‹ Essai sur l'instruction publique, et particulièrement sur l'instruction primaireChapitre 12 sur 58 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

Réflexions sur cette Bulle,

D'après la bulle même , le fondateur des Frères des écoles chrétiennes eut pour but de bannir Yignorance , source de tous les maux , principalement dans la classe ouvrière et pauvre.

Tant qu'il vécut, il fit son œuvre sans avoir recours au Pape.

Ce furent ses successeurs qui , deux ans après sa* mort, arrivée en 1719, jugèrent à propos de solliciter l'approbation du souverain Pontife y parla médiation du cardinal de Rohan , ambassadeur extraordinaire à Rome.

Le Pape lui-même, en accordant une bulle d'approbation, ne la regarda pas comme une condition nécessaire de l'existence de l'institut , mais comme une garantie de plus y avant laquelle et sans laquelle l'institut avait prospéré.

( 44 ) « Les choses qui sont munies de l'autorité du ce Siège apostolique sont plus durables, et ont « coutume d'être observées plus exactement; « par cette raison, ils souhaitent grandement « que le Siège apostolique confirme et approuve «. par nous leurs règles et leur institut, afin « qu'il fasse chaque jour de nouveaux progrès ce dans le bien , et que l'état dans lequel il est oc présentement soit stable et solide (1). »

Il était bien entendu que cet institut serait composé de simples religieux, qui jamais n'aspireraient à Vètat ecclésiastique.

La bulle consacrait l'obligation imposée par le fondateur à ces bons Frères , d'être toujours associé pour chaque école, saltem bini, deux au moins.

Elle les admettait dès l'âge de seize à dix-sept ans, et autorisait les vœux perpétuels, après plusieurs épreuves de la solidité de leur vocation, et seulement à l'âge de vingt-cinq ans accomplis.

Elle descendait ensuite à des détails qui d'abord semblent minutieux : habits de telle cou-

(1) Traduction de la Bulle, pag. i3o du Recueil des Règles et Constitutions.

( 45 ) leur et de telle forme, agraffes de fer; chapeau^ bas et souliers négligés»

Du reste, on voit, dans la vie de M. De La Salle, qu'à l'exception des vœux perpétuels que le fondateur n'avait pas osé prescrire, et des trois vœux de religion qui furent exigés par le Saint-Siège comme condition sinequâ non de l'approbation de l'institut (1), les règles furent approuvées , telles que M. De La Salle les avait laissées, sans restriction , sans changement, et sans adjonction d'aucune autre,

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(1) La règle primitive ne parlait que du vœu d'obéis-* sance, ce qui n'empêchait pas que plusieurs Frères, ajoutant à la règle générale , ne fissent en particulier les vœux de chasteté et de pauvreté. (Tom. II, pag. 191.)

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