine *. Si le laboureur cultive et ensemence la terre, si le navigateur traverse l'Océan, c'est qu'ils croient; et ce n'est qu'en vertu dune croyance semblable que nous participons aux connoissances transmises, que nous usons de la parole, des aliments même. On dit à l'enfant : Mangez, et il mange : qu'arriveroit-il s'il exigeoit qu'auparavant on lui prouvât qu'il mourra, s'il ne mange point? On dit à l'homme : Vous voulez aller en tel lieu, suivez cette route : s'ilrefusoit de croire au témoignage, l'éternité entière s'écouleroit avant qu'il eût acquis seulement la certitude rationnelle de l'existence du lieu où il désire se rendre. Comment savons-nous qu'il existe entre nous et les autres hommes une société de raison, que nous leur communiquons nos pensées, qu'ils nous communiquent les leurs, que nous les entendons, qu'ils nous entendent? Nous le

* 'Tis faith disarms destruction.

Believe, and shew the reason of a man ; Believe, and taste the pleasure of a God ; Believe, and look with triuniph in the tomb.

YoDNG, Nigîit Thoughts.

'" « Vous ne prenez pas garde, dit Théophile d'Antioche dans son apo- « logle adressée à Autolyquc, que la foi dirige et précède nécessaireci ment toutes nos actions. » ApoL, lib. I, n. 8. Les anciens Pères ont beaucoup insisté sur cette observation en effet très-importante. Vid. Euseb. Praepar. Evangel., lib. I, c. v, p. 15 et 16. Orlg. contr. Cels., Rb. I, n. 9 et seq. Cyril. Hyerosol. catech. V. Clément d'Alexandrie prouve, dans le second livre des Stroînates, que le commencement de toutes les sciences n'est pas la démonstration, mais la foi. p. 369,

croyons, et voilà tout. Qui voudroit ne croire ces choses que sur une démonstration rigoureuse, renonceroit à jamais au commerce de ses semblables, renonceroit à la vie. La pratique des arts et des métiers, les méthodes d'enseignement, reposent sur la même base. La science est d'abord pour nous une espèce de dogme obscur, que nous ne parvenons ensuite à concevoir plus ou moins que parce que nous l'avons premièrement admis sans le comprendre, que parce que nous avons eu la foi. Qu'elle vienne à défaiUir un instant, le monde social s'arrelera soudain : plus de gouvernement, plus de lois, plus de transactions, plus de commerce, plus de propriétés, plus de justice; car tout cela ne subsiste, que par l'autorité, qu'à l'abri de la confiance que l'homme a dans la parole de l'homme ; confiance si naturelle, foi si puissante, que nul ne parvint jamais à l'étouffer entièrement ; et celui-là même qui refuse de croire en Dieu sur le témoignage du genre humain, n'hésitera point à envoyer son semblable à la mort sur le témoignage de deux hommes. Ainsi nous croyons, et l'ordre se maintient dans la société ; nous croyons, et nos facultés se développent, notre raison s'éclaire et se fortifie, notre corps même se conserve ; nous croyons et nous vivons ; et forcés de croire pour vivre un jour, nous nous étonnerons qu'il faille croire aussi pour vivre éternellement !

Lorsque notre esprit paroît le plus indépendant, lorsqu'il examine, juge, raisonne, il obéit encore à la loi de l'autorité, et il n'est même actif que par la foi ; car pour agir il faut vouloir, et point de volonté sans croyance. Comment la raison pourroit-elle opérer avant d'être? Et qu'est-ce que la raison, si ce n'est la vérité connue? Une inteUigence qui ne connoîtroit rien, que seroit-elle? Cherchez dans cette nuit un objet que la pensée puisse saisir. Vous ne trouvez, vous ne voyez que des ombres, parce

que la vérité, la lumière n'y est pas. Dieu la retient en luimême; et ces organes si parfaits, ce corps plein de grâce et de majesté que sa main vient de former avec complaiîsance, ce n'est pas l'homme encore ; mais tout à coup la parole l'anime : Que l'intelligence soit î et l'homme fut. Dès lors, sans pouvoir s'en défendre et par une invincible nécessité d'être, il croit à la vérité que le témoignage lui révèle, et prend par la foi possession de l'existence.

Tel est l'ordre établi par le Créateur ; nous ne pouvons l'altérer ; il est au-dessus de nos atteintes. Cependant la vérité reçue dans notre intelligence n'y demeure pas stérile ; cultivée par la réflexion, elle se développe, elle fructifie ; de nouvelles idées paroissent, et nous les jugeons vraies ou fausses, selon la nature des rapports que nous apercevons entre elles et les vérités primitives. Juger n'est autre chose que comparer des idées nouvelles à des idées déjà existantes en nous, et qui n'ont pu elles-mêmes être jugées, puisqu'elles n'ont pu être comparées à rien d'antérieur. Ainsi, pour nous, la vérité, ce sont nos idées premières, et l'erreur, tout ce qui n'est pas compatible avec ces idées ; et la logique, qui nous apprend à faire avec méthode ce discernement, n'est que la théorie de la foi *.

Rappelée à son origine, la raison humaine s'affermit inébranlablement. On la voit, si je l'ose dire, étendre ses fortes racines jusque dans le sein de Dieu. C'est là qu'elle puise la vie. Nous naissons à l'intelligence par la révélation de la vérité ; et les vérités premières, reposant sur le témoignage de Dieu, ou sur une autorité infinie, ont une certitude infinie **. Elles constituent notre raison, qui ne peut

L'objet de la logique, de la vraie du moins, est de nous apprendre quand nous devons croire; or, pour être raisonnables, nous devons cron-o souvent contre notre jugement particulier.

** Les idéfes les plus claires ont été tellement obscurcies dans ce siècle philosophique, qu'il est nécessaire de répondre ici à une question

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être conçue sans elles ; et, révélées originairement par la parole, elles se transmettent également par la parole ; donc dans la société, et seulement dans la société *, parce que la vérité, qui est le bien commun des intelligences, doit être possédée en commun par elles ; et aucune intelligence ne pouvant exister qu'à l'aide de certaines vérités nécessaires, on doit- retrouver ces vérités dans toutes les intelligences, et le témoignage par lequel elles se manifestent n'a pas moins de certitude que le témoignage de Dieu, parce qu'au fond il n'en diffère pas.

^De même notre raison, en tant qu'active, ayant été créée de Dieu pour une fin qui est la connoissance de la vérité, la r^son générale ne sauroit errer, ou ne pas atteindre sa fin : donc le témoignage universel est infaillible.

Il est visible d'ailleurs que si la raison générale, ou la raison humaine proprement dite, pouvoit errer sur un seul point, elle pourroit errer sur tous les points, et dés lors il n'existeroit plus de certitude pour l'homme. L'u-

que nous avons entendu proposer quelquefois. Dieu pouvoit-il tromper l'homme ou lui révéler Terreur? Il y a contradiction dans les termes mêmes; car on ne révèle que ce qui est, et l'erreur n'est pas. Qu'on se représente l'âme humaine comme une capacité vide : demander si Dieu y pouvoit mettre l'erreur, c'est demander s'il pouvoit n'y rien mettre, ou laisser l'intelligence dans le néant ; c'est demander s'il pouvoit à la fois créer et ne pas créer. L'erreur n'est que la négation d'une vérité connue, une destruction; que voulez-vous détruire là où il n'existe rien?

* QuîB naturâ principia sint coramunitatis et societatis humanje, repetendum altiùs videtur. Est enim primum, quod cernitur in univers] generis humani societate : cjus autem vinculum est, ratio et oratio; quse docendo, discendo, communie ando, disceptando, judicando, conciliât inter se homines, conjungitque naturali quâdam societate. Nequo ullâ re longiùs absumus à naturâ ferarum ; in quibus inesse fortitudinem saepè dicimus , ut in equis , in leonibus ; justitiam, aequitatem, bonitatem non dicimus. Sunt enim rationis etorationis expertes. Cicer., de Officiis, Ub. I, cap. xvi, n. 50.

nique motif qu'ait la raison humaine d'admettre une chose comme vraie, c'est qu'elle lui paroît vraie. Si ce motif pouvoit être trompeur, ses croyances n'auroient plus de base, et Dieu, en donnant à l'homme le désir invincible de connoître la vérité, lui auiioit refusé le moyen d'arriver à aucune vérité certaine, ce qui est contradictoire : donc la raison générale est infailHble. 11 n'en est pas de même de la raison individuelle, et l'en voit pourquoi : l'infaillibilité ne lui est pas nécessaire, parce qu'elle peut toujours, lorsqu'elle se méprend, rectifier ses erreurs en consultant la raison générale.

Ainsi la vie intellectuelle, comme la vie physique, dépend de la société qui a tout reçu et conserve tout par ces deux grands moyens, l'autorité et la foi, conditions nécessaires de l'existence. Premièrement, société avec Dieu, principe de la vérité, source éternelle de l'être ; secondement, société des intelligences créées, que Dieu a unies entre elles, comme il les a unies à lui-même, et par les mêmes lois. Nous n'avons de vie, de mouvement, d'être enfin qu'en lui * : noble émanation de sa substance, notre raison n'est que sa raison *, comme notre parole n'est que

* In ipso enim vivimus, etmovemur, et sumus. Act., xvii, 28.

* a La raison est commune à l'homme avec les êtres célestes et di-

a vins, et avec Dieu même, et c'est pour cela qu'on dit que l'homme ' <r est fait à l'image de Dieu. Aussi la raison de Dieu ou son Verbe est a aussi son image. » Orig. cont. Cels., lib. IV, n, 85. « Veut-on enten- « dre maintenant un philosophe païen? a Comme il n'est rien de plus « excellent que la raison, et qu'elle appartient à Dieu et à l'homme, il « existe premièrement une société de raison entre Dieu et l'homme... « Notre âme ayant été produite par Dieu, nous pouvons, à juste titre, « réclamer une sorte de parenté avec les êtres célestes, et être appe- « lés une race divine. » De ces considérations et de plusieurs autres, Cicéron tire cette conséquence remarquable : Donc l'homme est semblable à Dieu. « Est igitur, quoniam nihil et ratîone melius, eaque et « m homine et in Deo, prima homini cum Deo rationis societas

sa parole. Oui, nous sommes quelque chose de grand, et je commence à comprendre ce mot : « Faisons l'homme « à notre image et à notre ressemblance ^ » Faisons : il y a ici délibération, conseil, quelque haute et secrète société, dont la parole encore est lejien ; et je me demande, que seroit donc l'homme seul, l'homme séparé de ses semblables et séparé de Dieu ? Je vois son être qui le fuit de toutes parts ; plus de certitude, plus de vérité, plus de pensée, plus de parole : fantôme muet!.... Non, il nest 'pas bon que l'homme soit seul *.

Et quand nous parlons de l'homme, il faut entendre que les mêmes lois régissent toutes les intelligences. Aucun être fini n'a en soi la lumière qui doit l'éclairer, et le plus élevé des esprits célestes, n'existant non plus que parce qu'il croit, n est pas moins passif que l'homme en recevant les premières vérités, et pour lui comme pour nous, la certitude n'est qu'une pleine foi dans une autorité infaillible.

Ne rougissons donc point de nous soumettre à cette sublime autorité, sous laquelle ploient les anges mêmes, et qui règne encore plus haut. L'univers matériel lui obéit, et ne la connoît pas. Une voix a parlé aux cieux, et les astres dociles redisent incessamment, dans tous les points de l'espace, cette grande parole qu'ils n'ont point entendue. Pour eux, l'autorité n'est que la puissance; mais, pour les êtres intelligents qui vivent de vérité et doivent concourir librement à l'ordre, elle est la raison générale manifestée par le témoignage ou par la. parole. Le premier homme re-

« Animum esse ingeneratum à Deo : ex quo vel agnatio nobis cum « cœlestibus, vel genus, vel stirps appellari potest... Est igitur homiiii « cum Deo similitudo. » De legib., lib. I.

* Faciamus hominem ad imaginem et similitudinem nostram. Gen., 1,26

- Non est bonum esse hominem solum. Gen , ii, 18.

EN MATIERE DE RELIGION. i53

çôitles premières vérités, sur le témoignage de Dieu, raison suprême, et elles se conservent parmi les hommes, perpétuellement manifestées par le témoignage universel *, expression de la raison générale. La société ne subsiste que par sa foi dans ces vérités, transmises de générations en générations comme la vie, qui s'éteindroit sans elles ; transmises comme la pensée, puisqu'elles ne sont que la pensée même reçue primitivement et perpétuée par la parole. Se roidir contre cette grande loi, c'est -lutter contre l'existence ; il faut, pour s'en affranchir, reculer jusqu'au néant. Créatures superbes ^qui dites, nous ne croirons pas ; descendez donc. Et nous, guidés par la lumière que repousse votre orgueil, nous nous élèverons jusque dans le sein du souverain Être, et là encore nous retrouverons une image de la loi qui vous humilie : car la certitude n'est en Dieu même que l'inteUigence infmie, la raison essentielle par laquelle le Père conçoit et engendre éternellement son Fils, son Verbe, la parole par laquelle un Dieu éternel et parfait se dit lui-même à lui-même tout ce qu'il est ^ ; té-

* c( Toute croyance universelle est toujours plus ou moins vraie, a c'est-à-dire que l'homme peut bien avoir couvert, et pour ainsi dire a encroûté la vérité par les erreurs dont il l'a surchargée ; mais ces « erreurs sont locales, et la vérité universelle se montrera toujours. » Les Soirées de Saint-Pétersbourg, par M. le comte de Maistre, tom. I, pag. 280.

* Bossuet, Élévations sur les Mystères, ïb Serm. Élevât. ¥. On retrouve quelque chose de semblable dans l'homme fait à l'image de Dieu, et Platon l'avoit aperçu : «. Pour moi, dit-il, la pensée est le dis- « cours que l'esprit se tient à lui-même : y> To Sk SiccvQé<Tdoci, «p' onsp e.yù xaAsîç... làyo-J ov auTvî Tzpbç a.hrY)-j yj ^v^'Ô Sis^ép^srai. Plat, in Thext. 0pp., t. II, p. 150, 151. Éclairé par une doctrine plus haute, Origène a vu toute la vérité dont on ne trouve que le germe dans Platon. « Celse, dit-il, prétend que Dieu est incompréhensible au Verbe « même. 11 faut distinguer s'il parle du verbe qui est en nous, ou que « nous prononçons, de nos connaissances, ou de nos discours; il est a bien certain que Dieu est incompréhensible au verbe pris en ce sens.

inoignage toujours subsistant, qui est cette pensée même et cette parole intérieure conçue dans V esprit de Dieu, qui le comprend tout entier, et embrasse en lui-même toute la vérité qui est en lui ^ ; et la Religion qui nous unit à Dieu en nous faisant participer à sa vérité et à son amour, n'est encore, dans ses dogmes, que ce témoignage traduit en notre langue par le Verbe lui-même *, ou la manifestation sensible de la raison universelle, dans ce qu elle a de plus haut, de plus inaccessible à notre propre raison abandonnée à ses seules forces ; en sorte que, si nous voulons y être attentifs, nous comprendrons que Dieu, avec sa toutepuissance, ne nous pouvoit donner une plus grande certitude des vérités que son Fils est venu nous annoncer, puisque son témoignage enferme en soi toute la certitude divine.

Mais l'ordre des idées ne nous permet pas en ce mo-

<r Mais, s'il s'agit du Verbe qui étoit en dieu, et qui étoit Dieu, ce qu'ace vance Celse est insoutenable ; le Yerbe divin non-seulement corner prend Dieu, mais il le fait connoître à ceux à qui il manifeste le oc Père. » Origen. contr. Cels., lib. VII, n. 65.

* Bossuet, Sixième Avert. aux Protest, , n. 31.

* « Eh! qui pourroit sauver .l'homme, et le conduire au Dieu su- « prême, sinon le "Verbe-Dieu? Dès le commencement dans Dieu, il « s'est fait chair dans le temps en faveur de ceux qui ne pouvoient le « voir comme Verbe-Dieu. Devenu chair et prenant une voix corporelle, « il appelle à lui ceux qui sont chair, pour les rendre d'abord conformes « au Verbe qui a été fait chair; ensuite, pour les élever jusqu'à cona templer le Verbe avant qu'il fût chair; de manière que, devenus par- « faits, ils disent : Quoique nous ayons connu le Christ, selon la chair, « nous ne le connoissons plus maintenant (II Cor., v, 16). Devenu « chair, il a habité parmi nous. Il s'est transformé une fois sur le Tha- « bor, où non-seulement il a paru dans tout son éclat, mais où il a « fait voir la loi spirituelle et les prophéties représentées par Moïse et « par Élie. On a pu dire alors : l^ous avons vu sa gloire, la gloire du et Fils unique du Père, plein de grâce et de vérité. » [^cd^n.l.] Origen. contr. Cels., lib. VII, n. 08.

ment d'arrêter nos regards sur ces magnifiques harmonies qui ravissent de joie l'intelligence. Avant d'admirer par quels moyens la Religion a été établie et se conserve, nous devons prouver qu'il en existe nécessairement une véritable. Cette tâche sera facile, maintenant qu'ayant placé la raison humaine sur sa base, nous savons comment on peut reconnoître avec certitude la vérité. Nous ne la demanderons pas à l'esprit de l'homme, mais à la raison de la société. Nous interrogerons les croyances, les traditions du genre humain, nous constaterons ses décisions ; et s'il se présente un contradicteur, ouvrant devant lui deux voies, dans l'une desquelles il faut absolument marcher, la voie solitaire et ténébreuse du jugement individuel, qui aboutit au néant, et la voie sociale de l'autorité, qui conduit à la vie ou à Dieu même, pour toute réponse nous lui dirons : Choisissez,

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