‹ Essai sur l'inflammation de l'utérus; dissertation présentée et soutenue à la Faculté de Médecine de Strasbourg, le samedi 13 février 1819, à quatre heures après midiChapitre 3 sur 8 · PREMIÈRE OBSERVATION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE OBSERVATION

Une femme agce de Sy ans avoit eu quatre accouchemens naturels : le cinquième fut laborieux. Elle étoit au lerme de sa sixième g-rosscsse : les eaux commencèrent à s'ccouler lentement le soir; mais les douleurs n ayant pu ni changer la mauvaise position de l'enfant, ni opérer l'ouverture de l'utcrus, on eut, le lendemain matin , recours au forceps pour opérer l'accouchement. Le premier jour, douleurs très-intenses vers le sacrum, écoulement peu abondant de lochies; fièvre légère (frictions, fomentations sur l'abdomen, lavernens émolliejis, rafraîchissemens antispasmodiques, etc.). Le troisième jour , douleurs plus intenses à l'hypogastre, céphalalgie, odeur fétide des lochies, pouls tendu, abdomen tuméfié; point de sécrétion de lait (saignée copieuse). Le quatrième jour, augmentation très-grande des douleurs (saignée); pouls tout-à-coup afî'oibli; augmentation de la dyspnée; perte de connoissance : mort dans la nuit du cinquième au sixième jour. Autopsie : état naturel des viscères de la tête , de la poitrine , de l'abdomen; intestins dilatés ; plexus des vaisseaux spermatiques distendus par du sang; utérus contracté, très-enflammé à sa face postérieure ; rupture du vagin et de l'orifice utérin.

L'application du forceps, soit au détroit supérieur, soit au détroit inférieur, pratiquée par des mains peu exercées; l'usage immodéré des liqueurs alcooliques prises dans l'intention de provoquer l'avortement; les tentatives qu'on peut réitérer maladroitement pour aller chercher les pieds de l'enfant, surtout lorsqu'il y a long-temps que les eaux de l'amnios se sont écoulées : ce sont là autant de causes de l'inflammation aiguë de l'utérus. Mais ces causes peuvent-elles, par la durée de leur action, déterminer l'inflammation chronique du même organe? Il est certain que quelques-unes d'entre elles peuvent produire

seulement l'inflammation chronique clé l'utérus : telles sont les afl'cclions tristes et vives de l'ame; l'usage inconsidéré des astringens pour arrêter les fleurs blanches; le coït immodéré, l'infection sypliilitique ; l'application d'un pessaire, des ligatures trop serrées autour des lombes ; le traitement incomplet de quelques maladies scrophuleuses, dartreuses, etc. Il y a peu d'exemples d'ii»llanin>alion chronique de la matrice, en tant qu'on appelle par ce nom la maladie du tissu propre de l'organe; car, si on le réserve exclusivement à la phlegmasie de la muqueuse, on est entraîné à rapporter les nombreuses observations de leucorrhée renfermées dans les ouvrages de médecine.

On connoît l'observation rapportée par Van-Swieten dans ses Commentaires sur Boerhaave : c'est un cas singulier d'inflammation chronique de la matrice, qui se termina par suppuration, et dont la durée fut de plus de vingt mois.

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