‹ Essai sur l'instruction des aveuglesChapitre 38 sur 48 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

De la Corderie.

Les aveugles peuvent facilement apprendre le métier de cordier, que nous donnons , de préférence , à ceux d'entr'eux qui doivent habiter des ports de mer.

On se sert d'abord d'étoupes grossières pour les habituer à filer uniment. La main droite est placée au-devant de la main gauche, pour arrêter les trop gros bourbillons qui rendraient la ficelle inégale , comme nous lavons fait remarquer pour la filature du fil. Il est essentiel qu'ils mouillent beaucoup le chanvre et que la roue soit tournée lentement , pour que la torsion de la ficelle ne soit pas trop forte, parce qu ils distribuent nécessairement la filasse moins vite que les clair- voyans. •

Ils peuvent cordonner, c'est-à-dire, unir plusieurs ficelles ensemble pour faire de la corde ordinaire; mais ils ne peuvent point câbler aussi

bien que les clair-voyans. D'ailleurs, cette partie de la profession de cordier ne se fait plus à la main, depuis qu'on a imaginé des mécaniques qui font le tîablé bien plus vite et plus uniment que les hommes ne pourraient le faire.

On les emploie à peigner le chanvre, même sur les râteaux les plus fins. La délicatesse du toucher les sert mieux, pour cette opération, que la vue ne nous sert à nous-mêmes.

Ils fort usage, avec beaucoup d'adresse, de la mécanique à pelotonner, et font les pelotes de ficelles aussi régulières que les clair-voyans pourraient les faire.

instruction

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