Les industries à domicile en Belgique, m1, p
décembre, — 15 mars à 15 juin) et deux périodes de ralentissement. Entre ces révolutions de l’année économique se placent encore de courtes périodes de transition qui portent le nom de demi-saisons.
L'Office du travail français a fait procéder à une vaste enquête sur le vêtement à Paris ; voici quels ont été les résultats des recherches dirigées par MM. du Maroussem et Barrat en 1896.
Dans l’industrie du vêtement d’homme sur mesure, la production se ralentit tellement aux époques de morte-saison, que le chômage doit être considéré comme à peu près absolu, principalement pour les auxiliaires des apiéceurs, qui sont alors congédiés en masse ; l’atelier, réduit aux collaborateurs familiaux, continue du reste à recevoir du patron les commandes qui s’espacent. Dans la confection pour hommes, la marche de la production subit beaucoup moins d’à-coups, par suite de la possibilité d'utiliser la morte-saison à la préparation d’un stock d’avance. Mais il n’en est plus de même dans la confection pour femmes, où le travail est beaucoup moins uniformément réparti à cause des changements de la mode et de l’impossibilité de devancer l’époque des modèles (janvier-août).
III. — Il.résulte naturellement de cet état de choses une très grande variation dans les effectifs d'ouvriers, ainsi que dans le nombre des journées
d’embauchage. Aux époques de presse, les apiéceurs et entrepreneurs ordinaires attachés au grand magasin ou au grand patron s’adjoignent des auxiliaires plus ou moins nombreux, qu'ils congédient ensuite lorsque les commandes diminuent ; il arrive même que l’abondance de travail est telle, qu’elle occasionne l’embauchage d'ouvriers ou d’ouvrières amateurs, pour lesquels le travail industriel est uniquement le prétexte à rechercher un salaire d'appoint destiné à compléter les ressources normales du ménage.
L'enquête de l’Office du travail français, déjà citée, s’est appliquée à rechercher le nombre moyen de jours d’embauchage des ouvriers dans les différentes catégories de la profession observée, et elle donne les calculs suivants : les apiéceurs du vêtement d’homme sur mesure font leur maximum de travail pendant six mois ; pendant deux autres mois, court la demi-saison ; enfin, pendant les quatre derniers mois, période da la morte-saison, le travail est ralenti d’au moins trois quarts, ce qui fait, en déduisant les dimanches, 210 à 230 journées de travail par an. La situation des apiéceurs de la confection pour hommes est plus favorable : le nombre des journées de chômage ne dépasse pas 60 en décembre, janvier, juin et juillet, soit 250 à 260 journées. Quant aux ouvriers de la confection pour femmes, l’enquête les a classés dans le tableau suivant :
PS D y Due
a) Le personnel jamais congédié, 280 à 300 Jours ;
-b) Les anciens ouvriers et anciennes ouvrières, 220 à 300 jours ;
c) Les ouvriers ordinaires, au maximum 160 à 180 jours.
Telle est la situation des apiéceurs et entrepreneurs proprement dits. Si l’on envisage maintenant le sort qui est réservé à leurs auxiliaires, l’on se rend compte que l’irrégularité avec laquelle fonctionnent les industries doit avoir des répercussions plus considérables encore. Ces auxiliaires, en effet, sont congédiés dès la saison finie, lorsque se produit le ralentissement imposé par la demi-saison. On à évalué à six mois pour le vêtement sur mesure et à huit mois pour la confection la période de chômage absolu pour les auxiliaires, soit 180 à 210 journées de travail par an.