CHAPITRE XX
De l Empail]age des chaises.
L'empaillage des chaises est un moyen d'industrie dont les aveugles s'acquittent avec facilité. II suffira de jeter les yeux sur la planche ci -jointe pour se convaincre de la simplicité de ce métier.
L'empaillage des chaises se fait ordinairement avec de la paille de seigle teinte ou de couleur naturelle. On la mouille et on en fait des fais ceaux pour la battre avec une masse en bois , afi n que les brins , se rapprochant immédiatement , puissent être formés en cordons plus ou moins épais. La chaise est placée sur un tourniquet à double branche et à vis ( Voy. pl. XP Y//, fig. a ), qui repose sur une tige (b) fixée dans une pierre (c) assez lourde pour n'être pas renversée par le poids de la chaise. L'aveugle étant assis, les mains au niveau de la partie supérieure du siège à empailler , il attache les premiers cordons de paille du côté du dos de la chaise , et continue en
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îa faisant tourner chaque fois qu'il ajoute un cordon.
Les aveugles peuvent faire également bien rempaillage uni et en couleur ; mais le travail qui leur convient le mieux est celui des grosses chaises de bois blanc , comme celles qui servent •dans les églises et les promenades.
Je n'ai point parlé des chapeaux de paille, parce que la manière de les faire est assez connue. C'est un ouvrage qui rentre, sous plusieurs rapports, dans celui du rempaillage. Les aveugles font très-bien la natte plate à cinq brins, semblable à celle avec laquelle on fait les chapeaux de femme en Suisse; néanmoins ils sont longs à réunir ces nattes : c'est ce qui fait qu'ils ont cessé de confectionner des chapeaux à paille unie, avec entrecroiseraens et tresses, qui, d'ailleurs, pour être plus difficiles a exécuter, n'en étaient ni plus agréables, ni d'un débit plus prompt'.
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