‹ Essai sur l'industrie à domicile salariéeChapitre 70 sur 99 · L. HOULLEVIGUE, op. cût.,"p · texte numérisé non relu

L. HOULLEVIGUE, op. cût.,"p

là-dessus une page qu’il est intéressant de citer pour montrer comment, même dans l’esprit de ce savant habitué aux méthodes d'analyse, une idée a pu vaincre par le seul prestige d’un mot, d’une image :« Aiosi,par l'électricité, l'usine se dilate; elle peut englober toute la superficie d’une commune, voire d’une ville ; le téléphone aidant, l’ouvrier reste encore sous la surveillance, sous la direction du chef, et pourtant, il se sent plus libre, il est chez lui et échappe aux promiscuités de toute sorte qu’entraîne l’entassement des grands ateliers. Et on voit clairement qu'il ne s’agit pas ici d’un retour en arrière, à la cellule indépendante d'autrefois, puisqu'il y à encore, comme dans l’usine, coordination et subordinetion, puisque l’être social à complété et étendu le système nerveux qui assure l’unité de l’ensemble ; pourtant, le lien est devenu plus souple et plus élastique, par là plus aisé à supporter.... Evidemment, la centralisation des grandes usines reste toujours plus favorable à une production économique que celle des petits ateliers ; mais elle ne l'est plus à tel point que les facteurs moraux ne puissent intervenir pour égaliser la lutte. Ne faut-il pas tenir compte dutempséconomisé par l’ouvrier en déplacements, de la suppression possible des grèves, de l’aide mutuelle que se prêtent les membres d’une même famille dans le petit atelier, et surtout de l'intérêt que l’ouvrier à ses pièces porte à son travail,ce qui

le fera redoubler d'efforts pour conserver et améliorer sa situation et produire une somme et une qualité de travail qu’on attendrait en vain de l’ouvrier d'usine, indifférent à sa tâche et souvent impatient du joug qu’il supporte ? Enfin n’est-il pas admissible que la société elle-même réagisse, par ses lois ou ses impôts, de manière à favoriser la solution l2 plus favorable à l'intérêt général ? »

I n’est pas moins curieux de citer encore cette page où, moderne Nivelle de la Chaussée, lécrivain des pures élégances et le philosophe des doutes souriants, Anatole France, inaugure le genre de l’économie politique larmoyante : « La délivrance, je l’attends de la machine ellemême. La machine, qui a broyé tant d'hommes viendra en aide doucement, généreusement, à la tendre chair humaine. Le machine, d’abord cruelle et dure, deviendra bonne, favorable, amie, Comment changer2-t-elle d’âme ? Ecoute. L’étincelle qui jaillit de la bouteille de Leyde,la petite étoile subtile qui se révéla dans le siècle dernier au physicien émerveillé aecomplira ce prodige. L’inconnue qui s’est laissé vaincre sans se laisser connaître, la force mystérieuse et captive, l’insaisissable saisi par nos mains, la foudre docile, mise en bouteille et dévidée sur les innombrables fils qui couvrent la terre de leur réseau, l'électricité

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