CHAPITRE XVIII
Des Fouets en boyau.
La fabrication des fouets au métier est devenue très-peu lucrative, depuis qu'on a imaginé des mécaniques , avec lesquelles un seul homme peut en faire un très-grand nombre à-la-fois. Néanmoins, comme les aveugles ne pourront jamais , en se servant des mécaniques , faire , sans secours^ les fouets comme ils les font avec les anciens métiers , nous croyons à propos de les décrire pour faciliter à ceux qui voudront en faire usage , le moyen de les copier.
Deux planches parallèles, de quatorze pouces de circonférence ( planche XVI aa ) , supportées par des tasseaux verticaux de quinze à seize pouces de hauteur (bbb), qui, les réunissant, forment le boisseau. L'intervalle qui existe entre chaque tasseau est gariïi de toile ou de peau. Ce boisseau est supporté par un pied (c) y qui est creusé intérieurement de la longueur d'un fouet ordinaire. Le fil ou boyau qui doit recouvrir la baleine ou le rotin , est roulé sur
des bobines plombées, qui pendent sur les côtés du métier (ddd). Le fouet est fixé dans le tambour par un verrou mobile et à ressort (e). En faisant tourner lê boisseau alternativement, de droite à gauche, et de gauche à droite, l'aveugle recouvre le fouet en faisant les mailles qu'il désire, selon qu'il combine les fils dont le mélange produit la variété des points.
Le fouet est attaché, par sa partie supérieure, à une corde (/), qui est tendue au moyen d'un poids 'g) suspendu à son extrémité, ce qui fait qu'il suffit que l'aveugle ouvre le verrou (e) pour que le fouet se trouve élevé.
Les aveugles sont très-adroits à se servir de ce métier , qui est, en même temps , pour eux, un délassement agréable. 11 en est qui peuvent recouvrir, de cette manière, jusqu'à dix fouets par jour, ce qui était un état, avant l'établissement des mécaniques.