CHAPITRE XII
Dernière reflexion sur les Statuts fondamentaux de 1810.
JLioRSQUE M. De La Salle songeait à fonder son immortelle institution, en faveur des enfans pauvres surtout, c'était le temps où le clergé de l'Eglise gallicane, noblement occupé des plus grands intérêts de l'église et du trône, songeait lui-même à proclamer à la face de l'univers, ces belles maximes dont la défense recommande Bossuet aux hommages de la France et du monde entier. Cette fin du grand siècle couronnait dignement une époque féconde pour le bien.
Les évêques français, en 1680, étaient tout ce que doivent être des évêques; inviolableru en t attachés au centre de l'unité catholique, à la chaire de saint Pierre , mais en même temps maîtres chez eux , premiers juges de ce qui regardait la foi et les mœurs, libres administrateurs
(69) de leurs diocèses respectifs, sous la commune dépendance des lois de l'Eglise comme des lois de l'Etat.
Conformément à ces principes, il était dans leurs attributions essentielles d'approuver ou de rejeter, d'admettre ou de repousser le nouvel établissement des Frères des écoles chrétiennes , en tant que cette institution pouvait intéresser les mœurs et la religion dans l'étendue de leurs diocèses.
Benoist XIII trouva la reconnaissance de ce droit des évêques exprimée dans les anciennes règles de l'institut; et, d'abondant, iî le confirma dans sa bulle par une mention expresse : Quôd vivant in Mis diocœsibus , in quibusadmissi suntBB coin sensu episcoporum